Ban Ki-moon vous parle

Vous trouverez ci-après le texte intégral du message du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, à l’occasion de la Journée mondiale de l’habitat, célébrée le 7 octobre dernier.

Pendant plus d’un demi-siècle, on a observé dans la plupart des pays une croissance urbaine rapide et une utilisation accrue des véhicules à moteur.

Cette évolution s’est traduite par un étalement urbain, d’où une augmentation des besoins de déplacements motorisés et l’apparition de toutes sortes de problèmes d’ordre écologique, social et économique.

Les transports urbains sont une source importante d’émissions de gaz à effet de serre et la cause de problèmes de santé liés à la pollution de l’air et au bruit.

L’encombrement routier qui résulte de l’inadaptation des systèmes de transport a un coût économique élevé, notamment en termes de productivité, pour les habitants des banlieues et les transporteurs de marchandises.

C’est dans les villes des pays en développement que ces difficultés sont les plus prononcées.  Or ces villes, où l’on devrait observer 90% de la croissance de la population mondiale dans les prochaines décennies, ont déjà du mal à répondre à des besoins croissants en investissements dans les transports.

Elles se heurtent aussi au problème de la pauvreté comme obstacle à la mobilité.  En effet, des millions de gens ne peuvent pas bénéficier des transports publics ou privés à cause de leur coût; les personnes handicapées et les personnes âgées sont souvent exclues à cause du manque d’accessibilité des transports; et la sécurité n’est pas assurée pour un grand nombre de femmes, de jeunes et de représentants de minorités que leur foi ou leur appartenance ethnique rendent vulnérables.

La mobilité ne se résume pas à la nécessité de construire des routes plus larges ou plus longues.  Elle passe aussi par la mise en place de systèmes adaptés et efficaces qui bénéficient au plus grand nombre dans des conditions équitables.  Cela implique d’encourager le passage de la voiture au train, au bus et au vélo, et de permettre à plus de piétons de marcher sur des trottoirs bien éclairés.

Les gens ont besoin de pouvoir se rendre au travail, à l’école, à l’hôpital ou sur leurs lieux de loisirs en toute sécurité et rapidement.  De bonnes conditions de mobilité devraient permettre de régénérer les centres urbains, de stimuler la productivité et de rendre les villes séduisantes pour tous leurs usagers, des investisseurs aux visiteurs, en passant par les résidents.

Les transports urbains sont un facteur essentiel du développement durable.

Engageons-nous, en cette Journée mondiale de l’habitat, à rendre nos villes accessibles à tous.

Source: http://www.un.org/

Vélove

A propos de Vélove

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste des questions relatives au vélo et aux aménagements cyclables.

7 commentaires sur “Ban Ki-moon vous parle

  1. Pédibuspédibus

    Il a raison mon secrétaire général du grand machin : ce n’est pas tant l’urbanisation, la métropolisation ou la concentration des hommes sur des confettis de territoire qui posent problème. C’est la « solution » routière exclusive aux déplacements, systématique et faussement universelle, qui nous rend invivable la ville.

    Quant aux transports publics urbains, s’ils sont électriques, adossés à une production énergétique excluant les énergies fossiles, l’uranium et une forte concentration de la production, à base de RER, trains régionaux, trams et trolleybus, avec une offre en réseaux suffisament denses, alors c’est sans doute la moins mauvaise réponse…

  2. Pim

    et pendant ce temps, disney sort « planes », le successeur de « cars », ou on apprend aux enfants que les 2 moyens de transport les plus polluants ont une ame, qu’ils parlent, qu’ils sont beaux et gentils.
    burp

  3. MOA

    En effet Pim. Burp.

    Et après cars (et planes donc), les bouts de choux ont droit aux Transformers où tu apprends qu’en plus d’avoir une âme, les camions et bagnoles se transforment en des sortes d’humanoides… et que ca doit être vachement chouette d’être un transformer (grosso modo un cyborg : mi-machine, mi-humain)… . WOUAHH ! comme j’aimerai être un humain qui se transforme en bagnole (ou en camion).

    Nous baignons dans le conditionnement… comme si de rien n’était.

  4. Struddelstruddel

    Ca me rappelle une discussion avec un ami sur le film Premium Rush que nous avions tous deux trouvé très mauvais.

