Pour la suppression du bonus automobile

Le système de « bonus-malus » écologique automobile coûte cher… très cher à l’Etat : 200 millions d’euros à l’Etat en 2008, selon le journal Les Echos. « Un luxe en ces temps de vaches maigres budgétaires », ajoute le quotidien économique. La taxe prélevée à l’achat d’un véhicule polluant ne compense pas les aides de l’Etat aux acquéreurs de voitures propres. Car les ventes de voitures polluantes se sont écroulées, alors que dans le même temps celles des voitures propres se sont envolées.. En effet, de janvier à mai 2008 inclus, les ventes des voitures émettant jusqu’à 130 grammes de CO2 au kilomètre ont augmenté de 15 % tandis que les ventes des véhicules soumis au malus (plus de 160 grammes de CO2 au kilomètre) ont baissé de 27 %.

Alors que la mesure avait été définie à l’origine de façon à ce que le malus équilibre le coût du bonus, le ministre du budget Eric Woerth estime quant à lui que le bonus-malus pourrait donc coûter 200 millions d’euros à la nation, un luxe lorsque l’on considère le niveau des finances publiques. Cet argent pourrait être utilisé pour favoriser les transports collectifs ou le vélo plutôt que pour financer l’achat de voitures! A ce titre, le ministre du budget considère que le principe du bonus n’est pas obligatoire, sachant que « Ce qui compte, c’est l’écart de prix entre deux produits, qui peut aussi bien être obtenu par un plus gros malus ». Pour compenser ces dépenses, le ministre du Budget Eric Woerth voudrait mettre en place des taxes encore plus contraignantes. Il serait « partisan d’un malus-malus ».

L’idée est loin d’être mauvaise et aurait, accessoirement, le mérite de ne pas subventionner un produit qui, quoi qu’en dise le ministère de l’écologie, reste polluant. En effet, un véhicule qui émet 130 grammes de CO2 au kilomètre, c’est tout de même 13 kg de CO2 aux 100 km. En plus, pour peu que l’usager veuille utiliser sa climatisation, il va générer davantage de CO2 à cause d’une surconsommation de carburant de 7 % en moyenne et d’une dispersion de fluides frigorigènes équivalente à une surconsommation de 15,5 %. On s’éloigne alors beaucoup du seuil de la voiture « propre ».

Pour la suppression du bonus automobile

En outre, ce système de bonus-malus défavorise toutes celles et tous ceux qui n’émettent pas de CO2 lors de leurs déplacements, en particulier les piétons et les  vélos, ce qui est quand même un comble à l’heure où on parle de plus en plus de réchauffement climatique. Au lieu de subventionner ces déplacements propres, le gouvernement s’est lancé dans un système de subventions accordées à l’achat de voitures! Car il n’y a pas de voiture réellement propre, mais seulement des voitures plus ou moins polluantes.

Il paraît donc juste et souhaitable d’orienter désormais ce système qui, au bout du compte, aboutit à subventionner la pollution, vers un système malus-malus où toute voiture serait taxée proportionnellement à ses émissions de CO2. Il faut donc en finir avec le bonus automobile et tout autre système consistant à financer sur fonds publics l’achat de voitures.

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

Un commentaire sur “Pour la suppression du bonus automobile

  1. Jean-Marc

    Le « petit malus / moyen malus / très gros malus » (en fonction du taux de CO2 : 120< <160g) pourquoi pas.

    Mais je serais plus pour :
    pas de malus (voire léger bonus, au 1/4 du bonus actuel) / malus au niveau du gros malus actuel / très gros malus X2 à X4 par rapport à actuellement.

    Ainsi, ce système apporterait un léger bonus, serait plus contraignant sur les plus pollueurs, et permettrait, selon le choix du bonus ou non, et la répartition des ventes, de moins dépenser d argent public, ou même de faire des rentrées.

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