Le socialisme contre l’étalement urbain

« La ville doit périr dans les ruines du mode de production capitaliste, car la ville était une nécessité de la société capitaliste de marchandises. Ces nécessités disparaîtront, la ville elle même disparaîtra, en tant que leur produit. La ville est la forme, la condition des rapports sociaux de cette société là. » Sovremenaia Arkitectura, revue soviétique d’architecture, 1929.

1/ L’étalement urbain est un fléau propre au mode de production capitaliste.

Pour le marxisme-léninisme-maoïsme c’est une évidence, les villes doivent disparaître, l’Humanité doit reculer et adopter un nouveau rapport symbiotique avec la Biosphère.

Pour autant, la transition entre le mode capitaliste d’occupation du territoire que représente l’urbanisme et la forme communiste de vie avec la nature ne se fera pas du jour au lendemain.

L’Humanité va devoir passer par une étape intermédiaire entre la vieille société divisée en classes et le monde nouveau, le communisme. Tout l’enjeu de cette période de transition, la période du socialisme, sera de concilier harmonieusement le développement des forces productives avec les nécessités que posent les problèmes d’ordre écologique.

Ainsi seulement l’Humanité pourra dépasser les deux grandes contradictions du mode de production capitaliste – la contradiction entre le travail intellectuel et le travail manuel ainsi que la contradiction entre les villes et les campagnes – et amorcer un nouvel élan civilisationnel.

Et comme nous le rappelle Engels dans l’Anti-Düring, « la suppression de la séparation de la ville et de la campagne n’est donc pas une utopie, même en tant qu’elle a pour condition la répartition la plus égale possible de la grande industrie à travers tout le pays. Certes, la civilisation nous a laissé, avec les grandes villes, un héritage qu’il faudra beaucoup de temps et de peine pour éliminer. Mais il faudra les éliminer et elles le seront, même si c’est un processus de longue durée. Quelles que soient les destinées réservées à l’Empire allemand de nation prussienne, Bismarck peut descendre au cercueil avec la fière conscience que son souhait le plus cher sera sûrement exaucé: le déclin des grandes villes. »

Pour entreprendre efficacement la révolution socialiste, il est donc impératif de comprendre l’importance des villes en France et de produire une analyse critique de l’urbanisme, forme proprement bourgeoise et historiquement dépassée d’aménagement des espaces.

Mais justement, plutôt que de parler de villes au sens propre du terme, il convient plutôt de parler d’espaces urbains. Les villes en tant que concentrations culturelles et commerciales ne représentent plus grand chose en France. Il y a Paris ainsi que les centres de la vingtaine de plus grandes villes, qui ne regroupent finalement qu’une partie de la population urbaine, dont une minorité de prolétaires.

La majorité des prolétaires en France vit dans des zones qui ne sont pas de la campagne mais qui ne sont pas véritablement de la ville non plus. Elle sont disséminées partout sur le territoire et se ressemblent toutes. Ainsi, l’arrivée en automobile dans les grands centres urbains est partout similaire, avec la 4 voies, des grands centres commerciaux, des tours HLM ou des zones pavillonnaires, ainsi qu’une nature quasi-absente.

Ces espaces urbains sont concentrés autour ou entre des pôles concentrant des activités (pouvoir, culture) et répartis sur le territoire. Aujourd’hui ces zones n’en finissent plus de s’étaler et de détruire les espaces naturels ou semi-naturels.

Ce saccage cause des déséquilibres majeurs dans le fonctionnement de la Biosphère. D’abord au niveau des écosystèmes locaux, en les anéantissant purement et simplement. Mais c’est aussi le cas à l’échelle de la planète elle-même. Le développement des zones urbaines induit inévitablement le pillage des ressources de la Terre ainsi que des pollutions diverses, sources notamment de changements climatiques.

La croissance exponentielle de ces espaces urbains est récente, elle date de l’exode rural des années 60/70. Cet étalement urbain est lié à l’augmentation des constructions (logements et infrastructures) autour des (et entre les) villes-centres du fait de la croissance démographique, de la diminution du nombre de personnes par logement, de l’augmentation des surfaces d’habitation et de l’augmentation des résidences secondaires (pour le loisir ou pour le travail).

