Nicolas Sarkozy au Salon de l’auto : un double discours pire que celui des constructeurs !

Greenpeace condamne le double discours tenu par Nicolas Sarkozy depuis le Mondial de l’automobile. « En matière d’environnement, le président de la République a le verbe haut mais la pratique déplorable« , déclare Anne Valette, de Greenpeace en France. Au Mondial de l’auto, il prétend vouloir développer les voitures efficaces. Mais, à Bruxelles, dans le cadre des négociations sur la législation sur le CO2 des automobiles, il défend des objectifs au rabais.

Inacceptable double discours
Il y a dix jours, la France a proposé à ses partenaires européens un compromis sur la réglementation, qui autoriserait les véhicules neufs vendus en Europe à émettre en moyenne 161 g de CO2/km en 2012, soit plus encore qu’aujourd’hui (moyenne 2007 : 158 g de CO2/km). « Autant ne pas légiférer du tout !, reprend Anne Valette. Pour protéger les profits d’une poignée d’industriels et assurer un succès de façade de la présidence française de l’UE, Nicolas Sarkozy pousse l’Europe à brader la lutte contre le dérèglement du climat et la défense du pouvoir d’achat. »

La voiture électrique : « demain, on rase gratis ! »
Moteur à l’hydrogène ou voiture électrique : plutôt que d’agir dès aujourd’hui sur les moteurs à explosion en leur appliquant les technologies qui sont déjà au point et permettraient de les rendre beaucoup plus économes et efficaces, les constructeurs nous font miroiter depuis des années des projets qui ne seront jamais disponibles à temps. Tous les experts du climat le disent : pour contenir les effets du dérèglement climatique, il nous reste 100 mois pour agir. Par ailleurs, pour Greenpeace, le développement d’un parc de voitures électriques ne sera une solution acceptable pour l’environnement qu’à partir du moment où l’électricité sera produite à partir de sources renouvelables, ce qui exclut, bien sûr, le nucléaire.

400 millions d’euros : inacceptable cadeau aux constructeurs
À l’heure où les citoyens s’inquiètent de la crise financière et de la fonte de leur pouvoir d’achat, il est scandaleux que l’État français offre 400 millions d’euros pour financer la recherche en matière de voitures moins polluantes. « Nicolas Sarkozy souffle le chaud et le froid, déclare Anne Valette. Il débloque 400 millions d’euros d’argent public et, dans le même temps, il condamne la législation européenne sur les émissions de CO2, qui permettrait de développer réellement le marché des voitures plus respectueuses de l’environnement ! »

Crise économique, climatique, énergétique : même combat !
Les délocalisations opérées ces dernières années dans le secteur automobile ne sont pas le résultat de contraintes environnementales. À l’inverse, l’imposition de normes strictes renforcerait la capacité d’innovation de l’industrie européenne et la mettrait à la pointe des avancées technologiques dans le monde. « L’État doit guider les industriels dans la bonne direction et favoriser les innovations respectueuses de l’environnement et économes en énergie, confirme Anne Valette. Une législation ambitieuse sur les émissions de CO2 des voitures enverrait un signal fort au marché, alors que ne rien faire pour contenir le dérèglement du climat aura un coût très élevé : 5 500 milliards d’euros. »

Ce que demande Greenpeace
Le Président français doit défendre une réglementation européenne qui limite la moyenne des émissions à 120 g de CO2/km d’ici à 2012 pour l’ensemble de la flotte et qui fixe dès aujourd’hui un objectif de 80 g de CO2/km à l’horizon 2020 excluant toute révision à la baisse de cet objectif.

Source: www.greenpeace.org

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