La publicité, premier frein à un monde sans voitures

Je ne pense pas me tromper en publiant sur carfree cet article qui relaie un appel à cotisation de l’association « Résistance à l’Agression Publicitaire ». Cette association combat l’hydre publicitaire depuis 1992. Elle ne combat pas la société du tout-voiture, et pourtant en tant que militant anti-publicitaire et anti-voiture je suis intimement persuadé que les deux sont liés – et plus exactement que le second a besoin du premier.

La publicité provoque de graves problèmes sociétaux. Parmi ceux-ci citons par exemple : ciblage agressif de nos enfants, manipulation mentale, vecteur d’une idéologie anti-sociale, pollution visuelle, pollution énergétique, sexisme, privatisation de l’espace public, marchandisation des corps, coût, destructions d’emplois, etc.

L’un des effets pervers les plus marquants de la publicité, que je souhaite mettre en lumière dans ce message, concerne l’ensemble des combats militants qui sont menés par la plupart d’entre vous (anti-nucléaire, anti-aéroport, faucheurs, décroissance, et bien entendu anti-voiture, pour n’en citer que quelques-uns). Je suis intimement convaincu que ces combats ne pourront pas remporter de victoire décisive tant que la publicité, vecteur de propagande en faveur du système, ne sera pas remise à sa place. Que peuvent les militants face aux 700 messages publicitaires reçus chaque jour en moyenne par les Français ?

L’objectif de cet article est de relayer un appel à adhésion à l’association « Résistance à l’Agression Publicitaire » (RAP), dont je suis membre actif, et que vous trouverez à l’adresse suivante : http://antipub.org/spip.php?breve26.

J’ajouterai simplement une chose à cet appel. Le combat antipublicitaire, mené notamment par RAP, a déjà gagné la bataille des idées. Tout le monde est avec nous : la justice avec la relaxe récente des Déboulonneurs de Publicité1, le monde scientifique avec notamment l’article publié dans Le Monde en 2012 par six chercheurs du CNRS en sciences cognitives2, le gouvernement avec le fait que les associations antipub sont systématiquement invitées aux travaux sur le sujet, le législateur avec le fait que la loi sur la publicité se trouve dans le Code de l’Environnement au livre V intitulé « Prévention des pollutions, des risques et des nuisances »3, et enfin les citoyens d’après les sondages effectués4.

Mais si nous avons gagné la bataille des idées, celle-ci ne se transforme malheureusement pas en victoire sur la publicité malgré les différents travaux menés avec le gouvernement. En effet, il reste un frein majeur : les parlementaires et le gouvernement ne s’intéresseront à notre combat que lorsque les associations antipub seront massivement soutenues par les citoyens, ce qui n’est pas le cas actuellement. Nous avons besoin de votre soutien, non pas financier, ni même en terme de disponibilité5, mais surtout pour montrer que nous sommes représentatifs d’une large part de la population, pour que lorsque nous allons négocier avec le gouvernement, nous puissions clairement dire que la population est derrière nous ! Le bulletin d’adhésion se trouve à l’adresse suivante : http://antipub.org/spip.php?article23. L’adhésion de base est de 5€.

N’hésitez pas, bien entendu, à soumettre vos commentaires et questions en dessous de cet article : je me ferai un plaisir d’y répondre!

Vous pouvez également me contacter directement à l’adresse roger point delogo arobase yahoo point fr

1. http://deboulonneurs.org/article656.html
2. article du Monde du 26/06/2012 intitulé « la publicité peut avoir des effets nocifs sur la société »
3. http://www.legifrance.gouv.fr/
4. Citons ici un sondage commandé chaque année par les professionnels de la publicité eux-mêmes, réalisé par TNS-SOFRES / AUSTRALIE, que vous trouverez à l’adresse suivante : http://antipub.org/IMG/pdf_PubliciteSociete2012.pdf, et qui indique que les sondés trouvent la publicité envahissante (76%), agressive (54%), dangereuse (50%), que la quantité de publicité augmente (85%), qu’il y a trop de publicité (81%), et finalement que 32% d’entre eux se déclarent clairement publiphobe.
5. Nous ne crachons cependant ni sur l’un ni sur l’autre. Si vous avez plein d’argent à donner, nous acceptons avec joie. Si vous avez du temps à nous offrir, nous acceptons avec encore plus de plaisir !

Roger Délogo

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Contributeur de Carfree France

82 commentaires sur “La publicité, premier frein à un monde sans voitures

  1. Guillaume

    « L’adhésion de base est de 5€ » -> Hum, cette phrase est trompeuse… L’adhésion « de base » est à 25€ sauf tarif social petit budget (chômeur, RMIste) ou très petit budget (RSA).

    Je ne vais pas mentir et choisir « très petit budget »… J’étais prêt à lâcher 5€ les yeux fermés, je suis peut-être prêt à lâcher aussi 25€ mais vachement moins les yeux fermés. Si vous souhaitez vraiment un très grand nombre d’adhérents et que ce n’est pas un appel aux dons, je ne comprends pas trop cette politique tarifaire, ça risque de limiter fortement la réussite de la campagne.

    Sans ça, je vous soutiens pleinement, je suis ouvertement hostile à la publicité, bravo pour votre action !

  2. Struddelstruddel

    Vanter les mérites de son produit avec une publicité informative et comparative sur des lieux précis (sites de vente, catalogues, sites comparatifs) ne me semble pas à combattre à tout prix, tant que l’humain a le choix de devenir ou non consommateur à un moment précis et d’aller lui même à la recherche de l’information car il a un besoin.

    Je ne suis pas anti-consommation, et dons pas anti-publicité, mais milite contre la sur-consommation déraisonné et donc contre la publicité invasive présente quoiqu’on face, quoiqu’on veule, quel que soit le moment en nous dirigeant absolument vers la consommation même lorsqu’on n’aspire pas un seul instant à le faire.

    Le problème est que l’humain est déraisonné : donnez lui la possibilité de consommer, il sur-consommera, donnez lui la possibilité de se déplacer, il utilisera une tonne de métal et 30 L de pétrole pour le faire, donnez lui la possibilité de vendre en produit et d’en vanter les mérites, il expliquera à la planète pourquoi on ne mérite pas d’exister si on ne possède pas son produit.

    Et tant pis pour les raisonnés, c’est tout, ou c’est rien.

    Cool !

  3. Roger DélogoRoger Délogo

    Bonjour

    @Guillaume : Effectivement l’adhésion « de base » est à 25€, mais il est tout à fait possible de choisir l’adhésion à 5€ si 25€ semble trop élevé. C’est à chacun de choisir, et si 25€ est un montant trop élevé pour adhérer, quelqu’en soit la raison, il ne faut pas hésiter à choisir celle à 5€.

    @Struddel : Ainsi que le nom de l’association le laisse entrevoir, RAP n’est pas « anti-publicité », puisqu’elle lutte contre « l’agression publicitaire ». Il ne s’agit pas de détruire toute forme de publicité (ce qui reviendrait, pour le coup, à tomber dans l’extrême inverse de la situation actuelle), mais bien à remettre la publicité à sa place, à lui rendre sa fonction informative en lui retirant son extraordinaire capacité de nuisance. Un exemple tout bête : la revendication « affiche de 50x70cm maximum » (soit 0,35m²), soutenue par l’ensemble des associations anti-pub (Déboulonneurs, RAP, etc.) permet de s’assurer que l’affiche, dans la rue, reste à une taille raisonnable, et permet aux gens qui souhaitent la voir de la regarder, tout en autorisant les autres à ne pas la voir. Un peu plus difficile lorsque l’affiche fait 8m²…

    Pour en savoir plus sur les revendications de l’association, lire le manifeste : http://antipub.org/spip.php?article287

  4. rétropédaleur

    Je méne ma petite guérilla perso contre la publicité dans les boites aux lettres. Avez vous remarqué que la plupart des gens en ont ras le bol et quer les autocollants « pas de pub » fleurissent sur les boites à lettres. Les « fils de pub » se vengent donc en bourrant doublement les boites à lettres qui n’ont pas d’autocollant de leurs saloperies de prospectus destructeurs de forets, sans compter les flyers qui se multiplient, coincés derrière les panneaux de signalisation, ou dans toute infractuosité qui s’y prête. C’est vraiment moche. Je me fait fort de les ôter systématiquement dés qu’ils apparaissent dans mon quartier!

  5. Struddelstruddel

    Merci pour les précisions ROGER DÉLOGO, dans ce cas, je suis tout à fait d’accord et m’en vais en apprendre plus sur association.

  6. seghux

    Une simple observation des pubs télé ou magazine permet de constater la place prépondérante des autos parmi toutes les autres marchandises vantées par les publicités.

    Qui paie le bal mène la danse et il est très peu probable de voire des journalistes ayant assez de courage pour développer des sujets qui remettraient en cause la place de l’automobile dans la société.

    Le constat est sans doute amer mais nous vivons dans une société dans laquelle la liberté d’expression n’est qu’une image insipide sur du papier glacé, une image de « liberté d’expression » coincée entre une image de pute débraillée vantant la dernière lessive et une image du dernier 4*4 de chez merdesept.

    Nous avons beaucoup de chaînes de télévision, nos buralistes croulent sur les magazines et nos ondes sont saturées de station et c’est ce foisonnement qui indique la « bonne santé » de la liberté d’expression d’un pays. Or, tout cela pour traiter des sujets dont la vacuité n’a d’égal que l’insipidité. Le rien fait tourner le vide.

    Le plus est l’ennemi du bien.

  7. apanivore

    Si l’action de RAP semble louable, il y a quand même un flou que le site de l’association ne lève pas concernant la façon dont est dépensé l’argent des adhésions et des dons. Je ne vois pas ce qui justifie un tarif « de base » aussi élevé qui me semble en contradiction avec la volonté d’augmenter le nombre d’adhérents.

  8. alain

    Le pb, c’est le compromis:
    On appelle à des panneaux en 70×50. C’est mieux que du 4x3m, mais c’est toujours de la pub malsaine et plus petite.
    Sur le site du RAP, dans la rubrique télévision, on appelle à la suppression de la pub sur les chaines publiques mais le capitalisme publicitaire reste donc présent sur les chaines privées?
    Et pour les revues et tout support papier?

    En fait, çà ne va pas assez loin parce que ce monde est trop dur à réformer, alors plutôt que d’appeler à la fin totale de la publicité, on trouve des compromis certes utiles mais finalement qui ne remettront certainement en cause la société.

    Bien sûr, il ne faut pas être « ‘extrémiste » alors de compromis en compromis, de renoncements en renoncements.

    C’est ainsi dans beaucoup de cas: les 0,9% d’OGM dans le sans-OGM BIO par exemple. Et puis le portable dont il faut réduire le DAS mais ne pas interdire. Et c’est idem pour les voitures, il faut les restreindre mais pas totalement les interdire (parce que les pompiers, les ambulances et blablabla). Bref, changer sans tout changer. Et finalement finir dans le transhumanisme parce qu’à vouloir remettre en cause sans vouloir changer tout, on ne change qu’à la marge, mais le rouleau compresseur roule toujours.

  9. alain

    Tout çà pour dire, en conclusion, qu’on ne peut/veut pas se battre pour une forêt car le combat serait trop dur, alors on se bat pour un arbre histoire de se dire qu’on se bat, mais le résultat, c’est qu’un arbre n’est pas une forêt.

  10. StruddelStruddel

    Ou alors on n’est pas contre la publicité, mais effectivement contre son agressivité et son omniprésence.

    Une publicité comparative et informative est utile pour qui souhaite consommer de façon raisonnable en choisissant le produit le plus adapté à ses besoins, donc, oui, j’avoue être le client d’une certaine publicité, sans supporter pour autant son agression quotidienne.

    Chacun ses idéaux, bien évidemment, mais je combattrais tout autant une société qui empêche toute liberté de consommation et qui m’impose ses choix car elle ne peut pas savoir ce dont j’ai besoin ou non à ma place qu’une société qui consomme à n’en plus pouvoir en imposant ses produits à coup de publicité pour imposer son produit à acheter à tout prix car elle ne peut pas savoir ce dont j’ai besoin ou non à ma place.

    Les excès ne sont bons ni dans un sens, ni dans l’autre, être raisonnable ça serait pas mal parfois …

  11. Alain

    Struddel:
    Rappelle moi quand est née la publicité et rappelle moi quand l’homme a commencé à assouvir ses besoins. Compare les deux dates et dis-moi si la publicité est un élément essentiel de la vie…

    Tout ce qu’on connait maintenant et qu’on utilise, soit on l’accepte tel quel (la masse), soit on demande d’en éliminer quelques excès (comme toi), soit on demande à s’en affranchir totalement (comme moi).
    Ce pb s’est déjà posé: il suffit de regarder la révolte des luddistes.
    Il y’avait ceux qui s’en foutaient (la masse), ceux qui voulaient éliminer les excès des machines, ceux qui ne voulaient pas en entendre parler (les luddistes). Moi, j’aurais été des côté des luddistes.

  12. Seghux

    Vivant dans une société dans laquelle le taux de croissance est l’expression même de toute politique, nous ne pouvons vivre QUE dans l’excès. Cela suppose de consommer toujours plus, de créer de nouveaux besoins grâce à la pub pour fabriquer toujours et encore plus d’objets qui feront tourner les usines à plein régime.
    La publicité n’a aucune utilité sociale et ne tire certainement pas notre civilisation vers le haut, vers le bien, le juste et le vrai.

    La surconsommation de nos pays occidentaux se fait au détriment du bien vivre des pays pauvres de ce monde et surtout d’une très grande majorité d’habitants de cette planète qui crèvent sur cette planète pendant que nous nous posons des questions sur la marque de shampoing à choisir. Cela frise l’indécence !

    Il n’y a pas à bavasser sur la surface des affiches publicitaires mais agir pour leur suppression.
    Quant à la publicité télévisuelle, il ne faut pas oublier que c’est la publicité qui finance la plupart des programmes débiles – la mire est largement préférable à un très grand nombre d’émissions.