Mais l’augmentation du nombre de logements n’induit pas en lui même l’étalement urbain. C’est la forme bourgeoise d’organisation du territoire qui, quelques siècles après avoir généralisé les villes, produit maintenant une dé-densification du tissu urbain, à l’origine de son étalement.

Il convient donc de comprendre comment le mode de production capitaliste génère ses propres territoires et de saisir le rôle de l’urbanisme.

2/ La plus-value et l’étalement urbain

« Dans l’agriculture moderne, de même que dans l’industrie des villes, l’accroissement de productivité et le rendement supérieur du travail s’achètent au prix de la destruction et du tarissement de la force de travail. En outre, chaque progrès de l’agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol; chaque progrès dans l’art d’accroître sa fertilité pour un temps, un progrès dans la ruine de ses sources durables de fertilité. Plus un pays, les Etats-Unis du nord de l’Amérique, par exemple, se développe sur la base de la grande industrie, plus ce procès de destruction s’accomplit rapidement. La production capitaliste ne développe donc la technique et la combinaison du procès de production sociale qu’en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse: La terre et le travailleur. »
Karl Marx, Le Capital, L. I, Sc. IV, Ch. XV, X.

Depuis la moitié du XXème siècle, les villes ont grossi tout en se dé-densifiant, asséchant ainsi des zones de plus en plus importante de la planète. Cela est la conséquence du développement des forces productives, particulièrement en terme de transports. Le train (y compris le métro ou le tramway) a permis de créer les premières banlieues, au début du siècle dernier.

L’avènement de l’automobile les a ensuite généralisées, après la deuxième guerre mondiale.

On est en fait là au cœur de la contradiction du mode de production capitaliste (qui prouve au passage son caractère historiquement dépassé).

D’un coté le capitalisme a permis un développement massif et rapide des techniques, c’est l’aspect positif. C’est un progrès indéniable que de pouvoir se déplacer rapidement et confortablement entre différents lieux sur la planète. Le développement des moyens de transport est un outil indispensable dans la quête du bonheur par l’Humanité. Surtout que cela permet d’améliorer la sécurité, sur le plan médical par exemple avec les ambulances ou les hélicoptères.

Mais dans le même temps, le mode de production capitaliste se montre totalement incapable d’organiser rationnellement ce progrès. C’est l’aspect négatif. Et plus le capitalisme s’enfonce dans sa décadence, plus sa crise se généralise, plus cet aspect prend de l’importance.

Outre le fait que ce développement se fait au détriment du prolétariat, la bourgeoisie s’avère être totalement incapable de mettre le progrès au service de la civilisation. Dans le capitalisme, le développement des forces productives n’est possible qu’en charriant simultanément son lot de nuisances et de conséquences dramatiques.

En l’absence de planification, d’organisation rationnelle et harmonieuse de la vie collective, se sont les intérêts capitalistes privés qui commandent. Cela induit un cycle mécanique mortifère dont l’étalement urbain est la conséquence visible.

Et l’automobile apparaît ici comme l’incarnation matérielle de ce vieux mécanisme rouillé.

Bien que représentant aussi des avancées sur le plan technologique, l’industrie automobile est avant tout au cœur du processus d’accumulation du capital.

Tout les moments du cycle économique de l’industrie automobile – depuis l’industrie sidérurgique jusqu’à l’industrie du pétrole, depuis les usines d’assemblage jusqu’aux travaux publiques – forment un arsenal pour l’accaparement de la plus-value ouvrière par la bourgeoise.

Et l’aliénation des prolétaires vis à vis de leur voiture est une étape fondamentale de ce processus d’exploitation.

Et c’est à cause de ce qu’elle induit, de l’impact qu’elle a dans la vie quotidienne des masses et la manière qu’elle a de façonner le territoire, que l’industrie automobile représente un fléau à détruire !

A détruire rapidement car le cycle mécanique qu’elle engendre est mortelle.

1. L’augmentation du nombre d’automobiles entraîne une augmentation des infrastructures routières afin de fluidifier la circulation.

