Vélo de courses

Beaucoup de gens, parfois très critiques par rapport à l’automobile et à ses nuisances, pensent malgré tout qu’elle reste indispensable dans de nombreux cas, et en particulier pour faire ses courses au supermarché ou à l’épicerie du coin.

L’argument semble imparable: “tu comprends, comment je fais pour ramener mes courses chez moi sans ma voiture?” Dit autrement, le vélo c’est sympa, mais cela ne permettrait pas de faire les sacro-saintes courses du samedi à l’hypermarché, situé bien évidemment en périphérie.

Dans un monde sans pétrole, les hypermarchés de périphérie n’existeront sans doute plus… Et pourtant, faire ses courses journalières ou hebdomadaires à vélo, c’est déjà possible!

Moyennant un peu de bricolage (première activité de loisir des Français!), un peu d’ingéniosité et quelques achats, il est tout à fait possible d’adapter son vélo pour pouvoir porter de lourdes charges.

En effet, le vélo est particulièrement adapté pour faire ses courses, voire même très pratique dans un rayon d’environ 5 km et pour des volumes de chargement relativement importants si l’on équipe sa monture avec des accessoires efficaces et pratiques.

Bien sûr, avec un vélo, on ne raisonne plus forcément comme l’automobiliste qui va faire ses méga-courses hebdomadaires le samedi après-midi à l’hypermarché de lointaine périphérie.

Ceci dit, le vélo permet de transporter des charges lourdes et encombrantes pour peu qu’on s’y prenne bien.

Évidemment, il vaut mieux préférer le petit supermarché près de chez soi ou pas trop loin à l’hypermarché situé en lointaine périphérie. En outre, avec le vélo, on peut aisément diversifier les sources d’approvisionnement, le marché pour les produits frais, les fruits et légumes, et le supermarché de proximité une ou deux fois par semaine pour les produits secs.

Une étude réalisée en 2003 en partenariat entre la FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette), l’ADEME et le CNRS a pu montrer que les cyclistes ont, en moyenne, un pouvoir d’achat équivalent à celui des automobilistes.

Ils font certes moins d’achats par visite, mais reviennent au total plus souvent que les automobilistes. En moyenne, un cycliste dépense plus dans un commerce de proximité qu’un automobiliste (1).

En fait, il apparaît que le vélo est un vecteur de maintien ou même de développement du commerce de proximité. Quand de plus en plus d’automobilistes se tournent vers les zones commerciales périphériques, les cyclistes multiplient quant à eux les achats dans les commerces de proximité.

Malgré tout, pour la plupart des gens, la voiture reste irremplaçable pour effectuer les courses, essentiellement en raison du volume à transporter, des personnes à véhiculer et des distances à parcourir.

Or, une étude menée à Graz en Autriche par l’association cycliste autrichienne ARGUS dément cette vision des choses (2).

L’étude en question a porté sur l’observation de 1635 achats effectués auprès de magasins situés en zone urbaine (excluant donc les centres commerciaux situés en périphérie): magasins discount, magasins de proximité et magasins de bricolage, tous disposant de stationnement pour les voitures et pour les vélos. Des personnes expérimentées dans le transport des marchandises à vélo ont été chargées d’évaluer le volume et le poids des achats, afin de déterminer s’ils pouvaient être transportés à vélo.

Il ressort de ces observations qu’en termes de volume, 94% des achats auraient pu être réalisés à vélo (dont 14% avec l’aide d’une remorque), une proportion qui atteint même 99% dans le cas des magasins de proximité. La voiture aurait été nécessaire dans seulement 6% des cas. Dans les faits, la voiture a été utilisée dans 77% des cas, et le vélo dans seulement 4%.

S’équiper à moindres frais

La Fédération des Usagers de la Bicyclette a eu la bonne idée d’éditer une fiche spécifique sur le sujet, intitulée « Transporter ses achats à vélo » (3).

En fait, il existe de multiples solutions pour transporter ses achats à vélo… de la plus simple à la plus perfectionnée:

– Le sac à dos permet de transporter des objets légers ou fragiles, car notre corps amortit les vibrations. Sur une distance raisonnable de quelques kilomètres, il est possible d’utiliser un grand sac à dos de voyage pour charger une partie de ses achats.

