Augustes Pédales, troisième édition

Voici le programme de la troisième édition d’Augustes Pédales qui se déroulera à la Station-Théâtre, une ancienne station-service située près de Rennes, les 13 et 14 avril 2013.

Augustes Pédales, troisième édition, circonvolutions poétiques autour du vélocipède: poésie, littérature, cinéma, théâtre, performances, arts plastiques et mécaniques.

Avec :

Dominique Cagnard, poète et voix radiophonique des ondes lentes
Pierre Thiesset, journaliste, auteur-éditeur et voyageur à vélo
Yvan Gauzy, magicien, acrobate et ‘patacycliste
Gwenael De Boodt, comédien et Marion Derrien, plasticienne

Les Samedi 13 et Dimanche 14 avril 2013

à La Station-Théâtre
1 route de Rennes, Beauséjour, 35520 La Mézière

En partenariat avec la communauté de communes du Val d’Ille dans le cadre de Le vélo dans tous ses états:

La croûte du meuble, installation plastique de Marion Derrien
du 5 avril au 5 mai, auvent de la Station-Théâtre et rond-point du Val d’Ille

Puisque nous sommes sédentaires, à quoi bon prôner la mobilité? A pédales ou motorisée, subie ou choisie, elle se traduit par un encombrement croissant de nos espaces vitaux, comme en nos logements l’accumulation de meubles et d’appareils électroménagers. Sous La croûte du meuble se cache la plaie du trafic routier.

Lectures et dédicaces
Samedi 13 avril de 14H à 18H30, salle polyvalente de Melesse

Tous les intervenants d’Augustes Pédales seront présents au stand de la Station-Théâtre pendant la braderie vélo du Val d’Ille. Ils y dédicaceront leurs ouvrages et en liront des extraits dans les bi et tri-porteur aimablement mis à leur disposition par la boutique Chic cycle. Yvan Gauzy jouera ses Conférences clownesques à 16H


Les Cagnards disent… lecture-spectacle
/ de 20H30 à 22H / payant

Le poète Dominique Cagnard, ancien élève de Marcel Marceau et comédien à la Maison de la radio, dira ses propres poèmes, publiés ou inédits. Avec son petit frère, il veillera une vache dans sa chambre, marchera dans les pas de la pluie, soignera sa lenteur et travaillera ses rêves pour ne pas devenir vieux.


Dimanche 14 avril à la Station-Théâtre


Deux roues, libres !
cinéma / de 11H à midi / gratuit

Après la projection de son film célébrant une échappée de 6000 km à bicyclette en Europe du nord et l’espoir de vélorutionner un monde esclave de la vitesse dans l’étouffoir de la croissance, le cyclo-journaliste Pierre Thiesset, venu de Vierzon à vélo, répondra aux questions du public.

La scène du crime performance avec le public / entre midi et 14H / gratuit

Au carrefour où l’on tue les plus fragiles, dessinez les silhouettes de vos amis…

Cagnard exquis atelier de lecture avec le public / de 14H à 15H / payant

Arrivant de Coutances en train, le poète Dominique Cagnard vous invite à partager une lecture aléatoire de sa bibliothèque ambulante contenue dans de lourdes valises. Vous deviendrez les choristes étonnés d’un tissage de pages dont les plus exquises coïncidences vous entraîneront dans l’extase du poème.

Le Pas de Côté rencontre avec un auteur-éditeur, lectures / de 15H30 à 17H / gratuit

Où l’on retrouve Pierre Thiesset qui présentera son récit de voyage Deux roues, libres !, son anthologie Les bienfaits de la vélocipédie de 1860 à 1900 et Voici des ailes, petit roman d’amour cycliste de Maurice Leblanc. Un comédien lira quelques extraits de chaque ouvrage.

Poèmes du carrefour blême performance sur route / de 17H15 à 17H45 / gratuit

Tentative de poèmes pour traverser les pare-brises et réduire les moteurs au silence par Gwenael De Boodt

Conférences clownesques l’art du trompe l’oeil, l’art de voyager, l’art pour lard / de 18H à 19H / payant

Clown, magicien, inventeur de machines à rien telles que le tricycle sans roue pour aller nulle part ou le casque thermosiphoné pour régler la circulation, Yvan Gauzy embarquera parents et enfants dans son univers ‘pataphysique.

