Le pot de terre sous le rouleau compresseur

C’était il y a deux ans. A l’initiative de l’association Alternative régionale Langon Pau (ARLP), « l’appel des neuf fontaines » était lancé à Bostens, village proche de Mont-de-Marsan. Sur ce site remarquable, des associations en lutte dans toute la France contre des infrastructures pharaoniques dédiées à la bougeotte (autoroutes, lignes de train à grande vitesse, aéroports, tunnels…) déployaient un argumentaire implacable en faveur de la décroissance.

Pigiste pour Politis, j’avais l’honneur de couvrir cet événement (http://www.politis.fr/Faire-barrage-aux-autoroutes,4199.html). La semaine dernière, mon vélo m’a reconduit sur les lieux. Le tracé de l’autoroute Langon-Pau figure déjà en pointillé sur ma carte Michelin. Les rouleaux compresseurs déroulent leur tapis d’asphalte. Une grosse balafre dévisage l’écrin.

« Nous sommes le pot de terre contre le pot de fer », m’avait dit un opposant à l’autoroute. Les bétonneurs ont gagné. Leur destruction permettra d’écouler un peu plus rapidement l’absurde flot de marchandises. En plein pic de production pétrolière, la débilité productiviste poursuit tranquillement sa route. Le pare-choc touche déjà le mur qu’ils continuent à appuyer sur l’accélérateur.

Source: http://pedaleurop.over-blog.com/

Pierre Thiesset

A propos de Pierre Thiesset

Journaliste et écrivain français, auteur du blog "L'Europe du Nord à vélo"

6 commentaires sur “Le pot de terre sous le rouleau compresseur

  1. Pierre ThiessetPierre Thiesset

    Mais oui cher Carfree, puisque « le projet paysager tient compte des contraintes du milieu naturel pour une intégration optimale de l’autoroute dans son environnement » et qu’un « aménagement harmonieux des talus » est prévu. L’autoroute va également « assurer la préservation des écosystèmes aquatiques, des zones humides, la protection et la restauration de la qualité des eaux ». « A’liénor et ses partenaires apporteront tout au long du projet, une attention particulière au respect de l’environnement, notamment en préservant les sites Natura 2000. » Y en a des tartines comme ça, ici : http://www.a65-alienor.fr/environnement-a65/respect-environnement.html. L’imposture, une industrie durable…

  2. CarFree

    En fait, si je comprends bien, c’était tout pourri comme coin avant l’autoroute, voire même carrément pollué… et maintenant ce sera beau, propre et respectueux de l’environnement…

  3. Pierre ThiessetPierre Thiesset

    Mais pour être définitivement les plus grands défenseurs de l’homme, de la liberté et la planète, Eiffage et Sanef, qui constituent A’liénor, ne devront pas oublier de signer un partenariat avec la fondation Hulot. Comme VINCI Autoroutes, qui « agit pour rendre l’autoroute toujours plus sûre, plus respectueuse de l’environnement et plus conviviale » : http://www.fondation-nicolas-hulot.org/fondation/les-partenaires/partenaires-thematiques.

  4. Joshuadu34joshuadu34

    Ah, quelle chance, nous avons, en france, d’avoir nos bons bétonneurs autoroutiers pour sauver la nature !!! Grâce à eux, les immondes étendues sauvages et preservées sont enfin domestiquées ! Finies, les mauvaises herbes, finis les champs de coquelicots, finis les fôrets dans lesquelles se cachait, il y a peu encore, des monstres attaquant les pôvs n’enfants ! Voila maintenant la nature bien rangée, en ordre, bien rectiligne et propre sous l’asphalte bitumeux des rubans gris (couleur uniforme et bien proprète, elle aussi) !

    Grâce à eux, nous pouvons voir ce magnifique ouvrage qu’est l’autoroute réorganiser le paysage de façon ordonnée, comme, autre exemple, ce « pas de l’escalette », auparavant vulgaire gorge dans lequel coulait un ruisseau sauvage, bordé de ces vulgaires arbres et enserré entre deux montagnes sur lesquelles courait la faune, et qui, comble de l’horreur, ralentissait nos bons totomobilistes qui venaient, dans le sud, gouter aux joies du litoral bétonné et des plages souillées du magnifique plastique commercial, les retardant, comble de l’horreur, dans leur empressement à courir consommer du plaisir ensaché pendant 7 jours avant de retrouver, toujours le nez collé aux magnifiques et si odorants pots d’échappement, le bonheur simple d’abandonner sa famille pour oeuvrer à la beauté de l’état en mettant l’écrou n° 8 dans la pièce n°13 du « chien qui secoue la tête », indispensable faire valoir de la vraie joie !

    Non, franchement, comment peut-on préferer un moment de calme, regarder les oiseaux aux côtés de ceux qu’on aime, flaner dans les bosquets des sentiers pedestres, se jeter nu dans le ruisseau où la cascade plutôt que de prendre tant de plaisir à débouler pied au plancher sur 1000 bornes afin de pouvoir prouver, à la fin des vacances, qu’on y était (même si on y a rien vu d’autre que d’autres cons comme nous) ? C’est inhumain, ça !!!

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