Voitures électriques : un naufrage annoncé ?

Fin mai, Carlos Ghosn, PDG de Renault, a envahi les médias pour claironner partout que grâce au chantage qu’il a exercé sur ses ouvriers (c’est ça ou la porte), Nissan allait rapatrier une partie de la production des Micra d’Inde vers l’usine de Flins. Enfin, en 2016, si rien ne change d’ici là.

Allez les ouvriers, encore un effort, renoncez au SMIC et au code du travail, et si en plus vous êtes sympas, Carlos Ghosn pourrait même garder d’autres usines en France ! Et comme Hollandréou, qui peut faire mine autant qu’il veut de s’offusquer des injonctions comminatoires de Bruxelles pressant la France de reculer l’âge de départ à la retraite et d‘“assouplir” le code du travail, mais n’aura d’autre choix que de s’exécuter, il n’est pas à exclure que le plein emploi revienne un jour en France pour les esclaves.

Bon, ce n’est pas le sujet du jour, simplement une transition habile : car c’est aussi dans l’usine de Flins qu’est assemblée le produit phare qui va sauver (c’est sûr) l’industrie française : la Renault Zoé, première voiture électrique française à vocation « grand public ł. Enfin, française, il faudrait tout de même nuancer les sauts de cabri de Montebourg, puisque les deux composants principaux de la voiture, la batterie et le moteur, sont respectivement fabriqués par LG en Corée du Sud et par l’allemand Continental en… Pologne.

Les spécialistes ergoteront que ce n’est pas tout à fait la première, puisque la Bolloré Bluecar est aussi française. Plus connue sous le nom d’Autolib (bientôt à Lyon), elle a bénéficié ces dernières années des commandes liées à ce projet. Mais les particuliers ne se sont pas rués dessus…

On signalera encore pour anecdote la MIA chère à Ségolène Royal : mais avec 384 voitures vendues en 2012, c’est pas ça qui va transformer le Poitou-Charentes en Silicon Valley.

Enfin, les « Peugeot » et « Citroën » Ion et C-Zéro, qui sont en fait des Mitsubishi fabriquées au Japon, et qui malgré les soldes permanentes dont elles font l’objet, ne se sont vendues qu’à 2700 exemplaires (en additionnant les deux modèles) en 2012. Et depuis le début de l’année, leurs ventes sont quasiment (et définitivement) tombées à zéro.

Car depuis le début de l’année, l’événement s’est produit : avec beaucoup de retard, la Renault Zoé est enfin sortie.

Pas plus chère qu’une Clio « normale » (et même plutôt moins grâce à notre contribution à tous, contribuables que nous sommes, qui donnons généreusement 7000 euros à chaque acheteur de Zoé ou de toute autre voiture électrique, d’ailleurs, et à l’astuce marketing qui consiste à louer les batteries séparément) du même gabarit, plus agréable à conduire notamment en ville, bénéficiant d’une image moderne, du réseau Renault et d’une campagne de pub à très gros budget, elle devait marquer le décollage vertical en France de la bagnole électrique, qui doit, à n’en pas douter, remplacer dans les prochaines années les obsolètes, polluantes et pétaradantes voitures à pétrole. Ca, c’est le discours officiel.

C’est étonnant, car d’autres spécialistes prédisent au contraire que pour diverses raisons (notamment le goulot d’étranglement des capacités de production des batteries au Lithium), les véhicules électriques ne représenteront encore que quelques pourcents du parc mondial en 2025.

En fait de décollage vertical, ben bof. Tiens, un gag : Patrick Cohen interroge Carlos Ghosn : « 2500 voitures électriques vendues sur le premier trimestre, n’est-ce pas un échec ? ». Et Ghosn qui répond : ça, c’est avant Zoé (oui oui, il dit “Zoé”, pas “la Zoé”…). Cohen ne reprend pas. Et pourtant ce sont bien les ventes de 2013, comprenant celles de la Zoé ! Qui a de surcroît cannibalisé la plupart de ses concurrentes, comme la Citroen-Peugeot-Mitsubishi. Seule la Nissan Leaf (encore un flop commercial) résiste un peu.

Voici le tableau des ventes de voitures électrique en France pour les cinq premiers mois de 2013. (Source : site automobile-propre.com)

On voit que la Zoé décolle en janvier, février, et surtout mars (sans doute la nécessité de livrer toutes ces commandes en retard, sans compter les véhicules de démonstration), mais curieusement, déjà un coup de mou en avril, avec un chiffre qui loin de poursuivre le décollage stratosphérique des trois premiers mois, est curieusement en baisse. Les chiffres de mai viennent de tomber : c’est pire, 483 Zoé seulement.

Pour résumer, les ventes de voitures électriques représentent environ 0,5% des ventes de voitures neuves. Même pas le score de Lutte Ouvrière à la présidentielle. La différence, c’est que personne ne prévoit que Lutte Ouvrière puisse gagner la présidentielle à court ou moyen terme…

Merde, alors.

Qu’est-ce qui peut bien faire que cette voiture qui rassemble pourtant ce qui se fait de mieux en matière de véhicule électrique reste encore totalement confidentiel ?

Vous voulez énumérer, alors énumérons. Dans l’ordre décroissant d’importance.

1) La plaie de l’autonomie
– La Zoé marque un très léger progrès par rapport à ses prédécesseuses (notamment la Nissan Leaf et les Mitsubishi-Peugeot-Citroën). Mais il ne s’agit que d’astuces cosmétiques (utilisation d’une pompe à chaleur pour le chauffage par exemple) et non d’une rupture technologique. L’autonomie officielle, qui est à peu près aussi pertinente que la consommation officielle des voitures hybrides, indique 210 km. Sans doute à vitesse réduite et régulière, sur un parcours en légère descente, avec grand soleil et le vent dans le dos… Le problème est que les voitures électriques sont encore plus sensibles que les autres à tous les handicaps que l’on rencontre « dans la vraie vie ». Le froid (qui réduit la capacité de la batterie et oblige à chauffer l’habitacle), les montées, les séquences arrêt-redémarrage, l’autoroute… Pourquoi croyez-vous que la Zoé soit bridée à 135 km/h ? Pour vous contraindre à respecter les limitations de vitesse ? Pas du tout ! C’est simplement qu’au delà la batterie ne tiendra pas plus de quelques dizaines de km…

L’autonomie de 210 km est donc purement théorique, et dans le cas de la Zoé il vaut mieux l’estimer à 120 km. 60 km aller-retour. Et comme il vaut mieux prendre une bonne marge, on dira qu’il est délicat de s’aventurer à plus de 50 km de chez soi. Même si les statistiques nous enseignent que c’est très supérieur au kilométrage moyen parcouru quotidiennement en France, c’est tout de même très peu.

