Cerveaulib’

C’est presque un scoop. Pour ceux qui en doutaient encore, le système Autolib’ de Bolloré ne supprime pas de voitures dans la capitale. Il prend simplement des usagers aux transports en commun…

C’est Olivier Razemon du journal Le Monde qui le révèle. Une enquête réalisée par la Ville de Paris et qui n’est pour l’instant pas diffusée fait apparaître que le passage de la possession d’une voiture individuelle à l’utilisation d’Autolib’ n’est pas au rendez-vous.

C’était un des arguments de vente d’Autolib’ au moment de son lancement: « Vous allez voir, avec la voiture partagée, le nombre de voitures dans Paris va diminuer« . Et la communication officielle d’affirmer péremptoirement: « 1 véhicule Autolib’ remplace 6 à 8 véhicules individuels« .

Patatras, pour la première fois, un adjoint au maire de Paris brise l’omerta et révèle que l’objectif initial d’Autolib’, à savoir faire diminuer le nombre de voitures à Paris, a échoué. Le développement du système Autolib’ s’est fait en amenant à la voiture des gens qui n’en possédaient pas, comme les usagers des transports en commun par exemple.

C’est exactement ce que nous prévoyions ici-même en avril 2009: Pour en finir avec Autolib’. Autant d’argent dépensé pour au bout du compte amener à la voiture des gens qui ne l’utilisaient pas!

Heureusement, on apprend également que le service Autolib’ est  « un succès pour l’opérateur Bolloré »… Autrement dit, c’est un échec en matière de mobilité, mais le principal, c’est que ce soit un succès pour le groupe Bolloré!

Ceci dit, même le succès commercial de l’opération reste sujet à caution. En effet, il était prévu à l’origine un seuil de rentabilité de l’affaire autour de 80.000 abonnés. Aux dernières nouvelles, fin 2012, Autolib’ à Paris comptait 47.000 abonnés, dont 17.000 à l’année… Peut-être que la rentabilité commerciale d’Autolib’ est obtenue en s’asseyant sur les conditions de travail des salariés d’Autolib’? Dans cet article de 20 minutes, on apprend ainsi que si on voit un individu bizarre se déshabiller derrière les fourrés d’un parc public, ce n’est pas forcément un pervers, c’est peut-être tout simplement un salarié d’Autolib qui n’a pas de vestiaire pour se changer!

En fait de succès, il semble surtout que ce soit un gouffre financier, pour la collectivité (près de 500 millions d’euros investis au total par la mairie de Paris et les autres communes impliquées) et même pour Bolloré dont la division Autolib’ perdrait pas loin de 400 millions d’euros par an…

C’est donc surtout un succès en terme d’image qui est visé par Bolloré, afin de vanter les mérites de sa voiture électrique Blue Car dans un contexte où il apparaît que les ventes de voitures électriques n’arrivent pas à décoller, et surtout sa batterie électrique maison construite à partir de « matériaux écologiques » comme le lithium, le métal et les polymères.

C’est pourquoi, au même moment où l’expérience Autolib’ apparaît désormais comme un échec pour faire diminuer le nombre de voitures en circulation, Bolloré annonce que le concept Autolib’ va s’exporter à Bordeaux chez son copain Alain Juppé et même aussi à Lyon. Bien entendu, les collectivités affirment que tout ceci ne leur coûtera rien ou presque, on est prié de les croire sur parole…

Mais même avec un coût proche de zéro, qui reste à démontrer, quel intérêt cela a-t-il de déployer des stations Autolib’, Autolo’V ou Blulib si le nombre de voitures en circulation ne diminue pas? A moins que l’objectif soit d’amener à la voiture des gens qui ne l’utilisaient plus depuis longtemps?

C’est dramatique, les décideurs qui nous gouvernent sont de graves incompétents. Ils s’extasient devant la moindre pseudo-innovation technologique et sont prêts à donner les clés de leur ville à des opérateurs privés en mal d’image pour vendre leurs produits dont les gens ne veulent pas. Et tout ceci avec de l’argent public bien sûr pour un résultat qui aboutit à développer l’usage de la voiture chez les usagers des transports en commun!

Aussi, je propose de développer plutôt un système de cerveaux en libre-service pour tous ces imbéciles, une sorte de Cerveaulib’ qui leur permettrait d’emprunter un cerveau de temps en temps afin d’éviter de faire n’importe quoi avec l’argent des contribuables.

