Les cyclistes reprennent possession de Montréal

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Le beau temps qui s’est épris de la métropole le temps d’une fin de semaine a permis aux cyclistes de rouler dans les rues et les pistes pistes cyclables de la ville. Parfois à leurs risques et périls!

Certains automobilistes ne semblent jamais avoir vu une piste cyclable de leur vie. Ainsi, j’ai vu plusieurs conducteurs circulant sur Rachel tourner à droite sur Papineau sans un regard vers la piste cyclable, manquant de peu de frapper des cyclistes qui venaient de l’est. À ma grande surprise, les cyclistes, dociles, freinaient, mais ne prenaient pas la peine d’avertir les automobilistes de leur dangereuse manœuvre. La surprise était peut-être trop grande ou, au contraire, avaient-ils deviné ce qui allait se produire.

Je suis resté au coin de cette rue à peine cinq minutes, à pied sur le trottoir, mon vélo étant encore en vacances à la campagne. Même si ce n’était pas à moi qu’on coupait la route, je ne pouvais m’empêcher de gesticuler envers les conducteurs fautifs et de lâcher quelques jurons. Injurier de façon imagée et vindicative des sans cervelle au volant est inné, je n’y peux rien, même quand je me promène à pied. Je dois avouer que je suis parfois un peu stressé quand je roule à vélo et que de pouvoir jeter mon fiel sur quelqu’un qui ignore ma présence, avec tous les risques que cela comporte pour moi, se révèle thérapeutique. Quand au fait que je le fasse même quand je suis à pied… bien… quand on n’est pas à vélo ça ne tourne sans doute pas toujours rond là-dedans… c’est tout.

La piste cyclable sur la rue Rachel n’a pas encore été nettoyée (et ce n’est pas la seule), du moins entre Fullum et la rue du Parc La Fontaine. Il me semblait pourtant que les pistes ne pouvaient ouvrir avant le premier avril parce que la Ville devait les nettoyer afin de les rendre plus sécuritaires. J’ai dû mal comprendre. Il est vrai que les voitures viennent tout juste de commencer à obéir à l’ordre de dégager des pistes en vigueur depuis le premier avril. Les poteaux ne sont pas encore installés sur cette portion de la piste. Les automobilistes respectent toutefois la ligne qui sépare la piste de la rue lorsqu’ils se stationnent. Une première étoile à coller dans leur cahier de route.

Les stations Bixi commencent à faire leur apparition un peu partout dans la ville et c’est tant mieux!

Les nids-de-poule ne sont pas tous réparés. Ouvrez l’oeil!

Certains automobilistes bloquent la piste cyclable pour gagner quelques secondes dans leur trajet. Une autre preuve que le QI d’un humain baisse de quelques points lorsqu’il conduit un véhicule motorisé. Bon, ce n’est pas tout le monde qui bloque les pistes cyclables, mais quand ça arrive, le danger et le désagrément s’installent rapidement pour tout le monde.

Cette automobiliste s’est retrouvée dans une fâcheuse position parce qu’elle n’a pas voulu s’arrêter en arrière de la ligne, même en voyant qu’il n’y avait plus de place en avant d’elle. Un peu de jugement au volant n’est pourtant pas proscrit. Encore-là, peut-être que je me trompe.

Caniche entraîné par son maître pour devenir un chien tireur de traîneau pour l’hiver prochain.

J’ai également vu plusieurs joggeurs courir sur la piste cyclable, parfois à deux personnes de large sans jamais regarder en arrière. Je suis également un joggeur et je trouve quand même irrespectueux de courir où on n’a pas le droit! Surtout en faisant comme si de rien n’était. C’est peut-être moins fatiguant de courir sur une piste cyclable où on ne doit pas zigzaguer constamment entre les piétons qui marchent sur le trottoir, mais c’est pourtant ce qu’on doit faire. Un cycliste n’a pas d’affaires sur un trottoir, un joggeur n’a pas d’affaires sur une piste cyclable et un automobiliste n’a pas d’affaires à Montréal. La banlieue est assez grande pour eux, non?

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que tout ce que je fais même à pied, c’est de chialer. Il y a des moments comme ça.

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai aussi l’impression que tout ce que je vais faire cet été en plus de rouler, c’est de chialer. Il y a des saisons comme ça.

Dominic Ratthé, auteur du blogue Rouler à vélo: http://rouleravelo.wordpress.com/

Dominic le cycliste

A propos de Dominic le cycliste

Auteur du blogue Rouler à vélo depuis 2008. Écrit sur le vélo urbain à Montréal et sur les relations piétons-cyclistes-automobilistes.

7 commentaires sur “Les cyclistes reprennent possession de Montréal

  1. cycliste alcolique

    Salut Dominic,

    Je vis pas très loin des endroits ou tu as pris les photos!

    Je trouve personnellement qu’il y a de plus en plus d’animosité à Montréal des automobilistes envers les cyclistes. La congestion est de plus en plus importante, ils sont énervés et respectent de moins en moins les plus petits (piétons et cyclistes).