– Un bon porte-bagages d’au moins 20 euros permet de transporter jusqu’à 30 kg. Grâce à de solides sandows (tendeurs), on peut facilement porter un pack d’eau minérale par exemple. Il existe des sangles élastiques plates encore plus pratiques que les sandows, mais plus rarement en vente. Elles se fixent en boucle sur une extrémité du porte-bagages et ne sont pas très faciles à décrocher une fois installées, donc moins soumises au risque de vol que les tendeurs classiques.

– Un panier fixé au guidon permet d’ajouter au mieux 5 kg. On y met moins de choses et le ballant est important selon le poids de la charge. De plus les paquets ne sont pas à l’abri de la pluie. Un panier vissé sur un porte-bagages avant (ou arrière) permet de porter une charge un peu plus lourde. Certains paniers peuvent facilement se déclipser pour faire les courses dans le magasin et se reclipser sur le vélo.

– Des sacoches en treillis métallique, ou en tissu d’environ 25 euros peuvent transporter jusqu’à 20 kg (2 x 10 kg), mais elles ne sont pas en général imperméables.

– Plusieurs fabricants allemands proposent des sacoches vélo étanches, initialement destinées au cyclotourisme, mais ils ont étendu la gamme et certains proposent même des sacoches-cartables, de format adapté pour le transport de documents, classeurs et ordinateur portable.

– Par ailleurs, il est possible de trouver sur Internet des méthodes complètes pour fabriquer soi-même des sacoches vélo de grande capacité (jusqu’à 40 kg).

– La remorque-caddy est le nec plus ultra. Elle est utilisable à la fois comme remorque à vélo et comme caddy à pied. Elle peut transporter jusqu’à 50 kg.

– Il existe aussi des remorques plus « rustiques » mais ayant une grande capacité de portage (60 kg et objets encombrants). Leur timon peut se fixer soit sur la tige de selle (facile à installer sur n’importe quel vélo, sauf si vous avez une selle abaissée au maximum), soit à la base du triangle arrière, près du moyeu (un petit peu plus difficile à installer, mais cela déstabilise moins le vélo dans les virages).

– Enfin, pour les « citadins sportifs », il existe des remorques à une seule roue, se fixant au moyeu arrière. Leur centre de gravité surbaissé et leur étroitesse les rend très maniables, mais elles sont chères et ont une capacité moindre que les remorques classiques (maximum 40 kg). Elles sont plutôt adaptées au cyclotourisme.

– Si vous êtes bricoleur, vous pouvez même construire votre propre remorque vélo, comme présenté de manière détaillée ici.

L’imagination des cyclistes n’a pas de limites et les capacités du vélo sont infinies! En partant de ce constat, faire ses courses à vélo n’est plus vraiment un problème dans le monde actuel des hypermarchés et encore plus dans un monde sans voitures et sans pétrole.

Si on ajoute à cela que les hypermarchés risquent fort de disparaître également dans un monde post-pétrole, la relocalisation des activités en particulier commerciales amènera les gens à faire les courses plus souvent et sans doute plus près de chez eux, très certainement à vélo…

Comme on peut le voir, il y a de multiples possibilités de faire ses courses à vélo et sans voiture! C’est pourquoi, vous n’aurez désormais plus d’excuses et ce n’est plus la peine de dire, l’air complètement ahuri, « mais comment je fais pour transporter mes courses à vélo »?

Source

Vélogistique, de Marcel Robert, Carfree Editions, 2013

Photo

Vancouver, Canada (Chris Breikss)

Notes

(1) Piétons et cyclistes dynamisent les commerces de centre-ville et de proximité, FUB-ADEME-CNRS, août 2003.
(2) Beobachtungsstudie: Einkaufsverhalten in Graz und Umgebung, ARGUS, 14/12/2009.
(3) Fiche pratique N°3 Vélo-Achats: Transporter ses achats à vélo, FUB, 2004.

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

31 commentaires sur “Vélo de courses

  1. Paris Cargobikes

    Bonjour,
    Merci pour cet article.

