Les flux pétroliers

Au moment même où le blog Planète Bleue nous apprend qu’une étude récente prédit un baril de pétrole à 380 dollars en 2015, il semble intéressant d’observer quels sont les principaux flux pétroliers à l’échelle de la planète.

La carte des flux de pétrole en 2001 confirme des inquiétudes déjà connues, mais réserve aussi quelques surprises. Parmi les choses déjà connues, les exportations du Moyen-Orient qui représentent près d’1 milliard de tonnes par an et la « faim de pétrole » des pays occidentaux, Etats-Unis et Europe, qui absorbent une grande part des exportations mondiales de pétrole.

Un phénomène intéressant tient dans la « stratégie de diversification » des principaux pays importateurs de pétrole: une multitude de flèches se dirigent vers les Etats-Unis et les pays européens. Cette volonté de ne « dépendre de personne » qui pousse tous les états à dépendre entièrement les uns des autres…

Parmi les surprises, quelques inquiétudes aussi: sur le milliard de tonnes de pétrole exporté par le Moyen-Orient, plus de la moitié va déjà en direction de l’Asie en 2001 (Japon, Asie-Pacifique et Chine). Les importations totales chinoises ne dépassent pas les 70 millions de tonnes, ce qui doit déjà être largement dépassé à l’heure actuelle. La motorisation croissante des pays émergents, au premier rang desquels se trouvent la Chine et l’Inde, laisse présager une explosion des importations de pétrole des pays asiatiques. Le Moyen-Orient est déjà le « dealer officiel de pétrole » de l’Asie, mais il va bientôt devenir « mono-exportateur » en direction de l’Asie…

Chose surprenante, les exportations de pétrole de l’Europe dépassent les 150 millions de tonnes par an, pas très loin des importations totales en provenance du Moyen-Orient (176 millions de tonnes). Autrement dit, l’Europe exporte presque autant de produits pétroliers vers le reste de la planète qu’elle en importe du Moyen-Orient.

Cette carte, qui doit être actuellement en plein bouleversement, est aussi une carte de la dépendance, dépendance quasi-totale de l’Amérique latine par rapport aux Etats-Unis, ou de l’Afrique du Nord et de la Fédération de Russie par rapport à l’Europe.

Pour finir, une petite devinette: vu que le moteur à eau n’existe pas, que la fin du pétrole est annoncée et que les alternatives au pétrole sont très limitées, combien de temps faudra-t-il à l’automobile pour détruire la planète ?

Source: http://planetebleue.canalblog.com/archives/2005/04/18/445996.html

Steve

A propos de Steve

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste du pic pétrolier et des questions d'étalement urbain et de consommation d'espace.