2. Mais cela permet également d’augmenter la vitesse de déplacement et permet donc l’installation encore plus loin autour de la ville.

3. Cela augmente donc le nombre de d’automobiles en circulation dans ces nouvelle zones.

4. Des nouvelles infrastructures sont donc créées, ce qui permet un étalement urbain encore plus important.

Ce cycle infernal se répète ainsi inlassablement depuis une cinquantaine d’années sur l’ensemble du territoire français.

Ces infrastructures permettent également un déplacement des lieux de production et de commerce sur des terrains moins cher et plus grands (les grandes usines péri-urbaines, les centres commerciaux, etc.) Ceci contribue à l’étalement urbain en permettant l’installation encore plus loin des villes-centres pour les prolétaire qui tentent de fuir la spéculation immobilière.

L’étalement urbain se propage d’autant plus que chaque commune limite sont taux de croissance à un certain seuil. Cela repousse l’urbanisation à chaque fois encore plus loin dans une nouvelle couronne autours de la (ou entre les) ville-centre(s).

Toute planification en matière d’urbanisme est de toute façon très difficile du fait du découpage du territoire en 36000 communes ayant chacune leurs propres prérogatives en matière d’occupation des sols. De plus, en terme de coûts de production ou de fiscalité, il est souvent plus intéressant pour les promoteurs de faire des maisons plutôt que de l’habitat collectif.

Mais il est aussi un autre facteur qui a une importance fondamentale dans ce processus. Il s’agit de l’aspiration petite-bourgeoise pour le logement individuel isolé. Cette aspiration pour ce type de logement est profondément ancrée dans les masses populaires de France, la majorité des familles souhaitant en être propriétaire. Environ 2/3 des français vivent aujourd’hui dans une maison individuelle.

Ce type d’habitat requière beaucoup d’espace et favorise donc l’étalement des villes. Et ce d’autant plus que la densité est perçue comme quelque chose de négatif par les masses qui tentent de fuir l’enfer urbain en cherchant le calme. Mais cette démarche est le fruit d’une représentation fantasmée et aliénée de la Nature. Elle se matérialise par la promotion du jardin privé individuel, qui témoigne d’une vision totalement anticommuniste de la nature. Anticommuniste car individualiste mais aussi car entendant soumettre la nature.

Dans tout les cas, même quand ils cherchent à le fuir, le schéma d’excroissance des espaces urbains s’impose à la vie des prolétaires. L’augmentation des prix et la pauvreté des offres de logements dans les villes-centres poussent inévitablement les masses populaires à s’installer toujours plus loin en banlieue, et les rendre dépendantes de l’automobile par la même occasion.

3/ La Commune Populaire marquera la fin de l’urbanisme !

La croissance démesurée des villes induit de fait une sur-production de pollutions, tant lumineuses que sonores ou toxiques.

Ou comme l’explique Karl Marx dans le Capital :

« Avec la prépondérance toujours croissante de la population des villes qu’elle agglomère dans de grands centres, la production capitaliste d’une part accumule la force motrice historique de la société; d’autre part elle détruit non seulement la santé physique des ouvriers urbains et la vie intellectuelle des travailleurs rustiques, mais trouble encore la circulation matérielle entre l’homme et la terre, en rendant de plus en plus difficile la restitution de ses éléments de fertilité, des ingrédients chimiques qui lui sont enlevés et usés sous forme d’aliments, de vêtements, etc. »

Et aujourd’hui, l’augmentation des gaz à effet de serre est notamment une conséquence dramatique de la massification des déplacements, surtout qu’ils se font sur des distances de plus en plus importantes. Cela est dû à l’étalement urbain d’abord, mais aussi à la spécialisation des lieux, au zonage par activités. La généralisation du zonage (habitat, production, commerce, lieu de décisions, etc.) est une constante de l’urbanisme « moderne ».

L’urbanisme, en systématisant les réseaux de transport, a également permit la généralisation de lieux de production ultra-toxiques. Sans cela, il serait impossible d’avoir des centrales nucléaires ou certaines usines très polluantes, car elle seraient soit trop proches des villes-centre, soit inaccessibles.