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

28 commentaires sur “Cerveaulib’

  1. Renaud S

    Tout à fait d’accord avec cet article, juste une petite précision à apporter à propos de Bordeaux.
    Bolloré n’a pas seulement Juppé comme ami là bas, mais aussi le Président de la communauté Urbaine (PS), puisqu’on nous apprend que le projet est également soutenu par la CUB.
    Une parfaite vision partagée de la place de la voiture en ville !

  2. Fofo

    Vous êtes de mauvaise foi. Selon l’article du Monde que vous résumez trop vite, un tiers des utilisateurs d’Autolib qui possèdent une voiture envisagent de la revendre, et surtout, 70% de ceux qui n’en possèdent pas sont prêts à renoncer à en acheter une ! C’est peut-être en-dessous des objectifs, mais ce n’est pas (du tout) négligeable. Car à défaut d’avoir diminué, le nombre de voitures dans Paris a donc moins augmenté qu’il l’aurait fait sans Autolib. Ce n’est pas une bonne nouvelle, ça ?

  3. CarFree

    Sauf que l’objectif d’autolib n’était pas de faire diminuer l’augmentation du nombre de voitures, mais de faire diminuer le nombre de voitures tout court… Et je ne vois pas où est la bonne nouvelle si le nombre de voitures continue d’augmenter dans la ville la mieux couverte de France en transports en commun…

  4. Fofo

    Ma foi, si on me donnait le choix entre voir circuler 3000 voitures en plus ou 1500 voitures en plus, je n’hésiterais pas – et vous non plus, je pense !

    Comme le calcule l’un des commentaires de l’article que vous citez, si on prend 1 000 conducteurs d’Autolib’ on a :
    – 30 % de 400 utilisateurs (qui ont une voiture) qui ne vont plus en avoir, soit environ 120 ;
    – 70 % de 600 utilisateurs (qui n’ont pas de voiture) qui ne vont pas en acheter, soit environ 420.
    Ce qui fait quand même 540 voitures en moins que s’il n’y avait pas Autolib’, pour chaque tranche de 1000 utilisateurs. Pour environ 13.00 abonnés annuels, en supposant qu’ils soient les seuls concernés, ça fait au minimum 7.000 voitures qui ne se sont pas ajoutées à celles qui nous empoisonnent la vie. Cela vous semble si peu ?

    Encore une fois, c’est peut-être en deçà des objectifs, mais logiquement, si on veut que la courbe s’inverse, il faut qu’elle arrête de grimper avant de redescendre. Je considère donc que c’est un bon début, aussi insuffisant soit-il.

  5. kw

    Autant on peut reprocher de ne pas en faire assez et que ce soit dans le giron d’une entreprise comme celle-là, autant je ne vois pas ce qu’il y a de mal à ce que ce soit utilisé par des gens qui n’ont pas de voiture. Dans une société faite pour la voiture ceux qui n’en n’ont pas ont besoin d’en emprunter une de temps en temps. Donc si un service profite à ceux qui n’ont pas de voiture tant mieux pour eux/nous !
    C’est comme les transports en commun, s’ils ne font pas changer le comportement des automobilistes ils profitent au moins aux cyclistes, piétons etc, c’est déjà très bien.
    Ca veut juste dire que pour faire baisser les voitures il faut agir par d’autres biais encore *en plus*.

  6. Fofo

    Je juge simplement d’après ma propre expérience. Comme dit KW, dans une société faite pour la voiture, ceux qui n’en ont pas ont besoin d’en emprunter une de temps en temps. Dans mon cas, parisienne-bientôt-banlieusarde avec des enfants, il est évident que si je ne pouvais pas louer une voiture de temps en temps (le plus rarement possible !), je me résignerais à en acheter une. Mais malgré mon déménagement proche dans un lieu moins bien desservi par les transports en commun, j’ai décidé de m’en passer, et le fait qu’il y ait un loueur de voiture ET une station Autolib pas très loin de mon futur chez-moi a été un argument de poids dans cette décision.

    En fait il me semble évident que ceux qui ont déjà une voiture auront bien plus de difficulté à accepter de s’en passer que ceux qui l’ont toujours fait. Autolib s’adresse surtout à ces derniers, et aide à les convaincre de ne pas rejoindre la première catégorie. N’est-ce pas déjà une bonne chose ?

