Vive la barbarie sur France Télévision !

Certains commentateurs s’offusquent actuellement du déroulement du « Dakar » en Arabie saoudite du 5 janvier au 17 janvier 2020. Selon eux, il s’agirait même du « Dakar de la honte » au prétexte que cette épreuve de spectacle motorisé se déroule dans un pays, l’Arabie saoudite, connu comme étant une théocratie sanguinaire. Mais c’est justement la place idéale pour le Dakar! Pour une fois, le spectacle motorisé qu’est le Dakar peut faire communier ses propres valeurs, « pétrole, réchauffement climatique, violence et mort » avec celles de l’Arabie saoudite.

Le Dakar et l’Arabie saoudite ont beaucoup à partager. Dans les deux cas, le projet idéologique est peu ou prou le même, l’automobilisme relevant lui aussi d’une certaine forme de théocratie sanguinaire. Le Dieu bagnole nécessite en effet son lot permanent de victimes, que ce soit dans les accidents de la route ou par la pollution de l’air. Le Dakar est le symbole d’une certaine forme d’économie pétrolière du gaspillage, cramer du pétrole et émettre du CO2 en faisant des ronds dans le sable.

Certains ont des pudeurs de gazelles sous le prétexte que l’Arabie saoudite pend ses opposants en haut de grues, découpe des journalistes au couteau dans des ambassades ou lapide des femmes sous des prétextes pour le moins discutables…

Nous répondrons à ceux-là qu’il faut savoir ce que l’on veut: l’Arabie saoudite fournit environ 10% de tout le pétrole consommé en France. Autrement dit, tous les 10 pleins d’essence, l’automobiliste français finance la pétro-monarchie saoudienne. Si on veut continuer à cramer du pétrole tranquillement dans les voitures des automobilistes français, il faudrait voir à ne pas être trop regardant sur le joyeux folklore médiéval de l’Arabie saoudite.

D’autres s’indignent de la présence du Dakar en Arabie saoudite sous le prétexte que ce pays est juste en train de commettre rien de moins qu’un génocide au Yémen en massacrant indistinctement civils, hommes, femmes et enfants à coup de bombardements ciblés ou de famine généralisée. Nous leur rappelons juste que les Saoudiens se contentent de balancer des bombes achetées entre autres à la France grâce à la manne pétrolière alimentée en partie par les automobilistes français. C’est peut-être un massacre, mais c’est un massacre français Monsieur!

On leur vend des bombes françaises et on s’étonne ensuite qu’ils les utilisent pour bombarder des gens? Les bombes ne servent pas à faire des trous dans le sable pour planter des tomates!

Alors, où est le mal? La course automobile la plus caricaturale qui soit se déroule dans le pays le plus caricatural qui soit. C’est une certaine forme de logique qui s’accomplit, on pourrait même dire que le Dakar rejoint enfin sa source (de pétrole) et va pouvoir pleinement exprimer ses valeurs, violence et mort, dans le pays qui en est le symbole.

On compte sur le service public télévisuel, France Télévision Sport, pour couvrir une fois de plus l’événement et nous ramener de biens belles images de lapidations, massacres, tortures et bombardements… Vive le sport sur France Télévision!

A vrai dire, la seule chose qui pourrait nous chagriner, c’est de constater une fois de plus l’inculture géographique abyssale des organisateurs de cette course. Pendant de nombreuses années, ils ont voulu placer en dépit de toute logique le Dakar en Amérique du Sud. On s’est moqué d’eux plus d’une fois et ils ont donc changé d’endroit, mais pour le placer désormais en Arabie Saoudite!

Quand on vous dit que la bagnole rend con…

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

7 commentaires sur “Vive la barbarie sur France Télévision !

  1. Tony Seven

    Petit poème à l’attention des organisateurs, concurrents et admirateurs du Dakar 2020 (de la part des enfants du Yémen)
    Bienvenue à vous, glorieux pilotes, dans notre belle péninsule arabique,
    Prenez bien du plaisir dans les ergs et les sables de notre désert.
    Nous espérons de tout cœur que les tonnes de gaz carbonique
    Que vos rutilants engins émettront, ne vous ont pas coûté trop cher,
    Grâce à la générosité de vos amis, nos gentils voisins d’Arabie Saoudite.
    Inutile de faire un petit détour, de dévier votre cap, pour nous rendre visite,
    Gardez vos médicaments, vos provisions, vos autos, vos motos et vos camions,
    Le bon Prince Ben Salmane nous envoie déjà ses bombes et ses avions.
    Dites-nous simplement, s’il vous plait, quand nous pourrons retourner à l’école,
    Dites-nous simplement, s’il vous plait, quand vous en aurez terminé avec le pétrole.
         Tony Seven, écrivain

  2. Mat B

    Ah Marcel Robert, mon héros! Mon hérault?

    Je suis bien content de vous croiser ici pour vous dire que j’ai adoré votre chronique http://carfree.fr/index.php/2012/01/27/de-lutilite-du-glaviot-en-milieu-urbain-hostile/

    Les commentaires étant clos sur celui ci, je me permets de vous en jeter un mot aujourd’hui.

