Les voitures et le capitalisme sur la route du déclin économique, social et écologique

Voici un livre publié en avril 2011 et qui n’a pas fait beaucoup de bruit en France, et pour cause, il n’a pas été traduit en français! A vrai dire, je ne l’ai pas lu et si certains lecteurs anglophones ont pu le lire, nous sommes prêt à publier une critique complète de cet ouvrage intitulé « Stop Signs: Cars and Capitalism on the Road to Economic, Social and Ecological Decay » et que l’on pourrait traduire par « Panneaux d’arrêt: Les voitures et le capitalisme sur la route du déclin économique, social et écologique ». En attendant, voici la présentation de l’ouvrage par l’éditeur.

En Amérique du Nord, les êtres humains sont devenus captifs de l’automobile: un quart de notre vie au travail sert à payer notre voiture; les communautés se battent entre elles pour le droit de construire toujours plus de voitures, nos villes ont été démolies, refaites et planifiées pour les besoins de l’automobile, des guerres sont menées pour assurer l’approvisionnement des réservoirs en carburant; des chansons sont écrites pour dresser des louanges aux voitures; des cathédrales sont construites pour les adorer. Dans « Stop Signs: Cars and Capitalism on the Road to Economic, Social and Ecological Decay », les auteurs Yves Engler et Bianca Mugyenyi soutiennent que l’ascendance de l’automobile est inextricablement liée au capitalisme et impliquée dans nombre de malversations d’entreprises, d’intrigues politiques, d’affaires de corruption, dans la manipulation des médias, le racisme, les coups d’état du tiers monde, les armées secrètes, la destruction de l’environnement et la guerre. « Stop Signs » est un road-trip anti-voitures, une lecture unique et incontournable pour tous ceux qui souhaitent échapper à l’emprise de la domination automobile.

Stop Signs: Cars and Capitalism on the Road to Economic, Social and Ecological Decay

Yves Engler and Bianca Mugyenyi,
RED Publishing, Vancouver, and Fernwood, Black Point, Nova Scotia, Canada, April 2011

Le site du livre: http://stopsigns.fairtrademedia.com/
Acheter le livre: http://www.turning.ca/stop_signs.htm

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12 commentaires sur “Les voitures et le capitalisme sur la route du déclin économique, social et écologique

  1. LEGEOGRAPHE

    Dans le terme anglais « sign », il y a une polysémie : c’est bien un panneau routier, mais c’est aussi un signal (un signe, une preuve de quelque chose). Les signaux devraient nous apparaître de toute évidence, gros comme des patates octogonales « STOP » en plein milieu d’un croisement.

  2. ZOTHOP

    Bonjour,

    Le fait que beaucoup de gents soient si dépendant de la voiture tient du fait que beaucoup d’employeurs exigent que les candidats à l’embauche aient une voiture et c’est même un critère de sélection.

    « Vous prenez les transports en communs, mais comment allez vous venir si ils sont en grève ? »

    Comme le travail c’est la vie… Et la voiture, obligatoire pour décrocher un travail, coûte cher à l’entretien.

    Je travail dans la grande distribution et je commence très top le matin, il n’y a de toute façon pas de transports en commun qui me conduiraient à l’heure au travail et le co-voiturage n’y pensons pas, mes collègues ne commencent pas tous à la même heure et nous habitons très éloignés des uns des autres.
    La voiture électrique parlons en : les batteries coûtent cher en location chaque mois au point où il vaut mieux que je conserve ma voiture essence pour ne pas crever mon budget, surtout que dans un de vos article il est écrit que l’électrique coûterait 75% plus cher que le carburant . Dites moi comment pourrait on se passer de la voiture qui fonctionne à l’énergie fossile dans notre société actuelle ?