    Pier Paolo Pasolini était un prophète lorsqu’il indiquait que la société de consommation (qui se base sur la propagande publicitaire) était un fascisme pire que celui de Mussolini (qu’il traitait de bouffon).
    http://ragemag.fr/pasolini-et-le-fascisme-de-la-consommation-25786/

  13. Struddelstruddel

    Struddel:
    Rappelle moi quand est née la publicité et rappelle moi quand l’homme a commencé à assouvir ses besoins. Compare les deux dates et dis-moi si la publicité est un élément essentiel de la vie…
    ______________________

    La publicité n’est pas essentielle à la vie non, elle n’est pas utile pour boire, ni pour manger. En revanche, il est étrange de voir certains communiquer sur leur ordinateur, lequel ne serait jamais arrivé chez eux sans la publicité.

    Etre jusquauboutiste, c’est bien, l’assumer, c’est mieux.

  14. Roger DélogoRoger Délogo

    @Retropédaleur:
    RAP combat effectivement le bourrage des boites aux lettres par la publicité non sollicitée.
    Revendication principale : que les autocollants STOP PUB soient respectés sous peine de poursuites (oui, aujourd’hui, ces autocollants sont indicatifs et il n’est pas obligatoire de les respecter).
    Bien entendu, on voit plus loin, et on aimerait inverser la charge de l’affichage de l’autocollant, de manière à ce que ce soient à ceux qui veulent de la pub de mettre un « OUI PUB » sur leur boite aux lettres…

    @Struddel:
    Je crois que vous avez votre place dans l’association !
    N’hésitez pas à la contacter directement ou à me contacter par courriel si vous avez envie d’en découdre avec l’hydre publicitaire 🙂

    @Sébastien :
    8m², la surface au sol d’une voiture, la surface d’une petite chambre. Enorme. Et encore, je ne parle pas des fameux 4×3, c’est à dire 12m² !

    @Apanivore :
    L’argent sert principalement à payer le salarié, le loyer et le téléphone du local de l’association. Cela permet aux adhérents bénévoles de se focaliser sur le combat anti-publicitaire, d’avoir une veille législative et médiatique efficace. Cela permet à l’association de vivre sans dépendre de subventions et sans avoir recours à la publicité pour se financer 😉

    @Alain :
    Interdire totalement la publicité, c’est interdire les pages jaunes. Les panneaux indicateurs. Les enseignes. C’est interdire à quiconque de dire qu’il existe, de présenter son activité. Les militants n’auront plus le droit de faire entendre leur voix, les associations seront réduites au silence. Impossible de connaître les artisans de notre ville.
    Réclamer la destruction totale de la publicité, c’est la voix de la facilité – que je comprends parfaitement, c’est une réaction allergique à l’extraordinaire agression de la publicité actuellement. Mais répliquer à un extrémisme par un autre extrémisme n’est pas, de notre point de vue, la voie à suivre. Remettre la publicité à sa place nous parait plus judicieux.

    L’allégorie de l’arbre et de la forêt est intéressante, mais dans ce cas il faudrait comparer les 12m² autorisés par la loi aux 0,35m² que nous réclamons. Et en l’occurrence, notre revendication revient à réduire la place de la publicité de 97%. Autrement dit, on se bat contre la forêt et on laisse l’arbre à la fin, et non l’inverse.

    Enfin bon, RAP effectue un travail titanesque depuis 1992 contre l’agression publicitaire et ses méfaits et il me semble que c’est la seule association anti-pub de France. Ne pas la soutenir sous pretexte qu’elle ne va pas assez loin, c’est prendre une posture « puriste » et in fine se contenter d’espérer que le monde change de lui-même.

  15. Struddelstruddel

    Assez d’accord avec le dernier paragraphe, et de façon plus générale, vouloir imposer un extrémisme sans susciter l’envie des gens, c’est se heurter à une réaction violente, un non catégorique bien pire que celui d’avant encore ouvert à la raison.

    Les gens marchent à l’envie et au désir, c’est pour cette raison que la société de consommation marche si bien, en provoquant le désir chez l’humain, les sociétés créent des consommateurs, en entraînant le désir, elles entretiennent la consommation.

    La diminution de l’espace alloué à la publicité permet d’arriver à un compromis qui ouvre une porte de choix, de modération et de libre arbitre aux gens, et qui semble donc acceptable et recevable.

    En imposant un extrême, on ferme les possibilités et on contraint, on emprisonne le mental des gens dans un choix préconçu pour eux, mais sans susciter de désir : les gens refuseront en bloc car une entité extérieur leur impose un comportement (réaction classique à l’autorité extérieur).

    Le marketing impose un même choix préconçu, mais en suscitant le désir et l’envie, donne à l’individu l’impression que ce choix préconçu vient de lui, et lui fait donc accepter ce choix.

    Comment est-ce que les partis extrémistes des années sombres sont-ils arrivés au pouvoir ? Grâce à la publicité : une propagande destinée à susciter le désir et l’envie du pouvoir proposé.

    Sans aucune publicité, imposer un monde sans publicité dans un monde qui la subit et qui l’accepte à ce point semble impossible autrement que par la force, le serpent se mord la queue.

  16. Laurent

    @ROGER DÉLOGO

    Beaucoup de confusions dans vos propos.
    Il n’y a aucune comparaison possible entre l’association qui affiche pour un événement local, y compris de manière sauvage et le système publicitaire qui fait de l’espace urbain ou du temps de cerveau disponible son commerce pour vendre un produit.
    Le but d’un publicitaire est d’interpeller une « cible » commerciale pour lui vendre un produit. Face aux nombre de publicités sous lesquelles nous croulons, les fils de pub vont de plus en plus loin pour interpeller les consciences avec des images ou des slogans choquants.
    C’est pourquoi on voit des femmes dans des pubs (affiches ou télé) qui se dénudent de plus en plus (entraînant par conséquent une sexualisation plus précoce des enfants) par exemple.
    De même, il faut savoir que les publicitaires utilisent beaucoup les enfants car ils savent que ce sont des prescripteurs d’achats auprès des parents.

    La méthode la plus saine serait que ce soit les individus eux-mêmes qui fassent l’effort de rechercher les informations à propos d’un produit ou d’un service qu’ils souhaitent.
    Il n’y a pas à se faire imposer des informations que l’on ne désire pas sinon, cela s’appelle de la propagande et cela nous entraîne sur des terrains bien sombres en matière démocratique.

  17. Roger DélogoRoger Délogo

    @Laurent : De confusion il n’y a pas. Je parle bien de publicité dans son ensemble. La publicité pour une association ou pour un commerce est pour moi équivalente. Je ne vois pas pourquoi j’irais interdire à la boulangerie du coin de faire un peu de pub tout en autorisant une association à en faire. Si je comprends bien votre raisonnement, c’est le caractère lucratif ou non de l’entité qui souhaite faire de la publicité qui doit primer. Dès que quelqu’un souhaite gagner un peu d’argent, il doit se taire. Un peu étroit d’esprit, si je peux me permettre.

    Par contre, je suis totalement d’accord avec l’assertion « le système publicitaire fait de l’espace urbain ou du temps de cerveau disponible son commerce pour vendre un produit ». C’est bien pour cela que RAP lutte pour réduire drastiquement la capacité du système publicitaire à s’accaparer l’espace public et le temps de cerveau disponible. Une fois la publicité remise à sa place, et incapable de matraquage ou d’agression, ses méfaits sont de fait annihilés.

    A ce sujet, je me permets de faire la pub (haha) pour ce que j’appellerais le « premier traité de publicité moderne », c’est à dire le livre « Propaganda » d’Edward Bernays. Il est résolument pro-pub et expose sans fard les techniques publicitaires. L’un des concepts majeurs est la répétition, le matraquage du message. Empêchez le matraquage et la capacité de nuisance de la pub est réduite à néant. Oui, bien sûr, il restera des pubs choquantes, mais elles n’auront plus du tout l’effet malsain d’aujourd’hui.

    Je reviens sur mon article original. Le matraquage publicitaire continuel dont sont abreuvés les citoyens masque, écrase, broie, les efforts des militants (par exemple et au hasard anti-voiture) à faire entendre leurs arguments. Cassez ce matraquage et les combats militants pourront enfin commencer à se faire entendre. Enfin on pourra sortir de TINA.

    Les revendications de RAP sont entendus par tous, y compris par le gouvernement. La SEULE CHOSE qui bloque est le rapport de force, d’où l’appel à adhésion. Des revendications du genre « Cassons toute la pub sans discernement » ne seront pas entendues et n’ont aucune chance d’être appliquées avant la saint glinglin. Or j’aimerais beaucoup que la publicité soit remise à sa place de mon vivant ; je ne crois plus au Grand Soir.

  18. alain

    Struddel, tu dis que c’est la publicité qui fait que nous avons des ordinateurs. Ah bon? Quelle idée étrange…

    Le problème avec des gens comme toi c’est que refuser une technique ou une technologie, c’est être dans l’extrémisme. Mais non, c’est une question éthique et philosophique.Les faucheurs volontaires d’OGM sont-ils des extrémistes? Les révolutionnaires sont-ils des extrémistes? Ceux qui ne regardent pas la télé ou ne vont pas dans les supermarchés sont-ils des extrémistes?

    Tu dis que l’on ne pourrais imposer la fin de la publicité que par la force. Mais la publicité, c’est quoi? Sinon une force de frappe à la soumission volontaire? D’ailleurs pourquoi croire que seule la force permet la fin de la publicité?
    A te lire, on croirait voir qu’il ne faut rien changer car rien ne peut être changé. Ou du moins, puisqu’on ne peut réformer en profondeur, récoltons quelques miettes.
    C’est souvent ainsi dans les luttes écologistes, on refuse de trop faire car « les gens ne vont pas comprendre ». Alors, ceux qui veulent faire plus que le compromis, que font-ils? Ils se cassent et que restent-il? Du mou, imbuvable, sans gout et du copinage!

  19. Alain

    Ma femme à la lecture des commentaires et de mes réactions déclare:
    On se demande comment faisaient les indiens avant l’arrivée des blancs.. Ils devaient être cons comme même.
    Et mon apport: merde, alors, un monde sans publicité. Comment faisaient-ils pour consommer?

    Mais comment va t-on donc si prendre pour réformer ce monde? En essayant de convaincre la masse qui s’en fout? Bon courage. Appelle-moi quand tu y seras arrivé. J’ai bien peur d’être mort avant.

  20. Laurent

    @ROGER DÉLOGO

    Si vous faites la distinction entre la publicité ou réclame et l’industrie publicitaire, alors nous sommes d’accord.

    Je rappelle que l’industrie publicitaire draine 1% du PIB mondial chaque année (équivalent au PIB de la Norvège). C’est une industrie florissante et dynamique, y compris en temps de crise.

    Les fils de pub, pour vendre toujours plus, font appel aux meilleurs technologies des neurosciences. L’apport de la science est utilisé pour mieux pénétrer les consciences à l’insu des individus (je parle bien à l’insu). On peut parler de viol mental.
    Il est d’ailleurs bon de noter qu’un certain nombre de ces recherches sont en parties financées par nos impôts car certaines techniques sont également utilisées par l’armée ou encore par les hommes politiques (c’est dire si le niveau de conscience politique est extrêmement bas). Aujourd’hui les sciences sont actuellement en train d’étudier le champ magnétique des cellules du corps humains aux fins publicitaires après avoir étudié, de fond en comble le cortex pré-frontal.

    Le petit boulanger ou le traiteur du coin, de même que le cafetier qui colle des affiches parce qu’il y a un concert dans son établissement ne font pas appel aux techniques de manipulation mentale : ils se contentent juste d’informer… Et il me semble que ce n’est pas contre ces types de publicités contre lesquelles le RAP se bat.

    Plus grave encore, la publicité accentue la réification des individus, l’ abaissement à l’état de choses des êtres humains.

    Quant à Propaganda de Bernays, vous avez raison de citer ce livre car il rassemble entre autres comme lecteurs tant Obama qu’Hitler.

  21. StruddelStruddel

    Les indiens avant l’arrivée des blancs avaient des PCs, c’est vrai, au temps pour moi.

    « L’ordinateur » est un pur produit de la consommation et du capitalisme anglo-saxon, il existe par la seule et unique volonté de progrès technologique, plus encore que la voiture, c’est LE symbole de la consommation moderne : il suffit d’observer les pays comme la Corée du Sud qui sont passés de PVD à pays de sur-consommation grâce à … l’ordinateur. Comment ? A gros coups de comm et de publicité.

    Ton discours est adorable dans l’esprit, on va tout changer, on va faire un monde meilleur libéré de toute entrave et de tous les maux, mais il perd quand même beaucoup en crédibilité quand il est écrit sur un ordinateur.

    Si un amish vient m’expliquer de vive voix ses choix de vie et de consommation, on pourra vraiment échanger des idées qui auront du poids et un sens, mais là, c’est juste un peu rigolo.

    C’est un peu comme les gens qui trient tous leurs déchets mais qui vont chercher le pain en voiture, tant que ça reste des idéaux, pas de problème, quand il faut passer à l’acte, bizarrement, on ne voit plus grand monde …

  22. Laurent

    Etrange raisonnement de considérer que l’on ne peut guère avoir un oeil critique sur la société de consommation parce qu’on a un PC ?!!!

    Dans ce cas, il faut s’éclairer à la bougie si on est contre le nucléaire.

    Et puis n’acheter aucun produit de l’industrie pétrochimique (plastique, médocs, dentifrice, produits d’hygiène, pneus de vélo) car cette industrie à pour base le pétrole et que ce produit provoque de nombreux conflits dans le monde.

    On s’abstiendra de critiquer également l’action de nos sénateurs ou des membres de la commission européenne puisque nous ne les avons pas élu directement.

    Et c….

  23. Struddelstruddel

    Le dernier paragraphe mis à part car le système électoral est par définition un choix majoritaire et non absolu, pour le reste, c’est bien ce que je pense.

