Attestation de déplacement automobile dérogatoire

La lutte contre le réchauffement climatique prend un coup d’accélérateur (passez-nous l’expression) grâce à Greta Thunberg et sa Skolstrejk för klimatet (« grève scolaire pour le climat ») débutée en 2018. En 2019, la pire canicule jamais enregistrée s’abat sur l’Europe, puis des incendies d’une ampleur inégalée ravagent l’Australie. 

Le 4 mars 2020, l’Union européenne prend enfin des mesures concrètes pour enrayer les émissions polluantes et adopte un règlement établissant le cadre requis pour parvenir à la neutralité climatique. Hasard du calendrier, ce règlement entre en vigueur alors que la quasi totalité des pays membres de l’Union luttent par des moyens inédits contre le coronavirus.

Autoroutes et villes désencombrées grâce aux déplacements fortement limités, nuisances sonores en forte baisse, recrudescence de l’usage du vélo et de la marche à pied (Belgique, Allemagne…), les « avantages collatéraux » des techniques de luttes contre la propagation du COVID-19 inspirent une première mesure qui, de source sûre, entrera en vigueur dans les 27 pays de l’Union européenne dès la levée du confinement.

Les Français·e·s, Espagnol·e·s et Italien·ne·s se sont habitué·e·s à remplir une attestation dérogatoire avant chaque déplacement depuis l’instauration des mesures de confinement. D’ici quelques semaines, l’ensemble des Européen·ne·s devront remplir un formulaire que Carfree.fr a pu se procurer en avant-première, avant chaque déplacement en voiture.

Le principe est simple: l’usage d’une automobile, quelle que soit sa motorisation, est par défaut proscrit. En revanche, tout citoyen pourra déclarer que, dans le cas précis du déplacement envisagé, les alternatives que sont la marche, le vélo, et les transports en commun ne sont pas une option, et en justifier la raison.

Tout comme pour le confinement, une certaine interprétation est laissée à la discrétion des individus. À chacun·e de juger ce qu’il·elle considère comme une « distance à parcourir trop longue » (à pied et à vélo), et « une durée démesurée consacrée à l’attente et au transport » (transports en commun).

Carfree.fr ne peut que se réjouir de la fin du droit inconditionnel de rouler en voiture. Une adolescente rebelle et un drôle d’animal exotique auront décidément induit des changements radicaux dans nos modes de vie!

olivierharicots

A propos de olivierharicots

Habitant à Bruxelles et ayant voyagé à vélo dans pas mal de pays d'Europe, je suis sensible à la question de la mobilité principalement en lien avec la justice sociale et climatique.

9 commentaires sur “Attestation de déplacement automobile dérogatoire

  1. jol25

    J’hésite: est-ce que la blague concerne le formulaire, ou la proposition de règlement européen ?

  2. Olivier

    Amusant!

    L’argument pourrait être sanitaire également : combien de personnes engorgent les hôpitaux à cause d’un accident qui auraient eu moins de conséquences si les alternatives à la voiture étaient le réflexe ? Combien de piétons ou cyclistes ne seraient pas renversés par des voitures parcourant 3km par beau temps ?

     

  3. Bruno

    Perso je vois de plus en plus d’automobilistes qui viennent seuls en campagne en voiture pour promener… leur chien! Je me demande quelle case ils cochent…

  4. Cabanneenpaille

    Ha ha , ce serait merveilleux, toutes ces routes libérées pour nous!

  5. Pédibuspedibus

    aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah… ! quel doux breuvage que ce beau boisson… euh poison d’avril…

    boaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

    (dernier soupir… )

  6. Lydie

    Superbe poisson d’Avril et plein d’humour car certains doivent hurler en lisant les lignes en doutant: c’est du lard ou du cochon?

    Sur un registre différent par rapport au texte mais dans la même veine pour arriver dans un monde meilleur.

     La première action ne serait-elle pas de s’attaquer à la cause: l‘extraction du pétrole et du charbon, ainsi qu’au dix/quinze paradis fiscaux et la cohorte machiavélique qui les accompagne.

    Deuxième action agir sur les conséquences induites le mode de consommation, d’habiter, de travailler, de se déplacer, de se distraire, le vivre ensemble.

    Les propos entendus jusqu’à présent, et les actions conduites ne permettent pas d’être très optimiste sur ce plan. Saurons nous nous saisir des opportunités avec une remise en cause en profondeur de nous tous possible à travers cette pandémie.

    Persévérons dans les actions en donnant du sens pour permettre d’aller vers un avenir qui préserve la santé de tous, en respectant la terre qui prend une sacré revanche sur l’homme à force de jouer les apprentis sorciers.

     

  7. Cartigny

    Ce poisson d’avril est très bien fait! Mais si seulement cela pouvait être vrai ! Le formulaire est très bien conçu et pourrait servir dans la vraie vie si cette mesure vraiment efficace pour lutter contre le réchauffement climatique était adoptée. En revanche, la circulaire européenne indique comment dépenser de l’argent public pour mettre en place des mesures qui ne sont pas encore prises! En clair, ils ont les objectifs, l’argent, mais reste à faire le plus important : la loi!

  8. Olivier

    Blague à part, Cartigny, l’imposer ne fonctionnerait pas. Mais maintenant, quand quelqu’un me regardera de travers quand je lui dis que je n’utilise pratiquement jamais la voiture et m’assaillera de questions pour tenter de me reconvertir à la bonne croyance, je pourrais lui faire remarquer que ma démarche personnelle est similaire à rédiger mentalement ce type d’attestation pour chacun de mes déplacements.

    C’est la grande différence entre la contrainte choisie et la contrainte subie.

    Je lisais ici ou ailleurs une analyse intéressante sur le rôle de l’habitude dans le choix du mode de déplacement quotidien, il y était dit qu’une nouvelle habitude se prenait plus facilement accompagnée d’un changement de contexte. L’exemple pris était la grève de décembre à Paris, mais l’immobilisation forcée que l’on vit aujourd’hui en est une autre.

    Inutile d’essayer de convaincre les plus réfractaires, mais pour les personnes de notre entourage qui hésitent, ou sont déjà à moitié convaincus, suggérer d’essayer autre chose après cette crise fonctionnera peut-être, sans passer par la loi.

    D’ailleurs, sans parler de passer par la loi. J’aimerais au moins voir le gouvernement en profiter pour promouvoir le vélo, comme le font l’Allemagne ou la ville de New York, plutôt que de mettre tous les vélos dans le panier « sport et loisir » et le rendre pratiquement interdit. Si il y a un moment où ce type de campagne fonctionnerait bien, c’est bien maintenant, parce que de leurs côtés les constructeurs automobiles savent très bien où placer l’argent en cette période d’inactivité : la pub.

Les commentaires sont clos.