Nouveau plan de déplacements à Lille: bilan positif 3 mois après!

Depuis fin août, la Ville de Lille a mis en place un nouveau plan de circulation en vue de réduire fortement le trafic de transit avec de nouvelles boucles de circulation, et l’extension des zones 30 et de Rencontre dans le Centre et le Vieux Lille.

Le calme retrouvé en centre-ville et notamment Grand Place, de même que la circulation cycliste facilitée, sont des succès indéniables, enfin dignes d’une ville aux ambitions touristiques européennes. On redécouvre le plaisir de s’y promener.

On constate cependant qu’un lobby d’automobilistes très actif se lamente sur les difficultés de circulation. Les voitures prennent beaucoup de place aussi bien sur la voirie que dans les médias, alors que les automobilistes sont bien moins nombreux en centre-ville que les autres usagers de la rue. Les difficultés de circulation ne sont pas nouvelles, elles existent depuis des années et notamment aux approches des fêtes de Noël. La grande différence c’est que, Grand Place, le bouchon se limite à une seule file et non deux, ce qui là aussi est un indéniable progrès. Nous constatons aussi que les services de secours peuvent circuler sans problème rue Faidherbe alors que ce n’était pas le cas lorsqu’elle était complètement engorgée les années précédentes.

Plutôt que de revenir en arrière en remettant la rue Nationale à double sens, ce qui va immédiatement accroître le trafic Grand Place, il faudrait pour résoudre ces bouchons rendre la Grand Place piétonne en ne laissant que l’accès au parking, ce qui éviterait d’engorger la rue Esquermoise.

Des encombrements sont également constatés sur l’Esplanade, ce qui retarde les transports publics. Nous demandons la mise en place de couloirs bus sur l’Esplanade pour résoudre ce problème. Le plan de circulation doit aussi intégrer des transports collectifs rapides traversant le Vieux Lille par exemple.

Les automobilistes doivent apprendre à se déplacer autrement. Le centre-ville de Lille est très bien desservi en métro et tramway, et en train pour ceux qui viennent de plus loin. Des parkings relais P+R sont aussi disponibles et doivent être complétés. La voiture n’y est absolument pas une nécessité.

Les communes limitrophes doivent aussi limiter la circulation automobile (qui est rappelons-le un engagement de la MEL dans son PDU voté par l’ensemble des élus de la métropole) au lieu de se plaindre de leur propre excès de circulation.

Contrairement aux engagements du PDU, justement, la dernière enquête Déplacements réalisée de 2006 à 2016 montre l’absence de résultats pour réduire le trafic automobile de 55% à 35% en 2020. Faut-il s’en étonner ? Entre 2006 et 2016, la politique de l’État n’a fait qu’encourager la voiture (prime à la casse, hausse de la TVA sur les transports collectifs, baisse du prix de l’essence,…), aucun vrai nouveau transport collectif en site propre n’a été mis en service (depuis la ligne 2 du métro en 1999), aucune réduction de la place de la voiture n’a été entreprise, au contraire même ! Le nouveau plan de circulation lillois est la plus grand avancée depuis 10 ans pour aller dans le sens du PDU.

Réduire la circulation automobile, c’est aussi réduire la pollution. Non seulement cette pollution est quotidienne, mais les « alertes » sont de plus en plus fréquentes, mais ni la Ville ni la Préfecture ne prennent de mesures (circulation alternée,…) pour protéger notre santé.

Nous demandons donc à la Ville de Lille de ne pas céder aux lobbies du tout voiture et de compléter son plan de circulation pour résoudre les bouchons par « moins de voitures » et non par « plus de voies de circulation », et de communiquer davantage sur les multiples manières de se déplacer autrement. Nous regrettons que les ambitions de ce plan de déplacement lillois soient bien isolées au sein de la Métropole : nous attendons des actions équivalentes des autres communes.

En soutien au plan de circulation, signez la pétition en ligne !