2) La plaie de la recharge
C’est le corollaire de la première. Il faut absolument pouvoir recharger chez soi, sinon, inutile d’y penser. Ce qui exclut d’office tous ceux qui ont la malchance d’habiter dans un appartement. Et qui si je ne m’abuse sont largement majoritaires. Car pour le reste, c’est le désert : quasiment aucune borne de recharge sur la voie publique. Certes il y a bien des municipalités ou des hypermarchés qui en ont installé quelques-unes, essentiellement pour se coller à bon compte une étiquette « écolo ». Mais on ne peut même pas compter dessus ! Car rien ne permet de dire que la borne sera libre et en bon état de fonctionnement. Et dans le cas contraire, ça craint. Car si la pompe à essence est occupée, ce n’est pas grave, il suffit d’attendre que le précédent ait terminé, et 5 minutes plus tard c’est votre tour. Même si c’est samedi matin et qu’un troupeau de beaufs s’agglutine au carrouf du coin pour rassasier le diesel fumant et pétaradant, l’attente reste généralement supportable. Mais là, non. Certes on peut théoriquement faire une charge rapide de la Zoé en 30 mn sur une borne 43 kW (oui, vous avez bien lu, 43 kW !) ou en une heure sur une prise 22 kW, pour récupérer 80% de la capacité. Dans tous les cas, c’est long. Et puis la médaille a un revers : on ne peut pas recharger la Zoé sur une prise ordinaire ! D’ailleurs Renault ne fournit pas le cordon. Et puis si vous arrivez à bidouiller un cordon, mieux vaut savoir que la recharge risque de durer 20 heures, et que votre installation électrique pourrait cramer bien avant tellement ça chauffe.

Et si vous tombez en panne, ne comptez pas sur quelqu’un pour vous prêter un bidon, la seule solution est la dépanneuse. Sauf si vous avez la chance d’être juste devant une maison dont vous irez solliciter l’aide de l’occupant pour qu’il vous prête une prise (qui risque de faire sauter son disjoncteur ou de tout cramer…)

Du coup, la seule solution est d’installer une « wall box » (en français de tous les jours : « une boîte murale ») qui vous coûtera sans doute le prix de plusieurs années de consommation électrique. A moins que dans un « geste commercial » votre concessionnaire ne vous en fasse cadeau.

La solution ultime, qui a été imaginée par des zentrepreneurs à l’affût de toute idée pour prendre de l’avance et la transformer en pognon, est de pouvoir échanger sa batterie en quelques minutes dans des stations-service spécialisées. Mais il est préférable de ne pas être trop en avance sur son temps, sinon ça ne fonctionne pas.

C’est la leçon que vient d’apprendre à ses dépens la société israélienne « Better Place ». Pourquoi israélienne ? Il est de notoriété publique qu’Israël souhaite promouvoir la voiture électrique pour diminuer sa dépendance au pétrole et faire chier ses voisins…Du coup l’infrastructure de recharge y est proportionnellement beaucoup plus développée qu’en France). « Better Place » s’était lancée dès 2005, théoriquement soutenue (comme la corde soutient le pendu) par Renault, dans le développement et la mise en place de ces stations : elle vient de faire faillite. Laissant notamment dans l’embarras le millier de propriétaires de Renault « Fluence » (un modèle plus ancien et plus spacieux que la Zoé, dont l’autonomie dépasse à peine les 100 km) du secteur. C’est ballot. Voilà qui augure mal de l’avenir de la filière.

Cela montre d’ailleurs du doigt le problème : tant qu’il n’y aura pas d’infrastructures de recharge ou d’échange, les voitures ne se vendront pas, et tant que les voitures ne se vendront pas, il ne sera pas rentable de mettre en place ces infrastructures.

3) Le prix de l’essence qui ne monte pas.
Depuis 6 ans que ce blog existe, je pronostique régulièrement une hausse du prix du pétrole consécutive aux effets du peak-oil qui rendra le carburant trop cher pour les plus pauvres d’entre nous et conduira mécaniquement à étudier des alternatives (dont la voiture électrique). Or pour diverses raisons, parmi lesquelles la « crise économique » qui fait que la demande n’augmente pas, la spéculation qui s’est déplacée ailleurs, et l’afflux (provisoire) des gaz et pétroles de schiste, le prix du baril ne décolle pas des 100 dollars. Du coup ces derniers mois, le prix des carburants à la pompe a même baissé.

Renault et les autres ont bien trouvé l’astuce de louer la batterie pour l’effacer artificiellement du prix d’achat et le rendre plus attractif, mais c’est en échange d’une location (de 79 euros par mois pour 12500 km annuels) qui est du même ordre de grandeur que le prix de l’essence d’une petite voiture comparable. Du coup, le « plein à deux euros » s’ajoute en fait au prix d’un plein normal. Avec la facture EDF du foyer qui risque de doubler, facture dont le prix ira s’alourdissant comme en témoigne la forte pression des actionnaires d’EDF (ben oui, il faudra s’y faire, grâce à nos ouiouiste, c’est bien une société privée) pour augmenter considérablement les prix (et donc leurs dividendes). Si donc la voiture ne coûte pas vraiment plus cher, elle ne permet pas non plus de faire des économies.

