L’île d’Hoedic sans voitures

Sixième épisode d’une série consacrée aux îles sans voitures. Vous souhaitez passer des vacances réellement sans voitures? Vous voulez voir comment la vie sans voitures est possible? Visitez les îles sans voitures! Aujourd’hui: L’île d’Hoedic.

Hoëdic, officiellement Hœdic (se prononce « édic »), est une île française formant également une commune depuis 1891. Elle est située dans le département du Morbihan, dans la région Bretagne.

Population: 111 hab. (2006)
Densité : 53 hab./km2
Longueur: 2.5 Km
Largeur: 0.8 Km

Cette île, de 800 mètres de large sur 2500 de long, culmine à 22 mères. Elle est située au cœur de Mor braz, dans l’océan Atlantique, au large de la côte sud de la Bretagne (environ une heure de traversée), à 13 km à l’est de Belle-Île et à 5 km au sud-est de l’île de Houat. Elle fait partie d’une ligne de crêtes granitique qui comprend aussi la presqu’île de Batz-Le Croisic-Le Pouliguen, l’île Dumet, Houat, Quiberon et Groix.

Elle est peuplée d’une centaine d’habitants l’hiver. L’été, la population peut atteindre 3.000 habitants avec les touristes et campeurs venant sur l’île.


L’Île de Hoedic (photo: wikipédia)

Le long de huit kilomètres de côtes et de plages superbes, l’île, préservée des voitures et de la pollution, offre aux curieux une envoûtante et rare palette d’odeurs et de couleurs, de sons et d’impressions. On peut faire le tour de l’île à pied en deux bonnes heures.

Houat et Hoëdic forment un ensemble Natura 2000 comprenant un site d’importance communautaire et une zone de protection spéciale de même périmètre.

Arc-en-ciel_Hoedic
Arc-en-ciel sur Hoedic (photo: wikipédia)

En fait Hoedic a un petit air de paradis: pas de voitures, des plages en pente douces partout autour de l’île (la plus lointaine à moins de quinze minutes à pied), des hectares de dunes pour s’ébattre, toute la faune du littoral à découvrir, pêche à pied ou en bateau, détente en terrasse des cafés. Même pas à se préoccuper de l’intendance, les commerces et services sont à moins de 2 mn à pied!

Hoëdic, comme la plupart des îles bretonnes au Moyen-Age, est un lieu occupé au départ de façon intermittente. C’est seulement à partir du Xe siècle qu’est attestée la présence d’un habitat permanent. Selon la tradition, le moine Goustan (saint Goustan) aurait abordé l’île à cette période et l’aurait bonifiée.


Vélo de Hoedic (photo: Purple Snail)

En 1815, Hoëdic et Houat furent rattachées à la commune de Belle-Île et mises en quarantaine par le sous-préfet pour contrebande.

De 1815 à 1825, Houatais et Hoedicais élaborèrent un Règlement qui tint lieu de constitution à ces petites « républiques » insulaires et qui prit un tour plus théocratique par la suite.

De 1822 à 1892, en l’absence d’un maire sur l’île, les recteurs (curés) de Hoëdic jouirent d’un statut particulier, appelé « Charte d’Hoëdic » lors de la signature de celle-ci en 1857, faisant d’eux l’unique autorité administrative, judiciaire, religieuse et économique sur l’île. Ils faisaient fonction de banquier, de juge, de marchand.

En 1891, l’île fut détachée de la commune de Belle-Île et érigée elle-même en commune. L’année suivante le « Règlement » fut abandonné et le recteur perdait sa fonction administrative et temporelle avec l’élection du premier maire.

En 1931, Houat et Hoëdic sont durement touchées par les conséquences du naufrage du Saint-Philibert, un vieux vapeur transformé en passeur; on dénombrera des centaines de disparus. La rumeur s’étend jusqu’à Nantes, Vannes et au delà que l’on retrouve des alliances dans les crabes et les homards pêchés dans la baie de Quiberon.

Dans les années 1970-1980, la pêche locale connaît un regain; on comptera près d’une quinzaine d’unités de pêche, employant près du triple de personnes, à terre comme en mer. Aujourd’hui le port d’Hoëdic rassemble bien moins de chalutiers que son homologue Houatais. Les paysages enchanteurs du lieu permettent de compenser ce manque par un tourisme encore limité.


Rue de Hoedic (photo: grenouille)

La commune compte deux monuments historiques protégés :
– Le menhir de la Vierge, à 200 mètres à l’est du bourg, haut de 4 m, est le menhir le plus important de l’île. Il a été christianisé par l’ajout d’une croix de fer, régulièrement foudroyée, qui a disparu aujourd’hui. Il est classé Monument Historique depuis 1926.
– Le fort Louis-Philippe, au centre de l’île, fut décidé en 1846 et construit en 1859 dans l’éventualité d’une attaque britannique. Il hébergea à partir de 1881 la première école laïque de l’île, puis fut vendu en 1892 à une société de production d’iode qui l’occupa jusqu’en 1930. Racheté par le Conservatoire du littoral en 1979. Le fort est inscrit depuis 2000.