Source: https://droitauvelo.org

Droit Au Vélo

A propos de Droit Au Vélo

Créée en 1982, l’association Droit au vélo (ADAV) s’est donné pour but de promouvoir le vélo comme moyen de déplacement, d’améliorer la sécurité des cyclistes et de les représenter dans la région Nord – Pas-de-Calais.

10 commentaires sur “Nouveau plan de déplacements à Lille: bilan positif 3 mois après!

  1. abil59

    oui aujourd’hui je ne vois pas d’ambition commune au sein de la Métropole lilloise. La part modale de la voiture est repartie à la hausse, je ne vois aucune politique globale en matière de réduction de la voiture. Pour les communes de Roubaix-Tourcoing il est par exemple rare de voir un cycliste.

    Alors que l’on parle de climat, de dérèglement climatique, de nouveaux modes de transport et de se déplacer,alors qu’à 50 km de là (Gand) une vraie réflexion est menée sur l’ensemble du système de transport, alors qu’à 100 km de là (Bruxelles) la part modale du vélo part à la hausse, j’ai plutôt l’impression qu’à lille on reste dans les rouages d’un vieux moteur. Vraiment attristant

  2. H

    Un article étonnant. Qui peut parler de succès de ce plan ? Aucun accompagnement n’a été fait pour permettre aux automobilistes  d’adopter d’autres solutions. Le train peine à répondre aux besoins existants. La circulation en bus n’est pas glorieuse. Reste les bobos du centre ville à vélo qui sont contents et méprisent le reste de la population de devoir se dépatouiller dans le chaos actuel.

     

  3. Vincent

    abil59 > Pour les communes de Roubaix-Tourcoing il est par exemple rare de voir un cycliste.

    Outre l’aspect culturel (bagnole = distinction sociale) moins important en Flandre de l’autre côté de la frontière, il y a aussi l’absence totale d’aménagement : peu de gens ont envie de prendre le risque de rouler dans ce bazar.

    > Alors que l’on parle de climat, de dérèglement climatique,

    Un argument trop rarement évoqué qui peut pourtant aider à convaincre : le coût bien moindre des déplacements à vélo qu’en véhicule motorisé individuel.

    Et accessoirement, l’indépendance qu’on a par rapport au transport en commun : avec le vélo, on n’attend pas des plombes à l’arrêt de bus, et c’est du point à point.

  4. moimeme

    Reste les bobos du centre ville à vélo qui sont contents et méprisent le reste de la population de devoir se dépatouiller dans le chaos actuel

    A Lille le revenue moyen est de 22 000€ (moins que la moyenne nationale), il atteint les 24 000 en centre ville (toujours moins que la moyenne). Plus d’un ménage sur deux ne possède pas de voitures.

    Mais des qu’on sort de la rocade, les revenues s’envolent tournant en moyenne autour des 40 000€, avec de belles pointes a plus de 50 000€. L’usage de la voiture s’envole, avec plus de 90% de possessions.

    Dans les quartiers (riche) de périphérie seule les locaux utilisent leur auto. En centre ville, les habitants subissent le trafic provenant de partout (sauf d’eux mème).

    Je ne sais pas ce qu’est un « bobo », par contre, ce qui est clair, c’est que les riches ont les moyens de fuir les quartiers du centre ville et la dégradation de la qualité de vie qu’ils ont engendré. Et dans le centre ville, on ne rêve que de fuir ce centre ville invivable des que les moyens le permettront (engendrant la boucle de l’étalement urbain).

    En clair , la pietonisation du centre ville n’est rien d’autre qu’un outil de justice sociale dans un combat de classe entre dominant et dominé.

    Accessoirement, elle est aussi efficace contre l’étalement urbain dont la tension constante entre le désir de fuir l’automobilisation de l’espace public et le besoin d’une voiture pour cela est voué a un échec inéluctable .

    (voir site pour les sources).

