Succès de l’autoroute vélo belge

Le long des voies de chemin de fer reliant Bruxelles à Louvain, les cyclistes ont la chance de parcourir un itinéraire direct, confortable et jalonné. Cette autoroute vélo, la HST-route, attire beaucoup de cyclistes chaque jour, plus de 500 sur certains segments. Une étude menée en 2012 par la province du Brabant flamand prouve ce succès.

On l’appelle la HST-route car cette piste a vu le jour lors de la mise à quatre voies de la ligne de chemin de fer pour les trains à grande vitesse (High Speed Train). Cette autoroute vélo de 26 kilomètres relie le réseau cyclable bruxellois (ICR1b) à celui de Louvain en desservant les gares de Zaventem, Nossegem, Kortenberg, Erps-Kwerps, Veltem, Herent et Louvain. À chaque étape, un grand panneau bleu donne les indications de distance et de temps restants pour rejoindre les différentes gares situées sur la route.

En 2011, les premiers compteurs automatisés sont placés sur plusieurs segments. L’année suivante, une étude plus approfondie est menée grâce notamment à un compteur fixe placé à Wilsele. Entre le 1er février et le 16 décembre 2012, on a dénombré 157 819 passages de cyclistes à Wilsele. Et on estime à un million le nombre de cyclistes sur l’ensemble de la HST-route.

Parallèlement aux comptages, une enquête a été menée auprès de 243 cyclistes pour obtenir plus d’informations sur leur profil (sexe, âge, profession, type de vélo), leur degré de satisfaction par rapport à l’infrastructure et l’utilisation qu’ils en font (fréquence des trajets, distance parcourue, vitesse, origine et destination des déplacements…).

Voici les conclusions retenues sur l’ensemble du rapport :

Le profil des cyclistes

  • les hommes utilisent plus fréquemment la HST-route (75% contre 25%).
  • un cycliste sur quatre a entre 25 et 54 ans.
  • la plupart des utilisateurs (68%) sont employés, fonctionnaires ou cadres. Les étudiants et écoliers représentent 16% de l’ensemble.
  • 9% des cyclistes roulent sur un vélo électrique, le trio de tête étant composé du vélo de ville (35%), du vélo de course (27%) et du VTT (13%).

L’utilisation de la route

  • la distance moyenne parcourue est 18,71 km.
  • la vitesse moyenne pratiquée est de 24 km/h.
  • 50% des cyclistes disent arriver à destination dans les 45 minutes.
  • 93% des utilisateurs empruntent la route pour des déplacements utilitaires, dont la plupart pour les allers-retours professionnels.
  • 74,5% des cyclistes empruntent la HST plusieurs jours par semaine et ils sont 94% à réaliser l’aller-retour à vélo sur la journée.
  • les utilisateurs n’habitent pas tous dans les environs, certains cyclistes font plus de 20 km pour rejoindre une partie de la HST.
  • les destinations principales des trajets se situent aux environs de Bruxelles et de l’aéroport ainsi qu’autour de Louvain.

La note globale donnée par les utilisateurs est de 7,74 sur 10. De manière générale, la qualité de l’infrastructure est mise en avant (bonne largeur, revêtement confortable, sécurité) ainsi que l’environnement calme, souvent sans voiture. Mais les cyclistes pointent aussi les aspects à améliorer comme la sécurisation des traversées de certains villages et carrefours, l’entretien ou encore la création de tunnels.

La méthodologie développée pour cette étude devrait être utile pour évaluer les autres autoroutes vélo existantes et surtout à venir…

Aurélie Willems

Document issu du site internet du GRACQ – Les Cyclistes Quotidiens ASBL – www.gracq.org – Les droits de reproduction sont réservés et limités

Cette nouvelle est tirée de la Newsletter116

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Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens (Gracq) en Wallonie et Bruxelles

9 commentaires sur “Succès de l’autoroute vélo belge

  1. Vincent

    Et dans un pays tout autant privé de pétrole qu’est la France, on s’étonne que le développement des transports sans pétrole ne soit pas encore une priorité nationale majeure.

