Virer les voitures du macadam urbain? Simple!!

Vider la ville de ses voitures, Matt Logue, photographe de son état, l’a fait. En plus, pas n’importe où. Dans la ville qui est à la voiture ce que Las Vegas est au jeu, une sorte d’incarnation urbanistique: Los Angeles. Une démarche artistique intéressante à partir d’une technique simple…

Pour virer la voiture du macadam, point de technologies coûteuses, seulement de la minutie et de la patience. La solution pour retrouver nos villes serait-elle donc là ?


Un carrefour à Beverly Hills (empty L.A. 13×11, Matt Logue)

Mode d’emploi

Le secret de Matt Logue repose en fait dans l’art de l’occultation. Quand on prend une série de photos, d’une autoroute par exemple, toujours avec le même point de vue, on obtiendra un ensemble de photos où les voitures ne seront pas exactement au même endroit. Ce qui permet sur l’ensemble des clichés d’avoir une photographie du moindre cm² de l’autoroute.

Cet exercice sera d’autant plus aisé et réussi si on prend les photos à un moment – souvent rare – de trafic léger.

Ensuite, à l’aide d’un logiciel de retouche d’image type photoshop, il « suffit » de collationner les morceaux de photos vierges de voitures, en jouant sur les layers, pour pouvoir créer une nouvelle image d’une autoroute intégralement vide de voitures. Des visions étourdissantes.


L’autoroute de San Diego à Sunset Blvd (empty L.A. 13×11, Matt Logue)

Voitures à perpétuité ?

Le résultat est percutant, la réalité des villes demeurant aujourd’hui majoritairement celle de bâtiments cernées de routes congestionnées.

On prend conscience de l’immensité de l’espace dévolu au trafic, à la pollution, à l’insécurité… Et surtout, on se prend à rêver. Car nos villes ne sont pas condamnées à étouffer dans cet air routier. Il n’y a aucune fatalité à devoir risquer sa vie pour traverser une avenue. Et la rue doit pouvoir être revendiquée comme un vrai espace public et ne pas demeurer uniquement un espace de circulation.

Si le travail photographique de Matt Logue, et les déclinaisons vidéos time lapse qui en ont été faites, portent sur Los Angeles, la prise de conscience que cela initie doit aller bien au-delà de la seule réalité californienne.

Maintenant, la ville sans voitures, on en parle, on la représente visuellement. Mais ne serait-il pas temps de l’expérimenter concrètement, et ainsi, de passer des discours et fantaisies photographiques à la réalité urbaine concrète ?

Article de Benjamin Assouad adapté pour Carfree France
http://www.iewonline.be/

Benjamin Assouad

A propos de Benjamin Assouad

Chargé de mission - Aménagement du territoire et urbanisme.

8 commentaires sur “Virer les voitures du macadam urbain? Simple!!

  1. axel

    Il me semble avoir déjà vu des logiciels faire ça automatiquement…

    ça permet également à partir de plusieurs photos de groupe prise du même point de vue d’avoir une photo finale où tout le monde sourit 🙂 (même si sur chaque photo individuellement, y’en a toujours un qui fait la gueule)…

    Pour revenir aux photos de rues, c’est d’autant plus difficile à faire qu’une partie importante du macadam sert à entreposer des voitures immobiles 90% du temps…

    A Paris, la plupart des petites rues de la capitales servent de parking… une file centrale à sens unique pour les véhicules qui se déplacent, 2 files de chaque côté pour les véhicules qui stationnent…

    Axel

  2. xtoflyon5

    Je pense que c’est une vision réalisable sans trucage…

    Une montée brutale du prix du pétrole (déjà vu) + une spéculation nauséabonde (obligé) + des tensions internationales au moyen orient (en cours, peut mieux faire) + des économies en compétition féroce pour l’accès aux ressources (mondialisation normale) + des grèves des acteurs de la raffinerie (damoclès mes fesses) + des blocages de routes par les routiers (encore ?) + 2-3 semaines de crise avec des réserves épuisées (stocks stratégiques ? où ça ? pour qui ?) + des préférences géopolitiques pour l’approvisionnement pétrolier (allo ? Salamalecoum mon pote !)

    Et voilà ! Facile, plus personnes sur les routes… photo !

    Et j’ai même pas prononcé le mot Peak Oil ! Oups, c’est fait.

    Et curieusement, c’est surement en Europe et même en France qu’on a les meilleures chances de remplir toutes ces conditions, qui sont loin de la science fiction.

  3. BAHN

    @Lomoberet
    « Il aurait pu ajouter un vélo, non ! »

    Il y est le vélo mais dans la version Tap Lapse (http://vimeo.com/26433049) entre 00:15 et 00:18

    On voit d’ailleurs encore des voiture garée dans la version Tap Lapse mais vu comment les images ont été créée c’est normale.

  4. Aano

    En effet il y a un vélo.

    Le rêve! Imaginez une ville avec de belles pistes cyclable de cette taille (faudraity y rajouter un peu de verdure aussi…).

Les commentaires sont clos.