La fin progressive du pétrole

Nous sommes arrivés à la fin de la croissance de la production mondiale de pétrole, ce qu’on appelle le pic de production (peak oil) ou pic de Hubbert. Le géologue Hubbert avait calculé en 1956 que le maximum de la production pétrolière aurait lieu en 1970 aux Etats-Unis, ce qui s’est réalisé. De nombreux pays ont déjà atteint leur maximum de production.

A partir de l’année prochaine, la production mondiale de pétrole va décroître à un rythme de plus en plus élevé, que ce pétrole soit « conventionnel » et facile à extraire ou qu’il s’agisse de pétrole dont les conditions d’extraction sont difficiles, très coûteuses, techniquement risquées et aléatoires, très coûteuses aussi pour l’environnement.

Les variations de prix du pétrole au cours des prochaines années, en hausse ou en baisse, ne seront qu’un épiphénomène. L’évolution sur longue période sera une augmentation constante des prix à mesure de la rareté croissante du pétrole.

Divers facteurs économiques (récession), climatiques (hivers doux) ou autres peuvent soit retarder le moment de ce déclin, soit conduire à une fluctuation en forme de « tôle ondulée » du maximum de la production. Dans les deux cas, le répit serait de quelques années, mais la décroissance serait ensuite plus accentuée.

Une estimation très optimiste prévoit une décroissance de la production de 2 % par an, conduisant à une production réduite de moitié dans 35 ans. Mais la réalité semble devoir être bien différente.

A titre d’indication, voici ce qu’il en serait de la production mondiale de pétrole, comparée à celle d’aujourd’hui, selon divers taux constants de décroissance :
– taux = 2 % : 80 % dans 12 ans (80,1) – 50 % dans 35 ans (50,3),
– taux = 3 % : 80 % dans 8 ans (80,8) – 50 % dans 24 ans (49,6),
– taux = 4 % : 80 % dans 6 ans (81,5) – 50 % dans 18 ans (49,9),
– taux = 5 % : 80 % dans 5 ans (81,4) – 50 % dans 14 ans (51,3).

En fait la courbe de Hubbert représentative de la croissance puis du déclin de la production est une courbe en cloche, proche d’une courbe de Gauss. Dans la réalité, cette courbe sera sans doute asymétrique à cause de la surexploitation des gisements due à une forte demande.

Avec une décroissance progressive de 1%, puis 2% … 5%, nous aurions une production limitée à 80 % dans 12 ans et à 50 % dans 20 ans.

Les réserves de pétrole ont été surestimées, soit pour des raisons politiques (attribution des quotas de production en fonction des réserves pour les pays de l’OPEP), soit pour des raisons financières dans le cas des compagnies (faire monter le cours des actions, obtenir des prêts bancaires).

Ainsi, les réserves « prouvée » augmentent de 50 % à 200 % en une seule année, sans qu’aucun gisement important n’ait été découvert. Par exemple :
– 1984 Koweit : de 67 à 93 Gb (Giga-barils : milliard de barils),
– 1985 Vénézuéla : de 28 à 55 Gb,
– 1986 Emirats : de 33 à 97 Gb,
– 1986 Iran : de 59 à 93 Gb,
– 1988 Arabie : de 167 à 255 Gb.

Le volume des nouvelles découvertes est depuis longtemps inférieur à celui de la production. Les champs de pétrole découverts sont de plus en plus petits alors que les champs géants en exploitation sont en fin de vie.

Le maximum de découvertes a été atteint en 1962. Depuis 1981 le volume produit chaque année est supérieure à celui des nouvelles découvertes. Actuellement, le volume produit est 3 à 4 fois supérieur au volume découvert.

La décroissance de la production peut être très rapide. Par exemple (millions de tonnes / an) :
– Norvège : de 162 Mt en 2001 à 138 Mt en 2005 (- 15 % en 4 ans),
– Grande-Bretagne : de 137 Mt en 1999 à 85 Mt en 2005 (- 38 % en 6 ans),
– Egypte : de 47,5 Mt en 1993 à 33,9 Mt en 2005 (- 29 % en 12 ans),
– Gabon : de 18,3 Mt en 1996 à 11,7 Mt en 2005 (- 36 % en 9 ans),
– Australie : de 35,3 Mt en 2000 à 23,3 Mt en 2005 (- 34 % en 5 ans).

