Pollution automobile : à quand la mise aux normes obligatoire comme dans l’habitat?

En matière d’habitat, les particuliers et les entreprises sont tenus de se mettre « aux normes », en conformité, afin de prévenir les risques sanitaires.

L’assainissement, l’amiante, le plomb, l’électricité sont notamment concernés.

En matière de mobilité, rien de tel n’est prévu. Un particulier ou une entreprise peut en effet circuler en ville avec un véhicule diesel* particulièrement émetteur de gaz et de particules toxiques, à divers degrés selon l’ancienneté du véhicule, sans être contraint(e) de le remplacer (*gaz classés cancérogènes certains par l’OMS).

Pourtant, l’article R318-1 du code de la route prévoit que « les véhicules à moteur ne doivent pas émettre de fumées, de gaz toxiques, corrosifs ou odorants, dans des conditions susceptibles d’incommoder la population ou de compromettre la santé et la sécurité publiques. » « L’immobilisation peut être prescrite dans ce cas. »

Si cette disposition du code de la route était appliquée, la plupart des véhicules diesel seraient immobilisés !

Pourquoi ne pas étendre l’obligation de mise aux normes aux véhicules ?

Ce serait une mesure forte de protection des populations par une nette amélioration de la qualité de l’air. Celle-ci s’accompagnerait bien sûr d’une aide financière aux foyers les plus modestes et nécessiterait une réorganisation des filières industrielles de mobilité.

A quand la dédieselisation comme le désamiantage ?

Jazz

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Contributeur de Carfree France

4 commentaires sur “Pollution automobile : à quand la mise aux normes obligatoire comme dans l’habitat?

  1. JMB

    Action paradoxale… On supprime les véhicules roulant avec du gasoil (et les autres, essence, hybrides, électriques dont les émissions sont différentes mais tout aussi polluantes), on les détruit et on construit de nouvelles voitures pour les remplacer. Pourtant, fabrication (d’une voiture neuve) et destruction (de l’ancienne) sont deux opérations qui sont loin d’être neutres dans l’empreinte environnementale globale d’une voiture.

    Favoriser une telle action est, au contraire, un soutien à l’industrie automobile qui se soucie fort peu (doux euphémisme) de notre santé. Il y a d’autres moyens à mettre en place. Le premier étant, à mon avis, d’avoir un usage plus raisonné de la voiture.

  2. YaB

    Là je ne vous suis pas vraiment… Vous vous appuyez sur des règlementations bidon en vigueur dans le bâtiment, règlementations qui au final imposent des travaux coûteux (on s’en fout certes…!), souvent inutiles ou presque (par exemple des économies d’énergie peu importantes relativement à ce que l’on sait faire), risqués parfois (désamianter…), énergivores (tous ces chantiers et mises en oeuvre de matériaux « de merde »…) et ce pour un résultat dérisoire… Une politique globale honnête en la matière pourrait permettre d’améliorer les choses, pas ce cinéma dans ce système économique stupide (faire travailler les z’entreprises et faire du fric…!)…

    Pour les bagnoles l’équation est simple : en réduire la taille, le poids, la puissance, l’utilisation, le nombre…

    Sinon les diesels modernes sont au moins aussi nocifs pour nos bronches tant leurs particules sont encore plus fines que celles émises par les diesels anciens…

    L’article R318-1 du code de la route pourrait être invoqué pour demander aux gens de ne pas laisser tourner le moteur de leur voiture lorsqu’ils… le laissent tourner pendant qu’ils font leur secrétariat… Cette pratique hyper-répandue est extrêmement nocive, inutile, gênante, coûteuse même…

    On est vraiment mal barré…!!!

  3. Prolo

    Je rejoins un peu YaB : faire fabriquer à grands renforts d’énergie, de pollution et de ressources rares des « voitures propres » pour remplacer les « voitures sales », est-ce que ça vaut la peine ?
    C’est la grande mode de déplacer le problème plus loin : on remplace des voitures qui polluent (vieux moteurs) là où on s’en sert, par des voitures qui polluent (terres rares) davantage, mais là où on les fabrique. La planète est une poubelle mais mon centre ville sent bon.
    S’il y avait un gain net sur la consommation de carburant fossile et donc le rejet de CO2, je dirais pourquoi pas : Remplacer le moteur d’une AX 1.4 Diesel qui consomme 4 litres/100 km, par un moteur dernier cri qui consomme 3 litres/100km, admettons.

    Dans les faits, ça se traduit par le remplacement de TOUTE LA VOITURE, par une nouvelle voiture qui consomme autant voire plus, car son moteur plus économique doit maintenant trainer une climatisation, de l’insonorisation, des airbags, des capteurs de ceci celà… Elle émet localement une pollution éphémère (particules, monoxyde..) moindre, au prix d’une pollution gobale plus importante, et d’une plus grande consommation de ressources non renouvelables.

    Au moins, dans la construction, on sait ajouter de l’isolation sur des murs vieux de plusieurs siècles, on ne refait pas systématiquement tout le bâtiment !
    La plus grande source potentielle d’économie dans la technologie automobile serait de standardiser les pièces (entre générations, modèles et constructeurs) de façon à rendre le plus réutilisable possible ce qui fonctionne encore, surtout si c’est léger et fait avec des matériaux simples, recyclables et abondants.

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