    Par amour de la justice, je trouve donc qu’il est dommage, dans votre article, de pointer du doigt les travers d’Autolib sans en souligner également les avantages. Encore une fois, il semble avéré que le nombre de voitures en circulation aurait augmenté davantage sans Autolib qu’avec. Pourquoi ne pas s’en réjouir ?

  7. CarFree

    Vous reconnaissez donc qu’autolib n’est pas vraiment fait pour que les automobilistes vendent leur voiture. Nos points de vue se rapprochent. Pour le reste, je comprends votre analyse et ce qui correspond à votre cas personnel. Je ne nie pas pas qu’autolib puisse dans certains cas convaincre certaines personnes de ne pas acheter de voiture, comme cela semble être le cas pour vous. Mais vraiment, je ne vois pas de quoi se réjouir. On peut voir effectivement le bon côté des choses en se disant que cela fait des possesseurs de voitures en moins. D’un autre côté, de mon point de vue, cela reste des automobilistes, qu’ils soient propriétaires de leur voiture, qu’ils la louent ou qu’ils utilisent autolib… Vous me direz peut-être qu’ils utiliseront moins la voiture que si c’était la leur, peut-être, mais cela se discute. Je connais des automobilistes propriétaires de leur voiture qui prennent le train ou les transports en commun tous les jours pour aller au boulot! En fait, ils font un peu comme avec autolib ou une voiture de location: s’en passer le plus souvent et s’en servir uniquement dans certains cas très précis. Alors, au bout du compte, où est l’avantage comparatif?

  8. psychelau

    Moi je voudrais juste dire que Autolib ou pas, au volant les conducteurs sont toujours aussi c… et dangereux pour le cycliste que je suis…

  9. Cédric

    Vaut il mieux circuler en vélo derrière une voiture électrique partagée qui rejette zéro gramme de CO2 et qui ne pollue que lors de sa fabrication (batteries) ou se situer derrière une voiture thermique polluant a sa fabrication et polluant l’air lorsque elle fonctionne ?

    Ne nous rassurons pas pour autant sur l’avenir car la recherche trouvera probablement un jour ou l autre une alternative au petrole dans les decennies a venir. la disparition d’une energie pas chere risque d etre breve.

    le combat doit surtout continuer pour forcer les gens a lacher leur voiture et montrer que l energie la moins chere du monde est quasi gratuite – ne coute rien – et favorise une bonne santé. un automobiliste convaincu par les bienfaits du velo ne retournera pas acheter de voiture.

  10. CarFree

    Vaut il mieux se faire écraser par une voiture électrique partagée qui rejette zéro gramme de CO2 et qui ne pollue que lors de sa fabrication (batteries) ou se faire écraser par une voiture thermique polluant a sa fabrication et polluant l’air lorsque elle fonctionne ?

  11. Fofo

    Psychelau : sauf que les utilisateurs occasionnels d’autolib ont peut-être plus de chance que la moyenne d’être des cyclistes au quotidien, donc font peut-être plus attention ?

    M. Carfree : « Je connais des automobilistes propriétaires de leur voiture qui prennent le train ou les transports en commun tous les jours pour aller au boulot! Alors, au bout du compte, où est l’avantage comparatif? »
    Moi aussi, j’en connais. Où est l’avantage ? Tout simplement qu’un autolib remplace plusieurs voitures. Alors si, comme votre dernière réponse laisse à penser, la seule raison pour vous d’être anti-auto est la question du danger, certes, ça ne change rien. Mais si on considère l’encombrement des rues (y compris par les voitures garées) et surtout la pollution, les ressources gaspillées pour construire ces voitures, et la quantité de déchet que représentent ces voitures une fois mises à la casse, la différence existe bel et bien, et on peut se réjouir que l’augmentation du parc immobilier soit inférieure à ce qu’elle aurait pu être.

