Le syndrome de Stockholm

Selon Wikipedia, le syndrome de Stockholm « désigne un phénomène psychologique où des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers développeraient une sorte d’empathie, voire de sympathie, ou de contagion émotionnelle avec ces derniers selon des mécanismes complexes d’identification et de survie ». Si vous portez attention, vous décèlerez que beaucoup de cyclistes urbains, même des militants, souffrent de ce syndrome (le trafic motorisé et sa pétrocratie jouant le rôle de geôlier).

Comment peut-on détecter qu’un(e) Cyclomobiliste est atteint(e) ? Simplement en observant ses commentaires sur ses droits fondamentaux et ses droits légaux en tant qu’être humain. L’automobile a tué plus de personnes depuis son existence que les deux grandes guerres réunies et le nazisme a inspiré le renforcement de la Charte des droits humains contre les discriminations de tout genre.

Au Québec, l’article 1 de la Charte des droits et libertés (inspirée de la Charte des droits de l’homme) commence ainsi: « Tout être humain à droit à la vie et la la sûreté… » Si tout être humain inclus aussi les cyclistes, alors pourquoi sont-ils soumis à tant de risques quand ils circulent en milieu urbain ? (voies piétonnes pour les êtres humains à pied presque partout, chaussées pour les êtres humains en véhicule routier partout mais très peu d’accès cyclables sécuritaires pour les êtres humains à vélo en contre-partie).

Concernant la responsabilité des autorités municipales, provinciales et fédérales, le code criminel définit l’article 219 ainsi: « Est coupable de négligence criminelle quiconque, soit en faisant quelque chose, soit en omettant de faire quelque chose qu’il est dans son devoir d’accomplir, montre une insouciance déréglée ou téméraire à l’égard de la vie ou de la sécurité d’autrui. » Il est donc évident que quiconque (une municipalité) qui fait des trottoirs pour autrui à pied, des rues pour autrui en véhicule à moteur et omet quelque chose pour autrui à vélo (les forçant ainsi à circuler dans des situations risquées) est fautif.

Si des chartes ou des lois s’appliquent seulement à certaines catégories d’êtres humains selon leur mode de déplacement, c’est à l’évidence de la discrimination modale. Malheureusement, pas assez de cyclistes la comprennent celle-là et il semble que ce soit parce qu’ils sont atteints du syndrome de Stockholm. Ils ne veulent pas crier haut et fort à la face de la Pétrocratie geôliérisante qu’ils ont aussi droit à la vie et à la sûreté qu’autrui et les êtres humains usagers de la rue. Ils quêtent timidement ce droit en espérant quelque amélioration mineure, toujours en citoyens de troisième classe écrasés par la masse pétro dominante criminellement négligente à leur égard.

La dictature par la majorité sans accommodement raisonnable pour la vie et la sûreté des minorités, ce n’est pas de la démocratie, ça reste une forme de dictature systémique qui inflige un risque aléatoire de vie ou de mort sur les Cyclomobilistes par discrimination systématique de services omettant de respecter les articles 1 et 15 de la CDL et l’article 219 du code criminel. À méditer et re-méditer par les êtres humains et autrui à vélo car “quiconque” est souvent négligent par ses choix infrastructurels imposant la discrimination modale. Il y a eu du progrès depuis les vingt dernières années certes. Il manque juste une prise de conscience plus grande pour atteindre tous les paliers décisionnels et voir enfin de vrais changements Copenhaguiens s’installer pour de bon dans les années à venir.

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4 commentaires sur “Le syndrome de Stockholm

  1. jean-marc argirakis

    Excellent texte ! Bien envoyé , et toc ! Y a encore du boulot pour faire évoluer les consciences , c’est pas gagné .. et qd on vit  l’inverse du syndrome de Stockholm au quotidien, ça se traduit par quoi docteur ?

  2. kw

    Rendez-vous avec le maire de ma commune lundi :

    – Vous n’êtes pas assez nombreux (les cyclistes ?), rassemblez-vous et lorsque le rapport de force sera en votre faveur on verra.

    – Et pour les handicapés ?

     

  3. monique

    ma solution :

    plus de vélo en ville dans les couloirs de la mort….tant que rien ne change …et hâter l’asphyxie générale

  4. Marcel RobertMarcel Robert

    Mauvaise solution Monique! En effet, le vélo n’est pas seulement un mode de déplacement « bobo » pour des gens fortunés qui auraient le choix entre vélo, voiture, train, etc. Beaucoup de gens utilisent le vélo car ils n’ont pas de voiture et/ou pas les moyens de prendre les transports en commun. Donc, une hypothèse du type « boycottons le vélo » aboutirait à laisser sur la chaussée les cyclistes qui n’ont pas le choix et pour lesquels ce serait encore plus dur…

    Il faut le dire et le redire, la seule solution pour améliorer les choses du point de vue de la pratique du vélo en ville, c’est toujours plus de vélos, jusqu’à saturer l’espace public de vélos!

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