  5. abil59

    @moimeme, je ne suis pas d’accord avec vous sur le fait que la piétonnisation est efficace contre l’étalement urbain, je dirai même l’inverse sans réflexion à l’échelle de la métropole. En effet le nombre de lotissement à Linselles, Comines,autour de Prémesques…ça n’arrête pas avec 3,4 places de parking. Les gens ont majoritairement envie d’un jardin et d’une maison « 4 façades ».

    Les revenus s’envolent…là non plus cela dépend vraiment du secteur. Par exemple, vous prenez Wattrelos, une ville coincée entre Roubaix/Tourcoing et la frontière belge (administrativement dans « la Métropole Européenne de Lille »!), la voiture est ultra développée car pour moi il y a clairement:

    1. un réseau de TC sous développé

    2. Un des 2 conjoints qui travaillent soit en Belgique (la liaison frontalière) ou dans des zones d’activités périphériques.

    3. Une envie (très) soudaine de sortir à Lille? Ah ba même avec une demi heure de bouchon c’est plus rapide en voiture.

    C’est très complexe car la Métropole de Lille a vraiment des dynamiques divergentes en fonction des secteurs et le caractère transfontalier n’arrange rien.

  6. Pédibuspedibus

    tant que les transports urbains, en province…

    heu.. en région, pardon…

    seront dimensionnés, provisionnés, financés pour une part modale espérée, voulue, redoutée… en tout cas merdique de 10 ou 15%, on restera dans la situation que dénonce l’Habile Nordique…

    ce taux-là peut correspondre à la dose homéopathique qu’exige le système automobile, pour éviter de crever trop vite de thrombose…

    ce qui nous renvoie à notre cher économiste des transports, le vélophile Frédéric Héran, qui  voit davantage des modes de déplacements en concurrence – ici l’automobiliste avec les siens… – qu’à traver une fumeuse mutimodalité, trop rarement mise en pratique ou marginalement…

  7. moimeme

    @abil59

    A Wattrelos , les revenues (28000€) sont 40% plus élevé qu’a Roubaix (20000€) pour seulement quelques kilomètres, donc oui , les revenues s’envole, et ce schémas est a peux près le mème dans toute les villes françaises.

    Quant à connaître le désir des « gens » (et autres catégories sociale générique fantaisiste), ça m’est parfaitement égal. Quand tu vies en société, tu assumes la responsabilité de tes actes, et avoir les moyens de te payer une maison loin du traffic ne t’autorise pas à pourrir ce qui ne peuvent pas se le permettre, ni encore moins de forcer la société a subvenir a des besoins de déplacements (non violent)  que tu ne peux pas prendre en charge uniquement par ta propre responsabilité.

  8. abil59

    Désolé mais:

    Roubaix est considéreé comme la ville plus pauvre de France métropolitaine:

    http://www.challenges.fr/patrimoine/revenus-par-ville-combien-faut-il-gagner-pour-etre-riche_63849

    Donc Wattrelos est plutôt « classe moyenne » et reste en dessous de la moyenne française:

    http://www.journaldunet.com/business/salaire/wattrelos/ville-59650 (voir graphique intitulé « Evolution des revenus à wattrelos »)

    Le jour où à Wattrelos les revenus « s’envoleront » j’aimerai être encore vivant pour voir ça.

    Mais on dérive là

  9. moimeme

    Ca ne change rien à ce que je dit.Quand je dit que les revenues s’envole, c’est bien par rapport au centre ville, avec un +40%, la différence est considérable .

    Le shema est constant, à l’échelle d’une agglomération, les plus pauvres sont dans le centre, les plus riche en proche banlieue, et les « moyens » dans la campagne à proximité. Par contre étrangement, dans cette banlieue, le taux de motorisation serait très faible, ce qui est d’autant plus inexplicable qu’il n ‘y aurait aucun transport en commun. Je suppose que c’est une erreur de mesure (ou bien qu’ils roulent tous en vélo, y a la Belgique à coté après tout).

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