Renault : 9.000 suppressions d’emplois

Le constructeur automobile Renault, qui vient de toucher un chèque de 3 milliards d’euros de l’Etat français en échange de la promesse de ne pas fermer d’usines et de ne pas licencier en France, vient d’annoncer 9.000 suppressions d’emplois dans le monde dont la moitié en France.

Le constructeur automobile Renault, qui a pourtant réalisé un bénéfice net de 437 millions d’euros en 2008, envisage une vague importante de départs en 2009, a indiqué jeudi Carlos Ghosn le PDG du groupe Renault-Nissan. Sur les 9.000 suppressions d’emplois, la moitié concernerait la France.

Ces déclarations interviennent seulement deux jours après la signature, par Renault d’une lettre d’engagement de non-délocalisation et de non-licenciement en échange d’un prêt de 3 milliards d’euros de l’Etat français. Le patron de Renault n’y a pourtant vu aucune contradiction dans la mesure où il n’y aurait pas de licenciements, mais des non remplacements de départs à la retraite et des départs volontaires. L’annonce a fait l’effet d’une douche froide pour les salariés et leurs organisations syndicales qui ne manquent pas de souligner que Renault devait être en possession de ces informations au moment de la signature de l’accord avec l’Etat.

Carlos Ghosn, le président de Renault, souligne les difficultés actuelles liées à la crise, Renault a réalisé en 2008 un bénéfice de « seulement » 437 millions d’euros, ce qui constitue le plus faible bénéfice du groupe ces dernières années.

Cependant, si on regarde les profits réalisés par Renault depuis 2003, on constate que la santé financière du groupe est plutôt bonne et que les bénéfices engrangés depuis plusieurs années auraient pu permettre à la fois d’engager les reconversions nécessaires et de se maintenir à flot durant la crise. En cumul depuis 2003, on arrive à un total dépassant plus de 14 milliards d’euros de bénéfices en 5 ans !

Mais où sont donc passés tous ces profits? Allez, au hasard, dans la poche des actionnaires et dans les golden parachutes ou autres golden hello des cadres supérieurs?

Donc, résumons, quand le secteur automobile va bien, on enregistre des profits gigantesques tous les ans qu’on redistribue aux actionnaires ou à la direction du groupe sous forme de stock-options ou autres primes d’intéressement. Bien sûr, on investit pas un centime d’euros dans les nouvelles technologies, des moteurs moins polluants, qui consomment moins ou qui se passent de pétrole. D’ailleurs, il n’y a que les écolos qui en parlent de ces problèmes de réchauffement climatique, de pollution ou d’épuisement de la ressource pétrolière…

Et quand le secteur commence à battre de l’aile pour cause d’augmentation du prix du pétrole, d’évolution des consommateurs et de crise économique et financière sur fond de précarisation et de baisse du pouvoir d’achat depuis des années maintenant, on appelle les pouvoirs publics à la rescousse…

D’ailleurs, Carlos Ghosn s’est empressé d’annoncer qu’il ne changerait pas sa stratégie et que les nouveaux modèles prévus pour 2009 seraient bien lancés comme prévu : on ne change pas une stratégie qui perd! En fait, si on comprend bien, les 3 milliards donnés par l’Etat vont surtout servir à Renault pour continuer le Business as usual, sans réelle remise en cause…

Il faudrait juste dire à Carlos Ghosn qu’en licenciant ses propres employés, il s’apprête juste à vendre encore moins de voitures…

Autocrisis

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Théoricien de la crise automobile