La consommation d’énergie des bâtiments est aussi plus importante dans les zones peu denses. Mais en plus des pollutions que cela génère, l’étalement urbain entraîne également un isolement et une désertification des lieux de vie. La vie dans les grandes banlieues pavillonnaires ou les grands ensembles est glauque, triste et pauvre.

A part les zones commerciales avec supermarchés et cinémas multiplex, les zones péri-urbaines sont quasi-vides d’activités.

Face à tout cela, le marxisme-léninisme-maoïsme doit formuler des propositions concrètes pour la planification socialiste.

Et pour cela, il est nécessaire de comprendre que la maison individuelle de banlieue n’est que le pendant dialectique des grand ensembles, ils fonctionnent simultanément. La maison individuelle constitue le « rêve à atteindre » pour les habitants des grands ensembles et inversement ces dernier constituent le repoussoir, la menace permanente pour les prolétaires les ayant fui.

Pour les communistes, il n’est pas question de promouvoir ou de préférer l’un de ces deux modèles urbains à l’autre.

Au contraire, le socialisme généralisera l’habitat collectif à taille humaine, grâce à la Commune Populaire.

Les Communes Populaires seront des centres culturels d’importance, organisés autour de la production. Elles seront issues du démantèlement systématique des grandes métropoles et seront réparties sur le territoire dans les zones habitables. Et surtout, les Communes Populaires laisseront une place importante à la nature pour qu’elle s’exprime librement.

Les Communes Populaires ne seront ni de la ville, ni de la campagne! Elles matérialiseront le dépassement de l’urbanisme, en synthétisant les aspects positifs de l’ancien mode bourgeois d’occupation des espaces et en détruisant ses conséquences négatives!

Car si la généralisation des villes a été un progrès fondamental dans l’Histoire de l’Humanité, elles sont aujourd’hui totalement dépassées, décalées par rapport à notre époque!

« Seule une société qui engrène harmonieusement ses forces productives l’une dans l’autre selon les lignes grandioses d’un plan unique peut permettre à l’industrie de s’installer à travers tout le pays, avec cette dispersion qui est la plus convenable à son propre développement et au maintien ou au développement des autres éléments de la production.

La suppression de l’opposition de la ville et de la campagne n’est donc pas seulement possible. Elle est devenue une nécessité directe de la production industrielle elle-même, comme elle est également devenue une nécessité de la production agricole et, par-dessus le marché, de l’hygiène publique. Ce n’est que par la fusion de la ville et de la campagne que l’on peut éliminer l’intoxication actuelle de l’air, de l’eau et du sol; elle seule peut amener les masses qui aujourd’hui languissent dans les villes au point où leur fumier servira à produire des plantes, au lieu de produire des maladies. »

Engels, l’Anti-Dühring.

Ce que veulent les masses populaires, ce sont des lieux de vie calmes et sains où règne la convivialité. Des lieux dans lesquels les espaces collectifs sont importants mais où les individualités peuvent s’exprimer librement et largement!

C’est cela la Commune Populaire, le reflet de la civilisation contre la barbarie urbaine!

L’étalement urbain, lui, est en quelque sorte la métaphore, la quintessence de la tentative bourgeoise d’asservissement de la nature, de domination tentaculaire du capitalisme sur tout! Et l’urbanisme est l’arme idéologique de la bourgeoisie dans cet exercice. Aujourd’hui l’urbanisme « vert », la propagande autour de l’habitat et des transports soit disant écologiques, forme une dernière tentative de la bourgeoisie de tout dominer.

Mais cela est vain car les masses exigent le changement, la révolution socialiste est inarrêtable! C’est toute la planète qui exige le communisme! Et seul le prolétariat en exerçant sa dictature sera capable de prendre les mesures d’urgence pour sauver la Terre de sa maladie urbaine!

Karl

A propos de Karl

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste des questions de transports collectifs

13 commentaires sur “Le socialisme contre l’étalement urbain

  1. bikeman

    En effet, il est intéressant de prendre du recul sur l’urbanisation et les méthodes intelligentes pour se déplacer dans nos « villes ».