    En attendant, la TVA sur les capotes passe de 7% à 5,5.

  2. rétropédaleur

    dans notre pays hélas connu pour le manque de civisme, une telle « voie royale » serait envahie par les 2 roues à motteurs et autres vespas!

  3. kw

    Comme l’a dit Anne Lauvergeon, avant on n’avait pas de pétrole mais on avait des idées, maintenant on a peut-être du pétrole (de schiste). Et puis on a le nucléaire au cas où alors inutile de s’embêter à avoir des idées !

  4. Michel

    C’est vrai, en France il y aurai les 2 roues à moteur, mais aussi les rollers, les skates, les promeneurs au milieu avec des chiens, des enfants en tricycle etc……

  5. Jean-Marc

    Pour Michel et Rétropédalage :

    c est pas génant, si au lieu d avoir une piste cyclable, on a une voie verte (piétons + chevaux autorisés, en plus des cyclistes)

    et même si la voie verte est légèrement envahis d illégaux, comme des 50cc :
    si la voie verte est suffisement large, celà ne pose pas de pb :

    celà reste quand même 10 à 1 000 fois mieux, pour la majorité des cyclistes, à une départementale ou nationale avec plein de camions qui ne nous voient pas…

    Là, on est sur une route reliant des villages/villes… mais pas en intra-urbain :
    les scooters et autres 50 ne seront pas bien nombreux…

    (le vélo va bcp bcp plus loin que les 50cc… pour les motorisés, il faut au moins une 125, pour imaginer pouvoir quitter l’espace urbain…)

  6. Struddelstruddel

    Il existe même des voies pour deux-roues vélo ET cyclo, et ce n’est pas gênant, on est loin d’être envahi.

    Quant aux rollers, ils n’ont pas de voie propre sauf les trottoirs et les voies vertes, sachant que lorsque je suis à roller, je vais souvent plus vite que le cyciste urbain moyen, je me vois plus sur une piste cyclable que sur le trottoir.

    En ce qui concerne les piétons, j’ai longtemps fait partie de ceux qui s’agaçaient quand ils marchent sur les pistes cyclables, à présent je suis beaucoup plus concilient.

    Un piéton devrait avoir le droit de marcher n’importe où sur les voies publiques.

    Maintenant, pour une question de civilité, lorsqu’il y a un large trottoir et que des piétons squattent la piste cyclable, c’est légèrement déplacé, mais c’est finalement très rare et il y a quasiment toujours une bonne raison (contrairement aux mauvaises raisons qui amènent les automobilistes à y stationner).

    Mais sur une véloroute de ce type, il suffit de les éviter, ils s’attendent à voir débarquer des vélos de toute façon.

  7. PédibusPédibus

    Nos agglomérations françaises devraient mettre le grand braquet pour irriguer leur territoire en ICSP (qu’on me permette cet acronyme/néologisme, singeant le TCSP : ici il s’agirait d’Itinéraire Cyclable en Site Propre de premier ordre).

    Quitte à exproprier à certains endroits sur une bande de 2 à 3 mètres, en tirant partie intelligemment du parcellaire – mais en évitant évidemment de couper en deux certaines propriétés – on pourrait également aussi donner un coup de pouce aux objectifs de trame verte et bleue du Grenelle…

    Histoire de faciliter la vie aux pendulaires cyclistes, mais aussi en offrant un boulevard (!) aux prétendants à l’escapade du weekend ou de la fin d’après-midi après le boulot quand les jours sont longs.

    Si chaque aire urbaine était ainsi équipée les autoroutes du vélo verraient le jour, par juxtaposition, à la vitesse de la volonté politique locale.

  8. Vincent

    Bonjour,

    merci pour cet article mais HST signifie Hoge Snelheid Trein en néerlandais, soit Train à grande vitesse, et pas « autoroute ».

    Vincent

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