L’énergie pour les transports

Le secteur des transports consomme 48,9 millions de tonnes de pétrole chaque année en France, comparé à une consommation de 15,0 Mt pour le résidentiel (logements) et le secteur tertiaire, de 13,7 Mt pour la pétrochimie, 6,0 Mt pour l’industrie, 2,2 Mt pour l’agriculture, 1,5 Mt pour les centrales thermiques (production d’électricité), 4,7 Mt en pertes et usages divers, soit un total de 94,7 millions de tonnes (en 2005).

Ni la pile à combustible, ni les biocarburants ne seront une solution comme certains rêveurs l’imaginent pour remplacer le pétrole dans les transports.

Plusieurs techniques de piles à combustible sont envisagées, mais toutes posent d’énormes problèmes et il s’agit donc d’une solution illusoire. Les piles à méthanol ne sont qu’une variante dans l’utilisation des biocarburants.

Les piles à hydrogène nécessitent de produire cet hydrogène, soit à partir du gaz naturel ou autres produits pétroliers (cela ne change rien à la disparition progressive du pétrole et du gaz), soit de façon plus coûteuse et avec un faible rendement à partir de l’électricité (produite pour l’essentiel à partir d’énergie fossile). Et l’hydrogène doit être conservé soit sous forme liquide à moins 235 °C, soit sous pression à 700 bars (700 fois la pression atmosphérique) avec un réservoir spécial et très solide de 100 Kg pour contenir 5,7 kg d’hydrogène (pour parcourir environ 500 km). Cela n’a rien à voir avec une bouteille de butane ou de propane. Tout cela demande aussi de très importantes quantités d’énergie pour liquéfier (et conserver liquide à -235°C) ou comprimer cet hydrogène.

Les biocarburants ne sont guère une solution eux aussi car leur production nécessite une utilisation importante de carburant (tracteurs, moissonneuses …) et d’engrais (à base de produits pétroliers). La production de produits alimentaires, en France comme dans le monde, constitue un bien meilleur usage de l’agriculture que la production de carburants.

Les biocarburants sont séduisants, à condition de ne pas regarder le bilan énergétique de leur production , ni la surface de terres cultivables à utiliser pour remplacer une partie seulement du pétrole utilisé à ce jour en France.

La situation est identique dans le reste du monde, sans doute pire dans les régions tropicales. Celles-ci permettent un meilleur bilan énergétique à court terme (en utilisant beaucoup de produits chimiques pétroliers), mais les sols de ces régions sont fragiles et deviendraient rapidement stériles, sans compter les ravages de la déforestation.

Lorsque l’on étudie la consommation de pétrole (carburants, engrais et autres produits pétrochimiques) utilisée pour produire l’équivalent en biocarburants, on constate qu’il faut, sur un hectare de culture, en tonne équivalent pétrole (tep) :
– huile de colza : 0,50 tep consommée pour produire 1,37 tep = 0,87 tep à l’hectare,
– huile de tournesol : 0,29 tep pour 1,06 tep = 0,77 tep / ha,
– éthanol de betterave : 3,22 tep pour 3,98 tep = 0,76 tep / ha.

Pour produire l’équivalent des 49 millions de tonnes de pétrole consommées par les seuls transports (sans compter les autres usages) il faudrait utiliser dans le meilleur des cas (huile de colza) 56.400.000 hectares (564.000 km2) soit plus que la superficie de la France et 3,6 fois la superficie des terres cultivées du pays.

Nous devrons nous habituer à la disparition des voitures individuelles et des camions pour privilégier les transports ferroviaires et fluviaux. Le retour à la marche et à l’usage de la bicyclette sera la seule solution pour les déplacements à faible et moyenne distance (très bon pour la santé). Les transports de marchandises seront limités par nécessité. Cela nous conduit à des solutions de bon sens pour l’utilisation de l’espace. Après plus d’un siècle d’exode rural, il faudra faire le chemin inverse : construire des villes de taille modeste loin des grandes agglomérations actuelles, autosuffisantes en énergie et en nourriture (productions diversifiées dans la campagne environnante).

