Les chiens autophobes

Dans cet article du 15 novembre 1934 tiré de la revue « La Pratique automobile vulgarisée« , on nous parle des « chiens autophobes. » 

Du docteur Bommier, dans Le Moteur, ces lignes exactes: « Il existait jadis plus qu’aujourd’hui une variété de « cabots » qui détestaient cordialement l’automobile. La vue d’une automobile mettait ces cabots dans une rage folle et ils se précipitaient sur les roues la gueule menaçante. Quand ils rataient leur manœuvre, ils roulaient sous l’auto et succombaient ou se faisaient casser une patte. J’ai connu un chien qui, perclus, ressoudé de tous les côtés, n’avait rien abdiqué de sa haine qui subsistait sur trois pattes. Il est de toute évidence que de tels phénomènes ne justifient aucune précaution spéciale et que, par contre, c’est le propriétaire du chien qui assume une incontestable responsabilité. »

Nous ajouterons que non seulement de tels animaux ne justifient, du point de vue de leur sécurité, aucune précaution spéciale de la part de l’automobiliste, mais qu’il serait souhaitable, pour la collectivité, qu’il leur casse définitivement les reins. Mais, le diable, c’est que ce sont les siens qui courent aussi des risques, car l’écrasement d’un animal de la taille d’un chien, à 80 à l’heure ou mieux, est aussi dangereux pour l’automobiliste que pour l’animal. J’ai connu un conducteur qui, à ce point de vue, était d’une adresse particulière. Il avait fait la remarque qui tous nous a frappés: c’est qu’un chien autophobe poursuit l’auto qu’il a attaquée aussi longtemps qu’il le peut. Alors le conducteur en question, après avoir évité l’agresseur, ralentissait pour se laisser accompagner, puis quand le chien était dans une position favorable, et que la vitesse n’était plus dangereuse, d’un brusque coup de volant, il lui passait dessus.

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La Pratique automobile vulgarisée / dir. Mortimer-Mégret, 15 novembre 1934.