    Et il n’y a rien d’étrange, on est cohérent où on ne l’est pas, c’est un peu facile de dire « c’est pas bien mais je l’utilise quand même parce que ça m’arrange bien ».

    C’est bien le fait que certains trouvent ça étrange qui est gênant et que je critique vivement.

    On parle de pousser les combat jusqu’au bout sans faire de demi-mesure, mais en parallèle on n’applique pas les règles à soi-même, c’est n’importe quoi.

  24. Roger DélogoRoger Délogo

    Laurent a dit : « Le petit boulanger ou le traiteur du coin, de même que le cafetier qui colle des affiches parce qu’il y a un concert dans son établissement ne font pas appel aux techniques de manipulation mentale : ils se contentent juste d’informer… Et il me semble que ce n’est pas contre ces types de publicités contre lesquelles le RAP se bat. »

    Exactement. C’est bien pour cela que RAP se bat contre l’agression publicitaire, parce que justement une fois que la pub sera remise à sa place et réduite de 97%, il ne restera plus que ce genre de publicité informative. Les techniques de manipulations mentales et des neurosciences se basent forcément sur l’invasion, l’agression, le matraquage, la répétition.

    Alain a dit : « puisqu’on ne peut réformer en profondeur, récoltons quelques miettes. »
    En ce qui concerne la publicité, et au risque de me répéter, RAP souhaite réformer en profondeur. Les miettes, ce n’est pas ce que nous récolterons mais ce que nous laisserons…

    Une petite question (notamment pour Alain). Trouvez-vous que les panneaux d’affichages associatifs qui se trouvent dans les villes, et qui arborent des affiches associatives, sont de trop ?

    Une seconde question : Ok, on s’attaque à l’intégralité de la publicité, sans faire de détail. Comment faire ? Quelle est votre proposition ? Comment agir concrètement ? Pensez-vous pouvoir obtenir des avancées notables dans les 5 ou 10 ans ? Si oui, je vous invite grandement à venir à une réunion de RAP pour exposer vos idées, parce que je pense que tout le monde écoutera avec grande attention…

    L’exercice de réponse aux commentaires de mon article est vraiment intéressant, c’est la première fois depuis que je milite contre la publicité que je suis obligé de « prouver » que je suis « suffisamment radical ». Habituellement, je me fais plutôt traiter d’extrémiste vert qui veut détruire l’économie et plonger le monde dans le chaos 🙂

  25. Roger DélogoRoger Délogo

    @Struddel: Ah, tiens, je ne suis pour le coup pas d’accord. « On est cohérent ou on ne l’est pas » est un peu facile. On peut être contre le nucléaire et utiliser un ordinateur qui fonctionne à l’électricité nucléaire (la preuve, je le fais).
    En l’occurrence, la société va dans une certaine direction. Aller dans la même direction (« suivre le courant ») est facile, tellement que c’est indolore. Il suffit d’être passif. Par contre, vouloir aller dans une autre direction, « remonter le courant », est particulièrement difficile. Cela demande de l’investissement, du temps, il faut être actif (chercher des informations, des alternatives, etc.)
    On ne peut pas être plus royaliste que le roi. A un moment, il faut bien accepter l’idée qu’on ne peut pas tout faire tout seul avec nos 24h par jour.
    Un exemple simple. En tant qu’anti-pub, je pourrais décider de boycotter l’ensemble des marques qui font de la publicité. Cela est strictement impossible : il faudrait pouvoir tenir à jour une liste exhaustive de l’ensemble des marques qui s’y adonnent. Il faudrait donc pour cela se tenir informé de l’intégralité des publicités qui sortent (ouch !), tenir la liste à jour, et finalement à chaque fois qu’on veut acheter un paquet de pâtes ou du lait, vérifier que la marque qui vend le produit n’est pas sur la liste, et en trouver un qui n’y est pas. C’est strictement impossible, même si on décidait de faire une liste « collaborative ». Je consomme donc certainement des produits dont les marques font de la publicité agressive. Cela ne me pose pas particulièrement de problème, je n’ai pas l’impression d’être incohérent. Je préfère de loin user de mon temps pour combattre activement la publicité…

  26. Struddelstruddel

    Ce n’est pas comme ça que je conçois les choses, quand on est contre quelque chose, on ne l’utilise pas de soi-même, je trouve ça incohérent : je suis contre l’automobile, je n’en conduis pas, je n’en possède pas.

    On peut se retrouver confronté à l’utiliser malgré soi (exemple, être contre l’utilisation de l’ordinateur mais se le voir imposer à son travail, ce n’est pas un choix personnel mais une conséquence d’un autre choix), mais on ne peut pas être contre quelque chose si on l’utilise de soi-même volontairement, c’est incohérent.

    Et ce n’est pas ce raisonnement qui est facile mais le fait de s’accorder une flexibilité sur ce qu’on se permet de faire ou non.

    Un végétarien qui me dit « je mange de la viande quand même parce que c’est impossible de faire sans » ne sera jamais crédible.

    Des communautés arrivent très bien à se passer de toute consommation moderne (l’exemple des amish cité un peu plus haut, mais également plusieurs communautés à travers le monde), c’est donc que c’est parfaitement faisable. Ce n’est qu’une question de volonté.

  27. Alain

    Struddel, puisque tu es contre la voiture, tu n’es a pas, mais comme tu es aussi cohérent que tout le monde, je suppose que comme tu es contre les 4x3m, tu as mis un bandeau sur les yeux pour ne plus les voir et ne plus les supporter?

    Tu dis qu’on ne peut aller vers la fin d’une chose parce c’est extrémiste et que personne ne pourrait le comprendre (abandon totale de la pub) et quelques commentaires plus loin, tu nous sors les sociétés type amish qui montrent qu’on peut faire abstraction de bien de choses.
    Va comprendre ton raisonnement… Moi, je ne le comprends absolument pas.

    Mais on ne va pas en faire une question de personne. Par contre, oui, j’ai un ordinateur. Tiens, j’ai aussi une maison que j’ai acheté à crédit, et puis j’ai aussi un portable. J’aime bien écouter de la musique sur du matériel de bonne qualité, et merde alors, ma femme adore ACHETER des livres. Zut, je ne devrais donc pas lutter contre la société de consommation merdique? Et puis, alors dois-je aller faire mes courses dans les supermarchés, se foutre de mes déchets, après tout, qu’est-ce qu’on n’en a battre. Struddel dit qu’on est pas crédible et puis à vrai dire, tout est déjà foutu. Pourquoi continuer à se battre???

    Ce monde est une vraie porcherie
    Les hommes se massacrent comme des porcs
    De l’élevage en batterie
    A des milliers de tonnes de mort

    C’était chanté il y a 20 ans voir plus. Pas pris une ride. C’est même encore pire maintenant.
    En fait, le compromis, çà vous dégoute des luttes écologiques. Y’en a toujours un pour vous dire « oui, mais… t’es trop radical. Les gens vont pas comprendre. »

  28. Roger DélogoRoger Délogo

    Alain a dit : « En fait, le compromis, çà vous dégoute des luttes écologiques. Y’en a toujours un pour vous dire « oui, mais… t’es trop radical. Les gens vont pas comprendre. » »

    Plutôt d’accord avec cette assertion, même si j’aurais utilisé le terme « compromission » à la place de compromis. Par exemple, l’attitude des pseudos écolos (EELV) au gouvernement a tendance à me faire caguer.

    Cependant, le monde est compromis. C’est la nature même de la vie en société. Ca fait peut-être chier parce que certaines choses ne vont pas dans le sens qu’on voudrait, mais il faut composer avec. Attention ! Je ne dis pas qu’il faut baisser les bras et tout accepter, hein, mais il faut inclure cette idée de compromis dans nos actions. On peut avoir un idéal, un objectif final, un horizon à atteindre (par exemple, les thèses développées dans « La Décroissance »), mais ça ne suffit pas. Il faut aussi tracer le chemin pour y parvenir. On ne pourra pas passer du jour au lendemain, magiquement, à un monde sans pub ou sans voiture. Il faut faire un véritable travail de persuasion, de discussion, de réflexion, et construire un rapport de force en notre faveur. Ne pas se contenter de faire de grandes déclarations d’intention, puristes et drapées de lumière (ce qui est certes nécessaire) mais également mettre les mains dans le cambouis et agir, ici et maintenant, pour tracer le chemin qui mènera à cet idéal, même si cela nécessite des compromis (ô horreur !). « Résistance à l’agression publicitaire » ne réclame peut-être pas assez pour vous, mais elle agit ici et maintenant et trace un chemin droit dans la bonne direction. Si vous vous contentez de conchier cette association sous prétexte qu’elle n’est pas assez radicale (ce en quoi je ne suis pas d’accord, pour toutes les raisons exprimées dans mes messages précédents, mais ça tombe bien on n’est pas obligé d’être parfaitement d’accord pour bosser ensemble) sans bouger le petit doigt pour agir concrètement contre la pub ici et maintenant, alors il ne faudra pas vous étonner que la pub soit toujours plus puissante demain et nous emmerde encore dans 30 ans.

  29. Struddelstruddel

    « Struddel, puisque tu es contre la voiture, tu n’es a pas, mais comme tu es aussi cohérent que tout le monde, je suppose que comme tu es contre les 4x3m, tu as mis un bandeau sur les yeux pour ne plus les voir et ne plus les supporter? »

    Ah bah oui, c’est moi qui les ai mises ces affiches, je suis parfaitement responsable.

    D’ailleurs je suis contre le meurtre également, pourtant il en existe, alors que faire ?

    Ou alors je me relis, et, hi, je vois que je parlais de responsabilité et de faire les choses de soi-même.

    Pour le reste, si tu ne comprends pas le raisonnement, là, je ne peux plus rien faire, c’est un problème éternel, les gens ne comprennent pas.

    Tu consommes, tu consommes, tu consommes, mais tu es contre la consommation, mais ça ne te gêne pas, et tu ne comprends pas en quoi c’est illogique, bah que veux tu que je te dise …

    Peut-être qu’un jour ça te semblera logique, réfléchis à tout ça à tête reposée et pose-toi les bonnes questions.

    Ah comme c’est beau les idéaux appliqués aux autres.

    Tun was ich sage, aber nicht was ich tun, disait ma grand-mère de son vivant.

  30. Struddelstruddel

    « Tu dis qu’on ne peut aller vers la fin d’une chose parce c’est extrémiste et que personne ne pourrait le comprendre (abandon totale de la pub) et quelques commentaires plus loin, tu nous sors les sociétés type amish qui montrent qu’on peut faire abstraction de bien de choses.
    Va comprendre ton raisonnement… Moi, je ne le comprends absolument pas. »

    Je viens seulement de comprendre ce passage en relisant plusieurs fois. Je vais donc réexpliquer :

    Je n’ai jamais dit UN SEUL instant qu’on ne pouvait aller vers la fin des choses, j’ai dit qu’il était difficile de faire accepter à la totalité de la population ses propres idéaux, aussi beaux soit-il, lorsque cette population n’est pas disposée à l’entendre, et que c’est par le compromis qu’on peut aller vers la totalité.

    Dans le cas de certaines sociétés comme les amish, ce n’est en aucun cas imposé à la totalité de la population, c’est un choix de vie de certaines personnes qui ont décidé de vivre d’une certaine façon : ils ont un idéal de vie, ils assument leurs choix en vivant avec cet idéal de vie.

    Il est parfaitement possible d’aller au bout des choses et de l’assumer à 100 % en le vivant réellement, je n’ai jamais dit le contraire, j’ai dit deux choses :

    1) qu’il est plus simple d’aller vers le 100 % en passant d’abord par le 70 % pour viser les personnes qui refusent tes idéaux (ou qui s’en tapent)

    2) que pour faire accepter ses idéaux jusquauboutistes, il faut commencer par soi-même en s’appliquant tout de suite le 100 %, qui permettra aux autres d’arriver peut-être à 70 % et ensuite vers le 100 %, sinon on est pas crédible.

    Et enfin, il faut accepter une certaine logique : en utilisant un ordinateur, on encourage la consommation et donc la publicité, car l’ordinateur n’existerait plus sans publicité, on le voit avec l’arrivée des nouvelles technologiques comme les smartphones et tablettes : le marketing a amené les consommateurs vers un nouveau produit, les consommateurs lâchent donc l’ordinateur et les ventes chutent.

    Il en est allé de même pour toutes les technologies mortes aujourd’hui pour le grand public : les cassettes, les pagers, les machines à écrire, si la publicité ne les vend plus, ça disparaît.

    Aller contre la publicité c’est donc aller contre toute consommation de produits issus de la machine maketing : ça n’empêche pas de manger ou de boire, mais empêche toute progression technique pour un objet destiné à la vente en masse.

    On peut parfaitement adhérer à cette idée et refuser toute publicité et tout objet destiné à vente en masse, ce n’est pas mon souhait personnel, mais ça c’est selon MON idéal, mais j’accepte tout à fait cet idéal de vie parfaitement louable.

    Mais pour qu’un individu ayant cet idéal soit crédible, il ne faut pas qu’il consomme un objet de masse qui encourage sa production et donc sa publicité, c’est complètement illogique.

  31. Jean-Marc

    « Dans le cas de certaines sociétés comme les amish, ce n’est en aucun cas imposé à la totalité de la population, c’est un choix de vie de certaines personnes qui ont décidé de vivre d’une certaine façon : ils ont un idéal de vie, ils assument leurs choix en vivant avec cet idéal de vie. »

    pour troller un peu, même si c est vrai,
    je dirai que c est vrai pour une personne adulte, qui rejoins de sa propre volonté, alors qu’elle n est pas en position de faiblesse (suite à une séparation, un divorce, un suicide, un chômage,…) un tel mode de vie.

