Vélo: Rennes en tête du peloton

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Rennes est une des toutes premières villes françaises à avoir investi dans le vélo à la carte. Début juin, ce service sera considérablement étoffé avec 900 vélos répartis sur 82 stations. Vannes rejoindra le peloton à la fin juin. Dans les autres villes bretonnes, ça freine.

Bien avant Paris et son Vélib, Rennes a enfourché très tôt, en 1998, le concept du vélo à la carte. Pendant dix ans ce service, qui était géré par Clear Channel, n’a guère progressé. «On atteignait les 280 utilisateurs par jour, souligne Vincent Le Berre, du service communication de Rennes Métropole. On voulait monter en puissance.» En janvier dernier, c’est Keolis, filiale de la SNCF, qui a remporté le marché d’appel d’offres pour un montant de plus de 17millions d’euros.

Pas plus de 300 mètres entre chaque station

Ce groupe, qui a monté un tel dispositif sur Orléans récemment, est déjà présent sur Rennes métropole. Où il a en charge l’exploitation des bus de la Star mais aussi du métro. Son projet d’intégrer le vélo au schéma global de transport en commun a énormément penché dans la balance. Sur le terrain, cela se concrétisera de la façon suivante: 85% des stations vélos seront situées à proximité d’un arrêt de bus d’une station du Val ou de la gare. La distance séparant deux points Vélostar n’excédera pas 300mètres. Les deux roues seront disponibles 24h sur 24. Devenant ainsi le seul transport public utilisable la nuit. A Paris et à Lyon, ces utilisations nocturnes représentent 20% des emprunts quotidiens de vélos à la carte.

1.285 vélos prévus

Après le déploiement rennais du dispositif, les vélos devraient, dans un second temps, gagner les communes de Saint-Grégoire, Chantepie, et Saint-Jacques de la Lande, où 24 nouvelles stations seront aménagées. Au total, ce sont 1.285 cycles qui seront mis en circulation. Ces nouvelles montures à trois vitesses, très robustes, sont assemblées à Machecoul en Loire-Atlantique. Elles pèsent 19kg et disposent d’une transmission par cardan, de pneus renforcés, d’un antivol et d’un panier. Keolis a prévu de remplacer un quart du parc vélos tous les ans. Les titulaires de cartes de transport en commun pourront les emprunter moyennant un abonnement annuel de 15 à 30euros. Les 30 premières minutes seront gratuites, «pour inciter les utilisateurs à ne pas monopoliser les vélos et à favoriser le turnover», poursuit-on chez Keolis. Ensuite chaque heure sera facturée deuxeuros environ. Les usagers occasionnels, eux, pourront acquitter des abonnements provisoires par carte bancaire, via le net ou le téléphone portable.

Création de onze emplois

Onze équivalents temps plein ont été embauchés pour la gestion du service. «Cela concerne l’entretien du parc, mais aussi la répartition des vélos dans les stations», précise Armelle Billard, chargée de communication chez Keolis. Le groupe admet que cette opération n’est pas des plus rentables. «On travaille sur de toutes petites marges.» En revanche, le vélo est un argument de poids pour conquérir le marché du transport en commun dans certaines agglomérations. Comme dans la Cub de Bordeaux où, en partie, grâce au deux-roues, Keolis a réussi à évincer Véolia début avril.

Source: Le Télégramme

Vélove

A propos de Vélove

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste des questions relatives au vélo et aux aménagements cyclables.

Un commentaire sur “Vélo: Rennes en tête du peloton

  1. PAL

    DOUCEMENT ! Ne jetez pas trop de fleurs à l’initiative rennaise ! Mieux que rien, peut-être, mais… peut vraiment mieux faire si vous voulez l’avis d’un rennais vélorutionnaire à ses heures, quoique davantage marcheur.
    Le nouveau dispositif est blingbling, il brille tellement avec ses écrans tactiles ! Certes les vélos sont agréables, plus nombreux, et les stations mieux réparties. Mais dorénavant, il faut payer et ce n’est pas donné ; d’autant que si vous n’êtes pas déjà client du réseau STAR, il faudra payer…
    Y avait-il vraiment besoin de mettre autant de vélos à disposition du public avec un tel dispositif saupoudré de greenwashing et de high-tech, pour faire naitre l’envie de se déplacer à vélo, voire des vélorutionnaires ? Non.
    Une véritable volonté de développer le vélo à Rennes aurait été de privilégier des démarches plus simples et plus économiques… peut-être moins clinquantes, peut-être moins prolifiques pour keolis, peut-être moins publicitables et peut-être moins parisiennes, mais tellement plus simples et pratiques :
    *Une refonte totale des pistes cyclables (circuits et formes) permettant des déplacements en toute sécurité et donnant une PLACE CENTRALE aux piétons et aux vélos.
    *La possibilité pour les très nombreux rennais qui POSSÈDENT DÉJÀ UN VÉLO de pouvoir l’entreposer à l’abri lors des déplacements pour qu’il ne soit pas retrouvé désossé à la fin de la journée ou de la nuit : pourquoi pas des espaces surveillés (type MOBILE à Freiburg ), voire même reconversions d’espaces dans les nombreux parkings automobiles existants et se multipliant toujours ?)…
    *Aménager et multiplier des espaces dans les transports en communs locaux et régionaux pour faciliter le transport des vélos (métro, bus, TER, etc.).
    *Enfin, tous les ans, une révision gratuite ou à coût réduit des vélos des habitants de Rennes…

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