4) L’image de la bagnole broum-broum
Cela changera sûrement avec le temps. Mais pour l’instant, la représentation fantasmée de la bagnole reste celle du XXe siècle. Pour beaucoup, c’est un symbole de puissance, de liberté (si l’envie m’en prend, je pars en Bretagne avec !), de statut social (voir la mode ridicule des « SUV », ces faux 4×4 pour cadres qui veulent avoir la plus grosse). Une bagnole digne de ce nom doit faire du bruit, aligner 2 voire 4 pots d’échappement (je n’ai jamais compris cette manie de mettre en valeur son trou de balle), 6 ou 7 vitesses (les boîtes automatiques n’ont aucun succès dans les pays européens, où les « vrais hommes » préfèrent branler frénétiquement un levier de vitesse phalloïde et jouer de l’embrayage), et pouvoir dépasser les 200 km/h. Certes, il est interdit de dépasser le 130, mais pour ça il y a le coyote, et faire la course sur le chemin du boulot est encore pour beaucoup un sport national…

La voiture électrique est à l’opposé de tout cela : pas de bruit, pas de vitesses à changer, pas de pot d’échappement : aucune chance de gratter une Audi ou une BMW. Surtout que leurs conducteurs ont tendance à rouler moins vite que les autres pour préserver l’autonomie. Pire, ce sont des voitures qui incitent à la douceur et à la non-violence : incompatible avec l’idéologie machiste ambiante.

Bon, alors c’est quoi l’avenir ?

Dissipons déjà une légende. Une voiture, même électrique, n’a rien « d’écologique ». Il se trouve que les premiers propriétaires, un peu comme les premiers propriétaires de Prius (ce sont sans doute souvent les mêmes) ont une tendance supérieure à la moyenne à se prendre pour de grands écologistes, les gars qui vont sauver la planète.

Tant qu’une voiture occupera 10 mètres carrés au sol, qu’elle pèsera 1,5 tonne (dont 290 kg de batterie au Lithium pour la Zoé ! Visualisez la batterie de votre téléphone portable et imaginez combien il faut en mettre bout à bout pour arriver à 290 kg…), qu’elle nécessitera des quantités déraisonnables d’acier, d’eau, de pétrole, de produits chimiques et d’autres ressources naturelles pour sa fabrication, la qualifier d’écologique restera une bouffonnerie. Et je ne parle même pas de la production d’électricité supplémentaire qui serait nécessaire si jamais les véhicules électriques se vendaient par millions… Dans l’imaginaire écolo, cette électricité sera produite par des éoliennes ou des panneaux solaires, mais pour l’instant ce sont bien les centrales nucléaires qui produisent les trois quarts de notre électricité, avec leur uranium extrait dans les carrières nigériennes et qui finira enterré dans le sous-sol de la Meuse. Et dans les autres pays, ce sont souvent le charbon et le gaz (notamment de schiste) qui feraient rouler ces bagnoles. Bonjour le bilan CO2…

Bien sûr, la pollution atmosphérique, notamment dans les villes, fait sans doute plusieurs dizaines de milliers de morts par an. Considérablement plus que les accidents de la route. En ce sens, remplacer une Clio diesel par une Zoé ne paraît pas si idiot. Sauf qu’une bagnole n’a sauf exception rien à foutre en ville ! La vraie écologie consiste à éjecter les bagnoles de la ville ! Et à les remplacer par des transports en commun, des vélos, de la marche à pied, du télétravail… Encore faudrait-il avoir des politiciens soucieux de notre avenir à long terme, et non de leur propre avenir après la prochaine élection…

Je ne prétends pas être péremptoire et je me trompe donc peut-être. Mais je ne serais guère étonné de voir toute la filière se casser la gueule une fois encore, toutes ces pimpantes Zoé finir à la casse, totalement délaissées, inutiles et sans valeur, comme les précédentes générations de Renault express ou de 106 électriques.

Tant que les problèmes de ces bagnoles (principalement autonomie et recharge) ne seront pas résolus, je ne vois pas comment le marché pourrait décoller.

Logiquement, les hybrides devraient prendre la relève, même si les ventes restent confidentielles (Il s’est vendu à peine deux fois plus de Toyota Yaris hybrides (« Made In France® ») que de Zoé au mois de mai…

Débarrassées des principales tares des électriques, elle en perdent aussi hélas la plupart des avantages.

L’avenir à moyen terme pourrait voir l’arrivée d’une nouvelle génération d’hybrides dite REX, comme « Range Extender » (« augmenteur d’autonomie ») ou “Plugin” (rechargeables dans une prise). Ces voitures auraient une batterie plus grosse que celle des hybrides Toyota, mais néanmoins beaucoup plus petite (et donc moins coûteuse) que celle d’une Zoé. Elle pourrait ainsi parcourir quelques dizaines de km en ville, et se recharger sur une prise. Et en cas de trajet plus long (typiquement les millions de voitures qui se retrouvent sur les routes le premier week-end d’août), un moteur thermique d’appoint permet de recharger la batterie et/ou de propulser la voiture sans consommer plus qu’une voiture actuelle. C’est le principe inauguré par la Chevrolet Volt aux Etats-Unis (appelée Opel Ampera en Europe). Mais à plus de 40 000 euros, et avec une consommation réelle souvent supérieure aux valeurs annoncées, c’est un flop commercial. Volvo vient de sortir une version “Plugin” d’un de ses modèles, avec un moteur… diesel. La facture dépasse là les 60 000 euros.

Doit-on en conclure que les voitures à pétrole resteront sans doute ultra-majoritaires bien au delà de 2020 ? Ben oui.

SuperNo

A propos de SuperNo

Ex-blogueur, râleur, ex-chômeur, gaucheur, photographeur, linuxeur et même geekeur à ses heures.

23 commentaires sur “Voitures électriques : un naufrage annoncé ?

  1. Vincent

    > Depuis 6 ans que ce blog existe, je pronostique régulièrement une hausse du prix du pétrole consécutive aux effets du peak-oil qui rendra le carburant trop cher pour les plus pauvres d’entre nous et conduira mécaniquement à étudier des alternatives (dont la voiture électrique). Or pour diverses raisons, parmi lesquelles la « crise économique » qui fait que la demande n’augmente pas, la spéculation qui s’est déplacée ailleurs, et l’afflux (provisoire) des gaz et pétroles de schiste, le prix du baril ne décolle pas des 100 dollars. Du coup ces derniers mois, le prix des carburants à la pompe a même baissé.