    Il m’est arrivé un jour de chercher un article à propos du crachat sur les GCUM, tant je faisais face à l’incompréhension de mon entourage au sujet de cette pratique.C’est ainsi que j’ai connu carfree.fr et l’extase de lire des mots qui sortaient en même temps de mon cerveau, la symbiose parfaite.

    Je dois avouer que maintenant, mon assiduité connait des haut et des bas car ma femme ne supporte pas que j’use de cette technique, en particulier en présence de mes enfants ce qui est quasi général, mais je tiens à vous soutenir dans cette démarche. Mieux, je vous encouragerai même à créer un parti politique. Trève de glaviots, on s’attacherai à semer la zizanie entre police municipales et mairies, ça me semble être une technique avec des résultats très concrets.

    On peut aussi exporter de l’eau et le virus de la rhinite en Arabie Saoudite pour entrainer les locaux à s’exercer sur les participants.

  3. Pédibuspedibus

    peut-être que Madame et les enfants seraient ravis avec une autre technique, quasi incapacitante, pour les bouseux motorisés qui prennent pistes et bandes cyclables pour un parking, sans compter le réflexe pavlovien de jucher son carrosse ou sa bourrique motorisée à deux ou trois roues sur le trottoir… ?

    une vraie leçon de chose que ladite technique… ! cent pour cent naturelle… ! et qui s’intègre parfaitement dans de l’écologie urbaine pragmatique… en utilisant le do it yourself sans avoir à compulser le sommaire de la notice pour les nuls… alors voilà le mode opératoire…

    il faudra par contre en passer par un investissement minimum… oh peut-être moins de deux euros… histoire de se procurer un vaporisateur à un ou deux balles en plastoc… prévoir aussi une vieille passoire ou un filtre à café usagé, pour séparer la mixture défensive des éléments grossiers qui pourraient boucher la buse du vecteur désemmerdeur…

    laquelle va devoir rendre son secret de fabrication… tout est facilement récupéré dans ses propres déchets ménagers, à défaut dans les poubelles du voisinage, ou le terrain vague le plus accessible, voire son jardin perso si on a la chance d’en avoir un… :

    – orties fraîches

    – pelures de patates, ou de légumes en général – les pelures d’ognons et d’ail c’est du nanan… –

    – limaces si on en est victime dans son jardin

    – urine personnelle…

    le tout est à faire fermenter à l’ombre l’été, dans un endroit douillet l’hiver, dans un récipient hermétique – bocal de confiture, bouteille de vin avec son bouchon, sac bioplastique noué… – où on réduira quotidiennement la pression par ouverture pour libérer l’émission gazeuse du travail de fermentation…

    la délicieuse horreur nirvanique rhinencéphalique est atteinte au bout de quelques jours, dans les mêmes délais que l’innocente fabrication d’un nouveau levain pour le pain s’il se trouve qu’on est également boulanger dilettante…

    reste plus qu’à démarrer la guerre bactériologique en tranférant le précieux musc dans le vapo en plastoc… et à partir en chasse aux métallosaures mal garés…

    viser bien sûr les parties faibles, stratégiques… comme les chenilles d’un char…

    ce sera toutes les ouvertures possibles des quatre roues… : depuis l’orifice à la base des essuie-glaces jusqu’aux vitres mal refermées…

    ce sera évidemment sièges, poignées de guidons et autres calandres pour les bourriques à deux ou trois roues…

    la peste du Moyen-Âge est de retour avec ce judicieux procédé qui coûte pas un rond… ou presque…

    pour la réutilisation du vapo – par exemple pour s’humecter le visage au cours des canicules, rendues plus sévères encore par nos amis motorisés… – rien de cassé : de l’eau tiède avec une demi-cuiller à café de bicarbonate de soude… à renouveler si ça pue encore un pneu…

    boaaa

     

     

  4. Mat B

    @Pedibus.

    Ayant ma cadette encore en couche, il m’arrive parfois d’aller essuyer les plus chargées sur des poignées de portières. Alors le rayon d’action est moins important mais depuis que j’en use, il y a moins de voiture qui stationnent devant chez moi avec l’auto radio à fond au beau milieu de la nuit.

    Le compost… check itou

    C’est y pas beau la nature?

  5. Pédibuspedibus

    bah un peu de répulsif anti-gnognoles ça peut pas faire de mal…

    et tout ce qui pue ne tue pas…

    sinon on ne se reproduirait plus…

  6. AAlain

    L’Arabie Saoudite ? C’est n’est pas illogique non plus.

    C’est grâce à nous, à nos voitures et à l’essence qu’on y met dedans que ce pays est ce qu’il est.

  7. Lydie

    Rien ne change depuis des années sur le front de l’énergie de son utilisation du comportement des humains avec une minorité qui tirent les ficelles pendant que la majorité se meurt ou se déchire sans arriver à renverser le sens de la marche.

    D’un coté les engagés dans un combat pour revenir à une meilleure qualité de vie dans le respect de la nature et de l’humain

    D’un autre coté les financiers qui dictent leurs lois et entassent des tas d’or en tuant, en pillant la nature, en spoliant leurs semblables.

    Et au milieu les dubitatifs, les indécis, les incrédules qui adhèrent par la force des choses à la dictature des finances pour survivre avec les subsides qui leur sont laissés.

Les commentaires sont clos.