Environnement: action en justice contre Peugeot

L’association « RESPIRE » intente une action en justice à l’encontre de la société « automobiles PEUGEOT », qui devra comparaitre le mardi 19 juin prochain au tribunal de Grande Instance de Paris.

La Planète a bon dos ! Après avoir utilisé l’argumentaire du bonus écologique pour servir les arguments marketing du moment, il semblerait que la célèbre marque au lion ait perdu de son intérêt pour la question environnementale, cette dernière méconnaissant l’obligation de lisibilité et de visibilité de l’affichage des informations relatives à la consommation de carburant et aux émissions de CO2 des véhicules particuliers neuf.

Reléguées au dernier plan de l’information publicitaire, Peugeot semble s’accommoder d’une pratique généralisée en la matière.

Dans une période bientôt estivale où les pics de pollution de l’air sont chaque année dépassés et nous poussent à retenir notre souffle, la période de passivité a maintenant expiré. RESPIRE, lassée d’entendre les autorités jouer sur le sentiment de culpabilité de l’automobiliste en le contraignant à des mesures non efficaces de limitation de vitesse par grande chaleur, considère qu’il est temps de responsabiliser les constructeurs, seuls capables de réduire de manière significative les émissions de CO2.

C’est pourquoi « RESPIRE », association citoyenne militant pour l’amélioration de l’air, avec Ecologie Sans Frontière et la Fédération Nationale des Associations des Usagers des Transports, et le soutien de L’Observatoire Indépendant de la Publicité, a décidé d’engager pour la première fois une action en justice à l’encontre du constructeur PEUGEOT pour sa campagne publicitaire de ses nouveaux modèles de la gamme Family. Dans le cadre de cette action en justice, conduite par Maître Stéphanie ZAKS, Avocat à la Cour, la société Automobiles Peugeot devra se présenter à l’audience des référés du Tribunal de Grande Instance de Paris le jeudi 19 juin prochain.

« Nul n’est censé ignorer la loi. En vertu de quel argument PEUGEOT peut décider de se passer de son application? Il existe des textes depuis 10 ans et nous n’entendons qu’à les faire respecter »1 souligne Sébastien VRAY, Président de l’association RESPIRE.

« Avec cette campagne de publicité, Peugeot revient à l’âge de glace de la communication environnementale. L’argument écologique semble avoir disparu des préoccupations des constructeurs depuis la fin du bonus/malus instaurée par le Grenelle de l’Environnement », ajoute encore Sébastien Vray. »

Pour RESPIRE, l’enjeu de cette action n’est donc pas d’affaiblir l’économie générée par le marché de l’automobile. Nous souhaitons faire émerger une jurisprudence qui inciterait les marques à respecter cette Directive.

En effet, il s’agit d’initier une « concurrence verte », une nouvelle éconologie, pour réduire la pollution de l’air, sans pour autant délaisser le critère commercial de prix auquel le consommateur restera indéniablement attaché.

1. Selon la directive 1999/94/CE, les informations de consommation de carburant et les émissions de dioxyde de carbone doivent être « facilement lisibles et au moins aussi visibles que la partie principale des informations ».

Respire a pour objet la lutte contre la pollution atmosphérique et la protection des victimes de pollution atmosphérique quelle qu’en soit la source. L’association a aussi vocation à garantir, protéger, diffuser et améliorer l’information, l’éducation et les droits des consommateurs dans leurs rapports avec les professionnels en lien direct ou indirect avec la pollution atmosphérique et la qualité de l’air, par tous moyens y compris par voie d’actions en justice.

www.respire-asso.org

Contact Presse : Thibaut Vonthron / 06 98 49 28 22 / 09 81 37 78 48 / thibaut.v@respire-asso.org

Respire

A propos de Respire

Association Nationale pour la Prévention et l'Amélioration de la Qualité de l'Air

2 commentaires sur “Environnement: action en justice contre Peugeot

  1. MOA

    L’argument écologique semble avoir disparu des préoccupations des constructeurs depuis la fin du bonus/malus (…) », ajoute encore Sébastien Vray. »

    C’est vraiment caractéristique du capitalisme / productivisme (vert ou non d’ailleurs).

    On utilise tout ce qui permet de vendre, le seul, unique objectif final étant le profit.
    Si ca ne marche plus, on s’essuie les pieds dessus, et on prend autre chose y compris si cette autre chose est l’inverse de la première et peu importe les valeurs portées par cette autre chose… du moment qu’on vend / écoule la production.

    C’est pourquoi je pense que RESPIRE est hélas dans l’illusion lorsqu’elle croit qu’elle arrivera à :« (…) faire émerger une jurisprudence qui inciterait les marques à respecter cette Directive. En effet, il s’agit d’initier une « concurrence verte », une nouvelle éconologie, pour réduire la pollution de l’air sans pour autant délaisser le critère commercial de prix(…).

    Dans une société où la valeur maitresse est le profit / l’argent, l’économie (de marché) sera toujours prioritaire et donc in fine, gagnante (même si quelques batailles peuvent être gagnées ponctuellement. Peut être en effet RESPIRE gagnera. Et tant mieux.).

    On a un bel et récent exemple avec les mesures prises par nkm suite au grenelle de l’environnement dans le cadre de l’affichage publicitaire.

    Exemple : http://www.rue89.com/2011/04/16/grenelle-les-ecrans-de-pub-du-metro-ont-ils-hypnotise-nkm-200005.

    Morceaux choisis :
    [NKM] « Il y a parfois, notamment du côté des élus, et j’en prends ma part de responsabilité, […] un petit peu de schizophrénie au sens où c’est vrai que la publicité extérieure ça rapporte de l’argent et donc les élus trouvent ça moche. »
    (…)
    Mesure [=taille limitée des écrans d’affichages] nettement insuffisante au regard des enjeux, mais qui a le mérite d’exister. Cris d’horreur des afficheurs qui en appellent à Bercy pour faire disparaître ce point, comme de nombreux autres, de ce texte « irresponsable ».

    Tant que le capital pourra manipuler les masses via la propagande (*), en même temps que les masses pourront bénéficier des miettes du système, la prise de conscience n’aura pas lieu.
    Tant que la prise de conscience n’aura pas lieu (ou que les miettes etc…), on sera condamner à multiplier les actions en justice (= les outils que le système met à notre disposition pour lutter contre lui… hum, comment dire…). Action en justice, parfois gagnées, souvent perdues, systématiquement quasi sans effet.

    La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays.

    « Propaganda, Comment manipuler l’opinion en démocratie » 1928 – Edward Bernays (considéré comme le père de la publicité).

Les commentaires sont clos.