L’importance des aménagements cyclables dans la pratique du vélo

Quand vous parlez aux gens des différences de pratique vélo selon les endroits, très souvent on vous explique que si la pratique du vélo est plus forte ailleurs, c’est que « là bas, il fait plus chaud, il pleut moins ou alors c’est tout plat. » Autant de mauvaises excuses qui en disent surtout long sur celui qui les avance… en général un automobiliste.

Voici une carte étonnante de la Belgique montrant la part du vélo pour se rendre au travail. Elle est tirée de l’enquête fédérale domicile-travail 2021-2022. Cette carte montre que la pratique du vélo est liée avant tout à la présence d’aménagements cyclables.

La carte dessine une limite nette entre le nord et le sud de la Belgique. Au nord, correspondant à la région flamande, on constate une forte pratique du vélo pour se rendre au travail, avec des taux dépassant quasi systématiquement les 10% de pratique vélo et même le plus souvent les 15%. Au sud, correspondant à la région wallonne, le taux de pratique vélo pour se rendre au travail ne dépasse presque jamais 5% et se trouve même très fréquemment inférieur à 1%.

En moyenne, l’utilisation du vélo est environ 10 fois inférieure en Wallonie par rapport à celle enregistrée en Flandre.

Il est rare de voir un phénomène social (la pratique du vélo) correspondre aussi bien à une limite régionale et culturelle. Alors, quelle est la raison profonde d’un tel clivage? Fait-il plus souvent beau temps au nord de la Belgique qu’au sud? Les montagnes du sud de la Belgique constituent-elles une barrière infranchissable pour la pratique du vélo? Les Flamands naissent-ils avec le gène spécial du vélo alors que les Wallons naissent dans le coffre des voitures?

Lire aussi :  Jacqueline, 90 ans et toujours à vélo

Et si, tout simplement, la pratique du vélo pour se rendre au travail était liée à la présence d’aménagements cyclables permettant de se déplacer à vélo en toute sécurité?

On est donc allé chercher la carte des aménagements cyclables sur le site Geovelo, carte qui regroupe les voies dédiées, les double-sens cyclables, les voies partagées et les zones apaisées. Et surprise, on retrouve la séparation nord-sud que l’on peut constater en matière de pratique vélo…

Voici une information qui semble urgent de partager à tous les élus qui souhaitent développer la pratique vélo. Et on peut voir par la même occasion qu’il y a encore du travail à l’ouest de la Belgique, vous savez, le pays qui s’appelle la France…

Source : https://mobilit.belgium.be/fr/news/les-deplacements-domicile-travail-le-velo-continue-son-ascension-avec-80-en-16-ans

5 commentaires sur “L’importance des aménagements cyclables dans la pratique du vélo

  1. Vincent

    « Quand vous parlez aux gens des différences de pratique vélo selon les endroits, très souvent on vous explique que si la pratique du vélo est plus forte ailleurs, c’est que « là bas, il fait plus chaud, il pleut moins ou alors c’est tout plat. » Autant de mauvaises excuses qui en disent surtout long sur celui qui les avance… en général un automobiliste. »

    La météo et le dénivelé ne sont pas à rejeter d’un revers de la main non plus : il est clair qu’un pays plat (où, donc, un simple vélo fait l’affaire, sans avoir besoin de dépenser nettement plus cher avec un VAE, ce qui pose aussi le problème d’équiper les enfants) et où la météo est supportable toute l’année (pas de grosse neige en hiver, par exemple) part avec un avantage.

  2. pedibus

    même si c’est pour la bonne cause – encourager les élus à investir bien plus dans les aménagements cyclables – il faut se garder de trouver des liens de cause à effet directs à partir de cartes géographiques, aussi spectaculaire que puisse être l’effet de rapprochement :

    ainsi on se contentera de parler de coïncidence, de même à l’occasion du rapprochement des deux cartes suivantes :

    https://www.openstreetmap.org/#map=8/50.447/4.532&layers=Y

     

    https://www.populationdata.net/wp-content/uploads/belgique-densite-2010.jpg

     

    parmi les facteurs explicatifs possibles, pour cette opposition méridienne de la pratique du vélo en Belgique, on peut autant avancer la présence d’équipements cyclables concentrée au nord… qu’une forte présence d’équipements cyclables synonyme de territoires majoritairement urbains, ou autrement dit une faible propension à se déplacer à vélo en territoire rural, avec parmi les facteurs explicatifs des distances plus longues à parcourir au vu de la densité démographique plus faible, qui n’encourage pas la volonté politique locale pour investir dans les aménagements cyclables (malgré une accidentologie plus grave en milieu rural)…

  3. zaph

    On a pu  constater, lors de la création des corona-pistes, que le postulat  » plus de routes, plus de voitures » pouvait être transposé en « plus d’aménagements cyclables, plus de cyclistes » .

    Donc oui la création d’aménagements cyclables favorise la pratique même si d’autres facteurs sont aussi à prendre en compte ( stationnement vélo à domicile et sur le lieux de travail, absence de discontinuités dans le réseau, état de celui ci…..)

  4. PMeBC

    Chez moi, la pratique du vélo est considérée comme impossible par beaucoup de gens. Les causes : en été il fait trop chaud, en hiver il fait trop froid ou il vente, au printemps il pleut, en automne c’est que les journées sont trop courtes et il fait vite nuit.Enfin que voulez-vous, nous avons un climat épouventable dans lequel il est tout simplement impensable d’utiliser un vélo si ce n’est le week-end pour le sport. Nous sommes à Majorque…

  5. Noël

    La France consacre un faible investissement par habitants dans les aménagements cyclables. Cependant des réalisations bien conduites de parcours cyclables permettent d’assister par exemple pour un collège situé en périphérie urbaine à un taux d’usage de 85% par les élèves et de seulement de 30% par les professeurs. L’infrastructure ne fait pas tout mais elle contribue à la réussite des déplacements actifs pour tous. L’inquiétude des parents porte principalement sur la sécurité, ce critère est systématiquement mis en avant. Partout où une politique volontariste de replacer le piéton et le cycliste dans l’espace nous assistons à une croissance exponentielle de la mobilité active avec pour corolaire une diminution de la pollution et du bruit.

Les commentaires sont clos.