    Le peak de production c’est plus ou moins maintenant, et la fin des gisements, c’est pour dans quelques décennies, surtout avec la demande chinoise et indienne qui s’ajoute à la nôtre.
    Quelques décennies, c’est presque demain vu les conséquences de la fin de l’énergie bon marché (reloger les banlieusards en ville, isoler les logements, relocaliser les usines chez nous, trouver un moyen de faire voler les avions avec autre chose que du pétrole, etc.)

    > Je ne prétends pas être péremptoire et je me trompe donc peut-être. Mais je ne serais guère étonné de voir toute la filière se casser la gueule une fois encore, toutes ces pimpantes Zoé finir à la casse, totalement délaissées, inutiles et sans valeur, comme les précédentes générations de Renault express ou de 106 électriques.

    Je ne pense pas qu’il faille être aussi pessimiste:

    – L’autonomie des batteries augmente un peu chaque année, au point où la Tesla offre une autonomie en conditions réelles d’environ 200 miles/320 km
    http://money.cnn.com/2013/02/15/autos/tesla-model-s/index.html
    http://strassenversion.kinja.com/tesla-road-trip-debunking-the-new-york-times-247951069

    – avec une autonomie de 200-300km, la très grande majorité des déplacements quotidiens sont assurés. Pour les vacances, on peut louer une voiture 100% essence pour les vacances. C’est toujours ça de pétrole d’économisé en attendant mieux

    – les plug-in hybrides (voitures électriques accompagnées d’un petit moteur à essence en backup pour recharger la batterie en cours de voyage si nécessaire) permettent de repousser les limites si l’autonomie actuelle des batteries est un peu juste. Elles coûtent effectivement trop cher et consomment trop en mode essence, mais les premiers modèles ne sont apparus qu’il y a à peine deux ans. Laissons quelques années aux ingénieurs 🙂

    – avec la fin du transport pas cher, les gens feront plus attention à leurs déplacements : moins de trajets inutiles en voiture, plus de trajets en vélo/transports en commun. Voir l’utilisation du vélo pour les transports quotidiens en Hollande/Danemark

    – un témoignage intéressant d’un ingénieur (télécom, mais passionné de voitures électriques) qui se déplace depuis des années avec sa voiture japonaise qu’il a transformé en voiture électrique :
    « Building an EV in 1 week – Day 1 » http://www.rowetel.com/blog/?p=100
    « Living with an Electric Car » http://www.rowetel.com/blog/?p=78

  2. Metalrod11

    Les chiffres officiels de 2010/2011 tablaient sur 10% du parc de véhicules en 2020. Il n’y a pas grand monde qui croit que les véhicules électriques représentent l’avenir de la voiture. D’ailleurs, c’est tant mieux. ça contribue effectivement à souligner que les autres modes de déplacement en ville sont à privilégier mais je ferais juste deux remarques :
    * En 1973, André Gorz (cf. billet de ce blog qui parle de l’article en question) parlait de transports en commun, de vélos municipaux et de « taxis électriques sans chauffeur ». L’autopartage de véhicule électrique est une piste intéressante.
    * En se projetant dans l’avenir, on peut imaginer maintenir un parc de véhicules à moteur pour les services d’intervention tels que secours ou gaz… Si ceux-là sont électriques et alimentés avec les barrages existants, du photovoltaïque, du micro-éolien ou encore de la géothermie, l’expérience accumulée avec ce genre de programmes sera intéressante…

  3. psychelau

    Article très complet, intelligemment écrit et argumenté.
    Prenez le temps de le lire et pas en diagonale, même si aujourd’hui les habitudes font qu’il est de plus en plus difficile de se concentrer de bout en bout sur un long texte sur le net.

    Pour ma part, je suis vraiment anti bagnole, mais je reconnais un seul avantage à la voiture électrique: celui de permettre de mieux respirer en ville par rapport à actuellement. Pour le reste moins y’a de bagnole, mieux c’est. J’étais aujourd’hui place de la république à Paris, qui a été refaite en faveur des piétons, vélos, et bus, c’est juste magnifique à voir et à vivre.

    Soyons heureux de vivre sans bagnoles et montrons le!

    A mon sens, un décollage de la voiture électrique ne serait pas une mauvaise chose dans le sens où elle montrerait une préoccupation sur la question écologique, préoccupation qui une fois arrivée à matûration doit déboucher sur la solution du « sans bagnole ». Car on est bien d’accord la voiture électrique est une fausse solution.

    Amitié.

  4. Laurent

    Quand je vois la propriété qui sert d’écrin à la zoé pour les besoins de l’affiche publicitaire de présentation je me dis qu’il y a encore du boulot avant qu’une prise de conscience écologique réaliste apparaisse :
    A quoi bon rouler électrique si c’est pour faire construire en lointaine périphérie d’une mégapole dont on voit les tours au loin en occupant une large superficie de surface naturelle pour y mettre du béton et de la pelouse.

  5. Jean-Marc

    @ Vincent sur la Tesla

    Heu… la Tesla, n est pas une voiture de monsieur-tout-le-monde, pour un usage quotidien :

    il s agit d’une GT
    Comme une ferrari, ou une porsche :

    Un véhicule qui n est pas fait pour transporter 4 adultes, ni leurs affaires, ni les courses familiales; qui est mal adapté à la dépose quotidienne des enfants, et pas du tout adapté aux départs en famille en voiture, pour es vacances (gallerie, remorque (caravane) peu ou pas envisageables).

    Bien sûr, ceux qui ont ce type de voiture peuvent en avoir une ou des autres pour les autre usages.
    Mais, même s’ils n en ont qu’une, ils risquent de trouver incongru de partir en vacances avec…
    (partir en voiture aux bahamas, aux baléares, aux canaries, en thaïlande, en tunisie, à londres, à barcellone, à st domingue ou à cuba…)

    Ainsi, les avançées sur la Tesla ne présagent pas de leur application sur des véhicules à prix acceptable et à usage « normal ».

