Contre la Loi Macron

Aujourd’hui (le vote à l’assemblée nationale ayant lieu le 17 Février) risque d’être validée la loi Macron et son cortège de mesures visant à totalement déréguler l’organisation du travail, ne faisant qu’aggraver la précarisation des plus modestes.

Plutôt que de promouvoir et revoir l’accessibilité économique du transport ferré autant pour les voyageurs que les marchandises, ce projet de loi fait l’apologie du « tout routier » et des infrastructures qui en découlent. La seule promotion du transport en bus, pourtant extrêmement polluant, est un non sens.

Accroître encore le fret routier alors que tous les signaux environnementaux et sanitaires sont au rouge est une gageure.

Quant à l’aérien, les 2 aéroports de Nice et Lyon se retrouveraient privatisés de fait.

Les précieuses terres arables autour des grandes villes sont particulièrement menacées par la frénésie de « bétonnage », malgré l’alarmant épuisement des ressources.

Les articles 27 et 28 du projet de Loi envisagent un recours aux ordonnances et permet de passer outre tout débat démocratique. Le nombre de projets dans les Yvelines est catastrophique pour envisager un équilibre social, économique, environnemental et alimentaire.

Le silence médiatique et la vétusté de la réflexion politique autour du contenu précis de ce texte nous confortent dans nos inquiétudes quant aux orientations que dessine ce projet de loi sur la qualité de notre environnement et sur l’organisation sociale qu’il défend.

Notre collectif ne manquera pas de se pourvoir autant qu’il le pourra et en appelle à la mobilisation citoyenne contre ce déni démocratique.

12 commentaires sur “Contre la Loi Macron

  1. Vincent

    > ce projet de loi fait l’apologie du « tout routier » et des infrastructures qui en découlent. La seule promotion du transport en bus, pourtant extrêmement polluant, est un non sens.

    Je m’étonne toujours que les gens se focalisent sur la pollution en ignorant la contrainte financière : la France importe 99% de son pétrole et ça lui coûte 50 milliards d’euro chaque année (soit plus que l’impôt sur le revenu).

    Pourquoi ignore-t-on constamment le coût financier très lourd qu’implique ce choix du tout-voiture?

  2. Millan-Brun Anne-Lise

    On se focalise sur la pollution quand on y est particulièrement exposé, j’imagine… et peut-être aussi qu’en ce moment, comme le baril de pétrole n’a jamais été aussi peu cher, on entretient l’illusion qu’il en reste encore plein à extraire.

    En tout cas, à Paris, il y a eu levée de boucliers sur les mesures anti-pollution, floraison de pétitions de motorisés en colère, manifestations de gros cubes bien décidés à continuer à nous/s’empoisonner.

    Du coup, je propose aux piétons et cyclistes de réagir à leur tour :

    https://www.change.org/p/mairie-de-paris-tenez-bon-sur-le-plan-antipollution

    Bien amicalement

  3. pédibus

    Ma chère Anne-Lise il y aura toujours autant de pétrole qu’on voudra : avec leur géo ingénierie ils sont foutus de vider les océans et d’en emblaver toute la surface et de vendre ça sous l’étiquette de « biocarburants »…

    …bon juste un peu outrancier ce soir, mais bof…

     

  4. Vincent

    pédibus > il y aura toujours autant de pétrole qu’on voudra

    Pas tout à fait : oui, il y aura encore du pétrole dans 1.000 ans mais… on arrêtera bien avant de l’extraire parce que 1) il sera devenu trop cher pour que l’économie le supporte (même à 120$ le baril, la croissance s’effondre) et 2) le taux de retour énergétique (EROEI) sera devenu inférieur à 1 (auquel cas, c’est game over).

    Les optimistes croient qu’on trouvera un substitut valable au pétrole avant le pic; les pessimistes croient que c’est peu probable parce que pour eux, le pic, on y est déjà plus ou moins. Seul l’avenir le dira.

    En attendant, quarante ans après le premier choc pétrolier, 98% du transport dans le monde se fait encore avec du pétrole.

    P. Brocorens (UMONS), « Pétrole, l’autre vérité qui dérange; avons-nous franchi le pic du pétrole ? »

    http://www.youtube.com/watch?v=zAsP4gvNuJk

  5. Laurent

    La loi Macron permet aussi de recourir aux ordonnances pour reformer certaines dispositions du Code de l’Environnement.