Contact au 02 99 69 28 09, au 06 70 12 75 33 ou nous écrire à lastationtheatre@gmail.com

Photo: Christelle Marilleau

A propos de Gwenael

Auteur et acteur, fondateur de la Station-Théâtre

2 commentaires sur “Augustes Pédales, troisième édition

  1. Nicolas

    La communauté de communes du Val d’Ille, c’est celle qui nous a pondu Cap-Malo, un gros complexe commercial, dans le bassin d’emploi Rennais, qui s’adresse à l’aire métropolitaine rennaise, sans être dans Rennes Métropole, c’est-à-dire sans le réseau dense de transports en commun de Rennes Métropole.
    Cap Malo, on y va en bagnole, on y gare sa bagnole. C’est accessible de la quatre voies.
    En effet, dans ce type de lieu, le vélo, c’est uniquement pour faire du spectacle.

  2. Gwenael De Boodt

    Salut Nicolas,

    Je suis l’auteur de l’article (qui comporte une erreur dans la mention « partenariat avec le Val d’Ille » mais j’y reviendrai plus loin) et l’organisateur d’ Augustes Pédales.
    Ce qui va suivre ne s’adresse pas seulement à toi mais à toute personne ayant lu l’article et qui aurait légitimement les mêmes vues d’esprit que toi.
    Je vais te parler un peu de mon mode de vie, si tu le veux bien, pour que tu comprennes l’esprit et les intentions qui m’animent lorsque je prépare « Augustes Pédales ».
    Puisque tu sembles connaître Cap Malo, il t’est peut-être arrivé de pédaler 2km plus loin jusqu’au bourg de La Mézière. A l’entrée du bourg de La Mézière se trouve l’ancienne station-service transformée en théâtre par nos petites mains et abritant le logement où j’habite avec ma compagne et notre fille de 4 ans. Nous y vivons sans bagnole et sans télé. Nous y cultivons un potager sur la terre qui recouvre les 3 anciennes citernes d’essence et de gaz oil et que nous avons débarrassées d’un fourbi de pare-brises, de vieilles peintures, de pièces mécaniques et de tuyaux avec lesquels j’ai d’ailleurs pu construire le gril et les garde-corps de la régie du théâtre. Au carrefour où se dresse cette « Station-Théâtre », j’ai compté le passage de 400 bagnoles à l’heure aux heures de pointe. Tous les jours, nous devons lutter à vélo dans cette circulation et à pied pour traverser ce carrefour sans passage piéton. La Mairie pense même régler ça en construisant un énième rond-point (comme ceux de Cap Malo) après nous avoir menacé pendant presque 10 ans d’expropriation malgré un projet culturel de longue date. Pour ouvrir ce théâtre avec une programmation qui fait la part belle au texte et à la poésie, il a fallu se battre contre les a priori négatifs de la population et des élus au sujet du sens pourtant profond, mature et interpellant que portent les complexités de la langue dans une société désormais vouée au divertissement et à l’image où tout ce qui a trait à la culture est immédiatement assimilé au loisir. On peut dire que, avec les artistes et autres intervenants qui viennent s’y produire, nous animons un lieu en résistance politique et culturelle à l’idéologie de la croissance et à la superficialité des mentalités qu’elle provoque.
    A la Station-Théâtre, nous ne sommes donc pas à Cap Malo, lieu de consommation tellement insipide et superficiel et comprenant tout ce que le système capitaliste fait de plus con et de plus décervelant en termes de loisirs (bowling, salles de foot et de karting couvertes, multiplexe cinema, macdonald, golf, etc…) qu’il ne mérite surtout pas qu’on y facilite l’accès des cyclistes et des piétons. Tu peux voir le développement de ma position à ce sujet dans cet autre article : http://carfree.fr/index.php/2012/06/24/bougez-autrement-comment-la-semaine-europeenne-de-la-mobilite-nous-tient-en-laisse-et-pourquoi-contrer-des-maintenant-son-probable-succes/
    Nous sommes effectivement sur le territoire du Val d’Ille un peu comme les zadistes sur celui de la Loire Atlantique (toutes proportions de mobilisation gardées, bien entendu)

    Tu as pu lire dans l’article le programme d’Augustes Pédales. Si tu penses qu’il fait des concessions à la société du spectacle, alors précise-moi en quoi exactement, et voyons si on peut y remédier pour la prochaine édition.

    « Augustes Pédales » déborde du cadre de la bicyclette parce que la force symbolique de la bicyclette est énorme, aussi énorme, espérons-le, que le poids de la bagnole l’est aujourd’hui dans la vie des gens et malheureusement dans le cadre de vie de ceux qui ne veulent pas de bagnole.

