« Carrefour Issoire devient Carrefriche »: une (h)iss(t)oire sans voiture… (ou presque !)

C’est l’histoire d’une vidéo postée en ligne (depuis un compte baptisé « Carrefriche Coopérative ») lundi 31 août 2020 sur la plateforme Youtube…

Et de sa page Facebook afférente, créée également pour l’occasion et baptisée « Carrefriche »:
https://www.facebook.com/Carrefriche-106331764535277/?ref=page_internal

Quoi de plus beau que de débaptiser les immenses « carrefours, » qu’ils soient accidentogènes ou qu’ils aient d’autres immenses externalités négatives, en vue de s’inventer un « monde d’après ».

Bien entendu, ce n’est pas Carrefour qui est visé spécifiquement mais l’ensemble d’un système économique. Il est vrai que le nom d’enseigne « Carrefour » se prête plutôt bien aux jeux de mots pour l’occasion, et le groupe d’activistes puydômois ayant décidé d’imaginer une économie et un commerce moins délétères énumère un programme aux nombreuses idées carfree, dont en voici quelques-unes:
– laisser le parking en friche (d’où le jeu de mots avec le nom « Carrefriche ») et permettre uniquement aux PMR l’accès automobile au parking auto.
– toucher donc très majoritairement une clientèle vélo, revisitant les codes du marketing: ainsi, le « no parking, no business » deviendrait drôlement en quelque sorte un « no biking, no business« )
– stopper la vente de carburant en fermant définitivement la station-service de l’hypermarché issoirien dès septembre (MAIS C’EST MAINTENANT !?!?!).

Nous pouvons citer la fin du paragraphe constituant le 9e volet du credo Carrefriche, volet intitulé « Préserver la biodiversité et entamer une campagne de débétonisation » (sic… et le jeu de mots « campagne de débétonisation » sonne bien!) et auquel s’engage Carrefriche:
« Des hangars à vélo viendront remplacer les stationnements automobiles. L’accès au magasin sera désormais réservés aux transports doux et aux voitures uniquement aux personnes à mobilité réduite » (sic).

Pour aller lire l’utopie de Carrefriche dans son programme, commencer la lecture ici: https://www.facebook.com/Carrefriche-106331764535277/photos/pcb.106914384477015/106913914477062

Un millier et demi de vues (de la vidéo Youtube) plus tard, le jeudi 03 septembre 2020, c’est tout un florilège de réactions qui ont déjà été exprimées sur les réseaux sociaux; la magie a opéré. Trolls-dans-le-coup pour certain·es ou réellement sincèrement étonné·es du soudain changement pour d’autres, on lit avec un sourire certain l’enthousiasme, feint ou sincère, qui entoure le projet qui consiste à changer un Carrefour en « Carrefriche ».

La première publication Facebook du groupe citoyen (ré)créatif, avait occasionné, au matin du 03/09/2020, 778 réactions, commentaires et partages.

En ce qui concerne le démenti (soit la 4e publication Facebook de Carrefriche) pour avouer le canular (après que France 3 Auverge-Rhône-Alpes a contacté Carrefriche pour s’intéresser de plus près à tout cela), c’étaient (au matin du 03/09/2020) 260 réactions, commentaires et partages: de quoi continuer à faire rêver encore un bon « delta » de personnes qui s’imaginent peut-être toujours que depuis l’ancien parking bitumé on marche benoîtement vers l’entrée du magasin tout en reniflant les émanations de saint-nectaire qui proviennent du stand de fromagerie à la découpe plutôt que de trivialement sentir les pots d’échappement en chargeant bébé sur le siège du caddie.

Malin clin d’oeil, le démenti rédigé par Carrefriche commence délicieusement sur ce titre claironné:
[Carrefriche n’existe pas… encore !]

3 commentaires sur “« Carrefour Issoire devient Carrefriche »: une (h)iss(t)oire sans voiture… (ou presque !)

  1. Tom Lobo

    Pas de ré-aménagement de la merde que nous laisse le capital. Tabula rasa !

    A bas la société techno-industrielle !

    A bas l’argent !

    A bas l’état !

    Retour vers les valeurs communes de partages.

    Retour vers notre vraie nature qui n’est pas de gérer « autrement » la merde du capital.

    (ça va mieux en le disant)

    Si vous avez des questions, lisez Marx : L’Idéologie Allemande, Les Manuscrits de 44, Les Grundrisse et le Capital.

    La révolution ne sera pas télévisée et ne passera pas par internet. Cessez de rêver et réveillez-vous !

  2. Pédibuspedibus

    Vous habitez Brive ou Cahors et vous souhaitiez prendre le train pour une petite escapade gastronomique et touristique à Sarlat… ? C’est foutu  : c’est pas la faute à Voltaire mais à Leclerc…

    Autre incongruité que cet hypermarché sur l’ancienne ligne ferroviaire traversant Sarlat :

    l’impossibilité d’un itinéraire de remplacement entre Bordeaux et Brive si au nord la ligne passant par Périgueux est neutralisée…

    Et puis franchement, Sarlat, la bouffe, le tourisme et le cadre exceptionnel, il n’y a pas là un potentiel extraordinaire de développement pour le train… ? Est-ce qu’on verrait par exemple Ste-Gnognole en guerre de religion avec Seuneukeufeu à Lourdes par exemple, haut lieu de pélerinage touristique religieux… ? Tous les « miraclophiles » y viennent en train de pélerinage ou pour une bonne part.

  3. Lydie

    Vraiment désolant de constater la destruction des gares (Sarlat, Hautefort …) au service de la grande distribution en fermant les lignes de train. Cette irrigation du réseau ferré assure des dessertes locales avec un vrai potentiel de développement de la France. D’un autre coté il serait aussi souhaitable d’améliorer la gestion et le fonctionnement de la SNCF qui devrait aussi s’adapter aux attentes des Français et trouver de la souplesse dans son fonctionnement.  Cette vieille organisation a beaucoup de difficultés à améliorer, à transformer l’existant. C’est un crève cœur d’assister à ces disfonctionnements de transport ferré pour ne pas parler  d’un réel effondrement de ce mode de transport. La SNCF sclérosée intègre très insuffisamment la logistique, le saut technologique, le maintien correcte des infrastructures existantes, le service auprès de la population. Les vrais fautifs sont aussi parmi les élus qui ne prennent jamais le train mais prétendent tous avoir de bonnes idées. Cet effondrement est brillamment  orchestré par les constructeurs automobiles, les transporteurs, le monde du TP et du pétrole en faisant le chantage à l’emploi auprès des gouvernements successifs. Malheureusement le constat est terrible. Exemple la fabrication d’une voiture Française représente à peine 1.3% en 2020 au lieu de 3.2% en 2010 sur le territoire français. Le transport routier est assuré à plus de 60% en 2020 par des transporteurs de l’Est.  A quand un grand sursaut? Serait-il possible d’aller vers de nouveaux horizons en assurant un meilleur bien-être en réorientant la finance pour l’avenir sur du long terme et en préservant l’environnement.

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