    Il est fort probable que si la Loi Macron avait été voté il y a 10 ans, nous aurions eu le Barrage de Sievens, le bel  aéroport de NDL et autres projets utiles aux capitalistes. En effet, la Loi Macron va permettre de « simplifier » les processus législatifs à propos des grands projets.

  6. LécoLomobiLe.fr

    Imaginez, d’un côté, toutes les villes moyennes françaises reliées entre elles par des autocars et de l’autre, la tête de M. Carlos GHOSN comprenant que 30% de ses ventes vont disparaître.

    Imaginez la mine satisfaite que M. Carlos GHOSN aurait affichée si la loi Macron avait été contrée !

    Je n’ai pas bien étudié cette loi, mais la seule ouverture du marché inter-cité aux autocars me ravit au plus au point.

  7. Romano78

    L’illusion de la course à la croissance en allant pousser le caddie le dimanche. Génial! Merci aux lobbies et aux pantins qui les représentent.

  8. pédibus

    Oui L’écolo pas du tout immobile : qu’une noria de cars Macron – non de non… – assainisse les autoroutes de PACA et remette nos chers constructeurs nationaux « d’atomobiles » dans les pattes chinoises pour les reconvertir… en constructeurs d’autocars!

  9. JAN

    Le Collectif Flins sans F1 a remporté, avec d’autres, un beau combat contre le projet de construction d’un circuit automobile dans mon département. Je comprend et même approuve sa dénonciation des dispositions de la « loi Macron » visant à faciliter les transports en autocar. Mais a-t-il vocation à dénoncer l’ensemble de cette loi qui, comme on le sait, touche à bien d’autres sujets qui ne concernent ni de prêt ni de loin l’envahissement des voitures et camions et ses conséquences sur l’environnement ?

    Un fois plus, ce site sert de tribune aux tenants de l’antilibéralisme radical, ce qui n’est pas théoriquement son rôle. Du moins je le croyais. Car je commence à avoir des doutes…

  10. Jean-Marc

    « ce site sert de tribune aux tenants de l’antilibéralisme radical, ce qui n’est pas théoriquement son rôle. Du moins je le croyais. Car je commence à avoir des doutes… »

    ce site est pour la discussion et la réflexion.

    alors, si tu trouves la discussion et la réflexion anti-« libéralisme radical« , il y a peut-etre des raisons…

    Une choses importante, c est de toujours définir de quoi on parle, ainsi, ce que tu appelles anti-« libéralisme radical« ,

    j’appelle cela la défense de la liberté POUR TOUS, la défense de l égalité, et la défense de la fraternité, pour l intérêt général, et pour le service public.

    (ce qui permet d éviter des Kouachi/Coulibally et des Ted; contrairement au libéralisme radical qui en crée parmi ses très nombreux exclus, ses « perdants du libéralisme« )

    Cette défense de nos intérêts à tous, se fait en opposition au libéralisme radical.

    En opposition avec la lutte pour SON bout de chaussée À SOI, qu’on ne veut pas partager avec les autres.

    En opposition avec le lobbying d intérêts PARTICULIERS,

    En opposition avec la liberté d’une minorité oppressante (les voituriens, qui s’octroient l’espace public et ponctionnent les finances publiques, face aux piétons, cyclistes, aveugles, personnes en fauteuils, vieillards, enfant en bas âge, pauvres,… )

    7 milliards de gens non-mobiles en france… et le chiffre continue de croitre…

    c.f. http://www.mobilitytechgreen.com/entre-6-8-millions-de-francais-nont-pas-acces-a-la-mobilite/

    Mais JE M’en fiche de ces aveugles, vieux, jeunes et pauvres : ils n ont qu’à crever grâce au pôt d échappement de MA voiture à MOI.

    JE veux mon parking et ma zone commerciale À Moi (mais dont la rocade, et les autres travaux sont payés par tous… faut pas rêver..).

    La Loi Macron : carfree uniquement concerné par les cars ?

    réponse : je ne crois pas…

    Un seul autre sujet, deja fortement débattu sur carfree, quand Sarkozy en avait parlé (donc bien avant Valls ou Macron) : l ouverture des hyper/super le dimanche.