    Par contre,
    par son changement de taille (même vis à vis de la smart) et de réfenciel,
    la Zoé m a fait penser à qq chose :

    Tout comme le MP3 a permi d avoir des cadres sup. qui découvrent le 2 (sic : 3) roues motorisé,
    et qu’il ne soit plus seulement l apanage des « blousons noirs » (harley-chopper) des « recouvert de boue » (trial), des fous de vitesse (sportives) et des allemands en vacances (routières);

    il manque, au vélo, le « WAOW »,
    le truc qui ferait, que des non-cyclistes puissent (avoir envie de) le devenir, sans être un VTTiste ou sportif (vélo course) :

    le VAE (et le cyclomoteur élec.), voire les confidentiels vélo couché ou vélo-cargo en sont un début… mais pas encore abouti :

    Malgré les très belles ventes de VAE (largement supérieures à celle des voitures électriques),
    ils n’ont pas encore permis un report suffisant vers le vélo.
    (des VAE sont surtout achetés à la place de vélo…. et non à la place de scooter, mob, moto et auto)

    Pour moi, la solution est à portée d’un constructeur :

    un mélange entre C1, Zoé et MP3 :

    (le C1 est le scooter de BMW, sans casque ni ceinture (un arnais), avec arceau-toit… un echec commercial, mais une nouvelle idée intéressante : entre le MP3 et le C1, pour moi, sur le papier, le C1 était gagnant… sans doute un pb de prix ? ou il est arrivé trop tôt… avant que les citoyens en aient suffisement marre des bouchons en voiture ?)

    Mon idée :

    un vélo et/ou VAE et/ou cyclo élec (40 km/h max en assistance), les 3 proposés, si possible
    (Kalkhoff, tu m entends ?)

    Mais avec 2 vraies places adultes (position moto/C1), sur sièges conforts, arceau-toit (vélo-top en dur) ne necessitant pas de casque sur le cyclo, petit coffre (pour ordi 17 pouces, et porte-document), 3 roues à la MP3, voire avec système d’éclairage et clignottant d’une moto (sauf sur la version vélo)

    Le truc que le cadre dynamique pourrait prendre, à la place d’une moto BMW.
    3 à 6 k € (2 à 2.5 k pour la version vélo)

    (avec ou sans système de pédalage pour le passager.
    mais plutôt sans : plus simple + l’éventuelle assistance élec et la -théoriquement- faible présence d’un adulte à cette place, rend cette possibilité assez superflu)

    Prix élevé…
    Mais pour une absence d assurance (sauf cyclo), absence de permi, absence de dépense de carburant.

  6. L'intégriste ferroviaire

    Les bagnoles électriques avec moteur thermique d’appoint (et réservoir) s’alourdissent, ce qui réduit donc l’autonomie purement électrique – ou augmente la consommation au kilomètre, c’est pareil. Ce n’est alors pas si intéressant.

    @Vincent, sur les avions pas au pétrole.
    Ah ah ah ah. Y’a une blague polonaise qui dit que si on savait faire voler des avions au charbon, les polonais seraient depuis longtemps les leaders de l’aviation. Il y a aussi cette tentative ridicule de l’avion solaire dénommé solar impulse. Ridicule, non pas par la performance, somme toute amusante, distrayante, et futile, mais par ce qu’elle ne dit pas : tente-t-on de nous faire croire qu’on pourrait un jour remplacer les avions à kérosène par des machins comme ça (vous noterez bien que jamais le sujet n’est abordé) ? Ben voyons : avec une telle envergure, une telle (faible) vitesse, et cette charge phénoménale de …un seul passager (ou deux ? mais sans bagages !), c’est sûr qu’on va vite pouvoir transporter des milliers de personnes quotidiennement au dessus des océans.

    Et pour revenir aux bagnoles électriques, l’électricité deviendra rare et chère, comme le pétrole, et ce qu’on produira en renouvelable devrait alors servir en priorité aux transports en commun (ferroviaires) – voire aux VAE.

  7. alain

    @ Jean-Marc:
    Quand tu dis:
    « Malgré les très belles ventes de VAE (largement supérieures à celle des voitures électriques),
    ils n’ont pas encore permis un report suffisant vers le vélo.
    (des VAE sont surtout achetés à la place de vélo…. et non à la place de scooter, mob, moto et auto) »
    Je pense que tu fais une erreur. Le VAE s’inscrit bien dans une démarche anti-voiture. Beaucoup d’utilisateurs de VAE décident d’en acheter un afin de réduire l’usage de leur voitures pour des parcours dédiés où le vélo traditionnel ne leur irait pas forcément.
    J’entends très souvent: « j’ai 8 kms à faire pour aller au travail. Je ne veux pas le faire en vélo. Je souhaiterais des renseignements sur un VAE adapté à cet usage ». J’entends rarement: « j’ai un vélo. Je veux un VAE pour le remplacer ».
    La majorité des acheteurs passent de la voiture au VAE et ceux qui passent du vélo au VAE (pour des raisons de distances) n’abandonnent pas pour autant leur vélo qu’ils conservent pour un autre usage (ballade par exemple).

  8. Jean-Marc

    @ Alain
    Tu parles de personnes qui utilisent la voiture, et sont déjà prêt à s en séparer partiellement (voire totalement à terme), pour ne plus avoir autant à être soumis à ses embouteillages et autres inconvénients :

    ils ont deja choisi de moins se servir de leur voiture.

    Après, c est le choix du mode de déplacement de remplacement :
    Non soumi (vélo VAE cyclo) ou moins soumi (scooter, moto) aux bouchons, qu il leur reste à définir;
    en permettant des vitesses de croisière supérieure sur autoroute, nationale et départementale d’un coté; ou une facilité et une vitesse de déplacement moyenne -lors de bouchons*, travaux, véhicules se garant,..- supérieure en centre-ville de l autre.

    Avant, certains choisissaient des 2RM, d autres des vélos.

    Maintenant, une partie choisissent des VAE.

    Or (il y a-t-il eu une chute des ventes des 50 à 125cm³ à destination des adultes ? comparativement à la montée des VAE? je n ai pas de chiffres) je soupçonne que ceux qui passent aux VAE, sont sans doute plus des gens qui -sans VAE- seraient passé au vélo, que des gens qui seraient passé à un 2RM.
    Mais je n ai pas (et pas cherché, désolé :() de chiffres des ventes VAE comparé à chacun des autres 2 roues (3 roues), pour en être sûr.