    Mais, pour les enfants d amish, né dans une communauté d amish, la volonté de vivre ainsi est souvent largement moins évidente…
    celà s apparente plus, pour eux, à du maintien dans l ignorance du monde extérieur, diabolisé par les adultes, pour qu’ils ne fassent pas le « mauvais choix », pour qu’ils ne décident pas par eux-même de quitter la communauté rassurante, pour vivre autrement… ou pour vivre de la même façon, mais en dehors de toute communauté (mais au sein des personnes vivant autrement).

    Ainsi, Ghandi était éduqué à l’occidentale, adulte, connaissait le mode de vie des riches occidentaux, qu’il a pratiqué… et il a CHOISIT de ne plus s’y référer, de vivre autrement.

    Les idéaux sont parfait dans un monde sans manipulation, avec des adultes connaissant le sujet, et faisant des choix de façon délibérée.
    Mais ce n est souvent pas le cas. D’où l importance d’une information factuelle, de données vérifiables, pour que les gens puissent s appuyer dessus pour formuler leurs jugements.

    D ailleurs… ce n est pas pour rien si les sectes et la publicité visent les enfants…
    (et ce n est pas pour rien si les sectes visent les personnes fragiles : personne ayant connut un divorce, un suicide, le chômage,…)

    autre cible commune aux sectes et la pub, mais -contrairement aux enfants- ce n est pas par leur facilité à être atteinte… mais par les retombées financières quand on les atteints :
    les CSP++ (les riches).

  32. Struddelstruddel

    Oui, ça c’est parfaitement juste, j’ai hésité à le préciser entre parenthèse mais trop d’infos tue l’info, mais tout est ceci est très juste.

  33. Alain

    Struddel, tu racontes vraiment n’importe quoi. Dire que c’est la publicité qui nous fait avoir un ordinateur et qu’en utilisant un ordinateur, on encourage la publicité.
    Dans ce cas, lorsqu’on écoute de la musique, c’est grâce à la publicité? Et puis, si on griffone un truc sur une page de papier, on cautionne la destruction des forêts?

    Mon pauvre, tu dis que c’est le compromis qui fait avancer les choses. Non, c’est le radical qui fait avancer les choses. Regarde Gandhi qui n’a pas fait de compromis grâce à la non-violence et étudie Bouddha qui prône la voie « du milieu » mais que celle-ci n’est pas la voie du compromis.
    D’ailleurs, si il ne faut pas avoir d’ordinateur pour être en accord avec ses idées, de la même façon que branle donc le site CarFree qui prône aussi une autre forme de consommation, et puis si on est pour le fait de reconnaitre qu’on est bien trop nombreux, çà veut dire qu’on doit être en accord et s’auto-suicider?

    Tes histoires de pourcentages de 100%, de 70% qui montrent aux autres qu’il faut être 10% pour devenir 30%. C’est des conneries. Faut-il être 100% végétarien pour être inaudible et être 70% végétarien pour être apte à montrer la voie à ceux qui ne le sont qu’à 10%?

    Bon, allez, revenons au sujet. Otons la pub sur les chaines publiques, laissons là sur les privées, ôtons les 4×3 et laissons les devenir des 70×50. Tiens, c’est encore le capitalisme et le règne de la pub. Bizarre, pourtant, on était dans le bon compromis et le monde ne change pas. C’est sans doute de la faute à tous ces cons de 100% contre la pub qui ont des ordinateurs. Ils faussent notre discours et personne ne nous écoute?

  34. Struddelstruddel

    « Tu racontes n’importe quoi », « mon pauvre », etc., si tu méprises ton interlocuteur juste pour te conforter dans ta propre logique qui n’engage que toi, autant ne pas aller plus loin.

    Tu as raison Alain, tu as d’excellentes idées, et tu peux consommer autant que tu veux, grâce à ton combat le monde sera plus juste.

  35. Struddelstruddel

    Et juste pour répondre à tes questions qui n’en sont pas vraiment (le même style de questions absurdes que brandissent les défenseurs du droit à se déplacer en voiture : « Alors je dois aller en charrette au supermarché ? Si on refuse la voiture parce que ça pollue dans ce cas je dois arrêter de manger aussi car je pollue aussi ? » etc.

    – Dans ce cas, lorsqu’on écoute de la musique, c’est grâce à la publicité? :

    La musique de masse populaire, tout à fait.

    – Et puis, si on griffone un truc sur une page de papier, on cautionne la destruction des forêts? :

    Si on n’achète pas de papier auprès d’un groupe s’engageant dans des forêts durables ou dans la replantation, oui (c’est même évident …)

    – que branle donc le site CarFree qui prône aussi une autre forme de consommation :

    Ben justement, il prône une autre forme de consommation, pas l’anti-consommation (et soit dit en passant, il regroupe plusieurs rédacteurs et plusieurs sources différentes, donc c’est plus un regroupement d’idées ayant un ordre d’idée commun qu’une pensée unique)

    – si on est pour le fait de reconnaitre qu’on est bien trop nombreux, çà veut dire qu’on doit être en accord et s’auto-suicider? :

    (Juste pour info, le suicide c’est forcément « auto », la précision est inutile) j’espère au moins que ceux qui pensent ceci ne font pas d’enfants (de nombreux exemples de personnes donnant leur avis sur ce point dans le terra eco qui traite de la surpopulation pour ceux que ça intéresse)

    Y en a encore beaucoup des comme ça ? Et si on est contre la violence on a pas le droit de frapper son voisin s’il fait trop de bruit ? Et si on combat les discrimination on a pas le droit de faire une exception pour les homosexuels ?

  36. Roger DélogoRoger Délogo

    @Alain : « Bon, allez, revenons au sujet. Otons la pub sur les chaines publiques, laissons là sur les privées, ôtons les 4×3 et laissons les devenir des 70×50. »

    Oui merci de revenir au sujet, ça commence à partir en sucette là !

    Je n’ai pas envie d’écrire une tartine, alors :

    1. Au risque de me répéter, passer de 12m² à 0,35m² est une avancée colossale, c’est une réduction effective et immédiate de 97% de la publicité dans l’espace public. Cela annihile le pouvoir de nuisance de la publicité (glorification d’un mode de vie, du « bonheur conforme »).

    2. Que proposez-vous comme actions concrètes pour éradiquer la pub à moyen terme ? Encore une fois, RAP est peut-être critiquable mais elle agit concrètement et radicalement contre la publicité. Ses rangs sont ouverts à ceux qui ont des bonnes idées. Par contre, s’il s’agit uniquement de prendre des postures grandiloquentes du type « la publicité c’est mal il faut la détruire complètement » en refusant mordicus de se frotter au réel et de faire des propositions pour y arriver, je suis désolé mais ça ressemble à du militantisme de salon (ou d’ordinateur, en l’occurrence).

  37. Laurent

    Toute initiative prise pour réduire la place de la publicité dans nos société va dans le bon sens.

    Le plus grand danger étant que le combat anti pub soit récupéré par les fils de pub dont le vice est sans limite.

  38. StruddelStruddel

    Que proposez-vous comme actions concrètes pour éradiquer la pub à moyen terme ?

    A moyen terme, empêcher la pub d’être partout sans faire partie de ceux qui l’autorisent semble compliqué : les actes de vandalisme tels qu’on peut le voir sur la photo de l’article me semblent contre-productifs : ils incitent au rejet des militants plus qu’à leur compréhension et ils n’empêchent en aucun cas la pub d’être présente.

    Pour réduire sa place, je n’ai personnellement pas d’idée concrète, mais il peut-être intéressant également de s’attaquer à son contenu qui est déplorable. Comme décrit dans l’article, il s’agit le plus souvent de manipulation et d’abrutisation par le bourrage de crâne.

    Une initiative que j’avais trouvé intelligente était de proposer des campagnes différentes aux publicitaires afin qu’ils remettent en cause leurs messages.

    On peut également être attentif aux publicités diffusées et dénoncer les publicités abusives (quasiment toutes) à des organismes comme l’autorité de régulation professionnelle de la publicité.

    Pour réduire sa place, peut-être est-il possible de mettre d’autres messages (annonces d’associations, messages de sensibilisations (sécurité routière, etc.)) à la place pour occuper l’espace publicitaire.

  39. StruddelStruddel

    Oui c’en est une c’est certain, mais quel est son but ? Il ne me gêne pas en soi mais je ne comprends pas à quoi il sert et ce qu’on souhaite obtenir à travers cette action.

  40. StruddelStruddel

    Plutôt que de gribouiller comme ça, une autre action possible peut être de masquer la publicité : recouvrir toute l’image (et non écrire par dessus, ce qui risque juste d’attirer les regards vers la publicité, effet contre-productif là encore).

    Les prospectus débordent souvent des boîtes aux lettres tellement il y en a, une autre idée peut être de retirer tout ce qui est retirable des boîtes aux lettres et de les jeter au recyclage (en plus on est sûr que ça sera fait, comme ça)

  41. C4RT

    Salut, je suis publicitaire. Designer graphique pour être exact. Je fais donc directement sur mon ordinateur les affiches que vous vous amusez à taguer.
    Je vous rassure, je n’aime pas plus que vous ce qu’on appelle dans notre jargon la « publicité intrusive ciblée ». C’est-à-dire de la publicité qui arrive devant nos yeux sans qu’on l’ait demandée, et, de surcroît, en rapport avec nos goûts, ce qui laisse penser qu’on nous espionne.
    Mais je voudrais cependant mettre le doigt sur un point :

    « La publicité provoque de graves problèmes sociétaux. Parmi ceux-ci citons par exemple : ciblage agressif de nos enfants, manipulation mentale, vecteur d’une idéologie anti-sociale, pollution visuelle, pollution énergétique, sexisme, privatisation de l’espace public, marchandisation des corps, coût, destructions d’emplois, etc. »

    C’est une blague ? Je tiens à rappeler que la publicité reflète la société, et non l’inverse. A l’époque où la plupart des hommes étaient myso : la publicité l’était. Raciste ? Egalement. Les français sont toujours plus ou moins myso, mais moins qu’avant. Du coup, la publicité l’est également moins. Et pour le racisme c’est pareil. Les gens sont de moins en moins racistes (à comparer au début du siècle dernier, entendez bien, je ne dis pas que le racisme n’existe plus).
    Je vais vous dire une bonne chose : quand on est face à son écran d’ordinateur et qu’on doit faire une publicité, on cherche à cibler, on doit obligatoirement chercher à ce que la personne qui reçoive le message s’identifie à la personne montrée dans la pub. Il n’y a rien d’agressif, c’est juste logique. Ça paraît complètement absurde de faire une publicité pour Barbie tout mettant des têtes de mort et des intestins dehors, sauf si c’est une Barbie goth, évidemment.
    En outre, la publicité n’a jamais créée de besoin. C’est une énormité que de dire cela. Les gens ne sont pas si stupides. La publicité informe sur ce qui existe. A vous de ne pas acheter si vous n’êtes pas intéressé. D’ailleurs, je vous mets au défi de me dire comment sait-on que la publicité fonctionne auprès des consommateurs. Je veux dire par là que la publicité a donné le mot d’ordre à l’acte d’achat d’un produit ou d’un service. Il n’en existe aucun. Il est impossible de dire si untel a acheté un pot de mayonnaise Heinz parce qu’il a vu la pub ou parce qu’il y a une promo en magasin. Si les ventes augmentent après une campagne, c’est que le produit est intéressant, innovant ou pas cher, etc. Si les consommateurs se redent compte que ce n’est pas le cas, ils ne rachètent pas. Et c’est arrivé de nombreuses fois. Absolument toutes les grandes marques connues (Coca-Cola, Mc Donalds, Apple…) on subi un jour un échec marketing, même après des tests sur un panel de consommateurs. Et je vais même vous dire, la publicité n’est en rien une science exacte. A vous écouter, on dirait que c’est étudié de manière ultra scientifique, qu’on pénètre vos cerveaux et qu’on vient jouir dans votre hémisphère droit. Si on demande à n’importe quel mathématicien dans le monde combien font 2 + 2, tous, sans exception, vont vous répondre 4. Proposez un problème de communication à résoudre à 10 agences différentes, les 10 vont trouver des solutions différentes. Tout cela pour dire qu’il faut arrêter de penser que la publicité vous retourne le cerveau. Elle peut éventuellement séduire, oui, mais après tout on cherche à faire aimer une marque, c’est donc logique et d’ailleurs, les gens aiment les marques, on ne les a pas forcés. Imaginez un monde sans marque. Je ne sais pas si c’est vraiment plus « beau ». De plus, même si ce n’est pas le débat, c’est bien gentil mais la publicité créée énormément d’emplois et révèle de nombreux talents artistiques. Et elle est excellente pour l’économie puisqu’elle force les entreprises à se concurrencer au maximum.
    Pour finir, la publicité ne ment pas. Ou du moins quand elle ment, elle est retirée des supports médiatiques car c’est tout simplement illégal. Pourquoi Bio de Danone ne s’appelle plus Bio ? Parce que le produit n’est pas Bio, donc on les force à s’appeler autrement. La publicité embelli les choses, simplement. A vous d’aller voir le produit en magasin et de vous faire votre propre opinion. Ceci dit, je peux vous le dire, quasiment toutes les marques en concurrence directe se valent.
    Je tiens à rappeler que je suis contre les publicités intrusives et contre le matraquage.

  42. Laurent

    @C4RT

    Défendre sa corporation et son métier est louable dès lors que cela s’inscrit dans une certaine « moralité »…
    C’est loin d’être le cas du milieu publicitaire (cf « 99 francs » de Beigbeder).

    Outre les panneaux publicitaires qui enlaidissent les villes et participent à la privatisation des espaces publics, la publicité est un danger pour la démocratie.

