Et si on tuait nos enfants? (suite)

Le 23 février dernier, nous relations la formidable histoire des terrains de sport en gazon synthétique faits à partir de vieux pneus pourris cancérigènes. Un moyen efficace pour refiler le cancer à nos enfants rapidement afin de leur éviter de vivre une vie complète dans la précarité néo-libérale.

Mais, pour être sûr de les achever à coup sûr, il ne suffit pas de les faire jouer au foot ou au rugby sur des décharges de vieux pneus pourris. Encore faut-il installer ces magnifiques terrains de sport à des endroits stratégiques où les émissions de polluants sont maximales, par exemple le long des voies rapides et autres autoroutes urbaines…

C’est le journal Le Monde qui nous le rappelle: la plupart des terrains de sport où nos enfants viennent courir et inhaler des gaz toxiques sont construits en bordure d’importants axes routiers dans les grandes agglomérations. L’ONG Greenpeace a ainsi mesuré les concentrations en dioxyde d’azote (NO2), un gaz très toxique émis majoritairement par le trafic automobile, sur six terrains de foot à Paris, Lyon et Marseille.

Principalement émis par les véhicules diesel, le NO2 est responsable à lui seul de plus de 9 000 morts prématurées par an en France, selon les dernières données de l’Agence européenne pour l’environnement, et contribue à la formation des particules fines, à l’origine de 48 000 décès chaque année.

A l’exception d’un stade lyonnais, tous présentent des dépassements des valeurs limites prônées par l’Organisation mondiale de la santé (40 µg/m3 en moyenne annuelle). Avec une pointe à plus de 120 µg/m3 le 21 mai, sur le complexe sportif La Martine, implanté le long de l’autoroute A7, dans le nord de Marseille.

« Ces niveaux de concentration sont particulièrement préoccupants parce qu’ils interviennent dans des lieux et à des heures où des enfants et des adultes peuvent pratiquer une activité physique et donc inhaler quatre à dix fois plus de polluants atmosphériques qu’au repos », note Greenpeace.

Et le pire, c’est que ces résultats ont été obtenus « en dehors d’épisode dits de pollution« . On frémit en imaginant ce que nos enfants inhalent si ils ont la mauvaise idée de faire du sport un jour d’épisode de pollution…

Qu’en disent les spécialistes comme les pneumo-pédiatres? « On recommande de ne pas faire d’efforts physiques en extérieur lors des pics de pollution mais c’est aussi valable lorsque le niveau de pollution de fond est élevé comme c’est le cas près des grands axes routiers », explique la chef du service d’allergologie pédiatrique de l’hôpital Armand-Trousseau.

Si on résume, il ne faut pas faire de sport lors des pics de pollution et en permanence près des grands axes routiers, là même où se concentrent les terrains de sport où… les enfants sont censés faire du sport!

Donc, vous avez le choix, c’est « pas sport » ou « pas sport »… Juste une remarque: comme il n’est pas conseillé de faire du sport sur les terrains de sport situés près des grands axes routiers, à quoi bon construire des terrains de sport près de ces axes?

Ne faudrait-il pas plutôt bétonner tous ces terrains de sport pour en faire des parkings ou pour doublonner les autoroutes ou autres voies rapides?

Nuit Grave

A propos de Nuit Grave

Rédacteur du site Carfree France, spécialisé dans les questions relatives à la destruction de la santé et de l'environnement

10 commentaires sur “Et si on tuait nos enfants? (suite)

  1. Céline

    Je propose qu’on y construise le domicile des patrons des fabriquants/constructeurs de ces terrains de sport et qu’on les oblige à y vivre et à y faire du sport avec leurs enfants.

  2. eghza

    Je propose plutôt  qu’on interdise les transports motorisés à proximité des terrains de sport, des écoles, des hôpitaux et des crèches. Avec une zone tampon de 1km, ça devrait le faire pas mal…

  3. emmp

    Presque plus déprimant que l’article du Monde : les commentaires ! Je sais que les débats du zinc ou du clic sont rarement une bonne source d’information, mais ce qu’on lit dans ce cas est accablant. LEs lecteurs soulignent que cela n’a rien d’une nouvelle, parce qu’on le savait déjà. Le danger d’empoisonnement permanent est admis, circulez. L’un des lecteurs conseille même d' »éviter les activités qui entraînent un surplus de respiration » et ajoute : « pas mal de gens prennent des risques en faisant du jogging ou du vélo ». J’ai peut-être raté le ton ironique mais même si c’est le la blague, ça en dit long.
    Le sport en général est particulièrement visé or on voit pas mal de gens prendre des risques en faisant du jogging ou du vélo: à éviter.
    Le sport en général est particulièrement visé or on voit pas mal de gens prendre des risques en faisant du jogging ou du vélo: à éviter.Le sport en général est particulièrement visé or on voit pas mal de gens prendre des risques en faisant du jogging ou du vélo: à éviter.