    [bien sûr, en élargissant l offre des alternatives, celà peut aussi élargir le nombre de personnes qui utilisent moins la voiture, des automobilistes qui ne seraient pas passé au vélo ni au 2RM (l un trop cher, necessitant une maitrise différente +/- complexe, necessitant un casque + assurance; et l autre, considéré comme mal adapté à la distance, au relief, et ayant une vitesse soupçonnée trop lente)].

    L’un des avantage du vélo en ville, outre sa possibilité de rouler sur chaussée défoncée ou le trottoir en 1 seconde, en cas d imprévu, sans accès à une chaussée « normale », c est le contre-centre cyclable, non autorisé aux 2RM, mais autorisé aux VAE; donc, plus la ville est aménagée pour le vélo, moins les 2RM sont pertinents… mais le report d’un potentiel 2RMiste qui abandonne l’idée du 2RM, risque de se faire vers le VAE, plus que vers le vélo :
    profiter (légalement) des aménagements de l un, et du moteur de l autre.

    * les bouchons-travaux sont très efficaces pour finir par faire craquer les automobilistes.
    Hors, c est justement lors de bouchons-travaux en ville que le vélo est le véhicule individuel le plus performant, car il garde +/- sa mobilité, alors que celle des autres dimimue ou s effondre (voiture)
    (indiv. : les TEC en site propre, comme le RER ou le TER, s’en sortent bien aussi… quand ils ne sont pas eux-même saturés ou en travaux).

  9. Vincent

    Jean-Marc > Heu… la Tesla, n est pas une voiture de monsieur-tout-le-monde, pour un usage quotidien :

    Bien sûr. Mais on observe toujours le même phénomène pour toute nouvelle techo : il s’est écoulé des *décennies* entre les premières voitures et leur acquisition possible par Mr Toutlemonde, après la Deuxième guerre mondiale.

    Je mentionnais la Tesla comme contre-argument de Superno qui considère que la voiture électrique (VE) n’a aucun avenir : si l’on regarde à 10-20 ans, il est tout à fait plausible que des VE seront disponibles à des prix accessibles et proposant une autonomie suffisante pour la très grande majorité des déplacements (voir les scooters et vélos électriques en Chine aujourd’hui), ce qui relâchera la pression pour les gros rouleurs/camions/avions continueront à consommer du pétrole en attendant de trouver une solution.

    > Malgré les très belles ventes de VAE (largement supérieures à celle des voitures électriques), ils n’ont pas encore permis un report suffisant vers le vélo.

    Tout simplement parce que…
    1. soit les trajets sont plus longs que du centre-ville, pour lesquels le vélo n’est pas une option (par exemple, en région parisienne, banlieue-banlieue ou banlieue-Paris sans bonne solution de transport en commun)
    2. soit (villes de provinces) les trajets pourraient être effectués en vélo/VAE, mais l’essence n’est pour le moment pas assez chère pour que les gens ressentent le besoin économique de changer. Si les VE abordables arrivent effectivement d’ici 10-20 ans, il est possible que les gens n’aient pas besoin de passer au vélo, et les VE ont l’avantage de ne plus polluer les villes.
    3. dans une voiture, on est confortablement assis, protégé par une caisse, au chaud l’hiver, au frais l’été, et on n’a aucune difficulté à transporter des affaires si l’envie nous prend.

  10. MOA

    vincent : « 3. dans une voiture, on est […] au frais l’été,  »

    Vive la clim’ !!
    Faudrait voir à mettre une éolienne sur le capot des bagnoles électriques.

  11. RValiasBADienHervé

    Je ne voudrais pas faire le rabat-joie, mais la situation des énergies renouvelables (notamment des nouvelles renouvelables) est comparable à tout point de vue !

    Plutôt que de citer des exemples de l’actualité, même si ce serait plus pertinent (pour les connaisseurs du moins…), un peu de lecture pour découvrir le sujet :
    fr.ekopedia.org/Limites_des_énergies_renouvelables
    http://www.consoglobe.com/energies-renouvelables-cul-sac-2304-cg
    http://www.manicore.com/documentation/renouvelables.html

    Ainsi, on peut faire un parallèle entre les limites de ressources (lithium pour le VE, espace pour les nouvelles renouvelables, métaux rares pour les deux, etc…), les fausses dé-carbonisations induites (à tout hasard, les panneaux solaires produits en chine, les VE roulant en Chine), les annonces de taux de croissances faramineux (mais partant d’une faible base…), les contraintes à l’usages (même si d’un côté comme de l’autre, nous ne sommes pas à l’abri de ruptures technologique, je pense aux recharges rapides à court terme, au graphène au long terme, aux fameuses algues «magiques» dont on ne finit pas de ne pas voir la couleur côté renouvelables).

  12. L'intégriste ferroviaire

    Vincent, je souris au « en attendant de trouver une solution. »

  13. Jean-Marc

    Vincent « 3. dans une voiture, on est confortablement assis, [..], au chaud l’hiver »

    Dans une voiture thermique, OUI

    [car on roule avec des chaudières…
    ~90%* de l énergie libérée par le carburant est dispersée… en chaleur (qu’il faut donc dissiper, d’où notre radiateur)].

    Par contre, dans une voiture 100% élec, en hiver, SSI tu as un garage (sinon… si ta voiture élec dort dehors tous les hivers… faut penser à changer les batteries 1 à plusieurs fois par hiver…c.f. ce qui se passe avec les batteries des voitures thermiques… qui sont moins sollicitées que ne le seront celles des VE),

    alors tu pourras…
    – soit rouler
    – soit chauffer

    mais pas les 2…

    vu le besoin en énergie pour chauffer un habitacle, celà consommerait une énorme partie des ressources des batteries, s’il faut le faire avec un chauffage électrique

    (au lieu de le faire en récupérant l énergie du moteur thermique, comme actuellement).