  12. CarFree

    Attention aux raccourcis, je n’ai jamais dit que le danger était la seule raison d’être anti-auto comme vous dites… Si vous vous donnez la peine de lire un tant soit peu les articles de ce blog, vous verrez qu’il y a une multitude de raisons objectives d’être « anti-auto »… Après, vous rebouclez avec le postulat de départ, qui repose sur la pub d’autolib « une voiture autolib remplace tant de voitures… » Cela reste à démontrer, en particulier au vu des résultats produits par cette enquête… Je le redis, faire passer des utilisateurs des transports en commun à autolib, ce n’est pas faire diminuer le nombre de voitures. Au contraire, c’est construire toujours plus de voitures, qui plus est avec un bilan plus que discutable car il est admis que les voitures électriques nécessitent des batteries pas vraiment écolo, sans compter la production de CO2 réalisée dans les centrales thermiques pour fabriquer cette magnifique fée électricité sensée être zéro CO2…

  13. psychelau

    Pour ce que m’en disent mes collègues utilisateurs, Auto lib sert principalement aux parisiens qui sortent le soir et n’ont plus trop de transports pour rentrer, à l’heure où les taxis sont saturés… taxis, qui sont, aussi, une forme d’autopartage. Donc un intérêt très limité sur le plan de l’impact du nombre d’auto. Mes collègues n’ont pas de voiture, comme un ménage sur deux à paris, car c’est intutile, sans être pour autant des militant anti bagnole comme moi.

    Le seul vrai avantage d’autolib aujourd’hui c’est que ça pue pas dans la ville et que mon fils ne respire pas de particules fines quand il est sur le siège arrière de mon vélo.Ce n’est pas rien.

    Ceci dit, il y a peut être un intérêt à long terme, on verra bien, sur le plan de la pédagogie, que j’avais déjà mis en évidence avec le vélib (système que j’aime pas non plus globalement):
    c’est de montrer que « C’est possible »
    Vélib a montré que faire du vélo dans paris, c’est possible, et a contribué à amener beaucoup de personnes au vélo, quitte à en acheter un, d’ailleurs.
    De même autolib permettra peut être de montrer que oui, une utilisation raisonnée de la bagnole est possible, qu’on a pas besoin d’être propriétaire de sa bagnole, qu’on peut raisonner en terme d’usage et non de possession, que c’est pas la mort de marcher 15 minutes pour trouver un véhicule, etc. On verra bien, je trouve qu’il est encore un peu tôt pour faire le bilan…
    Bien sûr à terme, je rêverais d’un Paris sans bagnole, mais peut être faut-il passer par l’étape autolib… tout comme, par exemple, je suis devenu un écolo radical tendance « objection de croissance », et pourtant il a fallu que je passe par Nicolas Hulot pour m’ouvrir aux problème écologiques, tout en prenant ensuite un chemin différent, contestataire de l’esprit « développement durable » qu’il promeut.

  14. Olivelo

    Donc, résumons :
    – des centaines de millions d’€ dépensés pour 3000 bagnoles électriques, soit 100.000€ au minimum pour chaque bagnole (hors coûts écologiques réels car les batteries au lithium ne se recyclent toujours pas et aucun gisement énorme n’a été découvert récemment -10 à 15 années de ressources actuellement- …). C’est pas un peu cher pour une caisse ?
    – au lieu de diminuer, le nombre d’automodébiles ne cesse de croître…

    Si c’est pas du plantage écologique, économique etc. c’est que les cochons volent !

    Donc toutes les mesures de ces dernières décennies visant à « réduire » l’usage de la bagnole ont plus qu’échouées : nouvelles autoroutes, rocades, nationales, déviations, TGV, pistes « cyclables », superbus & tramways, journée sans bagnole, semaine de l’immobilité, etc. et le nombre de caisses ne cesse de croître… Cette fuite en avant, cette croyance aussi en une énergie miracle grâce à LA SCIENCE (très répandue), montre qu’au final ce sont toujours les mêmes qui s’enrichissent, des « politiques » qui font leur greenwashing et les populations, naïves, qui trinquent financièrement, éco-logiquement, etc. ici (en ayant à respirer les particules, subir les accidents, etc.) et ailleurs (par le dérèglement climatique, l’appauvrissement des ressources en eau -tiens, d’ailleurs, les batteries au lithium ça consomme combien d’eau à la production ?-, etc.) et en assurant le maintien d’usagers captifs de leurs moyens de transport de façon encore plus globale et contrôlée par les états et quelques entreprises.

    Avec la fin du pétrole bon marché et des crises financières, écologiques, nucléaires, etc. qui se multiplient, faire du vélo au quotidien est à la fois la seule alternative à long terme et une impasse à court terme (quant on voit la gueule d’une grande part de leurs ghettos « cyclables »).