    La plupart des médias (journaux, télés, radios) tirent l’essentiel de leurs revenus de la pub quand ce n’est pas la totalité (métro, 20 minutes, europe 1, RMC, TF1, M6, NRJ12, BFM TV, LCI, I Télé).
    Bien évidemment, les campagnes télévisuelles, dans la presse nationale ou encore sur les 4*3 sont onéreuses et ne sont certainement pas au service du commerce de proximité. En outre, les grosses entreprises qui paient les campagnes permettent aux journalistes de manger et d’exercer leur « métier ». Tant que les journalistes vont dans le sens des intérêts économiques de leurs clients, il n’y a pas de problème mais dès lors qu’ils vont à l’encontre, la lettre de licenciement n’est pas très loin si ces derniers n’ont pas le statut de pigiste. Et c’est ainsi qu’à mesure que la publicité envahit nos vies, le niveau de pertinence et d’intelligibilité des nos journalistes baissent dramatiquement (Chazal, Elkabach, Chabot, Calvi, Pujadas, Mazerolle). Pour s’en rendre compte, il suffit juste d’écouter un débat télévisuel des années 80 ou de plonger dans les archives de journaux de la même époque et de lire certaines plumes pertinentes de l’époque.

    Qu’elle soit intrusive ou non, la publicité ne peut qu’influencer les mass-médias dans toutes ses rubriques dans la mesure où c’est elle qui paient le bal… Seuls les médias qui appuient leur assise financière sur leur lectorat, auditeur ou téléspectateur peuvent se permettre quelques libertés.

    Quant à l’usage des neurosciences pour pénétrer le cerveau des individus, c’est une réalité et même un argument de vente pour entreprise telle que SALESBRAIN (http://www.salesbrain.com/) dont le nom en dit beaucoup sur la nature de l’activité de cette agence de publicité.

    Enfin, le caractère « artistique » de la publicité est discutable. L’art doit avant tout poser des problématiques sur le sens des choses et de la vie ce qui n’est pas le but d’une publicité dont la vocation est d’écouler des marchandises et/ou d’offrir des « béquilles identitaires » à travers l’identification à des marques.
    Ségala n’est pas Michel Ange, l’un est un untermensh du consumérisme et l’autre un artiste : c’est toute la différence.

  43. C4RT

    Premièrement, Beigbeder défend la publicité créative dans son bouquin, tout comme moi. Mais ça n’a jamais été bon créatif et ça serait sympa de lire autre chose qu’un publicitaire ultra médiatisé. Il y a de nombreux talents bien moins connus du grand public qui ont créé de vrais petits bijoux d’inventivité.

    Deuxièmement, ça enlaidit de ton point de vue, oui, d’un autre point de vue, Times Square n’est jamais vide et les gens lèvent les yeux pour regarder les panneaux publicitaires. Les gens aiment la publicité en règle générale : ils en parlent au bureau, répètent des phrases issues de spot publicitaire, échangent des campagnes sur les réseaux sociaux. Ils ont cependant beaucoup plus de mal avec la publicité intrusive comme les pub sur les vidéos Youtube. Mais ça, ça s’enlève sans chercher bien loin. Encore une fois, je suis totalement contre.

    Troisièmement, j’aimerais bien savoir en quoi la publicité est un danger pour la démocratie. J’aimerais bien aussi savoir depuis quand on est en démocratie ? Il faudrait peut-être ne pas mélanger propagande nazie ou communiste et publicité commerciale. C’est sûr que si vous faites cet amalgame, on va avoir du mal à se parler.

    Quatrièmement, il existe effectivement des pressions exercées sur certains journalistes. Mais il me semble que si la communication de crise existe, c’est bien que les journalistes peuvent toujours mettre le doigt sur des affaires qui dérangent : affaire Tapis avec le Crédit Lyonnais, Quick et le gamin décédé après avoir mangé un hamburger, le naufrage du Costa Concordia, le crash du Concorde, BP, Erika et plus récemment le scandale de la viande de cheval avec Findus. Alors, SVP, ne venez pas me dire que les journalistes ne peuvent plus rien dire. Ils ont encore une grosse liberté d’expression, à ce que je sache. Il n’y a donc aucun rapport avec la publicité, vous utilisez un bouc émissaire au lieu de voir la réalité en face : les gens sont juste moins cultivés qu’avant. Regardez donc à quel point le niveau du bac a baissé.

    Cinquièmement, l’utilisation des neurosciences pour la communication est interdite par la loi française. Et Salesbrain, que je ne connais que trop bien, n’est pas une agence de publicité. C’est une entreprise (créateur d’origine française, d’ailleurs, mais entreprise américaine) qui propose à des agences ou des annonceurs des services neuroscientifiques. Il n’y a absolument rien à voir avec la publicité créative que je défends. Les créatifs comme moi se battent tous les jours pour imposer aux annonceurs de la bonne publicité intelligente, drôle, émouvante… D’ailleurs, Beigbeder le dit très bien : derrière chaque pub de merde il y a une bonne idée foutue à la poubelle par le client.

    Pour finir, Séguéla n’est pas designer graphique, il était concepteur-rédacteur. C’est donc assez drôle de le comparer à Michel-Ange. En outre, ce mec est la honte du métier. Et puis ça c’est votre vision de l’art. Ce n’est pas la même pour tout le monde. L’art doit faire transmettre des émotions, positives ou négatives. L’art n’est pas forcément porteur d’un message de société ni sur le sens de la vie. Dans la bande dessinée, notamment, il y a certains chefs-d’œuvre qui ne sont absolument pas porteur d’un quelconque message. Elles sont juste drôles et/ou graphiquement excellentes. Dans la musique, c’est pareil. Du coup, dans la pub c’est aussi ça : des images sophistiquées et travaillées, un scénario créatif et pourquoi pas une musique créée spécialement pour l’occasion. Si vous ne considérez pas la publicité comme un art, c’est d’accord. C’est sûr que si on prend des pubs pour Carglass, l’art, faut le trouver. Mais il ne faut pas oublier que derrière la pub se trouvent des artistes comme moi qui essaient juste de rendre la publicité meilleure qu’elle ne l’est, et qui ne cherchent absolument pas à se moquer des gens, mais juste à les séduire.

  44. StruddelStruddel

    « Les gens aiment la publicité en règle générale : ils en parlent au bureau, répètent des phrases issues de spot publicitaire, échangent des campagnes sur les réseaux sociaux. »

    La plupart des sectes marchent assez bien comme ça, c’est pas très vendeur pour la publicité ce genre de démonstration de lobotomie.

  45. C4RT

    Je ne répondrai pas à un commentaire dénué d’intérêt avec autant de conviction, comme pour la propagande nazie. En d’autres termes : évitez de mélanger les torchons et les serviettes, merci.

  46. Nico

    @C4RT
    « En outre, la publicité n’a jamais créée de besoin. C’est une énormité que de dire cela. Les gens ne sont pas si stupides. La publicité informe sur ce qui existe. A vous de ne pas acheter si vous n’êtes pas intéressé. »

    C’est loyal que tu défendes le job qui te paie, mais attends, tu plaisantes là?:))
    Tu ne vois pas ces milliers de pub qui embellissent tellement un produit au point de le présenter comme un produit de rêve, et par conséquent visent à créer un besoin pour augmenter les ventes?
    Prenons un seul exemple, celui de ce site web: la voiture.
    Regarde toutes ces pub qui présentent une voiture évoluant dans des grands espaces sauvages qui font rêver: c’est tellement bien fait que la cible oublie finalement que sa voiture se retrouvera ensuite tous les jours dans des embouteillages, mais jamais dans des décors de rêves. Quand la cible désire la voiture, le décor de rêve faussement présenté dans la pub a sans conteste exercé une influence sur son cerveau.
    @Laurent: en effet, la société http://www.salesbrain.com/ se vante sans complexe intervenir sur le cerveau des cibles (=les êtres humains=vous & moi) grâce aux neurosciences, comme si notre cerveau une marchandise.

    Pour mon exemple perso, depuis que je n’ai plus de TV (en 2003), j’ai senti mes désirs matérialistes chuter au fur et à mesure. Comme tout le monde, je croyais que « la Publicité, elle agit peut être un peu sur moi, mais moins que sur la moyenne des gens, car je réfléchis avant d’acheter »; je m’étais trompé: l’absence de TV m’a ensuite prouvé que la pub avait fortement agi sur moi à mon insu.

  47. Laurent

    @C4RT

    Es-tu un artiste qui « crée » dans le cadre de l’appel d’offre d’une société qui souhaite écouler des marchandises venant de Chine et qui s’entassent dans 12 containers dans le port du Hâvre ou crées-tu dans ta sphère privée des oeuvres sans autre but que l’esthétique ou la réflexion ?

    Il y a foule d' »artiste » en ce bas monde, « salariés » par la grâce du pourcent culturel que les collectivités locales et territoriales doivent consacrer à la « culture » lorsqu’elles bâtissent des édifices publics. Il faut se méfier des faux-semblant et garder un oeil critique.

    Effectivement, la propagande nazie ou stalinienne n’a pas grand chose à voire avec la propagande marketing d’aujourd’hui dans la mesure où elle était moins pire. Certes, on a enlevé la tuerie de masse mais surtout pas le fameux « Arbeit macht frei » qui entraverait sans doute les profits mirifiques des multinationales. Les hommes d’aujourd’hui comme ceux qui vivaient sous Hitler ou Staline ne sont que du charbon destinés à alimenter une machine à consommer, une machine qui tourne à vide en terme de sens et de richesse de vie.
    Sauf qu’à l’époque, on ne disposait pas des outils techniques pour pénétrer le cerveau.

    Quant aux faits que vous évoquez pour souligner la soi-disante « liberté » des « journalistes », c’est assez drôle car il s’agit de faits qui ne pouvaient pas être cachés pour des raisons évidentes.
    Maintenant, croyez-vous que les journalistes vont enquêter sur les problèmes d’ondes magnétiques si Orange lance une campagne de pub sur leur média ?

    @NICO
    vous avez raison sur la télévision et le fait de s’en passer. C’est en son absence que nous pouvons nous rendre compte des manipulations qu’elle exerçait sur nos esprits.

  48. Laurent

    Le point commun entre la pub et la propagande (nazie ou autre) c’est bien la manipulation par la séduction et le matraquage et il y a toujours le pouvoir derrière qui finance.

  49. Laurent

    Le point commun entre la pub et la propagande (nazie ou autre) c’est bien la manipulation par la séduction et le matraquage et il y a toujours le pouvoir derrière qui finance.
    Si il n’était question que d’informer les moyens mis en oeuvre seraient moindres ,pourquoi ne pas se contenter de panneaux 50 par 70 non éclairés

  50. StruddelStruddel

    @ CART : Laurent et Laurent (deux personnes différentes si j’en crois les avatars) ont très bien répondu, pas besoin d’en rajouter à ta remarque sarcastique.

    « @NICO
    vous avez raison sur la télévision et le fait de s’en passer. C’est en son absence que nous pouvons nous rendre compte des manipulations qu’elle exerçait sur nos esprits. »

    Les chaînes privées grand public sont de toute façon faites pour ça, tout le monde connaît la phrase de Patrick LeLay « Mon travail est de vendre du temps de cerveau disponible à Coca-Cola ».

    Et quand on voit la pauvreté des programmes, on n’est pas étonné.

  51. Alain

    Pour parler très franchement, j’ai abandonné toutes les luttes écologiques auxquelles je participais. J’en avais raz la casquette de ne voir avancer aucune idée radicale qui remettait en question bien des choses. Tout le temps le « oui, mais », le « mais, tu comprends », le « il ne faut pas aller aussi loin », le « personne ne nous écoutera », le « il faudrait le faire, mais », le « ca va dans le bon sens, mais »… Bref, toujours ces compromis. Les mêmes qu’on retrouve ici parfois et notamment sur cette discussion. Aucune véritable envie de remettre en question la publicité. Juste l’envie de la remettre « à sa place ». Le fameux « c’est toujours mieux que rien », et même si çà ne va pas assez loin, c’est déjà une avancée.

    Ce discours, je l’ai entendu tellement de fois sur le nucléaire, les ogm, les pistes cyclables, les partis politiques. J’en suis donc revenu.

    La société est à vomir. Maintenant, je m’en fous. Je la regarde de loin. Et puis ces histoires d’ordinateur. C’est pas un mec qui en a un qui va me faire regretter le mien..

    Les panneaux 4×3 ou 70×50, c’est la même chose. Pour s’en convaincre, ouvrez n’importe quelle revue A4. Regardez bien. le format A4 est plus petit que 70×50, mais les pubs ne sont-elles pas à proscrire?

  52. StruddelStruddel

    Evidemment que j’en ai un puisque je ne suis pas contre la consommation.

    Maintenant je ne pense pas que continuer le débat en restant sur des états d’âme et rancœurs ne serve à grand chose, on ne se connaît pas donc à quoi bon s’acharner sur l’autre, les gens ont lu ton avis, celui des autres intervenants, le mien, et se feront leurs idées, je pense qu’assez d’arguments ont été avancés pour que chacun puisse y lire ce qu’il souhaite et se fasse sa propre idée.

    C’est l’éternel débat entre le développement durable et la décroissance pure et dure, tout le monde le connaît ici, et on ve pas le résoudre en quelques avis sur l’article d’un blog dont le sujet n’était pas vraiment celui-ci initialement.

    Je me suis permis d’inviter C4RT pour avoir l’avis d’un publicitaire car je pense que ça pouvait recentrer le sujet sur la publicité et que je trouve intéressant d’avoir l’avis d’une personne qui pense l’inverse de ce qu’on avance, ça permet de se remettre en question, de conforter ses idéaux dans certains cas et de méditer sur d’autres principes dans d’autres cas.

  53. alain

    Struddel, il n’y a aucun débat entre le développement durable et la décroissance. Le premier est une invention des publicitaires, le second est une vision écologique compatible avec une sauvegarde de tout ce qui compose la planète.

    Tu invites donc C4RT, mais bon, j’avoue avoir lu 3 lignes et pas besoin d’en lire plus. Je connais ce discours par coeur. Je l’ai entendu des dizaines de fois.