Maison de Hoedic (photo: Purple Sain)

Alanguie sous le soleil, bercée par une brise tiède et légère, Hoedic l’été prend des allures méditerranéennes. A l’heure où les touristes s’égayent sur les plages dépourvues de buvettes et de cabines, les rues du bourg glissent dans une douce torpeur, interrompue çà et là par quelques vacanciers venus faire leurs emplettes.

Mais c’est l’hiver qu’Hoedic offre son vrai visage. Au tumulte de l’été succède la sérénité de l’automne puis les tempêtes hivernales. A l’heure où les vacanciers ont retrouvé la ville, son agitation et ses tracas – tout en gardant en leur cœur un petit coin de ciel bleu – l’île reprend son souffle ancestral.

Pendant que les pêcheurs, intrépides travailleurs de la mer, partent trimer en gardant l’œil sur leur caillou bien aimé, rares sont les touristes qui osent braver les éléments pour aller arpenter les rivages abrupts de cette terre battue par les flots et le vent qui mérite alors et plus que jamais sa devise: Hoedic, contre vents et marées.

Charme des îles, on trouve sur Hoedic une épicerie qui fait « Alimentation générale – Boucherie-charcuterie – Rôtisserie – Buffet – Gaz – Camping – Vêtements – cadeaux » (ouf!). Mais il y a aussi un « Cocci Market » sur Hoedic et une « Boulangerie – tabac – articles de pêche – cadeaux ».

On trouve aussi un hôtel-restaurant, une crêperie, un restaurant-librairie et trois cafés dont le célèbre Café La Trinquette.


Café La Trinquette (photo: grenouille)

Moyens d’accès

Traversée en une heure environ au départ de Quiberon, avec la possibilité d’une liaison maritime de 25 minutes entre l’île de Houat et l’île d’Hoedic. En saison, il est fortement conseillé de réserver, malgré plusieurs rotations par jour.

Tout le problème est de rejoindre Quiberon qui est, rappelons-le, une presqu’île.

La gare la plus proche de Quiberon desservie par les grandes lignes nationales est la gare d’Auray. Située à une trentaine de kilomètres de Quiberon, il vous faudra emprunter un autre moyen de locomotion pour rejoindre la gare maritime. Selon la période vous pourrez opter pour l’une des possibilités suivantes :

– Le bus qui assure une liaison directe avec la gare maritime de Quiberon. Il faut compter environ 1h15 de transport.

– Le Tire-Bouchon, petit train régional partant de la gare d’Auray, vous permet de rejoindre la gare SNCF de Quiberon. Vous pourrez ensuite rejoindre la gare maritime en 15 minutes à pied. Cette ligne peut être empruntée avec votre bicyclette.

Sources:

Ile d’Hoedic sur Wikipédia
Site officiel de la Mairie de l’île d’Hoedic


Vélo de Hoedic (photo: Purple Snail)


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7 commentaires sur “L’île d’Hoedic sans voitures

  1. Tassin

    Et un de plus!
    Petite question : comment s’est passée la rédaction de ces articles? Visite de chaque île ou bien simple recherche documentaire?

  2. Alain

    Pourrait-on savoir si les liaisons maritimes entre îles sans voiture acceptent les vélos?
    Je pense partir en vélo par le train jusqu’à Quiberon, puis faire quelques ïles sans voitures (Houat, Hoedic) puis revenir sur le continent à La Turballe. Ensuite, direction Nantes et retour par la Loire à vélo.
    Tout cela est)il possible avec mon vélo?

  3. CarFree

    Je ne suis pas le mieux placé pour répondre, mais je sais que certaines iles n’acceptent même pas les vélos (en-dehors de ceux possédés par des iliens), ce qui pourrait être le cas sur hoedic (au vu du lien ci-dessous). Mais c’est à vérifier auprès de la mairie (le numero de tel est en bas de la page). Je l’ai déjà dit pour une autre ile, mais il semble y avoir autant de cas que d’iles, que ce soit pour les voitures ou les vélos. Sinon, quand il est possible de passer un vélo, en général il faut payer un supplément. Dans tous les cas, en cas de doute, le mieux est d’appeler la mairie.
    http://www.notretemps.com/plaisir/2272857-a-la-decouverte-des-iles-houat-et-hoedic-iles-soeurs-du-morbihan.html

  4. Alain

    C’est pas que je souhaite faire le tour des ïles en vélo, mais j’aimerais bien arriver dans ces îles avec mon vélo et le laisser au camping le temps de la durée du séjour.

  5. nacla

    je vais à hoëdic tous les ans et je confirme que l’on peut prendre son vélo sur l’île sans problème ! c’est payant pour le bateau

Les commentaires sont clos.