    Les vélocargos aussi sont de très bons outils pour faire ses courses.
    Bien sûr ça a des inconvénients (taille, poids -relatif, etc), mais ça permet d’un peu tout transporter notamment des enfants, voire même ça se rapproche des fonctionnalités utiles (en moyenne) d’une voiture, en termes de contenance dans un rayon proche (ce qui correspond aussi avec la moyenne d’usage de la voiture : souvent de petits trajets…)
    Et comme il existe des hypers en milieu urbain dense, on peut même aller y faire ses courses, un caddie plein entre sans problème dans un Bakfiets. Testé pour vous, devant l’air ahuri des autres « visiteurs »…
    On peut même pousser la logique « bagnolarde » jusqu’à aller récupérer ses courses à un « Drive », pour peu qu’il soit bien situé : ça interpelle clairement les autres clients en voiture !

  2. Pédibuspédibus

    Vive le drailleveu saille côle! Drive cycle pour être plus académiquement correct…

    …trop cool!

    Petite banderille qui peut contribuer à écorner un peu plus la symbolique bagnoliste…

  3. Jean-Marc

    très cher par rapport à quoi ?

    3500€ (ou moins…) puis, plus d assurance, plus de pleins, plus de contrôle technique, … :

    une voiture d occase à 200€, dès la 1ere année, coûte bien plus cher que le vélo-cargo neuf à 3500€…

    Mais c est sûr qu’un vélo-cargo coûte plus qu’un ticket de bus
    (mais un abonnement annuel + qq réservation de voitures chez un loueur + qq taxis… en 2 ans, il est amortis).

    En sachant que rien n(oblige à posséder un vélo-cargo, pour en utiliser un occasionnellement (même si c est une fois tous les 15 jours) :
    http://carfree.fr/index.php/2013/12/03/partageons-les-velos-cargos/

  4. Zeed

    Bin cher à l’achat.
    D’accord,plus jamais d’assurance,de contrôle tech,de carburant,etc…
    Mais faut quand même avoir les moyens de s’offrir le matos et comme dans beaucoup d’autres domaines,rien ne remplace la satisfaction d’avoir SON MATOS A SOI,sachant également que la location de ces engins n’est qu’à ses débuts et pas partout…

    Mais l’idée est très séduisante.

  5. Vincent

    Incidemment, est-il possible de construire un vélo cargo pour moins cher?

    > Évidemment, il vaut mieux préférer le petit supermarché près de chez soi ou pas trop loin à l’hypermarché situé en lointaine périphérie

    Quand on vit en banlieue, il n’y a souvent pas le choix : il n’y a plus de commerces de proximité, ou alors petits et à des prix plus élevés que dans les hyper en périphérie.

    > Une étude réalisée en 2003 en partenariat entre la FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette), l’ADEME et le CNRS a pu montrer que les cyclistes ont, en moyenne, un pouvoir d’achat équivalent à celui des automobilistes.

    Ne pas posséder une voiture, ou ne l’utiliser que lorsque c’est vraiment indispensable, permet de faire des économies.

    > Grâce à de solides sandows (tendeurs), on peut facilement porter un pack d’eau minérale par exemple.

    Inutile et coûteux : l’eau est partout potable en France, à l’exception de la Bretagne.

    > – La remorque-caddy est le nec plus ultra. Elle est utilisable à la fois comme remorque à vélo et comme caddy à pied. Elle peut transporter jusqu’à 50 kg.

    Un exemple de bon produit qui s’attaches simplement à la tige de selle et se replie facilement:
    http://www.burley.com/page_12208/travoy.html

    > Si on ajoute à cela que les hypermarchés risquent fort de disparaître également dans un monde post-pétrole

    Vu le kilomètrage moyen, il n’est pas impossible que les voitures électriques, à batterie ou pile à combustible + hydrogène, deviennent la norme pour les déplacements au quotidient dans les vingt ans qui viennent

  6. KOVANOV

    Carfree: « On peut aussi construire son propre vélo-cargo, certains l’ont fait et ont donné leur méthode »

    je suis en train de construire un prototype de vélo cargo, mélange entre triporteur, ricksaw et velomobile, l’engin sera caréné, position couché et la partie « benne » a l’arrière plus possibilité d’y atteler une remorque

  7. psychelau

    bonjour,
    je souhaiterais faire un nouvel article pour carfree, j’en avais déjà publié un il y a longtemps, je dois tre devenu aveugle, je ne trouve plus comment faire. Quelqu’un pourrait-il m’aider svp?
    Merci 😉

  8. CarfreeCarfree

    Kovanov, on pourrait publier ton projet quand il sera fini si tu le souhaites.