  54. Nico

    je cite C4RT:
    « Les gens aiment la publicité en règle générale : ils en parlent au bureau, répètent des phrases issues de spot publicitaire »

    ils ont troqué leur cerveau contre un chou-fleur, ces gens-là?:))

    Pour le débat entre Struddel et Alain, je trouve que Struddel a des idées honorables et honnêtes, mais Alain a bien le droit d’être totalement anti pub, Nous sommes sur carfree.fr ici, le site de ceux qui ont renoncé à la sacro-sainte voiture, objet de culte du XXè siècle.
    Nous ne sommes pas sur un plateau de TFmerde.
    Dans le fond, je pense comme Alain qu’il ne peut pas y avoir de développement durable, car le développement nécessite forcément de puiser dans les ressources de la Terre qui sont en quantité limitée. Donc, il est mathématiquement impossible que ce développement soit durable. Seule la décroissance est durable. Elle exige de stopper le règne de la bagnole, en commençant par stopper la pub qui pousse à en acheter, d’où le titre de cet article avec lequel je suis d’accord: « La publicité, premier frein à un monde sans voitures »

  55. PédibusPédibus

    Il nous faudrait des publicitaires réellement défroqués, qui puissent nous faire désirer le tramway. Manque de bol : s’il ‘en existait, avec les transports publics trop souvent encore au stade de l’ersatz de crise, les belles bagnoles avec le nouvel homme – « atomobiliste » puisque le plus souvent en solo… – ne seraient pas prêts d’être sur le déclin…

  56. Jean-Marc

    Je voudrai revenir sur une affirmation de Cart, sans rapport direct avec la publicité
    Celà peut sembler hors-sujet…
    mais en fait, pas tant que celà :

    demande à n’importe quel mathématicien dans le monde combien font 2 + 2; tous, sans exception, vont vous répondre 4.

    En fait, c est comme demander le nombre de faces d’un dé :
    un non-spécialiste te répondra toujours « 6 »,
    mais un rôliste sait bien que c est juste vrai pour 1D6,
    mais qu’il existe aussi 1D4 (pyramide à base triangulaire), 1D8, 1D10, 1D12… 1D20… 1D100

    De même, tout « mathématicien » ayant passé la 3eme,
    sait que 2+2=4 en géométrie euclidienne de base 10 (en fait, de base 5 ou supérieure),
    mais il sait tout aussi bien que 2+2=10 en géométrie euclidienne de base 4, ou 2+2=11 en géométrie euclidienne de base 3.

    Et, tout mathématicien ayant fait prépa te dira, depuis Henri Poincaré, qu’en géométrie non euclidienne, tu obtiens des résultats encore plus étranges.

    Donc NON, 2+2 n est pas égal à 4.
    C est de la simplification de pensée, du refus de voir la complexité, du refus de voir la réalité (ou pire : de l ignorance en se complaisant dans l’ignorance);
    comme imaginer que seule la voiture est un moyen de déplacement individuel en ville,
    comme imaginer que seule la voiture est un moyen de déplacement inter-urbain,
    comme imaginer que les plus bas instincts sont la meilleure chose à exploiter pour vendre au plus grand nombre

    Car oui, le publicitaire cherche à toucher ses cibles… mais pour celà, il peut chercher à agrandir ou abaisser ses cibles…
    quand poulain mettait des images éducatives dans ses chocolats, quand yoplait mettait des pièces de puzzle de carte dans ses yaourts, ils faisaient de la « reclame » qui fidélisait les ventes, et éduquait les acheteurs/enfants d acheteurs. Cette publicité éducative semble bien être morte depuis longtemps… Maintenant, la publicité qui abaisse le consommateur, ou qui -faussement- le valorise au travers de l objet à acheter, semble bien plus la norme…


    « La publicité provoque de graves problèmes sociétaux. Parmi ceux-ci citons par exemple : ciblage agressif de nos enfants, manipulation mentale, vecteur d’une idéologie anti-sociale, pollution visuelle, pollution énergétique, sexisme, privatisation de l’espace public, marchandisation des corps, coût, destructions d’emplois, etc. »

    Un point qui peut surprendre : « destruction d emploi » :

    la pub, faite pour vendre des produits (qui sont fabriqués)…
    comment pourrait-elle détruire des emplois ?

    en fait, de la même façon que la grande surface détruit des emplois par rapport à un ensemble de petits commerces…

    La pub (nationale/internationale) vante surtout les produits de grosses compagnies internationales, avec des lieux de productions fortement automatisés, et pratiquant l’optimisation fiscale (donc peu de retombées financières sur les pays où elles vendent : différence entre amazon et des libraires indépendants… vendant les même produits au même prix (loi Lang)).
    A l’inverse, 50 artisans locaux, concurrencés par cette pub, créent plus d emplois, et payent largement plus d’impôts (rapporté au CA), que les multi-nationales qui passent à la TV

    Combien de pubs TV pour danone, nestlé, charal (c.f. le reportage sur l abattoir de Metz), sur smithfields food (baton de berge, aoste, weight watchers, cochonou : industriel US racheté par la chine depuis peu, produisant en roumanie pour l europe, où il met en faillite les petits producteurs par sa course à la mauvaise qualité à très bas coût, dont les élevages à La Gloria, au mexique pour les USA -ultra pollués, comme ses élevages de roumanie- sont la cause de la grippe A)

    d un coté,
    et combien de pubs pour des petits producteurs bio de l autre ?

    (p.s. la pub pour les produits bio « les 2 vaches »… c est du bio industriel : les 2 vaches, c est danone, pas un petit producteur local…)

    La pub aide les gros face aux petits.
    Par son action en faveur des plus gros, elle aide à détruire l emplois, à détruire les recettes de l’état (moins d emplois, donc moins de charges + optimisation fiscale), et à faire pression sur les politiques pour éviter que les lois ne leur soient défavorables (sur le droit du travail, sur l évasion fiscale, mais aussi sur la pollution des rivières et des terres) .

    Bien sûr, un artisan peut lui aussi faire de la pub…
    mais, vu ses moyens, les retombées ne seront pas du tout les même…

  57. C4RT

    @ JEAN-MARC Oui, en effet, vous êtes hors sujet. J’explique simplement que les mathématiques sont une science exacte, à l’inverse de la communication. Alors dans l’absolu, oui, 2+2 ne fait pas forcément 4. Et après ? Marc Ferro a écrit des bouquins pour vulgariser l’histoire afin qu’elle soit accessible à tout le monde, C’est Pas Sorcier l’a fait avec les sciences pour que les enfants comprennent les bases. C’est pour autant faux ? C’est pour autant mal ? De la même manière, ici, je prends un exemple qui est accessible à tout le monde. Effectivement, le monde n’est pas aussi simple que cela, mais comme vous dites, il n’y a aucun rapport avec la publicité. Du moins, aucun rapport avec ce que je disais. Donc votre histoire de refus de voir la réalité et d’ignorance : absolument pas. Je simplifie pour faire passer mon idée. Pour moi ce que vous faites, et pardonnez-moi l’expression, ça s’appelle « enculer les mouches ».
    Une dernière chose, pour vous tous qui critiquez la société de consommation, les grosses multinationales et compagnie, je travaille certes indirectement pour elles, mais que dire des gens qui travaillent directement dans ces sociétés ? Ce sont des collabos eux aussi ? Y a des gens qui veulent juste pouvoir manger et s’habiller à la fin du mois, quel que soit le moyen. J’ai choisi ce métier pour exprimer mon art et être payé pour ce que j’aime faire, pas pour me moquer des gens. Et nous sommes très nombreux à penser comme moi. Et dire que les gens ont un chou-fleur à la place du cerveau parce qu’ils ont aimé une publicité créative, c’est insultant pour les créatifs qui ont travaillé derrière. En disant cela, vous m’insultez moi directement.

  58. Nico

    @Jean-Marc,
    pas mal ton analyse;
    Pour extrapoler la fin de ton post, c’est vrai qu’il n’y a pratiquement jamais de pub pour les petits agriculteurs bio sans marques; ils tentent courageusement nous fournir une nourriture saine avec des variétés de fruits et légumes anciens; ils essaient de respecter l’être humain, la terre, (et même parfois l’animal en cas d’agriculture bio-vegan).

    Au contraire des marques de la junkfood industrielle à la Monsanto, bourrée d’une multitude de produits chimiques. C’est cette junkfood qui bénéficie de l’action publicitaire des multinationales qui maintiennent ainsi une emprise sur le cerveau des consommateurs, car comme le dit si bien C4RT plus haut, « les gens aiment les marques »

    Résultat, je ne sais pas vers où ce rouleau compresseur lobotomisant va nous mener: vers « le Meilleur des Mondes », ou vers « Soleil vert »?

  59. Jean-Marc

    « Et nous sommes très nombreux à penser comme moi »

    Alors là, si tu fondes la valeur de TES CHOIX sur le fait que beaucoup d autres les partagent… je te plains…

    Tu devrai (re) lire 1984 (G. Orwell), le meilleur des mondes (A. Huxley)et rhinoceros (E. Ionesco)

    Choisir en fonction du nombre OU en fonction de la minorité, c est vraiment la pensée zéro du choix…

    Par ma part, je ne fais pas MES CHOIX sur le nombre de partisans de telle ou telle option;

    Lorsqu’un sujet m’intéresse, je fais mes choix sur tel ou tel sujet par rapport à des informations, après les avoir recherchées et étudiées… et ils se trouvent que, pour bcp d entre eux (sur l alimentation, les OS et les programmes info, les modes de déplacements, les lieux d achats,…), je me retrouves dans une minorité, mais sans l avoir recherché.

    Comparer la vulgarisation scientifique et la publicité… quelle blague… seule une personne travaillant dans la pub pouvait oser une telle confusion (ou manipulation?) sans rire.

    d’un coté, on a l information, la vulgarisation, la formation, l éducation,

    de l autre, on a la propagante, le lavage de cerveau, la publicité,

    rien de commun entre les 2 :
    l un rend les gens libres de leurs choix, mais permet qu’ils fassent des choix de façon éclairée, en connaissance de cause;

    L’autre est de la manipulation, dans le seul but de remplir un objectif (faire voter pour soi/faire entrer dans sa secte/faire acheter tel produit).

    Par ex,
    si on prend les voitures,
    quelle pub précise que les voitures munies d ABS et d ERP ont PLUS d accident et créent PLUS de morts que celles qui en sont dépourvus ?

    La ceinture a fait baisser fortement la mortalité, les air-bag légèrement;
    mais, quelqu’en soit la raison, l ERP et l ABS n’ont pas du tout le bilan venté par les publicitaires.

    (on explique celà par une augmentation des comportements à risques des utilisateurs, qui se sentent plus en confiance, et donc se permettent de rouler plus vite/plus sportivement qu’en absence de ces appareillages)

    Au passage, les seuls journaux, hebdo et revues que j achète… sont TOUS sans pub :

    l’économiste, LaRevueDurable,… ou, occasionnellement, le canard, charlie ou siné, ou d autres, sur d autres sujets

    les journaux/revues avec pub…
    je les consulte en ligne, sans y être abonné :
    Je ne vais pas gaspiller mon argent pour avoir une annonce afp reformulée :
    ils ont choisi leur mode de financement/de non-indépendance
    (bien sûr, sur leurs sites, que ce soit lemonde, liberation et d autres, il y a de la pub; j accepte cette pub comme un mal nécessaire, en échange de mon non-achat)

    Les lieux où je fais mes achats, que ce soit hebdomadairement l’AMAP pour les légumes, ou l’épicerie pour les autres achats alimentaires, ainsi que les marques qu’on trouve dans cette épicerie, aucun ne fait de pub TV… pourtant, leurs ventes sont globalement en progression, sur le 20 dernières années…
    (marques celnat, evernat, lima, bonneterre, priméal et quelques autres).

  60. C4RT

    @JEAN-MARC Ouais ok. Vous faites semblant de pas comprendre ou alors vous comprenez rien à ce que je raconte ? J’ai donné l’exemple des maths en vulgarisant pour que tout le monde comprenne : ce n’est donc pas grave parce que la vulgarisation n’est pas grave en soi, elle est même utile. Citez-moi donc le passage ou j’explique la comparaison entre la vulgarisation scientifique et la publicité. Il n’existe pas. D’ailleurs ça n’aurait aucun sens. Vous ne cherchez même pas à comprendre mes arguments, vous les retournez dans tous les sens afin de vous donner raison et de cracher un peu plus sur que je fais tous les jours.

    Autre chose : je n’ai pas dit non plus que je parce que beaucoup de gens pensent comme moi que j’avais raison. D’ailleurs y a pas d’histoire de raison ou pas raison… J’ai simplement dit que beaucoup de gens, comme moi, essaient de rendre la publicité moins médiocre dans l’intérêt général. Sachant que la publicité existera encore pendant pas mal d’années, je pense que c’est une bonne chose. Si vous n’êtes pas d’accord, très bien, mais lisez au moins mes paragraphes jusqu’au bout. Ça m’évitera de devoir me défendre sur des choses que je n’ai pas dites.

    A présent, j’ai dit ce que j’avais à dire. Je continue de penser que le matraquage publicitaire et la publicité intrusive sont mauvaises et pour la cible, et pour la société qui veut véhiculer le message. Aussi créatif soit-il. Mais je continue aussi de penser que les gens aiment la bonne publicité tant qu’elle n’est pas intrusive. Si vous êtes en mal de rébellion, faites une grève de la faim, personne ne vous empêche.

    Dernière chose : évitez de me conseiller des livres, j’en lis assez comme ça. Surtout que je connais déjà ceux que vous avez cité. Vous n’êtes pas mon professeur et je ne suis pas votre élève.

