Nos comportements face aux différents modes de transport

Tous ceux qui voyagent plus vite que les autres énervent et agacent. On est prêt à tout pour dénoncer leurs comportements, pour mettre un terme à leur présence, ou plus radicalement pour leur dire qu’ils ont bien mérité quand ils sont victimes de leurs moyens de locomotion.

A ce petit jeu, rappelant étrangement l’accusation de « doubleur » dans la queue de nos anciennes cantines, il y a une hiérarchie de l’abomination. Le premier est évidemment le cycliste. Il peut lui arriver de brûler un feu rouge, il peut prendre un trottoir, un couloir de bus, ou un sens interdit. Pensez donc qu’il en va de coupables activités criminelles. Quand il se prend un bus en pleine poire, les autres jubilent « bien fait pour sa race ». Le deuxième est le cycliste motorisé. Lui est une caricature de l’incivique. Il a le culot d’utiliser un mode de transport, insensible à la densité de la circulation et aux kilomètres cumulés de bouchon. Ce « salopard » arrive toujours à l’heure à des rendez-vous, même les jours de grève, et en plus il se moque en expliquant « qu’il s’est garé « devant » ». Une ordure, vous dis-je ! Le dernier « ennemi du peuple » est l’automobiliste. Lui a tout faux. Il utilise un objet qui consomme du carburant. La honte. C’est donc quelqu’un « qui a les moyens » (forcément), il pollue, et il fulmine en plus. Mais lui son cas est réglé. Il dispose maintenant d’un dispositif dense et complexe de pièges à fluidité. Son risque, doubler ou tripler son temps de transports, à la moindre mouche dans le lait. Il a le droit de rester des heures assis à attendre un hypothétique et soudain désengorgement. Il a le droit de s’en remettre une louche pour trouver un place dans les rues autour de son point de chute, ou d’accéder au septième sous-sol d’un parking à 25 € la journée. Il a le devoir de payer ses PV, et celui aussi de la boucler complètement. Les deux autres populations sont les saints, les martyrs et les esclaves : piétons et usagers de transports en commun. Le piéton jette un oeil réprobateur sur ceux qui ont besoin d’utiliser des objets pour venir dans son quartier. Lui est éclairé : il habite à côté de son boulot, et il ne comprend pas que les autres ne fassent pas comme lui. L’usager de transport en commun, est lui saint, martyr et esclave. L’usager l’est souvent plus « parce qu’il ne peut pas faire autrement » qu’un militant de la chose verte. Il est noyé dans la masse, il est un pion, une particule, la partie d’un tout informel, tantôt victime de la déliquescence des lignes régionales du bassin parisien, tantôt l’instrument de la guéguerre des syndicats de la maison cheminote avec le gouvernement « en cours ». Il est plaint, admiré, respecté, mais tout le monde se fiche en fait complètement de son sort. C’est d’ailleurs le destin final du cycliste, du cyclo-motoriste, de l’automobiliste qui renoncerait à son objet « transportatoire » : la solitude, l’abandon, l’anonymat d’erratiques trains et rames, sursaturés, obsolètes et peu fiables. Et personne ne se résout à abandonner son purgatoire pour l’enfer.

Source : matéo, le dimanche 8 juin 2008 | 13:20
Commentaire d’un article sur Le Point

Antec

A propos de Antec

Contributeur de Carfree France

2 commentaires sur “Nos comportements face aux différents modes de transport

  1. bougaloup's

    beau commentaire, mais comme d’hab c’est celui d’un bobo citadin.
    en dehors des grandes villes (paris marseille et lyon) et quelques communautés de communes les transpotrs en commun ne sont pas adaptés au déplacement des particuliers.
    on arrive a mettre en place des flotte d’autocars pour déplacer collégiens et lycéens, mais pour le travailleur c’est impossible.
    je suis distant de mon lieu de travail de 15 km.
    en auto je met 20 mn pour me rendre sur place et 30 mn aux heures de pointes.
    en transports en commun il me faut presque 2 heures et a condition de sortir aux heure de bureau sinon, il ne me reste plus que la marche a pied.
    quand au vélo, j’y ai deja songé? aller bosser passe encore, mais après 10h00 de boulot physique je n’y pense plus du tout.

  2. Antecantec Auteur

    De toute façon, bougaloup’s, ce commentaire se veut surtout critique envers tout les moyens de transport… qu’il soit doux ou « dur » dans tout les cas il y aura quelqu’un pour se plaindre.
    Effectivement, et je suis dans la même situation que toi, beaucoup de cas son exclus… mes parents sont à 15 kms de leur boulot, ils partent ensemble quand leurs agenda le permet, en vélo quand la meteo et l’envi leur prend, heureusement ils ne font pas un boulot physique mais quand même dans tout les cas ça fatigue.

    Après le concept d’échanger sa maison pendant les vacances pourquoi ne pas échanger son logement pour se rapprocher de son travail ?! 😀

Les commentaires sont clos.