    L’autre jour une belle femme BCBG a failli m’écraser avec son 4×4 en me collant à une voiture garée. Comme excuse, elle me dit qu’il n’y a pas moyen de se garer dans ce quartier de merde, et qu’elle est pressée (elle travaille elle, pas comme les cyclistes montréalais qui glandent à longueur de journée).

  2. Dominic Ratthé

    Bonjour Cycliste alcolique!

    C’est vrai que la congestion routière a un impact sur les automobilistes, je n’avais pas pensé à ça pour expliquer le nombre toujours croissant de gens qui bloquent les pistes cyclables en prétextant que « là, c’est à mon tour! » Et évidemment nous sommes victimes des choix de transports de tous ces automobilistes.

    Faudra trouver des moyens de faire comprendre aux automobilistes que nous aussi on est souvent pressés, mais que ça ne nous pousse pas à mettre l’intégrité physique d’autrui en danger. J’exclus les cyclistes qui brûlent les feux rouges et qui représentent souvent un danger réel.

    Il faudrait créer des autocollants avec un message à l’intention de l’automobiliste dangereux qui serait collé directement sur le véhicule et un autre pour mettre directement sur sa bouche quand il
    se met à nous répondre des énormités pour se justifier.

    Des autocollants avec des messages humoristiques seraient de mise pour qu’ils réalisent ce qu’ils ont fait de mal tout en ne se sentant pas trop attaqués afin que le message se rendre facilement à la destination finale espérée.

    Exemples :

    – Écraser un cycliste fait gagner du temps, mais pas tant que ça.
    – Bloquer une piste cyclable est la chose la plus intelligente que j’ai fait aujourd’hui. Bravo moi!
    – Passer sur un feu rouge en klaxonnant est ok même si un cycliste s’étampe dans mon pare-brise parce que j’ai de bons essuie-glace.

    Comprenez bien que c’est de l’humour…

    D’autres idées?

  3. LEGEOGRAPHE

    Le premier dicton a ma faveur !
    « – Écraser un cycliste fait gagner du temps, mais pas tant que ça. »
    J’aime bien.
    Bon printemps québécois, vous êtes bien chanceux quand même d’avoir un vrai « réseau » de pistes cyclables (par contre, vous n’êtes pas du tout chanceux d’habiter dans une province et un pays où la banlieue va se chercher à parfois une centaine de kilomètres…).

    Et bon sirop si vous aimez cela (la boisson du bon sportif…).

  4. cycliste alcoolique

    @Dominc,

    En vrac,

    Les cyclistes vous rendent la vie plus facile. Sans eux, vous attendriez encore plus longtemps dans votre enclume. Respectez-les.

    Les cyclistes egayent vos trajets et vous permettent de rester alerte au volant. Respectez-les.

    Ne cherchez pas a depasser a tout prix un cycliste en mettant sa vie en danger, il vous re-depassera au prochain arret.

    4L d’eau au 100 km, 400 kCal/heure, 0g CO2/km. Respectez-les.

    Le cycliste n’a pas a porter le poids des assassinats commis au nom du petrole. C’est certainement pour cela qu’il va plus vite que vous.

  5. Dominic Ratthé

    @ le Géographe,

    Vous avez totalement raison en mentionnant que la banlieue des grandes villes s’étend beaucoup trop loin. Autour de Montréal ce phénomène cause des bouchons de circulation, de la pollution et les troubles de santé qui y sont reliés (asthme et obésité due au tout-auto) en plus de créer des villes où la densité de population est très faible. Sans parler des coûts en infrastructures qui pourraient être investis dans l’éducation et la santé par exemple. C’est aberrant et nous sommes en 2010.

    Mais avec du sirop d’érable, c’est vrai que la pilule passe un peu mieux!

    @ Cycliste alcoolique,

    Merci pour les suggestions, elles sont super! Je peux les reprendre pour les publier sur mon blogue Rouler à vélo avec une mention de l’auteur?

    Bonne journée!

    Dominic

  6. cycliste alcolique

    @Dominic

    Oui, bien sûr que tu peux les prendre. Ces citations sont mêmes open-source! Modifies-les à souhait!

    L’étalement urbain à Montréal est encore plus problématique que dans les villes Françaises qui sont bien mieux équipées en transport inter-urbains: Tram, Trains.

    L,étalement urbain ici va (encore plus qu’en France) avec bitume, pont, échangeur, tunnel, congestion, pollution. Ça coute super cher aux collectivité. Comme dit Dominic, cet argent serait bienvenue en santé/éducation. Il existe peu d’alternative pour le banlieusard. Mais veulent-t’ils vraiment des alternatives à la voiture? Lorsque que je les entends parler (ou je les lis sur les forum), ils veulent plus de ponts et de bitume pour diminuer les congestions.

  7. LEGEOGRAPHE

    J’aime bien ces 2 slogans :

    « Ne cherchez pas a depasser a tout prix un cycliste en mettant sa vie en danger, il vous re-depassera au prochain arret. »

    « 4L d’eau au 100 km, 400 kCal/heure, 0g CO2/km. Respectez-les. »

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