Et si on tuait nos enfants?

L’industrie automobile semble ne pas connaître de limites en matière d’imagination quand il s’agit de tuer les gens. Aujourd’hui, on découvre que cette industrie recycle les vieux pneus usagés et polluants pour en faire du gazon synthétique qui servira à refiler le cancer à nos enfants.

Les vieux pneus usagés, on en a déjà parlé sur Carfree. En fait, c’est un véritable problème pour l’industrie automobile. Chaque voiture en possède quatre et ils ont vocation à être changés plusieurs fois tout au long de la durée de vie d’une voiture. Vous multipliez cela par le nombre de voitures en circulation et vous avez une idée du gigantesque problème que constituent ces vieux pneus usagés.

Car, il ne s’agit pas d’une matière inerte ou anodine. Il s’agit d’un concentré de composés polluants et cancérigènes (plomb, chrome, hydrocarbures aromatiques polycycliques particulièrement cancérigènes, etc.).

L’industrie semble croire que tout ceci n’est pas bien grave tant que les pneus roulent. Sauf que les frottements et les échauffements des pneus en conditions d’utilisation normale doivent bien libérer un moment donné une partie de ces substances toxiques…

A l’échelle d’un pneu, cela n’est peut-être pas trop grave. Mais qu’en est-il à l’échelle des millions de pneus qui roulent chaque jour? Un scandale sanitaire de plus?

Mais revenons à nos vieux pneus usagés. Pendant longtemps, l’industrie ou les gens les mettaient en décharge plus ou moins sauvage jusqu’à constituer des montagnes de pneus. De véritables concentrés de saloperies qui finissaient par infiltrer les sols quand les décharges en question ne finissaient pas tout simplement par prendre feu.

Quand c’était le cas, le feu pouvait durer des jours voire des semaines sans possibilité technique de l’éteindre, avec toutes les émissions de polluants et de CO2 que cela représentait.

Bref, c’était un véritable problème. Il a même fallu que les pouvoirs publics forcent les industriels à mettre en place des filières de recyclage et traitent progressivement ces décharges historiques de pneus qui traînaient un peu partout en France.

Dans le même temps, des petits malins ont dit: et si on jetait des millions de pneus à la mer, cela pourrait faire des abris sympas pour les poissons et la faune marine? C’est ce qui a été fait à partir des années 1970 et 1980 dans le monde entier, y compris en France.

C’était une solution qui avait l’avantage de se débarrasser à bon compte de ces millions de pneus usagés dont on ne savait pas quoi faire et qui en plus, était présentée comme une sorte de solution humanitaire pour les poissons! En créant des récifs artificiels de vieux pneus pourris, on allait favoriser le développement de la vie sous-marine…

Evidemment, raconté comme cela aujourd’hui, cela semble incroyable de connerie. C’est pourtant ce qu’a fait l’industrie automobile à l’époque, à savoir balancer des millions de vieux pneus à la mer, jusqu’à ce que l’on se rende compte que cela polluait massivement l’environnement sous-marin et que cela tuait la vie sous-marine. Evidemment, au bout de quelques années, les pneus partaient en morceaux et libéraient leurs cochonneries dans l’eau, sans même parler des courants marins et des tempêtes qui éparpillaient les pneus sur des milliers d’hectares…

Il a donc fallu arrêter de balancer les pneus à la flotte et il a même fallu dans certains cas aller récupérer au fond de l’eau des milliers de pneus, par exemple en France dans le Golfe Juan où ils faisaient tâche au milieu d’une zone Natura 2000…

C’est à ce moment là qu’il a fallu trouver un autre débouché pour tous ces vieux pneus. Un autre petit malin de l’industrie s’est alors dit: et si on en faisait du granulat qu’on utiliserait pour faire des gazons synthétiques?

Géniale comme idée! On transforme les vieux pneus pourris en granulat qui tend à se transformer en poudre avec le temps et on en saupoudre les gazons synthétiques qui servent à faire des terrains de sport. Vous savez les trucs utilisés par nos enfants pour jouer au foot ou au rugby!