  3. LEGEOGRAPHE

    @ ZOTHOP :

    Pour répondre à votre question finale, un article sympa :
    http://carfree.fr/index.php/2011/06/17/comment-font-les-familles-sans-voiture/

    Concernant le boulot :
    En fait, pour moi qui envoie des vacataires à envoyer sur le terrain (donc, déplacements changeants, avec un public de vacataires plutôt jeune, plutôt étudiant), j’ai recruté il y a 3 semaines et je recrute encore aujourd’hui… Dans l’annonce, je dois reconnaître que j’ai mis « Permis B et véhicule souhaités », mais 95% de mes vacataires n’avaient pas de véhicule et je leur disais que c’était franchement le cadet de mes soucis (les transports en commun, on les leur paie dans la mission de vacation)… Pour la petite histoire, ce travail de terrain est celui qui m’a valu l’inspiration pour l’article récent suivant :
    http://carfree.fr/index.php/2011/06/27/velo-arpenteur-encore-mieux-que-daller-au-bureau-a-velo-velotaf-prospecter-et-arpenter-le-terrain-a-velo/

    … puisque, en fait, je suis moi-même allé sur le terrain (je fais du terrain comme mes « subalternes ») à vélo ! 15 km aller (et autant pour le retour) jeudi dernier (jour de boulot habituel, en semaine), 25 km aller (et autant pour le retour) dimanche il y a une semaine, 15 km aller (et autant pour le retour) samedi il y a une semaine. Je ne sais pas si ça s’appelle « l’exemplarité du boss »… Aucun de mes « subalternes » n’a osé en faire autant pour l’instant, mais ce n’est pas faute de montrer le plaisir que j’y prends (enfin, de toute façon, s’ils prennent les TEC, pas trop de problèmes non plus !).

    Au fait, pour les « subalternes », ils ont à peu près le même âge que moi (je les appelle comme ça ici, sans du tout vouloir être vexant à leur égard), ils ont à peu près le même potentiel physique que moi (qui reviens d’une entorse actuellement : donc je pédale avec une attelle !).

    Tout est question de volonté dans la « praxis ».

  4. Tassin

    Concernant la question de Zothop et pour compléter la réponse de legeographe, je dirai que si vous etes dépendants de votgre voiture pour travailler, c’est bien parce qu’on a aménagé le territoire de manière à se déplacer plus loin, plus souvent, plus vite, le tout en voiture.
    C’est évidement un sujet sur lequel nous avons peu de pouvoir en tant que citoyen-salarié (à part le choix relatif de son lieu d’habitation et son bulletin de vote) mais il est essentiel pour l’avenir : le réaménagement du territoire pour arrêter le tout-voiture.

  5. Jean-Marc

    Zothop : l’employeur : « Vous prenez les transports en communs, mais comment allez vous venir si ils sont en grève ? »

    moi :
    En fait, sauf pour les emplois nécessitant un permis B, l’employeur veut juste savoir si tu va être ponctuel, et si tu va venir tous les jours, qu’il vente ou pleuve (critère anti-vélo pour les non cyclistes), que les TEC soient en grève ou pas.
    Après, que lui importe comment tu fais…
    (il ne demande pas « vous allez arriver tous les jours à l heure, et vous allez venir par tous temps ?, car tlm répondrait « oui » à ces questions. De plus, ils posent la questions ainsi, car bcp d’employeurs croient que l auto permet d arriver à l heure (ce qui est faux : très dépendante des travaux/embouteillages/conditions de circulations, contrairement au vélo)).

    Mais à chacun de savoir expliquer que ses modes de déplacements lui permettent de venir tous les jours, et de convaincre l interlocuteur des multiples avantages de le choisir lui plutôt qu’un autre (pas que l arrivée au boulot qui compte…)

    Cette question est très classique… donc il faut préparer la réponse avant l entretien, en fonction de ses modes de déplacements, de son lieu de vie, et du/des lieu(x) de travail…

    Exemple d’argument à sortir, si on vient en vélo :
    Grâce à une forme entretenue quotidiennement, les vélo-taffeurs tombent moins malades (moins d’arrêt maladie), et sont plus ponctuels (car moins dépendant des conditions de circulation) que la moyenne des employés.

    contre-exemple à sortir, éventuellement : que fait une personne qui vit à 30km et +, dans la campagne sans TEC, quand sa voiture est HS? ou en CT, ou utilisée par le conjoint (voiture du conjoint HS, ou en CT, ou…)

  6. Legeographe

    Jean-Marc, je suis tout à fait d’accord avec vous et sur la crainte *inavouée* de l’employeur !