    Pour en revenir à Cap Malo, je me suis moi-même bien évidemment opposé à ce projet à l’époque, en 2003, avec mes moyens qui étaient ceux d’un artiste de théâtre, en organisant une randonnée-spectacle dont les textes dits par les personnages dénoncaient le bétonnage, la bagnole etc…d’une manière parfois très virulente. J’en ai d’ailleurs payé le prix en me mettant à dos le président du Val d’Ille de l’époque qui ne s’est pas privé de me stigmatiser devant d’autres élus en commission culturelle. Ensuite j’ai traversé l’Europe exclusivement à pied avec ma compagne, du seuil de notre habitation jusqu’en Roumanie, loin des chemins battus qui mènent à Compostelle, avec de nombreux tronçons de notre itinéraire sur les routes fréquentées par les automobiles et en dormant dans la rue dans les grandes villes.

    Aujourd’hui, les élus qui siègent au Val d’Ille sont plus ou moins les mêmes que ceux qui ont voté (à l’unanimité des Maires de la Communauté de communes sauf celui qui en est devenu depuis le président) la réalisation de Cap Malo en 2002. Mais certains d’entre eux commencent à se rendre compte de l’incompatibilité de ce complexe commercial avec le mode de vie plus simple, autonome et re-localisé que l’avenir exige si nous souhaitons que nos enfants puissent vivre, tout simplement. Ces élus disent cependant à propos de Cap Malo « qu’il faut faire avec ». Personnellement je n’en crois rien. J’ai même écrit des pages et des pages à ce sujet sur les registres d’enquête d’utilité publique mis en place lors d’autres projets de type lotissement à la mairie du bourg de La Mézière, proposant que l’on reconvertisse les immenses hangars de Cap Malo en habitats et si possible, malgré tout le bitume et le béton à casser, que l’on remette en culture une partie des 20 hectares sacrifiés en 2003 pour ce projet pharaonique plutôt que d’artificialiser encore et toujours plus de nouvelles terres pour y implanter des lotissements.

    Certes la question se pose de savoir si le Val d’Ille ne se redore pas le blason en « communiquant » sur la bicyclette plus qu’en prenant des mesures radicales contre la circulation automobile. Est-ce que la Station-Théâtre, qui a demandé le soutien financier du Val d’Ille pour sa programmation à l’année, ne devient pas ainsi la caution contestataire du Val d’Ille ?
    C’est ce que semblent nous reprocher d’autres acteurs culturels -hors Val d’Ille d’ailleurs- pourtant eux-même complètement assimilés au système et n’affirmant jamais aucune position politique. Quant à moi, je persiste à croire que le théâtre est par nature éminemment politique et que c’est la moindre des choses qu’il soit soutenu par les pouvoirs publics dans l’expression de toute sa diversité et de la remise en question permanente des comportements et des choix de l’humain et de la société.
    Je ne vois donc pas pourquoi le théâtre devrait se priver des éventuelles maigres subventions que la collectivité est susceptible de lui allouer et dont nous sommes tributaires au niveau de la programmation de la saison. Notre travail est un travail d’utilité publique et même si nous pouvons l »accomplir dans la pauvreté, il est impossible à mener à bien dans la misère.

    Je crois que j’ai un peu débordé du cadre de la réponse à ta réaction mais tout se tient, il faut sans cesse le dire et le redire.

    Enfin, pour ce qui est du « partenariat » du Val d’Ille avec Augustes Pédales, la mise en page originale n’a pas été reprise telle quelle par Carfree. Il faut lire le partenariat uniquement en en-tête de « La croûte du meuble » et de « lectures et dédicaces ». Tout le reste, soit ce qui se passe directement à la Station-Théâtre, à partir de « Les Cagnards disent… » est de notre initiative seule et sur nos financements propres.

    Tu l’auras compris, je ne conteste en aucun cas ce que tu écris dans ta réaction, j’y adhère même. Restait à ré-affirmer notre désolidarisation avec le système Cap Malo mis en œuvre par le Val d’Ille.
    Si tu vis dans le coin, je t’invite à venir nous rencontrer à la Station-Théâtre, pendant ou en dehors d’Augustes Pédales. Tu es le bienvenu avec toutes tes critiques, ou sans, comme tu voudras.

    Gwenael

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