    Les courses poursuites, le jeune héro américain faible devant les plus forts un peu plus vieux qui sauve la petite âme en peine pauvre et malade, bref, pas besoin d’aller plus loin.

    Eh bien non, ce que mon ami reprochait à ce film, c’est qu’un vélo n’était pas crédible dans de folles courses poursuites, tout en s’empressant de parodier « ouaiiis, j’ai fait un dérapage avec mon vélo ! »

    Et lorsque j’ai répondu que c’était effectivement ridicule et que ça l’était tout autant lorsqu’il s’agissait de voitures, de motos ou de camion, il n’était pas du tout d’accord en m’expliquant que « là au moins, il avait vraiment de l’action ».

    Espérer calmer les consciences et les modes de vie quand tout est fait pour les exciter et les rendre accrocs à la vitesse, une bataille de tous les jours …

  5. theron

    Pas un mot sur la bicyclette… Le chef du « machin » est toujours autant à côté de la plaque…

  6. Jean-Marc

    Dans le principal paragraphe (avec le suivant) :

    La mobilité ne se résume pas à la nécessité de construire des routes plus larges ou plus longues. Elle passe aussi par la mise en place de systèmes adaptés et efficaces qui bénéficient au plus grand nombre dans des conditions équitables. Cela implique d’encourager le passage de la voiture au train, au bus et au vélo, et de permettre à plus de piétons de marcher sur des trottoirs bien éclairés.

    La 2eme partie de ce paragraphe pourrait laisser croire qu’il a compris le pb…
    Çà serait pas mal, vu son poste…

    mais en fait, quand on lit la 1ere… NON :

    lui :
    La mobilité ne se résume pas à la NÉCÉCITÉ de construire des routes plus larges ou plus longues. Elle passe AUSSI par la mise en place …

    la réalité, connue depuis des décenies :
    plus il y a de voies (autorisées aux auto/camion), plus il y a de voitures, donc plus il y a d’embouteillages et, par la suite (travaux de nouvelles voies/ de nouvelles routes) plus il y a d étalement urbain.. donc plus on a crée de « nécessité » de voitures par cet étalement
    => créer des voies auto, agrandit la dépendance auto, tout en la rendant de plus en plus immobile dans les bouchons (sauf entre 22h et 7h)

    => ma version de ce début de paragraphe :

    La mobilité ne consiste pas à se fourvoir inutilement dans la construction des routes plus larges ou plus longues, condamnées à ne pas absorber le trafic qu’elles engendrent. Elle passe SEULEMENT par la mise en place …
    de rue piétonnes, de zone 20, de TEC de surface en sites propres, et de toutes mesures favorisant la marche, le vélo, les autres modes actifs, et les TEC, et défavorables aux voitures génératrices de bouchons, d’immobilisme, de ségrégation sociale et d’importantes dépenses publiques.

    => malheureusement, il faudra peut-etre attendre une nouvelle voire 2 générations de nouveaux dirigeants, pour que les données « nouvelles » commencent à faire partie de leur culture

    (et çà prend du temps, c.f. l immobilisme des dirigeant dans un autre domaine : la FNSEA et sa politique de surproduction issues des années 45-50 : même si celà fait plus de 50 ans qu’on n est plus en situation d après-guerre, avec des pb d accès à l alimentation, les dirigeants de la FNSEA n ont pas eu assez de 50 ans pour en être informé…)

    p.s.
    pour la ségrétation sociale de l automobile, au niveau mondial,
    lire
    http://carfree.fr/index.php/2009/11/20/lautomobile-tue-les-pauvres/
    mais la ségrégation par la mort n est pas la seule ségrégation induite par la société de l automobile

    Ivan Illich parlait de la ségrégation de l accès la vitesse, de la ségrégation du temps et de l espace
    (bon, il y avait moins de bouchons que maintenant… donc la voiture pouvait laisser croire qu’elle permettait de se déplacer plus rapidement (même si, en comptant le temps travaillé pour se déplacer, elle allait deja moins vite qu’un vélo..)
    maintenant, en ville, sa « vitesse » est de moins en moins crédible… « aller en (centre)-ville  » devient une expédition, en voiture… alors qu’en vélo, celà se fait tout naturellement)

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