Un des aspects méconnus de la disparition du pétrole, c’est le devenir de l’agriculture et comment nourrir les populations.

Aujourd’hui, seul un usage intensif et polluant des machines et des engrais chimiques permet d’avoir une production excédentaire en France. Sans les engrais (pétrochimie) les rendements baisseront sans doute de moitié et chaque parcelle de terre cultivable devra être réservée aux productions alimentaires. Sans doute faudra-t-il aussi réduire les productions animales, car la production d’un gramme de protéine animale nécessite cinq à dix fois plus de ressources agricoles que celle d’un gramme de protéine végétale. La question de la surpopulation, évidente au niveau mondial, se posera aussi en France.

Le temps est venu de consommer beaucoup moins d’énergie et de se préparer à des réalités contraignantes, en changeant de façon radicale notre mode de vie, l’organisation du territoire (passer de l’exode rural à l’exode urbain), l’urbanisme, l’architecture, l’organisation économique et sociale.

Sites à consulter pour mieux prendre conscience du problème :
http://aspofrance.org
http://www.oleocene.org
http://www.wolfatthedoor.org.uk/
http://www.terredebrut.org
http://carfree.fr/index.php/2005/03/02/la-fin-du-ptrole/
http://wolf.readinglitho.co.uk/francais/fpages/fagriculture.html

Source: http://travail-chomage.site.voila.fr/energie/fin_petrole.htm

Steve

A propos de Steve

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste du pic pétrolier et des questions d'étalement urbain et de consommation d'espace.

11 commentaires sur “La fin progressive du pétrole

  1. Bigouden

    Article très intéressant que vous avez bien fait de mettre en lumière. Cela explique l’essentiel de l’augmentation du prix du pétrole, le reste n’étant que des vagues sur une marée qui n’arrête pas de monter.

    Lorsque la production de pétrole commencera à diminuer, les prix seront encore plus élevés et beaucoup se mettront à réfléchir, mais un peu tard.

    L’article est plus facile à lire à partir du lien (source) que vous avez bien fait de citer.

    On trouve un autre article qui nous informe tout aussi bien sur l’uranium : Pénurie et fin progressive de l’uranium

    En fin de compte il faut faire prendre conscience et agir pour les deux seules choses réalistes :
    – économiser l’énergie : Négawatt : La sobriété énergétique, réduire nos besoins en énergie tout en conservant notre qualité de vie.
    – développer très vite les énergies renouvelables et les moyens de stockage de l’énergie.

  2. Bigouden

    L’article que vous avez reproduit se trouve en fait ici : La fin progressive du pétrole pour une lecture plus facile.

    De plus, ce texte existe en version imprimable, de même que l’autre article cité. Bien pratique pour en parler dans une discussion publique ou entre amis.

  3. Nemosus

    Un point qui, me semble-t-il, est souvent négligé est le fait que le pic peut arriver encore plus tôt si un gros pays producteur décide de ne plus exporter son pétrole, quelque soit le prix offert, et de le garder pour ses habitants.
    Que va-t-il se passer? L’ONU va-t-elle décider de l’exproprier ?
    Je vois là une source inévitable de conflits majeurs.

  4. Moa

    Oui, le scenario des marché locaux est sérieusement envisagés par ceux qui étudient le problème.

    On a probablement déjà atteint le pic étrolier à l’échelle mondiale (2008? avec en efftet de bord les crises qui ont suivi et qui n’en finissent pas. cf. inquiétude ce matin des Etats-Unis… nouvelle baisse des taux directeurs.. etc..).

    Il est tout à fait pertinent de penser que, lorsque le pétrole ne sera plus abondant, des marchés locaux s’organiseront autour des pays qui n’auront pas atteint « leur » pic pétrolier (à l’échelle du pays donc).
    Ex. pays du moyen orient qui devraient atteindre leur pic un peu plus tard que les autres au vu de leurs réserves.