    Les épiceries, boulangeries et autres petits commerces de proximité et de bouche ont le droit d être ouvert les dimanches, au moins la moitié du temps, en particulier s’ils sont tenu par des membres de la famille de/de la gérant(e) :

    pas d employé, mais la famille, le/la proprio.

    (des employés sont autorisés dans la boulangerie, et peut-etre dans d autres commerces de bouche, mais ils sont l exception, dans cette dérogation)

     

    L ouverture du dimanche, c est un cadeau pour les super/hyper CONTRE les petits magasins = c est un bonus pour les voitures sur les parkings des zones commerciales = c est totalement pro-voiture,

    pro-étalement urbain,

    pro-destruction d emplois (moins d emplois par CA dans les hyper/super que dans les petits)

    pro-évasion fiscale (à CA équivalent, les grands groupes d hyper/super payent bcp moins d impôts que les petits indépendants)

    pro-dépendance au pétrole

    et cela va à l encontre totale de la transition énergétique, et de l adaptation progressive de la ville à un pétrole plus cher/rare, ainsi qu’en opposition totale avec une amélioration généralisée du cadre de vie, de la qualité de vie en ville.

  11. JAN

    Anti « libéralisme radical » ≠ antilibéralisme radical. Dans mon esprit l’épithète « radical » se rapportait à « antilibéralisme ». Précision importante car déterminant le sens de mon message. Je ne suis pas un partisan du « libéralisme radical », sans pour autant être en accord avec les anticapitalistes.

     

    Mais, ainsi que je voulais justement l’exprimer dans mon commentaire précédent, tout ceci est un débat qui, je trouve, nous éloigne du véritable objet de Carfree.fr: informer les internautes et leur permettre de discuter ensemble autour, essentiellement d’une question: comment passer le plus vite possible d’un mode de vie dominé par des moyens de transport considérablement nuisibles à un nouveau reposant sur des modes de déplacement plus « doux » ?

     

    Or beaucoup de participants à ce forum semblent considérer que ce combat contre (pour résumer) la voiture se confond avec celui contre le système capitaliste! Je pense pour ma part que tourner totalement le dos à ce modèle serait totalement contre-productif pour l’intérêt général (qui te tient à coeur et tu as raison) et qu’il serait bien préférable de le réglementer (mais avec beaucoup de délicatesse, faute de quoi il perdrait vite de son efficacité) notamment (car j’insiste c’est le seul sujet qui nous intéresse ici) afin de permettre un transition rapide vers les circulations douces. Ce dernier objectif n’est pas si restrictif qu’il en a l’air, c’est même un sujet inépuisable tant les solutions proposables sont nombreuses et compliquées à mettre au point: fiscalité incitative, schémats urbains adaptés, transports collectifs, bannissement du tourisme de longue distance, soutien de la recherche, interdiction de la publicité pour les fabriquants moto-automobiles et les compagnies de transport aérien et routier (là je reconnais que le volet « autocar » de la loi Macron est pour le moins regrettable) etc…

     

  12. Marcel Robert

    JAN, il faudrait à mon avis définir ce que tu entends pas « capitalisme », car ce n’est peut-être pas si simple. Derrière le capitalisme, on peut désigner tout un tas de modèles économiques très différents, avec plus ou moins d’interventionnisme étatique, plus ou moins de place laissée à l’autogestion, etc. D’ailleurs, tu intervertis capitalisme et libéralisme, mais est-ce la même chose?

    Je pense qu’il est tout à fait possible d’être contre certaines formes de capitalisme (en lien bien sûr avec la critique du système automobile) sans pour autant rejeter le capitalisme en bloc.

    Également, quelle place peut être laissée dans ce schéma à la décroissance par exemple? Autant les systèmes capitalistes que collectivistes promeuvent la croissance économique, et donc la production d’objets de toutes sortes dont les voitures… C’est pourquoi, critiquer la voiture en tant que système revient peut-être à une critique au-delà même de la notion de capitalisme…

    Il y a un certain temps, j’avais tenté de définir quelle pourrait être une critique globale du système automobile. Ma conclusion était que les seules réponses relevant uniquement du système capitaliste et qui tournent autour des notions d’internalisation des externalités négatives n’étaient pas suffisantes pour lutter efficacement contre le système automobile.

    http://carfree.fr/index.php/2011/05/21/theorie-de-lemmerdement-maximal/

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