    S’il y a bien une mesure que les états n’ont pas pris durant toutes ces décennies, ni même les « bisounours » de la FUB -pas si bisounours que ça avec les ateliers de vélos et les cyclistes…-, c’est de créer des ateliers de vélo pour aider concrètement les cyclistes. Aussi je préfère être adhérent d’un atelier libre plutôt que d’être dans une asso qui prétend défendre les cyclistes sans avoir d’atelier, ou client chair-à-canon chez Decaux ou Bolloré. Le coût de la « liberté » chez Vélib et Autolib a un prix pour les employéEs de ces 2 sociétés, pour tous les autres qui sont en amont et en aval (production & « recyclage » -à dire vraiment très vite…-) c’est encore pire et c’est la partie la moins visible de l’iceberg.

    Des cerveaux à louer ? C’est pas déjà fait avec toute cette « démocratie » où une très grande des populations abandonnent tout esprit critique pour se laisser illusionner par quelques bonimenteurs politiques ?

  15. alain

    « sauf que les utilisateurs occasionnels d’autolib ont peut-être plus de chance que la moyenne d’être des cyclistes au quotidien, donc font peut-être plus attention ? » selon Fofo.

    C’est à dire? Ceux qui n’ont pas de voitures, louent une autolib’ et tout en conduisant se disent « tiens, je m’achèterais bien un vélo »?

    Si on vous disait: ceux qui sont végétariens décident de manger de la viande de boeuf au cheval et tout en mangeant se disent « tiens, je m’achèterais bien de la viande bio ».
    Ca sonne bizarre, non?

    Tout comme le non possesseur de voiture qui loue une autolib’ pour s’acheter un vélo? A moins que j’ai loupé une étape?

    Bon, on sait très bien à quoi servent les systèmes de locations de bagnoles. A engraisser les copains. Ca ne réduit pas les voitures. on le sait très bien. D’ailleurs, si l’objectif était bien de réduire le nombre de voitures, pourquoi aurait-on encore comme projet de construire des rocades, des autoroutes, des agrandissements de voies rapides? Pourquoi? tout simplement parce que l’Autolib’ est un gadget de développement durable qui n’a aucunement vocation à s’affranchir du tout-automobile.

  16. Fofo

    Alain, non, je ne suis pas complètement stupide. Je voulais simplement dire que les utilisateurs d’autolib sont, par définition, des gens qui n’ont pas de voiture, et qui donc utilisent au quotidien des moyens de transport « alternatifs » : bus, métro, marche, ou vélo / velib. Là encore, je jugeais d’après mon cas : 1-comme je n’ai pas de voiture, je circule énormément en vélo ; 2-comme je n’ai pas de voiture, je loue occasionnellement un autolib. Je parierais donc qu’il y a plus de cyclistes parmi les autolibiens que parmi les automobilistes classiques… mais je n’ai aucune statistique pour appuyer cette intuition.

    Bon, j’arrête de faire l’avocate du diable. Mais je trouve tout de même qu’il devrait y avoir une différence entre critiquer les défauts du système et lui nier toute qualité. Et je continue à soutenir qu’autolib permet à des sans-voiture de ne pas céder à la tentation d’en acheter une, et que oui, c’est déjà un progrès.

  17. Guillaume

    @Fofo : je conteste la lecture que tu fais des chiffres de l’article

    « 60% des utilisateurs d’Autolib’ ne possèdent pas de voiture, et 40% en possèdent une.
    Or, si un tiers de ces derniers se demandent s’ils ne vont pas revendre leur automobile, seuls 70% de ceux qui n’en possèdent pas se disent prêts à renoncer à l’achat.  »

    -> Ok, et quelle est la proportion de ce même chiffre chez les non-utilisateurs d’autolib ? Si ça se trouve la moitié envisage de renoncer à la voiture, et parmi ceux qui en ont 80% envisagent d’y renoncer. Et si les chiffres ne vont pas dans ce sens, Autolib est-il pour eux un déclencheur ou bien une conséquence ? C’est compliqué les statistiques.

    En tout cas ce chiffre pris brut ne signifie rien. L’argument comme quoi Autolib favorise à faire renoncer à la voiture est donc peut-être un sentiment que tu as, mais il ne me semble pas fondé sur des vraies bases.

  18. Pim

    j’avais lu l’article du monde avant la réinterprétation de CarFree et j’approuve globalement le discours CarFree.