    On peut imaginer les troubles que pourront engendrer ce type de marchés locaux auprès de ceux à qui on refusera (ou rationnera de façon drastique) l’approvisionnement en pétrole.
    On peut imaginer les manipulations qui auront lieu pour bien se positionner auprès de ces marchés (l’Iran possède de grande réserves de pétroles). Ces manipulations ont eu lieu tout au long de l’histoire du XXè siécle alors que le pétrole était abondant et facilement extractible des roches. On peut imaginer avec du pétrole rare et difficilement extractible l’ampleur de ces manipulations.
    Après le guerre en Irak? guerre en Iran? probablement pas, l’arme nucléaire risque de calmer les humeurs belliqueuses de toutes les parties. Soyons optimistes.

    Les pays sans « ressources énergétiques » (ex. à peu près toute les pays européens) devront affronter de sérieux problèmes « avant » les pays qui disposent de réserves de pétrole (marché locaux donc) ou de réserves de charbon pouvant être liquéfié en pétrole (la technologie marche très bien cf. armée allemande durant la 2ème guerre mondiale).
    Etats-Unis : 1ère réserve de charbon au monde, Chine, Australie, Russie il me semble.. pour info, tous les pays qui n’avaient pas signés les accords de kyoto sont les pays qui disposent des plus grosses réserves de charbon. Etonnante coincidence? non rien d’étonnant.

    La liquéfaction du charbon en pétrole aura pour grave conséquence l’accentuation du dérèglement climatique mais on peut parier que cela ne dissuadera pas les gouvernements de le faire pour subvenir au besoin pressant de leur population qui saura faire savoir à ses élus (dans le cas des démocraties) qu’ils voteront pour ceux leur promettant d’alimenter le réservoir de leurs SUV en pétrole… pas trop cher.

    On peut imaginer ce que peuvent devenir les démocraties devant affronter des problèmes de cet ordre. Aucun catastrophisme dans mes propos, juste du bon sens… et des exemples dans notre histoire récente.
    L’homme est capable de tout confronté à des situations extrêmes et inconnues y compris (et surtout) du pire. Rarement de bon sens. Le bon sens peut dominer lorsque l’on anticipe les problèmes ; dans l’urgence, c’est le « n’importe quoi » qui domine.

    Pourquoi ne pas anticiper?
    Pourquoi ne pas réduire notre consommation d’énergie pour la réserver à la prise en compte de ces problèmes plutôt que cette fichue sacrosainte croissance qui ne rend pas les gens heureux, qui va les foutre dans la merde et qui de toute façon ne sera plus jamais là au vu de la crise énergétique?
    Pour info une canicule comme celle de 2003 en France, sans énergie abondante, ce n’est quelques millirrs de morts en france mais plutôt quelques centaines de milliers (cf. catastrophes du passé quand l’énergie abondante n’existait pas).

    La raréfaction prochaine est un fait établi (même les gros pétroliers le disent). Pourquoi ce déni?

    Parceque l’on a des solutions alternatives nous permettant de bénéficier d’énergie abondante et pas chère dans les 20 prochaines années?

    NON ! ca aussi c’est un fait établi.

    Ce ne sont pas les champs d’éoliennes ou les panneaux solaires/photovolt. ou les barrages ou les centrales nucléaires ou le gaz ou.. ou.. ou qui apporteront la même quantité d’énergie que l’on utilise actuellement.
    Cela a été étudié, évalué, pesé, ce ne sera pas suffisant.

    Lorsque que, en plus, on sait que toutes les fausses solutions technologiques qu’on essaie de nous vendre n’auront comme conséquence qu’un pillage encore plus grand de nouvelles ressources de la planète (cf. pillage à grande échelle du lithium dans les quelques pays en possédant pour alimenter nos 2 milliards de voitures électriques), pourquoi continuer à réver en ces fausses solutions technologiques?

    Parceque la nouvelle technologie qui va régler le problème de la raréfaction de l’énergie n’a pas encore été inventée mais ne manquera pas de l’être.. bientôt…
    Quelle est-elle cette solution miracle? quelles sont les pistes sérieuses? pour quand elle sera exploitable à grande échelle? 20 ans?

    Pourquoi croire en ces chimères alors que l’on sait que dans les 15 prochaines années, cela va secouer sévère ?

