Le vélo sous la pluie

« Je ne fais pas de vélo parce qu’il pleut trop souvent et que je ne veux pas être mouillé. » Qui n’a pas déjà entendu cette phrase de la part d’automobilistes? Les cyclistes quotidiens savent pourtant qu’il est relativement rare d’être mouillé à vélo. Plusieurs sources montrent qu’en moyenne un trajet à vélo sur 10 seulement est concerné par la pluie.

Aux Pays-Bas, Gerard Poels note depuis le 1er septembre 2008 s’il pleut ou pas sur ses trajets domicile/travail à vélo (17 km et 40′ par trajet, 4 jours par semaine, soit 8 trajets). Sur son site, il compile ensuite ses observations par semaine, mois et année.

On en retiendra la principale qui montre le faible pourcentage de ses trajets faits sous la pluie. Sur les 9 dernières années, il a connu 271 trajets « mouillés » sur 2774 (soit 9,8%). Par ailleurs, selon Gerard Poels, il ne pleut que très rarement en continu pendant 40 minutes. Les 10% de trajets comptés comme « mouillés » sont des trajets où il a plu une partie du temps. Le pourcentage réel de minutes de pluie est donc inférieur à 10%.

En Belgique, l’Institut Royal Météorologique (IRM) tient lui aussi des mesures de pluviosité – par tranches de 10 minutes – et affirme qu’en moyenne, il pleut 5,99 % du temps dans la période de référence 1934-1997. Les cases de 10 minutes où la quantité de pluie égale ou excède 5,0 mm ne représentent que 0,006 % du temps. (source: Gracq)

En Suisse, l’association Pro Vélo de Lausanne a réalisé des mesures durant un an entre novembre 2001 et novembre 2002. Sur un trajet quotidien (du lundi au vendredi) du nord au sud de Lausanne, les conditions météorologiques (température, vent, pluie, luminosité et neige-verglas) ont été observées lors de 223 aller-retour (le matin entre 08:00 et 08:30 ; le soir entre 18:00 et 19:00), soit 446 trajets au total. L’association a relevé seulement 4,5 % de trajets avec de la pluie.

Et en France? A vrai dire, il n’a pas été possible de trouver de telles statistiques, réalisées par des cyclistes ou des associations de cyclistes pour des villes françaises.

Nous avons donc simulé des déplacements quotidiens à vélo durant une année (2016) pour la ville de Paris, à partir des données de pluviométrie heure par heure fournies par la station météorologique de Paris-Montsouris.

Nous sommes partis d’une hypothèse d’un trajet d’une heure le matin (de 8h à 9h) et d’une heure le soir (de 18h à 19h), 5 jours par semaine, en ne comptant donc pas les samedi, dimanche et jours fériés ainsi que les vacances.

Pour l’année 2016, nous arrivons à un total de 56 trajets « mouillés » sur un total de 468 trajets, soit près de 12% de trajets « mouillés ». (Voir graphique du haut)

Il faut toutefois constater que nous n’avons à disposition que des statistiques par tranches d’une heure, et non pas par tranches de 10 minutes. Ces chiffres s’entendent donc pour des trajets théoriques d’une heure le matin et d’une heure le soir. Un cycliste parisien qui ne fait que 30 minutes le matin et le soir par exemple peut ainsi passer entre les gouttes…

Également, quand on dit par exemple qu’un trajet est « mouillé » avec par exemple 2 mm de pluie/heure, cela ne veut pas dire qu’il a plu pendant une heure. Cela signifie juste qu’il est tombé 2 litres d’eau par m² sur une heure.

Pour préciser les données précédentes, on a distingué ce que l’Organisation météorologique mondiale appelle une pluie faible (moins de 2 mm/heure) et une pluie modérée (de 2 mm/heure à 7,6 mm/heure). (Source: Wikipédia).

Avec cette distinction, il apparaît que seuls 5 trajets dans l’année ont connu une pluie modérée (1% des trajets), contre 51 trajets avec une pluie faible. Aucun trajet n’a connu une pluie forte (supérieure à 7,6 mm/heure).

Par ailleurs, il faut souligner que seulement 5 jours dans l’année 2016 ont connu des trajets « mouillés » à la fois le matin et le soir (2 en Mars, 2 en Mai et 1 en Août).

Enfin, nous avons étudié la répartition mensuelle de ces trajets « mouillés » à Paris, visible sur le graphique suivant. En 2016, ce sont les mois de Mai et Mars qui ont été les plus « mouillés » pour les cyclistes, avec respectivement 10 et 9 trajets « mouillés » (sur un total de 48 et 44 trajets).

Comme on peut le voir, que ce soit en Belgique, en Suisse, aux Pays-Bas ou en France, on tourne aux alentours de 10 % de trajets à vélo pluvieux. Mais si on s’intéresse à ceux avec une pluie réellement conséquente, susceptibles de vraiment tremper le cycliste, on est plus proche de 1% des trajets seulement.