    Un compromis intelligent reste à trouver entre un étalement trop important des logements (qui conduit à une sur consommation des ressources), et une vie les uns sur les autres…

    Une chose est sûre en tous cas, l’automobile anti-soiale, polluante, bruyante, asservissante doit absolument reculer,

  2. erwan seznec

    Cet article est ahurissant.
    L’étalement urbain « quintessence de la tentative bourgeoise d’asservissement de la nature » ? « Le socialisme généralisera l’habitat collectif à taille humaine ? » Mais où ? Quand ? Je reviens d’Arménie. Si quelqu’un a déjà mis les pieds dans l’abominable ex-cité soviétique de Vanadzor, sui quelqu’un a déjà vu sa mine de cuivre…

    Les infrastructures permettent « un déplacement des lieux de production et de commerce sur des terrains moins cher et plus grands » ? La Datar a cru pendant 25 ans qu’il suffisait de construire des routes pour que l’industrialisation d’un territoire se fasse : ça marche une fois sur cinq, et encore.

    « la bourgeoisie s’avère être totalement incapable de mettre le progrès au service de la civilisation » ? Mais nous sommes en train d’échanger sur internet, invention de la bourgeoisie et de l’armée américaine, sous contrôle américain. Ce n’est pas sérieux.

  3. apanivore

    C’est beau la théorie. Mais dans la pratique l’habitat collectif ne fait pas rêver. De l’habitat collectif à taille humaine c’est quoi ?

    C’est beau aussi d’inventer des mots. J’ai toujours pas bien compris ce que sont les « Communes populaires ». Des petites villes disséminées dans la campagne ?

    Dis comme ça je vois pas plus quintessentiel comme domination de la nature. Se répartir régulièrement sur l’espace habitable, ne plus rien laisser à la nature, que des lambeaux, fragmenter la nature.

    Je préfère encore l’idée de villes denses d’un côté et de zones préservées de l’autre. Des zones sauvages de la superficie d’un département, sans routes pour les morceler.

  4. LGV

    Très bon article !
    En à peine 100 ans, la voiture a transformé nos villes. Construites pour regrouper vendeurs et clients piétons, les villes sont devenues cet endroit dangereux.
    L’avons nous vraiment voulu ? Reprenons le pouvoir et réapproprions nous les villes. Le capitalisme a regroupé les clients et les fournisseurs dans des villes. C’est aux sociétés sociales de réorganiser les villes selon les aspirations de chacun et non celles de l’argent !

  5. Michelle 13Michelle

    Je suis tout a fait d’accort avec LGV

    L’avons nous vraiment voulu ? Reprenons le pouvoir et réapproprions nous les villes. Le capitalisme a regroupé les clients et les fournisseurs dans des villes. C’est aux sociétés sociales de réorganiser les villes selon les aspirations de chacun et non celles de l’argent !

  6. gastinault

    ca m’agace!

    je pensais que ce forum etait créé pour les amoureux du vélo, partager des astuces des moments sympas… et voila que l’on aborde la politique…..
    Bordel! mais foutez nous la paix avec la politique!
    Perso je ne suis pas de gauche et malgré tout je me sens ecolo…quel est le lien entre l’amour de la nature et la politique?
    Pour moi aucun.
    Vive le vélo! La democratie! Welcome a tous les amoureux de la petite reine qu’ils soient de gauche ou de droite…Nous ne sauverons pas le monde
    La politique n’engendre a mes yeux que la haine.
    Cordialement.

  7. Jean-Marc

    la politique = la vie de la cité (étymologie)

    Acheter local oupas, bio oupas, en petit commerce de proximité oupas, se déplacer à vélo oupas, essayer de faire modifier un plan de déplacement urbain oupas, adhérer à une association de réparation de vélo oupas, acheter une voiture oupas, choisir entre une autoroute à péage ou une nationale pour le même trajet, …
    tout celà sont des actes poliques

    (parfois, en faveur de certaines valeurs de vie de la cité, parfois en faveur d autres valeurs : créer des autoroutes en ville est aussi une vision de la cité : une cité non-lieu où on transite le plus rapidement possible entre sa résidence et son lieu réel de destination (c.f. les villages traversés à des vitesses approchant les 90 au lieu des 45, le long des notionales): un avenir d’aire d’autoroute pour les villes…)

    après, il ne faut pas confondre la vie de la cité, l’implication (ou la non implication… qui en est une forme, aussi) politique d’un coté, avec, de l autre, la vie politicienne/politicarde, et son spectacle politicard-médiatique.