    @FOFO :  » Je voulais simplement dire que les utilisateurs d’autolib sont, par définition, des gens qui n’ont pas de voiture »
    oui ou aussi des gens qui en ont une et qui l’utilisent en 2e voiture. Les sociétés d’autopartage (Autolib n’en est pas une, c’est un peu différent) font la publicité de leur produit sur ce thème : la 2e voiture.
    Maintenant, il est vrai que cela constitue un service assez pratique que les loueurs classiques ne proposent pas ou peu pour les gens qui n’ont pas de voiture et qui occasionnellement en veulent une au dernier moment. Mais à quel prix (financements publics, cout écologique, espace public, cadeau à bolloré etc.) ?

    Au final, Autolib n’est pas une grande réussite sur le plan « diminution du nombre de voitures ». Peut etre sur d’autres plans oui, mais pas celui la.

  19. bikeman

    Tout à fait, après, car si on essaie de comprendre la logique d’Autolib, on comprend son non sens : ajouter des voitures supplémentaires en libre service en ville, dans l’objectif de réduire le nombre de voiture en circulation dans la même ville…
    Mais c’est bien sur! Pour diminuer qq chose, j’en ajoute sur le marché!
    Logique!

    Si vraiment on a besoin d’une voiture, ça se loue, ça se partage, il y a le co-voiturage, les taxis (les vrais et les faux d’ailleurs!!) bref des solutions existent. ok, c’est peut -être moins souple mais pour un usage ponctuel, mais ça peut faire l’affaire.

    Le point encourageant du concept, c’est de proposer d’acheter l’utilisation d’un bien pour une période donnée, et non le bien en lui-même.
    Maintenant, bon courage pour aller expliquer ça aux drogués de la bagnole… et leur demander de lâcher leur sacro-sainte voiture…

  20. kw

    @alain « Si on vous disait: ceux qui sont végétariens décident de manger de la viande de boeuf au cheval et tout en mangeant se disent « tiens, je m’achèterais bien de la viande bio ».
    Ca sonne bizarre, non? »

    Non, si j’étais végétarien et que je me retrouve dans un pays où il n’y a quasiment plus aucun fruit et légume je serai bien content de pouvoir me dépanner avec de la viande bio. Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de cyclistes qui se disent tien je vais aller chercher mon pain en autolib pour le plaisir.

    Sinon, on s’interdit les transports en commun également… Il faut faire gaffe de ne pas se tirer une balle dans le pied.

  21. kw

    Je dis ça mais j’étais le premier à râler sur l’article qui disait que l’essence c’était mieux que le diesel ! La critique est facile !

  22. xtoflyon5

    Pour que l’Autolib-du-Pari(s)-Bolloré fonctionne à Lyon, il va y avoir du boulot…

    1. Lyon a déjà un système aussi nommé « Autolib », c’est le système France Auto Partage (http://www.franceautopartage.com), issue d’une asso et repris par Lyon Parc Auto, la société de parking du Grand Lyon, dirigé par… Le Grand Lyon (enfin, l’adjoint M. Voiture). Conflit sur le nom et le territoire.

    2. Autolib de Lyon est actuellement très pratique et, je pense contrairement à Autolib-Paris-Bolloré, réduit le nombre de voiture. C’est une location « tout compris », avec des voitures adaptées au besoin : micro-citadine, routière ou quasi-utilitaire (berlingo). Pas du tout électrique.

    3. Il y a aussi Car2Go, les Smart en libre service n’importe où, surtout pas là où on en a besoin et qui ne peuvent pas stationner hors agglo. Du Bolloré made in Germany quoi.

    Remarquez, si Autolib-Bolloré s’installait à Lyon, ce serait la preuve que c’est un système pour les copains et pas les citoyens !

  23. Jean-Marc

    Merci Apanivore,
    Entre le ton de l article (anti-espace vert, anti-Delanoé), et le ton des commentaires des parisiens… il y a une belle différence.

