C’était comment cette vélorution au nom imprononçable?

Pour le départ de cette vélorution, baptisée du nom barbare de vélo-code-de-la-rue-tion puisqu’elle avait pour but de faire connaître le code de la rue, nous avions choisi le début de la rue d’Austerlitz. Et ce n’était pas un hasard !

« Automobilistes mettez pied à terre et poussez votre véhicule. » C’est avec ce panneau inédit que nous avons recouvert ceux situés depuis juillet à chaque bout de la rue d’Austerlitz : « Cyclistes mettez pied à terre. » Un juste retour de la bagnole dans le débat sur le partage de l’espace public. La municipalité l’avait oubliée, elle est pourtant très présente sur les pistes cyclables, les trottoirs, sans parler des zones prétendument piétonnes…

Contresens cyclables et zones de rencontre

Dociles, les quatre-vingts vélorutionnaires s’élancèrent donc par le contournement « cyclable » de la rue des Bœufs, alias le hachoir à cyclistes, avant un petit arrêt place du Corbeau pour évoquer le décret du 30 juillet 2008, qui crée les zones de rencontres et généralise les contresens cyclables en zone 30.

Ensuite, direction rue des Serruriers, un sens unique où justement les vélos ne sont pas autorisés en contresens : d’ici à 2010, ils devront l’être ! Au passage, rue de la Première-Armée, nous rappelâmes aux automobilistes distraits que trottoir et piste cyclable ne sont pas des parkings, en apposant quelques chouettes autocollants « Gare (à) ta caisse » sur leur véhicule.

Par les quais des Bateliers et des Pêcheurs, où nous n’avons toujours pas trouvé la piste cyclable, nous rejoignîmes la Krutenau et la place du Foin, pour imaginer ce que serait une zone de rencontre. Vitesse limitée à 20 km/h, priorité aux piétons et aux cyclistes, possibilité de jouer aux billes en plein milieu de la rue : c’est désormais possible dans la loi !

Des vélos dans l’arène des bagnoles

Poussés sûrement par une envie irrésistible de dégommer du piéton, nous repassâmes place d’Austerlitz. Mais las, nous n’empruntâmes toujours pas la rue qui nous est désormais interdite, à cause des milliers de morts que la bicylcette y cause chaque année. Car contrairement à nos élus, nous ne nous trompons pas de cible : ce n’est pas les piétons mais les voitures, que nous narguâmes gentiment avec notre traditionnel lever de vélo.

Plus loin, le bitume du quai Pasteur put enfin sentir la légèreté, la souplesse et la lenteur d’un pneu de vélo. Bien entendu, à l’arrière ça s’excitait : « Vroum, vroum, tût-tût ! Eh quoi, c’est nous les rois de la route, pas question d’attendre une minute, on veut rouler très vite, c’est nous les plus forts ! » Quand le cortège s’écarta, ce fut la libération : accélérations, klaxons et autres noms d’oiseaux, faut bien montrer qu’on en a… Heureusement, aucun vélorutionnaire n’a été blessé par ces fous du volant.

Enfin, à l’arrivée au Molodoï, nous retrouvâmes Madame CREP, qui nous attendait sagement dans les odeurs de fromages, de gâteaux et autres légumes bio, à la Bergerie nomade. Elle n’avait pas eu le temps de s’ennuyer, grâce aux lectures subversives du Kiosque alternatif.

Source: http://crep.strasbourg.free.fr/

Crep

A propos de Crep

Collectif de Réappropriation de l’Espace Public (CREP) de Strasbourg

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