    *90% il y a des années…
    celà s’est amélioré depuis, mais tout en restant très loin des 50% :

    2 résultats :
    http://blogpeda.ac-poitiers.fr/lp2i-si/2013/05/13/efficacite-energetique-et-impact-environnemental-la-voiture-electrique-mia/
    84.5% dissipé (15.5 utiles au mouvement)
    ou
    http://www.montesquieuvolvestre.com/article-24189196.html
    70% dissipé (~30% utile : 1/3 de 90%)

  14. Jean-Marc

    2 sources plus reconnues :
    http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/moteur/71595

    « La majorité de l’énergie fournie au moteur par le carburant est perdue dans la transmission mécanique (10 %), par dissipation de chaleur à travers les parois (20 %) ou à l’échappement (45 %). L’énergie utile ne représente plus que 25 % de l’énergie d’origine. »

    attention : il s agit d’un sujet sur les moteurs thermiques, PAS sur les voitures :
    ces 25% d energie utile… c est en SORTIE de moteur…
    pas sur l’énergie transmise aux roues :

    L arbre à came, la boite de vitesse, le pôt d echappement et son filtre, et les autres pertes mécaniques, thermiques ou autres (comme le rechargement de la batterie) ne sont donc pas prises en compte…

    Ou
    http://www.manicore.com/documentation/voit_elect.html
    (à lire en entier, Vincent ;))

    « Un moteur thermique a un rendement de l’ordre de 20% en moyenne sur carburant consommé (cela signifie que l’énergie mécanique qui sort du moteur est égale à 20% de l’énergie libérée par la combustion du carburant, le reste partant sous forme de chaleur) »
    (lors que le moteur électrique a un rendement de 80% sur électricité utilisée)

    Seulement 20 à 25% de l énergie du carburant brûlé est récupéré par le moteur… et donc, encore moins pour juste faire avancer les 1.4 tonnes de la voiture…

    => gaspillage énorme… mais chauffage gratuit, contrairement aux VE

  15. Vincent

    En attendant, des gens ont déjà remplacé leur bagnole thermique par une électrique. On peut donc être raisonnablement confiant que le prix et l’efficacité des batteries s’améliorent au point d’être le choix pour la grande majorité des déplacements actuellement effectués en thermique.

    In other news… démo d’un changement de batterie en… 90s par l’ami Elon
    http://www.teslamotors.com/batteryswap

  16. Jean-Marc

    « raisonnable »[-ment] « choix » dans la même phrase sur les transports…
    Je ne vois pas le rapport :

    SSI les choix du mode de transport était raisonnables, alors les modes utilisés dépendraient de la distance (si on transporte moins de 20kg), et donc une très large majorité des transports seraient actuellement fait :

    – sous 1 km : à pied
    – sous 3 km : en modes actifs (marche, trot, roller, skate, trottinette, vélo, autres modes actifs)
    – jusqu’à 10 km : en vélo

    Soit plus de 80% des déplacements actuellement en voiture n’existeraient plus.

    Déplacer un véhicule prévu pour 5 personnes, roulant à plus de 130km/h, avec un coffre de 300l, pour transporter 1 personne avec un sac de moins de 10kg, sur moins de 10km en ville, « au cas où » celà puisse servir une fois par mois, ou par quinzaine, celà revient…

    Dès qu’on sort de chez soi, à avoir un imper + parapluie + doudoune + bonnet + gants + écharpe + pull + chemise + T-shirt + pantalon habillé + jogging + short + maillot de bain « au cas où ».

    Je ne sais pas ce que vous penseriez d’une personne qui se balade en permanence avec cette garde-robe..

    [surtout qu’en cas de « nécessité absolue » du coffre, ou des 5 places, les galleries-remorques de smart/twingo, la location (voiture, camionnette ou camion de déménagement), l auto-partage, les taxis, les amis véhiculés, la livraison à domicile (but ou conforama le font sans frais, sous 50km, je crois) existent]


    2 choses sont sûre, sur la voiture électrique :

    ce quizz :
    http://carfree.fr/index.php/2009/12/04/petit-quizz-des-villes-respectueuses-de-lenvironnement/

    et une donnée connue :
    le pétrole traditionnel facilement extractable et bon marché est amené à se raréfier.
    Or, il est actuellement gaspillé dans le secteur routier.

    Tout autre carburant (le gaz de chiste, les sables bitumineux, l’électricité), qui permet de continuer à gaspiller de l’énergie dans le secteur routier*, retarde la prise en compte, que le pic de pétrole traditionnel forçait à avoir :

    En fait, chaque voiture ou camion ne dépendant pas du pétrôle permet d aller encore plus loin dans le mur…
    (c.f. la conclusion de J-M Jancovici dans le lien sur la voiture électrique)

    Celà permet de ne pas remettre le tout routier en cause, et donc de ne pas préparer la transition nécessaire pour l avenir, en continuant à engorger nos villes, gaspiler de l’énergie et même à polluer.


    Petit détail, sur l’un des 2 seuls intérêts des véhicules électrique : la pollution locale plus faible Si et SEULEMENT Si l’électricité est produite de façon propre :

    au niveau mondial, la voiture électrique sera une voiture aux centrales à charbon…
    donc le véhicule le plus polluant qui soit…
    (le pétrole est moins pire que le charbon)

    mais, nous, français, on ne peut même pas se fermer les yeux grâce à notre exception nucléaire :

    à terme proche (au plus tôt : à partir de 2018 ! ! !), celà sera aussi le cas en france :
    http://www.manicore.com/documentation/falaise.html

    * en ville, une voiture (toutes motorisations… il s agit de besoin physique) nécessite 50 fois plus d’énergie pour se déplacer qu’un vélo (et 0% de cette énergie est fournit par l automobiliste; au lieu des 100% pour le cycliste..)

  17. TOUTGRATOS

    Je ne sais pas si vous avez vu la pub Renault pour sa voiture électrique? on y voit une pompe à essence fossilisée . C’est dire la conscience des constructeurs auto concernant les échéances qui se profilent à l’horizon.

    L’automobile actuelle avec des moteurs thermiques est un rêve qui s’achève. Et on essaye de nous faire croire que ce rêve peut continuer avec des moteurs électriques. Nous faire croire que c’est magique, qu’il n’y a qu’à brancher une prise de courant.