    Que ce spectacle médiatique te fasse dire « Bordel! mais foutez nous la paix avec la politique! », malheureusement, celà se comprend : tu n es pas le seul dans ce cas…

    Mais il ne faut, malgré celà, surtout pas oublier que TOUTE ACTE (ou non acte, comme la non utilisation d’une voiture, ou du vélo, ou des TEC) est, par essence, politique.

    p.s. les valeurs de la droite libérale (Srkozienne) s accordent très très mal avec l ecologie :
    le but premier de cette droite est le profit des actionnaires, puis des entreprises, sans tenir compte des conséquences, dont la pollution, la destruction de l environnement, …

    (c.f. le non vote de la taxe carbone après les 2 grenelles de l environnement,
    c.f. les permis de pollution offert aux plus gros industriels pollueurs, comme les ciments lafarge par ex)

    En fait, du fait de priorités totalement radicales, un peu de cohérence , d’intégrité, fait qu’il est destabilisant d’être ecologiste et de droite libérale (srkozienne).
    Bien sûr, on peut être de droite patrimoniale, de droite traditionnelle, telle dupont-aignan ou villepin ET écologiste, là, ce n est pas contradictoire :
    on peut vouloir préserver un chateau et sa foret intacte, ainsi que ses vignes, et être ecologiste…
    Mais ils ne représentent plus rien en france, depuis des années; la droite financière a complètement phagocyté l’UMP et le pouvoir (il faut se rappeler l’époque du RPR, pour trouver une forte présence de cette droite traditionnaliste et entrepreneuriale).

  8. gastinault

    Sortez de vos clichés,ne mettez donc pas tous le monde dans le meme panier,les gens de droite ne sont pas tous des capitalistes,et les gens de gauche ne sont pas tous des ecolos. Arretez de vous masturber avec votre micro revoluiton.

    il faudra alors que je tienne ce raisonnement a la moitié de mes amis et de mes voisins qui aiment la nature et le velo?

    -Reveillez vous mes amis !Leur dirai-je.. vous aimez le velo et vous ne votez pas a gauche! vous etes dans l’erreur et l’incoherence!(apres tout pourquoi pas)
    ils me repondront:
    – mais pourquoi nous fais tu chier avec ta politique alors que notre plaisir a tous, tous points de vue confondus ,c’est l’amour du vélo? ici il y a des gens de gauche et de droite?

    – Si si ! la politique te colle a la peau et tu ne le sais pas. tu petes…tu fais de la politique..tu polues.
    -ils me reondront alors: lorsque tu parles nous de politique plutot que profiter des bonnes choses tu degages des ondes négatives.

    je crois que je vais debrancher le net, qui lui aussi pollue en passant, laissé tomber ce forum de psychorigidopoliticocycliste et retourner pedaler avec mes potes dont je me fiche totalement de savoir s’ils votent jolly ou le pen.

    Vous ne pedalez pas encore assez, la haine vous rongera les gars

    Salut. et si vous me croisez vous serez les bienvenus mais laissez tomber vos theories et prenez le temps de regarder les oiseaux, faites le vide..:)

  9. MOA

    gastinault : « mais laissez tomber vos theories et prenez le temps de regarder les oiseaux, faites le vide..:) »

    C’est mignon tout plein ça… et c’est très important effectivment … mais pas suffisant.

    gastinault : « -ils me reondront alors: lorsque tu parles nous de politique plutot que profiter des bonnes choses (…).

    Un peu comme… profitons et « après moi le déluge »?

    gastinault : « je pensais que ce forum etait créé pour les amoureux du vélo, partager des astuces des moments sympas

    Si vous vous êtes fourvoyé, c’est que vous n’êtes resté qu’à la surface des choses en lisant carfree. Profitez de vos moments de contemplation -très important je le répète- pour approfondir.