    Ce soir encore, j’ai rappelé à mes recrues (du dernier recrutement) que la voiture n’était pas du tout obligatoire, même pas du tout un gain de temps (en sachant qu’on peut administrer des questionnaires dans un transport en commun, et pas en voiture !).

  7. ZOTHOP

    Bonjour,

    Le vélo est une alternative à la voiture mais me taper 15 bornes le matin et 15 bornes le midi ou le soir en vélo après une journée debout à courir dans les rayons du supermarché pour satisfaire les moindres caprices de mes clients, manipuler en moyenne 5 à 8 tonnes de marchandises et tirer des palettes qui peuvent faire plusieurs centaines de kilos à une tonnes. Quand j’ai fait mes heures de travail je ne vaux plus rien, je suis litéralement épuisé je ne pense pas vivre vieux si je doit me taper 15 kilomètres de vélo pour rentrer chez moi.. ( si je retrouve mon vélo en sortant du travail car il n’y a pas de local prévu à cet effet ).

    Surtout qu’il n’y a pas de transport en commun pour aller à mon travail à une heure aussi matinale ou le soir à une heure aussi tardive.

    En même temps si je meurt d’une crise cardiaque en vélo ça résoudrait le problème de mes déchets et de mes rejets de CO2, la planète s’en portera un peu mieux.. 🙂

    Déménager et vivre près de mon travail, avec la crise du logement c’est pas évident, on habite où on peut !

  8. ZOTHOP

    Suite,
    Parlons des vélos taffeurs, si l’on travail dans un bureau on peut faire du vélo après sa journées c’est bon pour la santé. Mais un travailleur de force qui rentre en vélo chez lui en vélo ( surtout si il habite loin ) c’est excessif. Le sport c’est comme tout le reste, modérement c’est bon en excès c’est dangereux, il y a une limite à la résistance humaine.

    L’intellectuel peut se déplacer à pied en vélo, l’ouvrier ou le manutentionnaire non à moins d’habiter pas loin de son travail mais ce n’est pas toujours possible !

    Je connais de grands sportifs qui tombent très tôt gravement malades ( souvent au alentour de la quarantaine), c’est le cas d’un de mes collègue, qui travail dur comme moi et qui fait justement des entrainement et des compétition en vélo pendant ses heures de loisirs, ou à mon grand père, qui était ouvrier dans une usine, pompier volontaire, et professeur de gymnastique Mais des personnes beaucoup plus sédentaires restent plus longtemps en bonne santé.

    Arrêtons avec les idées reçues sur l’exercice physique pour nous obliger à être écolo.

    Une autre idée reçue : le sport fait maigrir, Si c’était le cas, avec tout ce que je fait au travail je devrais être mince comme une affiche mais ce n’est pas le cas, je suis loin de faire pitié comme on dit.

  9. Legeographe

    @ ZOTHOP :
    Vous avez totalement raison, le sport à outrance fatigue physiquement… Il fatigue physiquement si l’on n’est pas habitué (c’est les courbatures de celui qui n’est pas habitué à faire du sport et qui vient de faire deux heures de sport, ce qui lui paraît énorme… et c’est énorme quand on n’en fait jamais) et il fatigue physiquement si l’on en fait tout simplement « trop » (la tendinite des grands champions, comme de tous les baroudeurs qui font le tour de l’Europe ou du monde à vélo).

    Entre les deux, il y a le sport qui entretient énormément (et les médecins le diront : il n’y a pas que les fadas de vélo pour dire ça…). Au travail, on peut bien sûr avoir un boulot épuisant physiquement ; je conseille à tous ces gens-là de se trouver une activité cérébrale stimulante (aller jouer dans un club d’échecs ; la lecture ; un club de poésie). Au bureau, on peut avoir des boulots éprouvants psychiquement ; je conseille à tous ces gens-là de s’adonner à une activité physique non excessivement violente cardiaquement : la marche, le vélo, la natation (le vélo ou la marche peuvent se faire en allant au boulot). Dans les boulots éprouvants physiquement (j’en ai fait, dans les travaux agricoles), en effet, on a moins la force de faire du vélo le matin (j’ai pourtant pris le vélo à 5h du matin pour aller cueillir des melons en plein cagnard !) ou le soir. Il n’empêche que, en plus du boulot parfois abrutissant, il est bon d’éviter un acte abrutissant encore plus que le boulot, à savoir prendre la voiture. Le boulot *peut* être épanouissant, prendre sa voiture l’est à mon avis nettement moins (s’abrutir commence très tôt, dans n’importe quel contexte, à n’importe quelle occasion). Dans ce monde où l’on nous dit d’aller toujours plus vite, tout peut devenir abrutissant. Y compris le repas où l’on ne bouffe que de la merde (fast-food, mais pas que…).