    Il va falloir qu’ils réalisent que déjà aujourd’hui avec des coûts énergétiques très faibles (pétrole bon marché) on est en plein marasme et pas prêts de s’en sortir, alors avec des prix en nette hausse, je vous dis pas. Une Zoe à 17000€ sans batterie et une prime de 7000€, on rêve!!!

    Il va falloir qu’ils (nos zélites) se fassent à cette idée; l’automobile est un désastre (humain, écologique, économique), qu’elle soit thermique ou électrique. C’est le concept même de l’automobile qu’il va falloir abandonner. De toute façon, c’est Dame Nature ou bien les conditions économiques qui s’en chargeront.

  18. MOA

    Toutgratos : »L’automobile actuelle avec des moteurs thermiques est un rêve qui s’achève. Et on essaye de nous faire croire que ce rêve peut continuer « 

    Pas un rêve… un cauchemar !

  19. Jean-Marc

    réflexion sur l autolib et la voiture électrique

    (je n ai pas pû poster ici http://carfree.fr/index.php/2013/03/28/cerveaulib/#more-19971
    bien que l’endroit soit plus approprié).


    introduction
    (longue, vous pouvez sauter jusqu’au 2 traits suivant ;))

    Lorsque je me déplace à vélo (en ville, ou entre villages, sur départmentales), j’ai déjà eu plusieurs interpélations de la part d automobilistes me croisant :

    – hé! va dans la forêt
    – y a une piste cyclable à 4 rues d ici
    – c est interdit aux vélos, ici
    (on était sur une départementale… mais avec des doubles glissières de sécurité, et qui – bien que permettant d aller d’un village à un autre- pemettait de rejoindre une autoroute… et que les automobilistes prennent assez souvent pour une très très longue voie d accélération).

    Outre que celà illustre bien l’ignorance de la loi, par les automobilistes [une piste ou voie cyclable est exclusivement réservée aux cyclistes, celà veut dire que SEULS les cyclistes (pas même les piétons, donc) ont le droit de l’utiliser; et non pas que les cyclistes n’ont pas le droit d’utiliser d autres voies]; celà illustre surtout qu’un cycliste faisant du

    – VTT dans les bois
    – roulant sur piste cyclable, et laissant la priorité aux voitures à chaque croisement
    – ne roulant jamais sur une chaussée autorisée aux voitures
    ne dérange en rien le plus bagnolard des automobilistes :

    « faites ce que vous voulez, du moment que la chaussée continue à être prioritairement faite pour moi, et que rien ne vienne remettre celà en cause, surtout pas une personne qui montre, par son véhicule, que ma voiture est inutile sur cette route. »

    ainsi, un cycliste, qui roule de 2h à 3h du mat. en ville (en grillant tous les feux), ne gène aucunement ces automobilistes; mais par contre, ils pesteront contre le cycliste qui tourne-à-droite (légal) à un feu rouge (mis là pour les voitures…) à 17-18h, pendant qu’eux sont coinçés dans les embouteillages qu’ils ont créé.

    C est pourquoi, pour avoir un effet boule de neige, il est essentiel, pour un cycliste, de prendre sa place, de rouler sur la chaussée
    c.f. http://carfree.fr/index.php/2011/05/21/theorie-de-lemmerdement-maximal/


    Ne pas avoir une voiture thermique, mais avoir une élec.
    ou
    Ne pas avoir de voiture, mais avoir -de temps en temps- recourt à autolib,

    c est aussi peu efficace pour avoir un effet d entrainement sur les autres, c est pareil (voire pire) que de rouler en vélo à 3h du mat en forêt ou sur piste cyclable :

    Pour les autres, celà ne remet en rien en cause leur mode de déplacement, la prévalence de l’automobile :

    Au lieu de faire ses courses à pied ou vélo, dans la supérette du coin (n appartenant pas une grande chaine de distribution); 1 fois tous les 15j, on prend l autolib pour aller au super/hyper de la zone commerciale, et ainsi, on aide au maintien de ce mode de fonctionnement.
    Au contraire, si on ne cherche pas un moyen pour imiter l’usage indiv. de la voiture sans en avoir une; mais un moyen pour se débrouiller sans voiture dans son usage quotidien, alors, on favorise la ré-émergence d’un autre modèle.

    N.B. « superette du coin » ne signifie pas « boutique de la station essence présente en ville »…
    Car là aussi, on favorise le modèle automobilo-centré.
    [seule exception :
    un village, au mileu d autres villages :
    le restau, l épicier, le café,… de ces villages ont tous fermés, il ne reste plus qu’une station essence avec boutique… alors, pour les habitants de ces villages, c est mieux d aller dans cette boutique (pour qu’elle subsiste), que d aller faire ses courses quotidiennes à la grande ville d’à coté].

    Autolib et la voiture élec permettent de ne pas remettre le système en cause.
    Ce n est pas pour rien si les constructeurs auto font bcp de bruit autour…
    En effet, la voiture (thermique) en ville a tant de pb… qu’ils ne peuvent plus faire semblant qu’ils n existent pas.
    Mais ils veulent qu’on pense à des solutions ne remettant pas le système en cause, en focalisant les solutions sur le « thermique » (sur notre dépendance au pétrole/la hausse future du prix du pétrole/sa moindre disponibilité).

    Car, à l’inverse, parler des véhicules électriques de transport en commun en site propre (tram, trolley, RER, TER et autres trains, funiculaire et autres systèmes à cables), du vélo ou -pire- de l’intermodalité entre les 2, accélèrerait leurs disparitions
    (s’ils n’évoluent pas)

  20. Pédibusdutheil

    Oui Jean-Marc ! tu dis vrai! verte ou rouge, électrique, éclectique ou populaire l’automobile reste avec ses emmerdements: chère, encombrante, génératrice de déménagement du territoire à l’échelle des agglomérations urbaines, indigne d’un occident prétendant – et prétentieux – diffuser des solutions universelles… Reste à miner le symbole avec tous les moyens honorables: raison, esthétique et raillerie…

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