  61. Alain

    « Je tiens à rappeler que la publicité reflète la société, et non l’inverse. »

    Ainsi donc, la publicité reflète la société, donc dans la rue, il n’y a pas de voitures, ni d’embouteillages, seulement la voiture qu’on conduit. Les rues se transforment parfois en espaces verts juste par le fait de rouler avec sa voiture. Les femmes sont toutes des mannequins, les hommes aussi. Personne ne vit dans un HLM, tout le monde vit dans une belle maison, avec une belle pelouse toute verte, où adorent venir butiner insectes ou papillons. Quand on investit la maison, les murs, la salle de bain et les WC sont tellement sales, qu’on courre chercher le méga produit qui nettoit tout sans effort. Un génie sort parfois de la bouteille. La machine à laver est toujours encrassé par le tartre, mais superArtisan qui vient tout de suite (sans vous faire attendre quelques semaines) à la solution gratuite. Il a les dents blanches. La mère de famille aussi. Le père et les enfants pareils. Quand on a ses règles, elles sont toujours bleues. Le papier de toilette, les chatons l’adorent, ils se vautrent dedans. La bouffe de supermarché, c’est la meilleure du monde, elle est du terroir pas d’une usine. Les vaches sont dans les champs, jamais dans les abattoirs, elles ont toujours des cornes.

    En effet, la publicité ressemble à la vie. Y’a pas de guerre, tout le monde est gentil, tout le monde est beau.

    Argh… Le système… « Les gens aiment les marques », « que dire des gens qui travaillent directement dans ces sociétés (multinationales) »… En effet, il ne faut pas te conseiller de lecture, sauf peut-être « la servitude volontaire »?

  62. StruddelStruddel

    Ah bah pour une fois, j’aurais pas mieux dit Alain 😉

    Et je rajouterai que de façon générale, la publicité ne met en avant QUE les produits industriels et amènent les gens à penser qu’il n’y a que ce qu’on leur présente de consommable.

    C’est même pire, les produits bio ou équitables ont fait leur percée malgré la publicité par prise de conscience collective d’un certain malaise à cause des scandales alimentaires, et les industries ont tout de suite récupéré le créneau en proposant leurs propres produits bio.

    Alors tu vas nous dire (je m’adresse à C4RT) que la publicité reflète la société puisqu’elle met en avant les produits que les gens demandent, or c’est tout l’inverse.

    Je m’explique : en fait, l’industrie comprend ce que les gens recherchent et vient les rassurer avec des produits maquillés en ce que les gens attendent en faisant de belles pubs expliquant que c’est précisément ce qu’ils recherchaient.

    Alors, oui, les gens demandent de plus en plus de bio, oui la publicité le met en avant : le problème, c’est que qu’elle vend n’est pas réellement bio, cela respecte à peine certaines normes laxistes avec un certain petit pourcentage de presque bio, et ça demande autant d’emballage sinon plus que d’autres produits et autant de transports sinon plus que d’autres produits.

    Du coup, la pub explique vous voulez du bio ? C’est cher n’est-ce pas ? Venez chez nous c’est moins cher !

    Du coup, le client est content, il va pouvoir soulager sa conscience en achetant un produit estampillé bio et il n’aura pas trop dépensé !

    Seulement la publicité n’explique pas pourquoi c’est moins cher (pseudo bio traiter industriellement et producteurs mal rémunérés) et incitera les gens à aller chez eux pour consommer ce qu’ils croient bio en payant pas trop cher.

    Mais personne ne leur a dit que la ferme à 5 ou 6 km de chez eux produisait tout ce dont ils avaient besoin, à quoi bon, puisqu’un message les a informé que leur fournisseur de bouffe industrielle habituel leur fournirait ce qu’ils demandaient.

    Et il en va de même pour les voitures « écolo ».

    La publicité ne reflète pas la société, elle capte ce que la société demande et lui vend des produits merdiques dans un emballage qui répond aux attentes des consommateurs.

    En revanche, si la ferme biologique à 6 km de chez moi n’avait pas fait un peu de publicité sur les stands de marché, je ne l’aurais jamais connue car je ne passe jamais trop dans le coin où elle se situe. Contrairement aux artisans en ville (que je défends également, et qui n’ont pas les mêmes moyens publicitaires que les grosses industries), cette ferme n’est pas exposée aux yeux des passants et se situe sur une petite route de campagne très peu fréquentée.

    J’allais basiquement dans la biocoop de mon coin et au marché pour faire mes courses alimentaires, je vais à présent régulièrement acheter mes œufs, mes fruits et mes légumes là-bas. Et les œufs n’ont pas besoin d’une énorme étiquette « plein air » ou « les œufs de nos villages qu’on est super vert et super amoureux des zanimo », les poules je les vois gambader moi-même et j’ai assisté plusieurs fois à la collecte des œufs.

    Je suis donc pour une certaine publicité locale qui vise à aider les artisans locaux et les producteurs locaux, car c’est leur seule façon de contrer la publicité de masse, que je combats vivement.

  63. Nico

    je cite C4RT:
    « J’ai choisi ce métier pour exprimer mon art et être payé pour ce que j’aime faire, pas pour me moquer des gens. Et nous sommes très nombreux à penser comme moi. Et dire que les gens ont un chou-fleur à la place du cerveau parce qu’ils ont aimé une publicité créative, c’est insultant pour les créatifs qui ont travaillé derrière. En disant cela, vous m’insultez moi directement. »

    je pourrais te citer des milliers de publicités qui se moquent des gens, et même qui se foutent complètement des gens, car quand une multinationale finance de la pub à coups de gros sous, l’unique but est de gagner plus d’argent,et toujours plus d’argent. Un exemple parmi des milliers: j’habite en Afrique et ici Nestlé affiche des publicités gigantesques sur les marchés, avec comme slogan: « maggi, le secret de la bonne cuisine », alors que le cube maggi n’est rien d’autre que déchets d’abattoirs avec des exhausteurs de goûts chimique.
    http://www.abcburkina.net/en/nos-dossiers/vu-au-sud-vu-du-sud/95-75-qui-sont-les-nouveaux-dieux
    Tu vas me dire que là, c’est du matraquage, et que tu es contre… Mais qu’en est-il de la tonne de publicité visuelle et auditive que le français moyen se prend en pleine figure chaque jour pour bouffer de la junkfood, acheter sans cesse des gadgets jetables, toujours plus de bagnoles? Ce n’est pas une forme de matraquage? je suis d’accord avec toi que c’est de la « créativité », mais quelle est la finalité de cette créativité??La créativité n’est pas vertu, c’est la finalité qu’il faut juger.
    Et quand tu te vantes que « Les gens aiment la publicité en règle générale : ils en parlent au bureau, répètent des phrases issues de spot publicitaire », je trouve au contraire cet argument triste et déplacé, d’où ma blague du chou-fleur, je persiste 🙂

  64. Jean-Marc

    « et de cracher un peu plus sur que je fais tous les jours. « 

    ?
    dire que
    « L’autre (la propagande, la pub) est de la manipulation, dans le seul but de remplir un objectif (faire voter pour soi/faire entrer dans sa secte/faire acheter tel produit).
    « 

    dire que la pub sert à faire acheter un produit, c est lui cracher dessus ?

    ou poser une question
    « quelle pub précise que les voitures munies d ABS et d ERP ont PLUS d accident et créent PLUS de morts que celles qui en sont dépourvus ? »

    La réponse est « aucune », car la pub n est pas informative, ni éducative (du moins, elle n’y est plus, c.f. ma référence à poulain / yoplait sur un autre temps)

    est-ce lui cracher dessus ?
    ou est-ce être factuel, et décrire une réalité ?

    si vous considérez que dire que la pub sert à vendre des produits, sans informer objectivement le consommateur,
    c est lui cracher dessus,
    alors, vous avez un très sérieux pb avec la pub…
    et vous devriez peut-etre -pour votre bien-être- réfléchir à ce que vous devriez faire dans l avenir.

    Moi, je la considère pour ce qu’elle est :
    un moyen d aider ceux qui en ont les moyens, donc les plus gros, d augmenter leur parts de marchés sur des arguments non logiques, non vérifiables, et très rarement sur les qualités intrinséques du produit (achète telle voiture, et tu seras plus beau, plus fort, mieux dans ta peau, mieux considéré par tes collègues et par les femmes c.f. la pub auto : « il a la voiture, il a l argent, il aura la femme »)

    Dire que le roi est nu, ou qu’un chat est un chat est nécessaire et salutaire;
    refuser une description factuelle souligne des problèmes, du dénie de réalité.
    Et ramener à chaque fois au fait que c est ce que tu fais chaque jour, en te sentant menacer… je trouve aussi celà revélateur :

    je ne connais pas précisément ce que tu fais, je ne te connais pas. je parle de la pub en général, et surtout de la pub TV, et tu prends celà pour des attaques perso… (alors que je ne sais pas si tu as participé une seule fois à une pub TV…)

    « En disant cela, vous m’insultez MOI directement. »… »cracher un peu plus sur que je fais tous les jours. « 
    Si tu te sens insulter, quand on parle de la réalité de la pub et de la pub TV pour la société… pose toi des questions, et réagit… et vite… avant de craquer…

    En passant,
    les attaques les plus violentes contre la pub, les publicitaires et les personnes travaillant dans les boites faisant le plus de pub viennent de vous,
    ce passage en particulier :

    « je travaille certes indirectement pour elles, mais que dire des gens qui travaillent directement dans ces sociétés ? Ce sont des collabos EUX AUSSI ? (je n ai jamais parlé de collabo… révélateur que vous sortiez cette référence pour qualifier les publicitaires et assimilés… et étonnant que, pour JUSTIFIER votre métier, vous cherchiez des gens qui -selon vos dires- feraient encore pire que vous, afin de vous cacher derrière eux, de vous dédouaner) Y a des gens qui veulent juste pouvoir manger et s’habiller à la fin du mois, QUEL QUE SOIT LE MOYEN.
    (Houla… ce n est même plus de la critique alors… les gens travaillant pour les grosses société/la pub sont près à faire tout et n’importe quoi (sans se poser une seule question ?), selon vous ? et c est moi qui cracherait sur eux, sur la pub? Je vous trouve hyper virulent (même si je comprend votre avis) J’ai choisi ce métier pour exprimer mon art et être payé pour ce que j’aime faire, pas pour me moquer des gens. Et nous sommes très nombreux à penser comme moi. »


    « Elle peut éventuellement séduire, oui, mais après tout on cherche à faire aimer une marque, c’est donc logique et d’ailleurs, les gens aiment les marques, on ne les a pas forcés. »

    on cherche à faire aimer une marque ET les gens aiment les marques, on ne les a pas forcés dans la même phrase… dire tout et son contraire en même temps, dans quel but ? créer de la confusion ?

    Je ne comprend vraiment pas…
    (ce n est pas insultant… c est juste une incompréhension, résultant d’un manque de clareté)


    @ Alain,
    « de la servitude volontaire »
    Effectivement, c est particulièrement bien adapté.


    Tiens, 2 pubs que j ai apprécié

    Car, si je n apprécie pas le principe de la pub, le système qui découle de la pub,
    je peux en apprécier certaines :
    – la pub virale sur le web de l ours et du chasseur, pour Tipp-Ex
    – la pub Perrier avec la spationaute qui éteins la super-nova/qui diminue le soleil (plein de clichés, mais qui joue intelligement avec… )

    Précision :
    j apprécie cette pub en france…
    Mais à l étranger, ces même clichés sur les français/francaises pourraient être plus lourdingues… car moins bien décodés.

  65. StruddelStruddel

    de JEAN-MARC « Car, si je n apprécie pas le principe de la pub, le système qui découle de la pub,
    je peux en apprécier certaines :
    – la pub virale sur le web de l ours et du chasseur, pour Tipp-Ex
    – la pub Perrier avec la spationaute qui éteins la super-nova/qui diminue le soleil (plein de clichés, mais qui joue intelligement avec… ) »

    Je pense qu’on peut aimer le côté artistique de certaines pub tout en étant contre ce à quoi elles servent, l’un n’empêche pas l’autre.

    J’aime beaucoup l’esthétique ou le ton de certaines publicités de parfum (alors que j’en exècre d’autres aux valeurs vraiment douteuses), mais j’ai du mal avec le fait de créer tout un monde pour vendre à tout prix un parfum et que le porter devient s’identifier à ce monde alors que ce qui compte, c’est l’odeur.

    Du coup, les véritables artisans parfumeurs qui n’ont pas les moyens des énormes groupes français de l’industrie du luxe pour faire de la publicité, se retrouvent en difficulté et viennent à disparaître.

    Encore une fois, on ne vend absolument pas l’intérêt premier du produit, on vend un univers : c’est peut être merveilleux du côté du publicitaire, mais c’est une manipulation mentale du côté du consommateur.

    Il n’empêche que certaines de ces pubs sont très belles, c’est finalement dommage de gâcher ce talent artistique pour ce genre de choses.

  66. Jean-Marc

    Visible encore qq jours (passé le mercredi 18 à 22h25 sur F2, visible 8 (7?) jours après sur pluzz.fr),
    le magasine Cash Investigation sur « les récoltes de la honte ».

    Dedans, des ouvriers agricoles clandestins sous-payés, maltraités, avec papiers officiels confiscés; des femmes faisant un « double travail » : la journée dans l entrepôt, la nuit, dans le lit des chefaillons.

    Ceci se passe en italie (pas au maroc, ni en turquie… non, non, dans l’UE, et même pas en espagne, connue pour ses saisonniers marocains exploités), dans de grosses structures produisant de la tomate en boite, entre autre, pour la france.

    Les marques française ?
    des marques distributeurs, dont les groupes font actuellement de la pub TV non artistique, sur la seule valeur de « faible coût » de leurs produits :
    Auchan, Carrefour, Leclerc, Système U et d autres

    dans le lot, on trouve aussi les champions de la pub papier, du bourrage de boite aux lettres :
    les magasins à bas prix aldi et lidl.

    La pub vante les bas coût,
    mais il faut rechercher l’information, absente de la pub, pour comprendre comment est obtenu ce prix cassé
    (au passage, en faisant faire faillite aux producteurs respectueux du droit… vu que les centrales d achat les laissent tomber pour aller chercher moins cher/pire)

    Ces pubs, inondant nos écrans et nos boites aux lettres, valident financièrement, par les achats qu’elles déclenchent, ce mode d’exploitation.