    Chimères qui ne sont pas enviable de surcroît au vu des désastres environnementaux et sociaux que l’homme a provoqué dès qu’il a eu accès à une énergie abondante et peu couteuse.

    La seule solution est de changer nos modes de vie… pour commencer.

  5. Nemosus

    Bon, devant cette situation, quelle attitude adopter ?
    Il faut distinguer la solution individuelle et la solution collective.
    Individuellement, il faut acheter une maison solide, un lopin de terre et s’organiser pour vivre prigressivement en autarcie totale, au cas où les choses tourneraient mal.
    Collectivement, il faut militer pour :
    – promouvoir les économies d’énergie
    – promouvoir le solaire, l’éolien et toutes les autres énergies renouvelables
    – que la recherche se penche sérieusement sur le stockage de l’electricité
    Qu’en pensez vous?

  6. Goodmusik

    @Nemosus :

    Ok pour ta solution individuelle.
    Mais il faudrait le faire à quelques dizaines de gens motivés, le faire seul serait déprimant, à plein c’est beaucoup plus marrant et plus facile pour s’organiser. Penser à tout : aux vélos avec carrioles, aux terrains pour s’approvisionner en légumes bio, la foret pour le bois de cuisson etc… Parce qu’effectivement dans 15 ou 20 ans on parlera probablement plus de survie et d’avoir à manger que d’autre chose… Le bon côté c’est qu’au moins on ne sera pas emmerdés par les 4×4 qui ne seront plus qu’un lointain souvenir.

    Pour ta solution collective : Les économies d’énergie, le solaire et l’éolien c’est le mieux que l’on puisse faire dans cette société industrielle. Mais elle disparaîtra. Quand au stockage de l’énergie faut pas rêver : trop compliqué, plus assez de temps ni de ressources de toutes façons. Disons que ces solutions nous aiderons à la transition…

    …En priant pour qu’une des nombreuses centrales nucléaires françaises en fin de vie ne décide pas d’exploser, anéantissant ainsi tous nos efforts de reconstruire quelque chose.

    Les hommes sont fous. Fous à lier.

  7. Moa

    La prise de conscience individuelle doit être massive, sans quoi, ce n’est pas quelques « gars et gazelles » en vélo qui changeront quoi que ce soit. Hélas.

    Forcer politiques / medias à participer à cette prise de conscience. Comment? Politique : bulletin de vote, militer, manifester.
    Medias : boycott des merdes qui s’auto-détruiront d’elles mêmes ou s’adapteront dans le sens que l’on veut s’ils veulent continuer d’exister.

    Remettre en cause notre système basé sur la surconsommation (ex. boycott également) individuellement et en « prosélytant » pour que cela fasse boule de neige (ça marche dans mon entourage, rapidement pour certains, modestement pour d’autres et pas du tout -a priori- pour les derniers… mais ça marche. Je trouve ça extra. Et je dois dire que je n’étais pas convaincu que cela marche pourtant au début.)

    Tout mettre en oeuvre pour économiser l’énergie que l’on a actuellement, pour permettre des recherches sur des solutions alternatives au pétrole. On a besoin de pétrole pour faire des recherches, financer des travaux d’infrastructure pour se déplacer ou autre, etc…) Corollaire : arreter de gaspiller cette énergie par exemple pour 3 km en voiture.

    Etre responsables dans nos actes -notamment de consommation (encore)- en ayant toujours en tête les conséquences de nos actes… ailleurs.

    Reformer des liens basés sur l’entraide avec notre entourage.

    Arretons de baser l’agriculture sur la chimie (pétrole donc) qui en plus de nous rendre malade, à détruit nos terres. Des solutions laternatives existent. le documentaire « solutions locales pour un désordre global » de Coline Sereau donne plus que des pistes.

    Renouer un lien entre l’homme et la terre / arreter de croire que l’homme est soit manuel soit (exclusif) qu’intellect. L’homme fait partie intégrante de la Nature. En le détruisant, on se détruit soit même.

    Utiliser notre bulletin de vote à bon escient.

    Lire.

    Réfléchir.

    Poser les bonnes questions.