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12 commentaires sur “Le vélo sous la pluie

  1. Jeanne à vélo

    Votre estimation de 1% correspond à mon vécu de trajet sous des cordes sur une année (sachant que je fais quatre relativement courts trajets par jour ouvré).

  2. Jérémy

    Tien, moi qui prend mon vélo 5 jours sur 7 pour un trajet de 9km, faudrais que je trace sa par curiosités.

  3. Céline

    Je confirme. A Paris, je vélotaffe mais par ailleurs, je me déplace essentiellement en vélo pour mes autres déplacements. Sur 2014 et 2015, je n’ai sorti ma cape de pluie que 5 ou 6 fois. Ma conclusion empirique : il ne pleut pas beaucoup en idf.

  4. Eloi

    De plus, les rares trajets sous des trombes d’eau, laissent généralement des souvenirs… mémorables…

  5. Boris

    Je « confirme » aussi ces statistiques par mon expérience personnelle. Malheureusement sans statistiques que j’adore pourtant. En 4 ans 100% vélo entre 2012 et 2015, je me suis très rarement fait rincé. J’ai pourtant toujours des habits pluies avec mois, mais les utilisent très rarement.

    Ceci pour un cours trajet, 10min, vers 7h et 17h en Suisse allemande (vers Zürich).

    Très souvent, les légères pluies ne sont pas un problème, d’autant plus en été quand il fait chaud.

    Il est d’autant plus possible d’éviter certaines pluies pour ceux qui peuvent modifié légèrement leurs horaires: décaler le départ de quelques minutes quand on voit qu’elle ne durera pas.

    Encore MIEUX, je suis en voyage en vélo depuis janvier 2016 à travers 16 pays souvent en Europe. Même en roulant 65% des jours plus de 3..4 heures, nous avons eu très peu de pluies! Mais nous avons une grande flexibilités.

    Bref, c’est sans appel, l’argument pluie ne fonctionne pas, ni l’argument neige ou froid comme l’atteste les Pays nordique!

  6. Vincent

    Très bon article.

    On peut compléter en expliquant qu’il existe des solutions simples:

    Le matin, regarder un site météo pour voir s’il va pleuvoir ce jour, et si oui, à quelle heure, et combien de mm
    Le cas échéant, prendre une cape de pluie, voire des surchaussures.

    50% de part modale vélo à Amsterdam et 40% à Copenhague?

  7. Medug

    Me faire mouiller ne me dérange pas, puisque je suis trempé de sueur en arrivant au travail.(32 km aller-retour; 2x par semaine, non assisté)

    Ce qui me générait, et surtout mes collègues d’open space, c’est de ne pas avoir de douche sur mon lieu de service et pas de lieu pour faire sécher mes habits. (bureau sur un site industriel)

    Si vous avez plus de 5 km à faire, c’est difficile de rester frais en vélotaff. Je peux comprendre que ce soit repoussant pour certain. En dessous de ce kilométrage, il n’y a pas de raison de ne pas le faire.

     

  8. Vincent

    On ne sue que si on fait un effort suffisant pour ça, soit parce qu’on roule fort sur du plat, soit parce qu’on monte et avez un braquet trop gros.

    Si on roule tranquillement, on peut parfaitement aligner les kilomètres en restant sec. Les Hollandais et les Danois ne prennent pas de douche en arrivant au bureau.

  9. midnight-star

    Les jours de pluie, je fais comme les Néerlandais : le guidon d’une main et le parapluie d’une autre.

  10. JMB

    Sur Grenoble :

    http://www.adtc-grenoble.org/spip.php?article351

    C’est en page 7.

    Les données actualisées sont sur 3195 journées de travail (un aller le matin, un retour le soir, pas de prise en compte de l’A/R de la pause du midi) :

    – pluie le matin : 8,89 %

    – pluie le soir : 6,70 %

    – pluie le matin et le soir : 2,47 %

    – pluie le matin ou le soir : 7,79 %

    Toujours le même biais défavorable : mes congés sont essentiellement pris quand il fait beau !

     

  11. Vince

    Bonjour,

     

    Personnellement je ne peux pas permettre d’arriver trempé ou sale au boulot, alors quand il pleut ou a plu toute la nuit le vélo reste à la maison. Même si je reconnais que le vélo quotidien est un moyen idéal de rester bronzé toute l’année.

    Alors je scrute la météo et je peste contre le trop grand nombre de fois où Météofrance indique de la pluie alors qu’il n’y en a pas, ou 3x rien…

     

     

  12. nicolas

    bon blouson, pantalon et guetres, tu arrives sec,

    faut juste pas forcer pour ne pas être trempé de sueur

    je fais 8 km, et si tu moulines pépère à la fin, tu sèches vite

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