  4. David

    J’ajoute à l’excellente suggestion de Céline : et qu’on les contraigne à brouter l’herbe synthétique poivrée aux vieux pneus réduits en poudre.

  5. Zaph

    encore une preuve que notre société roule sur la tête:

    lors des pics de pollution, on déconseille aux enfants de faire des exercices physiques mais on ne demande pas aux parents de renoncer a leur auto !!

    comme pédagogie on doit facilement trouver mieux

  6. Vince

    C’est vraiment ballot du coup on ne peut rien faire de la place perdue près des axes routiers. On ne y construire ni habitations ni des magasins ou des services publics les gens vont râler, c’était pratique d’y coller les enfants.

     

     

     

  7. Pédibuspedibus

    Là où le paradoxe vient se nicher – bousiller sa santé sur les terrains de sport – peut-être trouvera-t-on le moyen de régler son compte à une vieille idée reçue en matière de santé publique :

    il n’y a pas que le « sport » comme moyen de se maintenir en bonne santé, il y a aussi les pratiques quotidiennes, dont la mobilité active – marche et vélo principalement… – qui peut joindre l’utile à l’agréable dans un environnement sain, dès lors qu’on aura pris soin de limiter drastiquement l’usage de la bagnole :

    à partir de ce moment la ville dans son entier pourra être considérée comme terrain de jeu (!) propice aux échanges propres à l’urbanité retrouvée, où la dépense physique du déplacement ne sera plus concernée par ce qui nous préoccupe dans le cas évoqué…

    Sport a été mis entre guillemets, puisque bon nombre de ses adeptes ne peuvent se passer d’un mode de déplacement inactif pour y accéder :

    pas très sportif comme comportement quand on y pense…

     

  8. LE GLEAU HENRI

    Bonjour et si pour commencer on vérifiait aussi la qualité des aliments distribués dans les cantines, qui proviennent de pays qui ne ne respectent pas les mêmes règles qu’on impose aux agriculteurs français, et tout cela parce qu’ils sont soi-disant moins chers!!!!! Combien de légumes et fruits entrent dans les menus de nos écoliers ou étudiants, importés et ayant subis des traitements phytos, non autorisés sur les sols en France???? Le travail vertueux de producteurs français n’est même pas respecté, et tout cela au nom d’un prix de cantine le plus bas possible!!!! et il se pourrait qu’on empoisonne ces consommateurs par des phytos sans A.M.M.        ( autorisation de mise en marché) chez nous!!!!!! y compris par du Glyphosate épandu dans plusieurs pays de l’U.E. , alors un peu d’harmonisation des règles ne ferait pas de mal, surtout quand on veut supprimer le Glyphosate en France dans 3 ans et dans 5 ans en U.E. et dans le même temps nos politiques laissent importer ces produits en concurrence totalement déloyale au nom de PRIX BAS, c’est une HONTE !!!!

  9. Vince

    Bonjour Henri,

    Ce n’est pas le sujet initial mais ce que tu dénonces n’est pas modifiable dans les conditions actuelles de la réglementation.

    Les acheteurs publics sont soumis à l’ordonnance n°2015-899 du 23 juillet 2015 relative aux marchés publics issue elle-même des directives européennes qui imposent un égal traitement des fournisseurs sur l’ensemble du territoire européen qui ne permet pas de privilégier les fournisseurs locaux et aboutit à privilégier le plus souvent le mieux offrant (ie le moins cher).

    L’acheteur public qui ne respecte pas ces règles risque une condamnation pour délit d’octroi d’avantage injustifié.

    La jurisprudence est lourde et les entreprises (surtout les grosses) savoir faire valoir leur droit et dénoncer les entente avec les petits producteurs.

  10. Prolo

    @eghza :

    « Je propose plutôt  qu’on interdise les transports motorisés à proximité des terrains de sport, des écoles, des hôpitaux et des crèches. Avec une zone tampon de 1km, ça devrait le faire pas mal… »

    Ça va totalement à rebours de l’orientation actuelle, où il est implicitement admis, au contraire, que ces infrastructures doivent se trouver à proximité immédiate d’axes de transport motorisé, et disposer de parkings voire d’une adaptation des routes alentours pour réguler le trafic et faciliter l’accès/le départ. Le terrain de sport n’est pas mis là « malgré » la voie rapide, mais « parce que » la voie rapide !

    Cette proximité est d’ailleurs puissamment ironique : on fait du sport depuis qu’on se sédentarise. S’il fallait aller au terrain de sport à pied/en vélo, en imaginant qu’il soit situé au bout d’une voie de plusieurs km interdite aux moteurs, presque personne n’irait : aller au terrain de sport serait en soi l’activité physique recherchée, donc autant marcher/pédaler plusieurs km pour aller voir quelque chose de plus intéressant qu’une étendue plate d’herbe tondue.

Les commentaires sont clos.