    Dans les boulots de bureau, je vois souvent des collègues qui se plaignent de ne pas dormir ; la première chose que je leur conseille personnellement. c’est de surveiller à s’oxygéner le cerveau… en faisant du sport ! Je ne le conseille pas du tout aussi systématiquement à quelqu’un qui bosse de nuit et dans un boulot physique. A lui, je lui conseillerais un bon bouquin de philosophie ou de sociologie (ou je ne sais quel autre domaine dont il peut être féru) à l’heure de la sieste ou à un autre moment de la journée.

    Question d’équilibre, en effet : « mens sana in corpore sano » !

  10. Tassin

    Pour compléter je dirai aussi que la réduction du temps de travail, en plus d’être une des solutions au problème du chômage, est une nécessité pour diminuer l’empreinte écologique de notre civilisation et ainsi continuer dans la voie du seul progrès qui vaille : le progrès humain.

  11. Jean-Marc

    Zothop : faut tester un lundi, quand tu es en forme, après un W-E reposant, pour te faire une idée.
    (voire (c.f. la semaine du 14 juillet qui va commencer) lors d’une semaine de 3 ou 4 jours)

    En fait, certains peuvent très bien faire du vélo, même des personnes qu’on ne soupconnerait pas.

    Ainsi, mon grand-père, qui faisait plus de 100kg, était gendarme sur un secteur de plusieurs villages : il passait ses journées à vélo, sur un vélo qui devait dépasser les 30kg.

    Et il a fait celà jusqu à la retraite.
    Ils patrouillaient à 2, avec un collègue faisant lui aussi plus de 100kg…
    A les voir, impossible d’imaginer qu’ils puissent faire plus de 10km à vélo… or ils en abattaient bcp bcp plus.

    Donc faut tester, et après qq essais (forcément, le 1er essai, tu n as pas les muscles, ni l entrainement, donc c est le plus dur…), tu pourras te faire une idée.

    De plus, tu sembles surtout travailler des bras, donc faire travailler plus tes jambes peut t’être bénéfique… et t aidera pour tes allers et venus dans les rayons (renforcément de ton systeme cardio-vasculaire et respiratoire + de tes muscles et de l’utilisation de l énergie par tes muscles).

    « Dans les boulots de bureau, je vois souvent des collègues qui se plaignent de ne pas dormir ; la première chose que je leur conseille personnellement. c’est de surveiller à s’oxygéner le cerveau… en faisant du sport ! »

    Pareil… c est plus efficace, et moins dangereux que de prendre les médocs X ou Y…

  12. Legeographe

    Comme j’ai aussi parlé d’Alternatives Économiques dans un autre fil de commentaires, le numéro de juin a aussi 4 pages sur les habitus et les influences de nos pratiques culturelles. Et de conclure : « Aux cadres la lecture et la musique classique ; aux classes populaires, la télévision et la variété ».

    Pierre Bourdieu a déjà dit cela il y a longtemps, mais il est bon de le rappeler. Surtout à l’heure où Endemol nous propose ses merdes de télé-réalité… Plus abrutissant que la voiture, peut-être bien !!!
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Endemol

    Alors, si on peut ouvrir un bouquin intelligent plutôt que de zapper sur TF1 et M6 qui veulent s’accaparer notre temps de cerveau disponible pour nous vendre Coca-Cola, on ressort un peu moins abruti. Et la pratique du vélo peut aussi empêcher de passer trop de temps devant la TV. Après un petit effort physique à vélo, on arrive chez soi et on peut avoir un moment de détente autrement qu’en appuyant sur une zappette ! Résultat : les jambes, mollets et cuisses, ont sauvé le cerveau… Et on fait à juste titre la nique aux théories pourtant si vraies de Pierre Bourdieu ! 😉

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