    (précision : austérité budgetaire un peu partout en europe => de moins en moins de contrôleurs, par ex, de moins en moins d inspecteurs du travail… donc les moins-disant ont de beaux jours devant eux… => faudra pas se plaindre si on vous propose (ou à vos enfants) un job à 2€ de l heure… voire moins)

  67. Roger DélogoRoger Délogo

    Est-ce que cette discussion sur Internet, certes passionnante, va mener à quelque chose de concret ? Tant qu’on sera dans le militantisme « virtuel », derrière son ordinateur, on n’avancera pas. Je rappelle que l’association RAP a besoin de soutiens et d’adhésions pour changer le rapport de force lorsqu’il s’agit de faire avancer nos idées et propositions auprès des pouvoirs publics.

  68. Nico

    @Alain,
    bravo pour ton dernier post, j’ai bien ri, surtout pour les vaches à cornes.
    Tu mets en lumière « le meilleur des mondes » que la Pub tente d’imposer à notre cerveau.
    dans la pub, les vaches à lait sont toujours heureuse voire souriantes, voici la réalité du décor sur cette BD d’une page:
    :http://insolente0veggie.over-blog.com/article-cha-118110719.html

    @struddel:
    « Il n’empêche que certaines de ces pubs sont très belles, c’est finalement dommage de gâcher ce talent artistique pour ce genre de choses. »
    Entièrement d’accord avec toi Struddel: si l’économie n’appartenait pas au multinationales, des artistes comme C4RT auraient plus facilement eu des débouchés ailleurs, car leur capacité de créativité n’est plus à démontrer.

  69. alain

    Je regarde très peu la télévision. J’écoute les radios libres où il n’y a aucune pub, je ne lis aucune revue de masse, je ne vois donc les pubs qu’à 2 endroits:
    – sur les murs de la ville
    – Quand je vais chez ma mère sur sa télévision au milieu de programmes insipides où la bêtise semble être reine et la culture est au niveau 0 (au niveau de la couleur de la culotte des dernières chanteuses à la « mode »).

    C’est marrant. En regardant çà, de loin, on sent bien que les gens évoluent dans l’univers du film « Brazil » ou du livre « 1984 ». (pour ne parler que de ce film ou livre).
    Les pubs, c’est déjà quelque chose, mais voir aussi la météo, le trafic auto, le journal qui suit, les annonces des programmes à venir… Quel monde merdique. Ca pue le mensonge, le divertissement de masse sans valeur, la lobotomie généralisée.

  70. alain

    Quant à dire que certaines pubs sont belles, c’est le dernier de mes soucis. Il y a tout autour de nous des tas de choses belles: des gens, des animaux, des insectes, des moments, des musiques, des lectures, des dessins, des instants. La pub n’est pas dans l’univers du beau. Il est dans l’univers de la manipulation. Certains voudraient faire croire que c’est de l’art (surtout les publicitaires), mais non, l’art, c’est autre chose.

  71. rétropédaleur

    Il faut zapper la pub audiovisuelle, démonter les panneaux publicitaires,boycotter les entreprises qui envahissent notre espace par leur pub omniprésente, débourrer les boites à lettres, empecher les distributions de flyers. Il y va de notre environnement, de notre santé mentale, de notre santé tout court.

  72. Nico

    Pour rappel de cette fameuse interview en 2004 de Patrick Le Lay, PDG de TF1, interrogé parmi d’autres patrons dans un livre Les dirigeants face au changement (Editions du Huitième jour) affirmait :

     » Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (…).
    Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (…).

    En fait, les chaînes comme TFI sont des spots publicitaires géants, entrecoupés d’émissions ayant vocation à paralyser le cerveau des téléspectateurs, pour le rendre disponible à entendre et à accepter n’importe quel message. ces chaînes veulent former l’homme nouveau, l’homme idéal : stupide, hébété, creux, perméable à n’importe quel message, n’importe quelle absurdité. Shooté à l’illusion et à la vulgarité, le téléspectateur idéal selon TF1 et autres, ne sait plus faire la part du vrai et du faux, il n’en a même plus le désir ni l’énergie : la vérité ne l’intéresse plus. Préparé à entendre n’importe quoi, il en vient à aimer son aliénation, à fredonner les musiques des pubs Coca-Cola et autres vendeurs de bagnoles.

  73. Nic

    bonjour,
    je suis employé (graphiste-peigne-cul) dans une boite de pub, une pme. J’aime de moins en moins mon métier car je le trouve inutile et polluant, c’est un peu la double peine quoi. De plus, la pub n’est que très très peu créative, c’est sans arrêt de la repompe de ce qui a déjà été fait parce que les annonceurs ne veulent que très rarement prendre le risque de faire quelque chose qui sort un peu du lot. Franchement je ne sais pas si c’est la pub qui reflète la société ou l’inverse mais parler des paysages paradisiaques ds lesquels évoluent des voitures, des vaches souriantes etc (comme il est dit dans un commentaire), pour dire que ça ne reflète pas la société c’est vraiment tiré par les cheveux et hypocrite, puisque personne ne voudrait montrer/voir la réalité des bouchons ou des vaches à abattoir par ex. Le consommateur et l’annonceur sont bien « d’accord » sur ce point je pense.
    C’est comme dire que c’est nase parce que dans les films ont voit jamais (sauf dans alarme fatale) le héros faire caca. Ben oui mais que voulez vous, ça fait pas rêver (et pour d’autres raisons aussi). Bon les films, la pub, ok. En politique, c’est la même chose, les gens élisent celui qui dit ce que la majorité veut entendre, celui qui a un discours qui fait « rêver ». Dire que la croissance se pète la gueule, ET que ça va pas s’arranger (et qu’on va en chier), ben ça marche pas très bien pour se faire élire apparemment. Bref je n’aime pas la pub pour plein de raisons, en effet elle est très répréhensible, mais il faut pas non plus penser que les gens ne sont que de pauvre victimes. Les gens veulent rêver. Et donc dans la pub, comme les films, comme les H politiques, on est « obligé » de leur vendre du rêve pour être « adopté ». Bref la pub pourrait ne pas exister que ce serait pas plus mal, mais il est evident que si elle existe elle va tenter de faire au mieux pour se faire aimer/remarquer. Il y a une uniformisation qui en découle automatiquement, et surtout une habitude de plus en plus coriace à ne faire que du beau et du parfait puisque le pas top et le moyen-pas-mal ne font pas rêver. S’il y avait moins de pub, nous serions peut être moins exigeants envers, par exemple, l’apparence des choses (ou personnes). Moins de médiatisation des stars aussi, qui sont en plus retouchées, que ce soit en chirurgie ou sur les photos juste pour la plupart.

    Par contre, confondre art et pub, c’est juste impossible, pour la simple et bonne raison que l’art c’est quelque chose qui est produit par envie, limite par pulsion ou besoin même des fois, faire de l’art c’est être libre de faire ce que l’on veut. La pub c’est quelque chose qui est produit car il y a un client, une demande, un cahier des charges. La personne qui fait de la pub n’est pas libre. Les gens qui sont dans les boites de pub n’ont pas l’idée de faire une pub pr tartampion, c’est tartampion qui leur demande de faire une pub. C’est là toute la différence. La pub c’est de l’artisanat, pas de l’art. Elle doit communiquer, se faire comprendre du plus grand nombre, alors que l’art exprime, mais ne communique pas forcement. Ooohhh je vous vois venir avec Michel Ange… oui oui, je maintiens : c’était un très bon artisan. Une maîtrise de la technique indéniable. Beaucoup de commandes du clergé (ou des nobles). Quelques œuvres personnelles quand même peut etre, je ne les ai pas en tête mais c’est possible, que, si jamais il avait du temps libre, il en ait fait de son propre chef (temps libre ? à cette époque ? je sais pas du tout, bref). Mais une chose est sure, il avait énormément de commandes. C’est « beau », c’est bien fait, mais c’est pas son idée, son envie, il n’a pas exprimé quelque chose de personnel, il a exprimé ce que le clergé voulait exprimer/communiquer. Bref. La pub c’est pas de l’art. C’est à peine réellement créatif/innovant (ou que très rarement).
    Ha oui, et 99 francs (le livre, j’ai pas vu le film) ne reflète pas du tout ce qui se passe dans la plupart des agences de pub, qui sont des pme je pense. Bosser sur des pub bagnole, parfum ou pour un géant du yaourt ça n’arrive à peu près que dans les grooosses boites. Par contre le passage où ils disent qu’ils vont faire un projet bien moisi en 5 minutes et que c’est CA qui va être choisi par le client, LA ils sont dans le vrai c’est comme ça pour énormément de projets, et apparemment, quelle que soit la taille de la boite.

    Ce sont donc les annonceurs qui commandent, briefent, corrigent et valident le taf des « publicitaires ». Après, ça change pas grand chose au problème de fond sur la pub, que ce soient les publicitaires ou les annonceurs qui décident de ce qui va sortir ou pas, c’est juste un peu moins insultant pour moi. 🙂 Quand je vous lis, je me sens presque responsable de la merde qui existe, voyez (même si je n’ai aucunement un poste à responsabilités, de toutes façons).

    Sinon pour en revenir au problème de fond, je suis d’accord avec Roger Délogo : dire qu’il faut éliminer totalement la pub ne sert à rien, à la rigueur on peut le penser, le fantasmer, mais il ne faut même pas essayer de négocier cela, car ça décrédibilise totalement le discours anti-pub dans sa globalité (entre ceux qui veulent arrêter totalement et ceux qui sont plus pondérés). Il vaut mieux éviter de passer pour des allumés du ciboulot qui veulent tout renverser du jour au lendemain car fondamentalement ça n’est pas possible. La machine est lancée à pleine vitesse ce serait comme faire un frein à main, c’est l’accident assuré (petite référence voiture héhé).

  74. Roger DélogoRoger Délogo

    @Nic : Votre discours est effectivement en adéquation avec les discours anti-pub en général. Je pense que vous avez votre place chez RAP et que votre témoignage apporterait quelque chose !

  75. Struddelstruddel

    Relativement d’accord avec la fin, pour le début, je citerai ce passage du livre « la vie marchandise » de Bernad Floris et Marin Ledun :

    « La publicité est financée par les consommateurs. Nous participons malgré nous au financement de l’incitation à nous faire acheter et consommer et donc à l’élévation des bénéfices prélevés sur nos achats. Les consommateurs participent deux fois à leur propre aliénation, symboliquement en se soumettant à l’idéologie du marché et économiquement en la payant »

    Après à chacun son estime de soi.

  76. Laurent

    @NIC

    Merci pour ce témoignage pertinent.

    Le problème étant que tu ne pourras plus revenir en arrière dans la mesure où tu as compris ce qu’était la pub. Tu vas peu à peu te démotiver et considérer ton activité, non comme un métier (avec son savoir-faire, son « tournemain », la satisfaction d’effectuer un travail participant au bien, au beau ou au vrai) mais comme un job qui te permet de te nourrir, de te loger et d’élever ta famille.

  77. Nic

    @Laurent
    Oui c’est déjà le cas de toutes façons. Dès lors ou j’ai commencé à bosser je me suis rendu compte que je suis plutôt du genre à travailler pour vivre et non pas vivre pour travailler ! Du coup, je n’ai pas eu envie de gravir les échelons car en plus, je me suis vite rendu compte que ce n’était pas très intéressant de faire de la « créa » si c’est pour faire ce que tt le monde fait (la mode est partout) ou a déjà fait et être sans arrêt corrigé par les annonceurs qui restent souvent sur leurs idées et qui écoutent aussi souvent que d’une oreille distraite les arguments des agences (pas tous mais de ce que j’ai vu c’est plutôt comme ça que ça se passe, ou bien c’est que les projets qu’on a ne sont pas assez « importants » je sais pas). Bon ça c’est sur le plan perso, le rapport entre moi et mon taf, purement.
    Et puis depuis quelques temps j’ai pris conscience de pas mal de trucs en matière d’écologie et j’ai réalisé petit à petit que mon taf est de moins en moins en adéquation avec mes idées…

    @roger Délogo
    Maintenant je ne sais pas quoi faire pour faire en sorte que ça change, je suis peut être trop défaitiste mais je ne pense pas que demander des formats plus petits sur TOUS les affichages puisse être faisable (si c’est bien ça que vous demandez ??). Je pense que même si c’est déjà pondéré, c’est encore trop gros pour passer, non ? J’ai un peu fouillé sur le site mais je n’ai pas trouvé grand chose si ce n’est ça http://antipub.org/spip.php?article304 sur l’avancement des projets, et j’avoue que je ne comprends pas vraiment si c’est validé ou en cours ?

  78. Jean-Marc

    C4RT défend la pub car elle crée SON emplois, pourquoi pas…

    mais il ne m’a pas répondu, quand, par 2 fois,
    je lui dis que la pub est destructrice d emplois, et destructrices d emplois bien payés (chez les concurrents)… et créatrice d emplois précaires sous-payés partout
    (précaires sous-payés pour la majorité, et de qq très très rares emplois sur-payés dans la com., que ce soit le publicitaire, ou le mannequin filmé)

    Tout en étant aussi pour le moins-disant niveau pollution et autres « contraintes ».

    Ce petit UP pour espérer le réveiller.

    Car son analyse des bien-faits de la pub m’intéresse

    (l aide à TF1 et D8, pour que secret story, la princesse et ses princes presque parfaits, Nabila et Hanouna puissent exister, risquent de ne pas me convaincre… et les « journaux » 20 minutes, métro et le supplément TV du journal non plus…)

    @ Nic,
    sur l art et la pub :
    un « certain » art, est de la pub…
    « certains » artistes font de la pub pour eux ou leurs oeuvres, de la même façon que Paris Hilton fait de la pub pour elle :

    Ce n est pas la pub qui s est approchée de l art,

    c est de l art officiel, officiellement validé par des galeries et salles d enchères, du faux art, qui ressemble à de la pub.

    (la validité de l oeuvre est « mais si, une de ses oeuvre s est vendue « tant » à Sotherby’s »; au lieu d’être « mais si, il a parfaitement dénoncé « çà », ou mis en valeur « ceci », ou déconstruit « celà » » )

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