    Psychelau, je t’envoie ton mot de passe par mail.

  9. Pédibuspédibus

    Si les ministères de l’écologie et de ce qui s’appelait à une époque la « coopération » étaient visionnaires ils pourraient favoriser un entrepreneuriat d’avant garde dans certains Etats africains pour fabriquer une gamme de vélos pouvant s’insérer dans une chaîne logistique durable. Même un coup de pouce de R&D du côté de la mécanique, de la résistance des matériaux ou d’autres disciplines pourrait peut être refaire le coup de l’invention de la bicyclette ou de la brouette.

    Gagnant-gagnant, gnangnan comme diraient les barons du MEDEF, puisqu’on épargnerait la transition automobile, les maladies cardiovasculaires et le stress, les maladies respiratoires, puis la reconversion vers les modes actifs et les TC aux sociétés africaines. Du temps de gagné et des investissements économisés. Mais les occidentaux y trouveraient aussi leur compte au début à cause du coût de main d’oeuvre à l’importation, facteur décisif pour finir de conquérir notre contributeur ZEED. Et en accouchant sous X en terre africaine cette création on pourra toujours faire croire que ce n’est pas là une vision post, post, post coloniale… Et on pourra se servir de nos industries automobiles en voie d’enfrichement pour récupérer ce qui peut servir aux activités mécaniques nécessaires à la production…

    Bref des idées à la pelle dans mon vélo cargo imaginaire. Pour ce qui me concerne je pratique le traditionnel vélo + sacoches arrière + crochet d’attelage sur le tube de selle + remorque à châssis tube alu et caisse polypropylène, après avoir abandonné la remorque à châssis tube acier et caisse en planches…

  10. Pédibuspédibus

    Pour en revenir à l’Afrique, et aux Africaines qui se farcissent trop souvent le maraîchage à la houe, véritable supplice casse échine, refaire le coup de la brouette ou du vélo, ces inventions fondamentales qui ne tombent qu’une fois par millénaire, ça pourrait consister à inventer le vélo cultivateur.

    On a parlé il y a quelques années de « véloculteur ». Une espèce d’outil à main reprenant un bout de cadre de vélo avec une roue auquel on accroche un outil:
    http://appius.claudius.free.fr/Download/Agribio/TV/138.Veloculteur.pdf

    Il y a plus longtemps encore un système de treuil agissant sur une charrue a été imaginé : http://pdf.lu/FIAb

    Mais sans doute faudrait-il tester une espèce de quadricycle à pédales, avec un couple très favorable – un plateau de 12 dents et un pignon de 28 dents? – qui pourrait voir loger entre les 2 roues arrières 3 ou 4 disques cover crop dentelés – http://socomhy.com/piece-agricole/disque-cover-crop-centre-hexa-crenele—D460Ep3-67 – de 500 à 600 mm de diamètre. Soit solidaires sur un essieu portant les roues arrière (roues crantées de récup. de motoculteur?) soit solidaires sur un axe indépendant qui pourrait descendre sous le châssis le long d’une crémaillère?

    Sans avoir donné le moindre coup de chalumeau j’imagine que ma « trouvaille virtuelle » va se comporter aussi différemment qu’il existe de types de terrains et en fonction de l’enracinement de la récolte précédente et du degré d’humidité du sol… Le principe serait voisin du brise glace. N’aller pas là imaginer que je me représente mon fondement comme doté de la puissance d’un vaisseau ex soviétique propulsé à la motorisation nucléaire (!), mais le vélo cultivateur de ma conception devrait évoluer avec le poids du cycliste additionné des disques à vitesse très faible pour faire une première trace, modeste, sur le sol à ameublir. Ce sont les allées et venues (3, 4 ou 5 passages?) qui devraient avec le temps venir à bout du travail de pulvérisation ou d’écrasement de la bande de terrain.