Il faut 20000 pneus pour faire un terrain de sport synthétique! Vous imaginez la concentration de saloperies sur le terrain en question? En fait, c’est un peu comme si nos gosses jouaient sur une décharge, mais en plus polluant!

En France, on compte déjà plus de 3 000 terrains synthétiques de ce type. Il s’en créé des dizaines chaque mois.

Faire du sport sur des tonnes de pneus, est-ce sans danger pour les joueurs ? En sont-ils même informés ? Là où un beau tapis bien vert a remplacé le vieux terrain boueux, les parents retrouvent ces petites billes noires partout sur leurs enfants. Avec quelles conséquences ? Et si ces gazons synthétiques n’étaient qu’une fausse bonne idée ? « Envoyé spécial » a mené l’enquête.

Le reportage vaut le détour, en particulier aux Etats-Unis où ces terrains synthétiques existent depuis un certain temps déjà. C’est effarant, on constate une multiplication des cancers, lymphomes ou leucémies chez les enfants ayant fait du sport sur ces terrains synthétiques.

Si vos enfants font du sport sur gazon, renseignez-vous sur le type de terrain et évitez absolument ces terrains de sport synthétiques.

Cela ne suffit pas à l’industrie automobile d’intoxiquer les enfants avec les gaz d’échappement des voitures. Ils iront jusqu’à les tuer même sur les terrains de sport.

On peut visionner le reportage pendant quelques jours sur France 2: https://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/video-des-terrains-de-foot-synthetiques-au-gazon-suspect_2612590.html

Nuit Grave

A propos de Nuit Grave

Rédacteur du site Carfree France, spécialisé dans les questions relatives à la destruction de la santé et de l'environnement

5 commentaires sur “Et si on tuait nos enfants?

  1. Psychelau

    Effarant. Et en même temps, comme dirait l autre, cela me bouscule. Je fais bcp bcp de vélo, dois je aussi culpabiliser, à cause des pneus de vélo?

  2. Pédibuspedibus

    on pneut pas rester comme ça, sans réagir, au risque d’apparaître dégonflé…

    même pas boaaa…

    nous fera décidemment jamais autant rigoler qu’elle nous fait chier cette putain de bagnole…

     

    et toujours le même genre de nouvelle à Bordeaux-bordel… :

    http://www.sudouest.fr/2018/02/23/le-serial-poinconneur-de-pneus-encore-arrete-4224910-2780.php

     

    BOAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

     

    qu’ils les fassent donc en bois leurs saloperies de merde, et en bois plein siouplait…

  3. fabien

    Psychelau,

    Je me pose beaucoup de question a propos de mes pneus de vélo. 2 choses qui rassurent, les masses en jeu soit beaucoup moins importantes, et une bonne partie de la masse du pneu est de la fibre.

     

    Par contre, autant les pneus de voiture use beaucoup des formes pour améliorer l’adhérence du pneu ; les vélos utilisent des pneus avec des additifs  ; bref, même si il y a moins de matière, je ne suis pas sur que ce soit mieux.

  4. Vince

    La pollution due aux pneus de voiture va bien au-delà que les seuls terrains de foot synthétiques malheureusement.

    Dans le dernier rapport Airparif disponible l’usure des pneus, des plaquettes de freins et des routes contribue pour 41% des émissions de particules fines (en 2012) :

     Inventaire régional des émissions en Ile-de-France   (tableau page 12)

    Et cela va bien plus loin, dans un article de 2015 de la revue Sciences et Vie une étude montrait que la quantité de poussière de pneus déversée dans la nature chaque année en France s’élevait en dizaine de tonnes, celle-ci se répand sur les plantes, dans les rivières, etc…

    On en retrouve dans le miel car les abeilles butinent aussi les fleurs proches des routes.

  5. marmotte27

    Probablement la gomme des pneus de vélo contient peu ou prou les mêmes composants. Pour autant je pense que les pneus de vélo polluent moins par plusieurs ordres de grandeur. Déjà en terme de  poids un cycliste avec vélo c’est 15 fois moins lourd qu’une voiture et n’a que deux pneus. Et je ne serais pas étonné que là aussi la courbe soit en fait exponentielle et non linéaire comme pour les dégâts causés aux routes.

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