Vélo, clodo, même combat !

Ce matin rubrique coup de gueule. Quelles sont les dispositions mentales de ceux qui vandalisent nos vélos? Pourquoi s’attaque t-on à nos frêles et inoffensives machines dès lors qu’elles sont attachées à une barre?

On peut imaginer dans un premier temps qu’il s’agit de la méchanceté d’un voleur qui échoue dans sa tentative…Mais cela me semble absurde.

En revanche, l’idée qu’on puisse s’en prendre à un moyen de locomotion autonome et gratuit semble davantage l’œuvre d’un vandalisme anti pauvre.

Je m’explique.

Un vélo, dans l’imaginaire populaire, ce n’est rien d’autre qu’un accessoire. A peine une chose qui vous assimile au clodo impécunieux et faible, celui qui vit en marge et souvent de rien.

Chômeurs, étudiants, petits employés, nos vélos sont souvent notre seul outil de déplacement en ville.

Se faire un vélo, c’est un peu se faire un clodo. De la graine de crapulerie en devenir!

Je n’ai pas peur de stigmatiser les crapules.

Surtout celles qui s’attaquent aux faibles.

Le vélo, pour ceux-là, c’est un accessoire qui va à l’encontre des symboles dominants: la consommation, le luxe, la richesse, la puissance, la violence.

Autant de symboles qu’on retrouve dans le mythe du tout voiture.

En fait, nos destructeurs de vélos se comportent comme des auxiliaires du modèle dominant: ils n’ont pas (encore) de voiture mais ils veillent à entretenir une image dégradante du vélo en le vandalisant.

En somme des zélotes malgré eux de l’idéologie dominante!

Détruire nos vélos, c’est un peu aussi s’attaquer aux cyclistes que nous sommes et à notre façon de penser autrement notre choix de vie.

Broyer un vélo à coups de pied, s’attarder sur les pièces fragiles pour les rompre et les disperser sur la voie publique, n’y voyez-vous pas l’œuvre d’une rage anti-cyclisme?

Nos vélos ne sont-ils pas des victimes par procuration destinées à assouvir la violence de petites frappes avinées?

Je n’ai pas encore saisi toutes les données de ce comportement sociologique, mais mes semblables me donnent presque un regard d’ethnologue.

http://velomaxou.wordpress.com/

Vélomaxou

A propos de Vélomaxou

Cyclo-citoyen, cyclo-randonneur depuis 1976. Venant du cyclotourisme "la tête dans le guidon", je me dirige vers le déplacement doux de l'écocitoyen à Mulhouse, dans les Vosges, en Alsace et dans la Forêt Noire.

8 commentaires sur “Vélo, clodo, même combat !

  1. Robin

    déjà vécus deux fois des dégradations débiles…
    Heureusement je m’en sors à chaque fois avec quelques euros mis dans le tron de notre atelier vélo et son système de récup en lien avec la déchetteries; mais bon, comme l’exprime bien vélomaxou, non seulement c’est contrariant de devoir réparer son vélo mais en plus on est abasourdi par cette violence gratuite et insensée…

  2. legeographe

    Et si ce n’était tout simplement que l’envie de casser du facile-à-casser (pas de poursuites envisageables pour de la casse sur des engins aussi modestes que des deux-roues, sauf quand on en arrive au scooter du fils du Président de la République, Jean Sarkozy) ?

    Autre hypothèse qui est certainement vraie pour les cas de vandalisme dont mes vélos ont été l’objet : l’âge relativement jeune des auteurs des vandalismes en question… Le vélo, cela ne fait pas trop peur, pour un adolescent. Bref, on s’en prend à ce qu’on ne craint pas d’abîmer, on casse ce qui n’est considéré que comme un jouet (et non pas comme un moyen de transport exclusif) par le casseur.

    Liste des vandalismes observés sur plusieurs de mes vélos :
    – roues dégonflées ;
    – roues crevées ;
    – blanco (correcteur, article de papèterie) ou peinture dans la serrure de l’antivol ;
    – section (avec une pince ? un couteau ? des ciseaux) d’un câble de frein.
    – roue « très bien » voilée.

    Je m’estime heureux (eh oui !) : je ne me suis jamais rien fait voler sur mes vélos. Mais oubliez toutes les bricoles telles que le compteur de vitesse : on me dit souvent que c’est vite parti (enfin, moi, je n’y ai jamais pensé, à cet achat, tellement ça me paraît évident !).

    Encore plus que le vol de vélo, je pense que cette activité qu’est le vandalisme se fait à des heures nocturnes. Le vandalisme est inutile, les heures de la nuit sont bien celles où l’on agit le plus inutilement, non ?

  3. MOAMOA

    Il y a quelques jours, j’ai vu un vélo attaché avec une des roues exactement dans le même état que celle de la photo. Première fois que je voyais ca à vrai dire. Je me suis demandé ce qu’il s’etait passé… sans trouver de réponse satisfaisante… et oui… le vandalisme… quel ingénu je suis.

  4. Tim

    Je peux vous dire par expérience que ça n’est pas du tout forcément lié à une « ’œuvre d’une rage anti-cyclisme ». J’ai pu connaitre un ami à moi qui des fois le soir, un peu alcoolisé, par excès d’énergie s’en prenait à tout ceux qui lui « passer sous la main ». J’l’ai jamais vu exploser une roue mais retourner des vélos et se déchaîner dessus oui. Le truc c’est qu’il était lui même fan de vélo, il en faisait très souvent et aimer même les réparer ! A le voir, il faisait ça juste pour se défouler, comme le dit LEGEOGRAPHE c’était juste « l’envie de casser du facile-à-casser  » qui le motivait j’pense.

  5. Vincent

    Au fait, on voit souvent des vélos vandalisés attachés par un U : est-il possible de prévenir la Mairie de Paris pour les signaler et leur donner une seconde jeunesse via réparation puis revente lors des Bourses à vélo?

  6. CityBikesBlues

    Vincent, à Paris il me semble que depuis l’année dernière, les Cyclofficines de la région aient le droit de récupérer des vélos abandonnés/déglingués à la fourrière-déchèterie de la voirie afin de les remettre à neuf.
    Enfin, c’est c’que j’avais compris.

  7. Guimo

    Un vélo est vu comme le moyen de transport des losers= peu de risques d’avoir des embêtements. A contrario, une Audi flambant neuve = véhicule de puissant = risque de représailles. C’est aussi simple que ça. De plus, les vélos partagent simplement le même espace que les piétons.

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