    Et tout un tas d’autres choses……

    Tout ce que je viens d’écrire n’est que bon sens me semble-t-il, ce ne sont aussi que des mots, j’en ai bien conscience. D’autres que moi apportent des solutions alternatives, informent, vulgarisent.

    Arretons d’être des veaux car le changement ne peut venir que de nous mais en nombre ! sans quoi le changement finira pas arriver quand même mais c’est la Nature elle même qui s’en chargera. J’ai aucun doute là dessus.

  8. regard78

    Sur le problème des énergies toute personne censée en conclurai : changeons notre mode et nos habitudes de vie !
    Mais qui voudra réduire sa liberté/mobilité alors que plus de la moitié de la planète (tiers monde) n’y a pas encore gouttée et souhaiterait légitimement y accéder ?
    A terme :
    Plus assez de pétrole/d’énergie fossile pour faire fonctionner tous nos outils de production ou pour transporter nos biens de consommation (essentielle ou superflue).
    L’uranium comme le lithium (ou toutes autres source d’énergie nouvelles) rendent les pays qui en manquent dépendants de ceux qui les possèdent = pénurie organisée, inflation, décroissance, risque géopolitique, conflit.
    Les biocarburants comme l’éolien ou le solaire (toutes les ressources « naturelles » : géothermie, marémotrice, etc.) 1) ne seront pas suffisants, 2) nécessiteront de telles surfaces que la population perdra en agriculture nourricière (famine) et y gagnera en pollution visuelle/sonore.
    L’eau ne pourra pas jouer le rôle de produit de substitution car elle viendra à manquer elle aussi et tous les pays n’ont pas de réserve suffisante. Comme l’hydrogène, sa transformation pour la rendre énergétique coûte très cher en électricité (cercle vicieux). Etc.

    Nos Sociétés (développées ou en voie de développement) sont ou seront à des niveaux de saturation (marché de renouvellement) tels que le seul relookage des produits et des services ne suffira pas à relancer la croissance. Le constat est aisé mais les propositions difficiles. Et toutes mesures/lois/règles qui pourraient réduire notre consommation et nos besoins (décroissance) ne peuvent qu’engendrer une récession systémique mondiale : baisse de la production, augmentation du chômage, baisse du pouvoir d’achat, baisse des ventes/PIB, augmentation des déficits, des dettes, ralentissement des budgets de recherche et développement, diminution des innovations, etc.etc. . Alors que faire ?
    A part utiliser raisonnablement l’ensemble des innovations et solutions à notre disposition suivant le lieu et l’époque, je ne vois que la mise en place de mesures directives de « survie générale » :
    • Développer les transports en commun
    • Favoriser le travail de proximité (échange à métier équivalent) : nous faisons tous des km/j pour aller travailler pendant qu’une autre personne fait le chemin inverse pour le même job. (adaptation des avantages sociaux, des horaires de travail)
    • Eduquer dès le plus jeune âge pour (re)valoriser l’intérêt général par rapport à l’intérêt particulier.
    • Instaurer une entité mondiale de régulation, d’échange et de partage équitable des avantages absolus (Adam Smith) et relatifs (David Ricardo) en complément de l’OMC.
    Ce qui veut dire que moi je n’ai pas « la réponse » (elle n’existe surement pas). Mais peut-être qu’ensemble nous pourrions apporter notre pierre à l’édifice. Vos idées(réalistes, économiques, sociales, etc.) sont les biens venues.

  9. Dussart

    • Favoriser le travail de proximité (échange à métier équivalent) : nous faisons tous des km/j pour aller travailler pendant qu’une autre personne fait le chemin inverse pour le même job. (adaptation des avantages sociaux, des horaires de travail)

    –> Excellente idée,ce serait même facile à imaginer.
    Il faudrait créer un site Web proposant au gens de s’inscrire,d’indiquer leur job,qualification,une fourchette de salaire…

  10. volvo

    message reçu de Volvo (fabrication de poids-lourds, engins de chantiers, moteurs de yachts, maintenance de réacteurs d’avions,…) qui commence à évoquer la fin du pétrole :

    Formulation de la future vision du groupe (29/08/2011)

    D’ici dix ans, l’économie mondiale sera dominée par la Chine et l’Inde. Le pétrole se fera rare et le monde comptera plusieurs superpuissances. « Voici trois scénarios qui vont avoir un impact majeur sur notre futur et auquel nous allons devoir nous adapter », explique Catharina H, de la branche développement stratégique d’AB Volvo.