    D ailleurs, même le figaro n est pas d accord avec le ton de cet article du figaro, c.f.

    http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/01/07/19665-bienfaits-sur-sante-mesures-antipollution

    http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/03/04/19963-impact-diesel-sur-sante-est-on
    «une filtration des particules fines et ultrafines supérieure à 99,9% en nombre»
    en nombre (en poids plutôt, il me semble, ce qui est pire qu’en nombre…), mais pas en dangerosité :

    plus une particule est fine, plus elle est dangereuse.
    (les plus dangereuses sont celles sous 3 µm, car elles vont dans les alvéoles pulmonaires)
    or les particules en sortie de FAP sont plus petites qu en entrée…

    et surtout
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/03/28/01016-20130328ARTFIG00442-l-le-de-france-encrassee-durablement-par-la-pollution.php

    avec ce graphe :
    http://www.lefigaro.fr/medias/2013/03/28/PHOe43abb34-9789-11e2-9c3c-89fecf8148ea-805×300.jpg
    Où on voit très bien, en particulier dans la couronne, que les zones rouges sont des axes routiers,

    (la légende du chauffage au bois en plein mois de juin-juillet-août polluant plus que le diesel ne serait pas vraie ?
    ou alors, il faut en conclure que tous les voisins d’un axe routier se chauffent au bois, et aucun habitant d’une autre rue…)

    On voit aussi très bien que les plus pollués sont les parisiens

    ceci, alors que, par ailleurs, les parisiens sont, en IDF, ceux qui ont le moins de voiture…
    ils « profitent » de la pollution créée par les autres.

    c.f.
    http://www.manicore.com/documentation/sobriete.html
    en particulier 2 tableaux de fins de page :

    VariablesÉtudiées|Ville-centre|Banlieue|PériphérieUrbaine|PériphérieRurale
    Voitures/100 ménages|89|110|129|136
    % de diesel|24|26|31|36

    ils ont le moins de voitures,
    et leurs parc de voitures est le moins diesélisé
    (du moins, en déc. 94 : actuellement, s’ils sont tjrs ceux avec le moins de voiture, ils ne sont plus obligatoirement ceux avec le parc le moins diesélisé : il faudrait vérifier)

    remarque :
    les parisiens, sur l’ensemble habitation + véhicules, sont aussi ceux émettant le moins de GES de l’idf :

    Localisation|Paris neuf/ancien|Ensemble HLM petite couronne neuf/ancien | Lotissement pavillonnaire grande couronne neuf/ancien
    M2 par habitant |33|28|39
    Emissions liées au bâtiment (chauffage, entretien etc)
    |244/340|200/275|340/560
    Emissions liées aux déplacements
    |108|290|455|
    Total
    |352/448|490/565|795/1015|

    Donc les moins polluants, les moins voiturisé,
    mais les plus soumis à la pollution des voitures…
    normal qu’ils rêvent de rues piétonnes, et d’une pollution diminuée.
    et, comme ce sont des électeurs (les habitants de banlieux ne votent pas pour les maires d arrondissement de paris…), çà serait bien qu’ils soient plus entendu par leurs (futurs) élus.
    Delanoé a commencé, en particulier avec les voies sur berge, mais il reste encore bcp, bcp de travail à faire.

  24. CP

    Bonjour, j’ai laissé ma voiture aux frais trop onéreux pour un abonnement autolib’ à l’année, pratique en terme de stationnements et d utilisation, moins onéreux en terme de frais d essence et d assurance et peut etre en quelque sorte un peu moins polluant mais c est un sujet plus sensible… Par ailleurs je continue d’utiliser les transport en commun encore plus économiques pour le plus clair du temps.

  25. CP

    Selon moi, l’analyse de ce service ne peut se faire qu’avec un recul sur plusieurs année, et plus le parc automobile d’autolib’ s élargira plus de personnes verront un avantage certain à ne pas acheter ou racheter de voiture! Pour aller voir la famille, les amis, les sorties diverses de banlieue à banlieue avec un enfant par exemple, les transports en commun sont bien compliqués parfois… ce qui est une motivation d acheter une voiture… avec des stations sur un large périmètre le choix d’une autolib se fait… des sorties dans de nombreux sites historiques, touristiques, espaces verts, théâtres, musées, salles de concerts, festivals, alors trop difficiles d acces en transport en commun deviennent une option possible pour de nombreuses personnes, ça favorise l’ouverture sur de nombreux espaces et sur des horaires plus larges !!

  26. Struddelstruddel

    Et ça favorise la surconsommation électrique pour quelque chose qu’on pourrait faire à vélo et donc la justification de nos nombreuses centrales atomiques.

    Personne ne nie que c’est sûrement très pratique, mais on peut réellement remettre en question le côté indispensable de la chose par rapport aux dégâts que ça peut causer.

Les commentaires sont clos.