Autophobie

autophobia

Le comité des constructeurs français d’automobiles fait semblant de s’intéresser à l’autophobie (Le Monde du 19 juin). Mais les dégonfleurs de pneus de 4×4 sont toujours aussi rares. Peu importe les tares de l’automobile, anarchie urbaine, dérèglement climatique, individualisme forcené, elle est entrée dans les mœurs.

Et puis les gens se disent o-bli-gés d’avoir leur bagnole. Surtout faut pas les culpabiliser, ils ne sont pas responsables d’aller véhiculer leur bambin à l’école à 4 pas du domicile familial. Alors, que la voiture individuelle devienne un gage de liberté en Chine, rien de plus normal. Déjà en Amérique, de par sa sujétion à l’automobile, l’homme a commencé à perdre l’usage de ses jambes. Les Chinois suivent la même voie de garage. L’autophobie ne peut qu’être une pensée réactionnaire du type retour à l’âge du parcours pédestre.

Alors je me console en relisant Vivre sans pétrole de J.A. GREGOIRE , livre de 1979 : « L’observateur ne peut manquer d’être angoissé par le contraste entre l’insouciance de l’homme et la gravité des épreuves qui le guette. Comme le gouvernement crie au feu d’une voix rassurante et qu’on n’aperçoit pas d’incendie, personne n’y croit. Jusqu’au jour où la baraque flambera. Comment l’automobiliste pourrait-il admettre la pénurie lorsqu’il voit l’essence couler à flot dans les pompes et lorsqu’il s’agglutine à chaque congé dans des encombrements imbéciles ? Cette situation me paraît beaucoup plus inquiétante encore que celle des Français en 1938. Ceux qui acceptaient de regarder les choses en face apercevaient au-delà des frontières la lueur des torches illuminant les manifestations wagnériennes, ils entendaient les bruits de bottes rythmant les hurlements hystériques du Führer. Tous les autres refusaient de voir et d’entendre. On se souvient de notre réveil en 1940 !

Apercevoir la fin des ressources pétrolières, admettre son caractère inéluctable et définitif, provoquera une crise irrémédiable que j’appellerai crise ultime ».

Source: http://biosphere.blog.lemonde.fr/

Nuit Grave

A propos de Nuit Grave

Rédacteur du site Carfree France, spécialisé dans les questions relatives à la destruction de la santé et de l'environnement

4 commentaires sur “Autophobie

  1. Infernus19

    « Les gens sont obligés d’utiliser leurs bagnoles ». Si vous habitez à la campagne et que vous voulez en ville vous faites comment? En vélo? 15 km en vélo, pour peu qu’il pleuve, c’est une balade sympa à faire remarquez…

  2. Colibri

    @INFERNUS19:

    Et voilà les poncifs habituels, avec la même malhonnêteté dans les arguments contre l’usage du vélo :
    – « habiter à la campagne » : on l’a assez dit, la plupart des Français habitent en zone urbaine, c’est à eux que s’adresse majoritairement ce message (mais pas seulement)
    – « faire 15 km » : là encore, personne n’a dit que le vélo était le plus adapté pour des parcours de cette distance (bien que ce soit faisable si l’on veut). Au lieu de faire 1h de gym payante, on peut faire 15km en 1h d’exercice justement.
    – « il pleut (averse sous entendu, voire le déluge) » : c’est bien connu en France c’est un climat tropical humide, il pleut tous les jours, à toutes les heures. Et en été, vous ne prenez pas votre vélo pour autant, alors où est l’argument ? Et un vêtement de pluie, vous savez ça existe, il y a même des peuplades étranges qui habitent le nord de notre continent et qui s’en servent quand ils font du vélo sous la pluie. Des malades je vous dis !

  3. Infernus19

    Je n’insinues pas qu’il pleut tous les jours. Il arrive comme tu le dis qu’il ne pleuve pas. Je dis juste que le vélo n’est pas la réponse à tout. Habitant en Corrèze, c’est parfois un juste pour ce servir du vélo. Si tu ne me crois pas, je te conseille juste de faire le trajet Spontour – Neuvic en vélo…
    Après, tu vas surement répliquer en me disant que les bus et les autocars ça existe. Alors oui, ça existe. Mais pour le moment, les bus ne desservent pas les villages qui comptent moins de 500 habitants.

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