    En 1995, l’entreprise chinoise BYD (Build Your Dreams) est créée. À l’époque, elle compte 300 employés et produit principalement des batteries pour téléphones portables. Aujourd’hui, cette entreprise compte 200 000 employés et est le sixième fabricant automobile en Chine. L’entreprise privilégie la fabrication de voitures électriques. Son objectif est de devenir le plus grand fabricant automobile d’ici à 2025. D’après Catharina H, cet exemple montre la vitesse à laquelle les choses évoluent en Asie et en particulier en Chine.

    « Le monde change à une vitesse incroyable et pour survivre nous devons définir un cap pour nos activités futures. Nous devons détecter nos opportunités et les exploiter, tout en identifiant les menaces futures », explique-t-elle.

    À l’aide de différents comptes-rendus, bilans et analyses futures, le service développement stratégique a créé trois scénarios qui imaginent le monde dans dix ans. Sur la base de ces trois scénarios, nous sommes en train de définir les objectifs et recommandations futurs. À la fin de l’année, ces recommandations formeront la nouvelle vision du groupe.

    « Ces scénarios ne sont pas complets, mais je pense qu’ils nous montrent clairement la direction prise par la planète », explique Catharina H en nous présentant un graphique où l’on voit qu’en 2015 la Chine dépassera les États-Unis et sera devenue la plus grande économie mondiale. Au même moment, l’Inde dépassera le Japon pour devenir numéro trois.

    La Chine et l’Inde se développent très rapidement. La protection sociale s’améliore et la classe moyenne grandissante est de plus en plus exigeante. La consommation augmente et, dans les mégalopoles qui comptent parfois plus de huit millions d’habitants, des systèmes de transport intelligents seront indispensables pour optimiser le déplacement des personnes. Étant donné que de plus en plus de jeunes reçoivent une éducation supérieure, les pays d’Asie ont un rôle plus affirmé dans la recherche et le développement.

    « Nous pouvons également observer que les marques chinoises sont beaucoup mieux distribuées et acceptées dans les pays de l’Occident. Cette tendance rappelle celle des années 70 et 80 avec des marques japonaises telles que Toyota», ajoute Catharina H.

    Dans le scénario « Vert », les puits de pétrole sont épuisés et les législations relatives aux émissions sont durcies.

    « Nous l’appelons la « Révolution verte » et le ‘r’ symbolise une révolution potentielle dans les technologies des batteries », explique Catharina H, qui pense qu’il sera difficile de trouver un accord entre tous les pays de la planète. Et qui ajoute : « Au lieu de ça, les contrôles seront renforcés aux niveaux régionaux et locaux, sous différentes formes. Par exemple au travers de péages, d’une promotion des véhicules électriques, etc. ».

    L’instabilité politique obligera les gouvernements à être indépendants en termes de politiques énergétiques. En conséquence, les pays privilégieront leur propre développement. Par exemple, en ce qui concerne le développement du gaz naturel, de l’énergie hydroélectrique ou du gaz naturel. Le scénario numéro trois décrit un monde multipolaire et plus fragmenté que le monde actuel, mais qui comptera plusieurs superpuissances.

    « Pour faire simple, on pourrait dire que ce scénario a deux facettes », indique Catharina H. Puis d’expliquer : « Les États-Unis ne seront plus la plus grande puissance économique et l’économie sera divisée entre plusieurs grands marchés. La population européenne se fera de plus en plus vieillissante, alors que 25 % de la population indienne aura moins de 25 ans. Les besoins individuels et la demande pour des produits personnalisés et de qualité se développeront. Tout comme la production de masse et les produits bon marché », explique-t-elle.

    Le développement des réseaux sociaux, tels que Facebook, a deux facettes. Prenons l’exemple des marques : alors qu’une entreprise peut se créer une identité et être beaucoup plus visible, son image peut également être détruite presque instantanément. Nous sommes donc en train de formuler la nouvelle vision du groupe d’après ces trois scénarios.

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