Virus et gros poireaux

Après la pandémie, je suis certain que personne n’oubliera de mettre en cause le volume et la vitesse des déplacements parce qu’ils participent grandement à étendre l’épidémie virale de deux manières: d’une part ils ne confinent plus le virus dans le temps étiré du voyage (pour venir de Chine à vélo ou à pied il faut de longs mois) d’autre part ils accélèrent le réchauffement climatique et la fonte du permafrost où sont stockés de nombreux virus prêts à se réactiver. 

Aussi ne faudra-t-il surtout pas inviter aux débats les écologistes que j’ai croisés tout à l’heure au magasin dit « bio » où ils s’étaient rendus en voiture et qui exprimaient avec un naturel désarmant, devant des poireaux et des carottes immaculés aussi gros que des saucissons, leur espoir de partir en vacances en Croatie dès les beaux jours et la fin du confinement comme ils le font régulièrement avec tous leurs amis. Rien ne devra redevenir normal. L’aéroport de Roissy sera nationalisé et ses avions cloués au sol pour héberger les réfugiés ou en faire des hôpitaux de campagne destinés à purger le pays de toutes les maladies de notre société de consommation.

A propos de Gwenael

Auteur et acteur, fondateur de la Station-Théâtre

6 commentaires sur “Virus et gros poireaux

  1. cabanenpaille

    Ne soyons pas surpris.

    Le consommateur bio qui pense à sa santé, pourquoi pas? sans se soucier de celle des autres, ben oui, ça existe. ça n’en fait pas étymologiquement un écologiste pour autant, mais un  individualiste avec un niveau de vie confortable.

    L’après crise covid-19 ressemblera, hélas, à l’après crise 2008. Et il y en aura d’autres et même simultanément, il n’y a pas de raison. Nos dirigeants  imposeront un peu plus leur logique dans l’intérêt des dominants. Un remède?: discuter, convaincre, argumenter pour virer notre élite et objectiver notre pensée,  la mettre en pratique! Le changement est d’abord intérieur à chacun de nous, la crise nous fera-t-elle évoluer vers une consommation consciente?

    Le vélo me manque, ça m’aurait aéré les neurones.

  2. Lydie

    Très bonne vidéo

    Modeste contribution de ma part en étant complètement en phase avec ce qui est écrit. Pour ceux qui désespèrent de voir les lignes bouger, essayer de mettre en oeuvre ces 10 préceptes de la théorie du tube de dentifrice. Peut-être obtiendrons nous quelques résultats sur des objectifs atteignables. Nous arriverons pas à changer le monde en profondeur sans avancer progressivement.
    Les préceptes

    1.    Essayer de comprendre l’état actuel de l’opinion publique et la direction dans laquelle vous pourriez l’emmener demain. Surtout rester ancré dans la réalité.

     

    2.    Choisissez votre cible en vous basant sur la vulnérabilité de l’opinion publique, sur l’intensité de la souffrance causée et les possibilités de changement.

     

    3.    Fixez-vous des objectifs réalisables atteignables. Tout changement majeur advient par étapes. La sensibilisation ne suffit pas.

     

    4.    Trouvez des sources crédibles d’information et de documentation. Ne présupposez rien. Ne trompez jamais les médias et les citoyens. Maintenez votre crédibilité, n’exagérez pas le problème, n’en faites pas un phénomène de mode.

     

    5.    Ne divisez pas le monde entre les saints d’un côté et les pêcheurs de l’autre.

     

    6.    Rechercher le dialogue et essayer de travailler ensemble à résoudre des problèmes. Voyez chaque dossier comme un problème avec des solutions. Le meilleur moyen d’y parvenir est de présenter des substituts réalistes.

     

    7.    Soyez prêt à la confrontation si la cible ne réagit pas. Si les voies conventionnelles ne fonctionnent pas, préparez une campagne de sensibilisation graduelle pour mettre votre adversaire sur la défensive.

     

    8.    Évitez la bureaucratie.

     

    9.    Ne partez pas du principe que seules la législation les règles peuvent résoudre le problème.

     

    10.  Posez-vous la question « Est-ce que ça va marcher ? »

    Merci pour ces articles et commentaires qui peuvent être une source d’idée d’action individuelle ou/et collective

     

  3. Bobo

    En tout cas on voit bien que déplacements motorisés et mentalité de merde vont bien ensemble : c’est fou le nombre de gens essentiel en cette période de confinement qui continuent d’aller travailler en grosse cylindrée ou en moto.

  4. ikook

    Le monde d’après (si je puis dire) sera sans doute encore moins beau que le monde d’avant:
    Attendons-nous à:
    – Les gares que la SNCF a fermée pour cause de virus ne seront pas toutes ré-ouvertes après. Idem pour des guichets et pareil pour des lignes de trains.
    – La poste a fermé un bon paquet de bureaux. Ne croyons pas que tous ré-ouvriront.
    – Les drones de surveillance qui sont apparus dans certains villes ne rentreront pas au « garage ».
    – La surveillance généralisée de tous les téléphones portables va se renforcer. C’est déjà ce qu’à annoncé Castaner cette semaine.
    – les voitures vont reprendre leur droit. On le voit déjà jour après jour.
    – Les gens qui ont pris l’habitude d’acheter sur Amazon ou en drive seront nombreux à ne plus venir dans les petites boutiques du centre ville: donc faillites à venir….
    – Déjà que quand tu n’étais pas d’accord avec la façon dont tourne le monde, on te prenait pour un zinzin, mais sorti du confinement, ne deviendra t-on pas un « anti-patriote »? C’est l’union nationale en ce moment, c’est la guerre, et quand ce sera fini, il faudra tous rentrer dans le rang de la victoire et participer au grand élan national pour relancer l’économie. Et celui qui ne voudra pas? Dans une société du contrôle et de la surveillance… Qu’adviendra t-il de lui?

    https://reporterre.net/Au-nom-du-coronavirus-l-Etat-met-en-place-la-societe-de-controle

     

  5. MaxH

    C’est pourquoi, à la fin du confinement, il faudra sortir marcher, massivement et régulièrement, dans la rue, pour qu’un tel monde d’après ne soit pas.

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