    Jean-Marc, belle tentative pour essayer de faire comprendre le sens politique de nos actes en le distinguant de la politique politicienne…. mais, hélas, manifestement cela n’a pas porté.

  10. Jean-Marc

    amusant, tu me réponds, mais… tu ne sembles pas m’avoir lu.

    1- droite/gauche et ecolo :
    « les gens de droite ne sont pas tous des capitalistes »
    « les gens de gauche ne sont pas tous des ecolos. »

    d abord, je n ai jamais dit que tous les gens de gauche était écolo,
    (dans l’hypothèse -fausse- où tous les ecolo seraient de gauche, de toute façon, A inclus dans B, ne veut pas dire B inclus dans A)

    ensuite, j ai bien dis que certaines personnes de droites pouvaient être écolo et cohérentes avec elles-même
    (la droite traditionaliste et entrepreneuriale, ou, dit autrement, la petite bourgeoisie campagnarde ou de ville, faite de petits patrons, d artisans, d’ingénieurs,…, aimant PRODUIRE des produits, si possible de qualité, investissant dans la patrimoine productif (ou architectural, ou forestier, ou..)…, ),

    Mais la droite au pouvoir, la droite dans les média, la droite dans les discussions politiques, actuellement, en france, est la droite libérale, financière, srkozienne, à qui, au niveau mondial, on doit la crise de 2008
    [là, le modèle, c est plutôt les patrons « cost-killer » faisant des délocalisation et les cadres sup « dynamiques » regardant les cours de la bourse de leur boite, sans jeter un oeil sur les produits qu’ils fabriquent/sous-traitent, et ayant comme modèle les tradeurs et les escrocs (acheter à 2$ en chine, pour vendre à 100€ en france est un de leur but, dont ils se félicitent…)]

    et cette droite a bien des valeurs en opposition frontale avec les valeurs écologistes.

    2- vélo :
    Ensuite, tu me parles de personnes ayant l’amour du vélo :

    « vous aimez le velo et vous ne votez pas a gauche! vous etes dans l’erreur et l’incoherence! »

    Or on peut très bien aimer le vélo sous certaines de ses formes, et ne pas être avoir du tout de fibre écologiste
    (vu ses qualités de mobilité, de facilité, beaucoup de sportifs ou de cyclistes urbains l’utilisent, sans être forcément écolo, mais juste conscient de ses nombreuses qualités)

    mais c est toi qui le dis :
    « Perso je ne suis pas de gauche et malgré tout je me sens ecolo »

    Or c’est être ecolo, et être pour la droite actuellement au pouvoir en france, actuellement majoritaire en france, qui est incohérent.

  11. joebar

    Ah, pas facile l’exercice d’argumentation, car il impose souvent de se remettre en question.
    Je ne suis pas d’accord avec cet article sur pas mal de points (dont le fait que la dictature du prolétariat est souhaitable), mais pour autant la critique de l’urbanisme dans ses grandes lignes tient la route.

    Ensuite par rapport aux commentaires, outre le fait que cela m’attriste toujours de constater que re-politiser des pans entiers de nos vies ne va pas se faire du jour au lendemain, je proposerai une lecture de J-C Michéa (son dernier bouquin, le Complexe d’Orphée, ou encore l’Empire du moindre mal) qui permettra de bien comprendre que la droite décrite par Jean Marc n’est que la continuité de la gauche libérale (ou plutot son pendant obligé). Dit autrement, cette droite et le PS c’est kif kif (libéralisme politique et culturel d’un coté, économique de l’autre).
    L’écologie politique (Gorz, Castoriadis, Charbonneau et tant d’autres) ne dit rien d’autre qu’écologie et libéralisme ne sont pas compatibles C’est sur cette base que les objecteurs de croissance en viennent à critiquer tout ce qui permet au libéralisme d’exister. Le thème du « ralentissement » est une proposition qui fait suite à -entre autres- la critique de l’urbanisme qu’on a pu lire dans cet article.

    C’est comme ça qu’il faut comprendre (je crois) le vélo comme symbole de lutte contre le « système », mais je ne vois pas du tout en quoi tous les cyclistes (urbains, sportifs, autres) seraient écolos.

Les commentaires sont clos.