    Vitesse très faible, mais rendement et ergonomie sans pareil si on compare avec une houe (le plus pénible et physique) ou une fourche ou une bêche. Ce qui pourrait donc libérer du temps et/ou autoriser des surfaces cultivées plus grandes et se passer d’une bête de trait ou, préoccupation commune, s’épargner l’investissement et les nuisances d’un motoculteur voire d’un petit tracteur…

  11. Jean-Marc

    Vincent :
    1-« il n’y a plus de commerces de proximité, ou alors petits et à des prix plus élevés que dans les hyper en périphérie. »
    2- « Vu le kilomètrage moyen, il n’est pas impossible que les voitures électriques, à batterie ou pile à combustible + hydrogène, deviennent la norme pour les déplacements au quotidien dans les vingt ans qui viennent »

    1- ce n est pas en n allant pas dans les petits commerces, qu’ils risquent de se multiplier (ou de ne pas fermer..)

    Tu économises le prix du trajet…
    et, si tu le fais en voiture, alors celà équivaut souvent à une économie supérieure au prix « gagné » sur la même liste dans les 2 établissements, et en plus, tu participes moins à la pression sur les prix des producteurs que tu entretiens, en allant en super/hyper.
    (après, quand on favorise activement le chômage, la précarité et la pression sur les prix, en allant en super/hypermarchés, faut pas se plaindre du chômage, des délocalisations, ni du refus d augmentation de salaire de son patron…).

    La recherche du bas prix coûte extrêmement cher au consommateur et au citoyen…
    c est « grâce » à celà que plus de 25% des vélos neufs vendus en france le sont en super/hyper à bas coût.. mais pour un produit valant très peu…
    et, ce qui est vrai pour le vélo l est aussi pour le reste :

    la recherche du bas coût incite les producteurs/vendeurs à rechercher impérativement ces bas coûts, et pousse donc à la course aux lasagnes de chevaux interdits à la consommation, tarte au chocolat-caca, beurre à la graisse de bovin désodorisée, huile de cuisine diluée à l huile de moteur ou,
    même en dehors des fraudes,
    simplement pâté plein de graisse animale, jambon et steak hachés à l eau+polyphosphate; glace à l air et l eau (au lieu de crème), préparation au jus à l eau et sucre (au lieu de jus de fruit) et autres joyeusetés…
    Cette course au moins-disant participe fortement à la dégradation de la qualité moyenne des produits mis en vente…

    [les produits de qualité, jugés trop chers, se retrouvent progressivement retirés des étals, c.f. les produits lafuma présents à titre homéopathiques dans les supermarchés du sport (seul le vieux campeur propose une exposition digne aux produits de qualité)]

    Mais bon… avoir une armoire en bois massif ou en lamellé-collé, avoir des pièces de machine à laver en metal ou en plastique… l acheteur de supermarché s en moque :
    il préfère racheter 5 fois un produit merdique, qu’en acheter un de qualité, au double du prix…
    Ainsi, il est 5 fois content de moins dépenser…

    Seul l argent économisé dans l achat IMMÉDIAT compte, pas les implications dans le temps, les dépenses induites, les surcoûts induits…

    Mais il y a largement pire pour ce consommateur :
    il est même perdant sur son créneau, dans l achat immédiat :

    Aller en super/hypermarché te coûte, en fait, bcp bcp plus cher qu’aller ailleurs :
    Les supermarchés ont des bac+2 et plus qui sont là uniquement pour s’arranger pour que tu dépenses plus que prévu :
    tu entres pour acheter des filtres à café,
    tu ressorts avec une tondeuse, une piscine, une machine à café à dosette (donc tu n as plus besoin de tes filtres… et ton café -standardisé, avec moins de choix, et absence de concurrence- te coûtera constamment 5 fois plus cher, maintenant…), une perceuse, et le best of d Alisée et de Marc Levy.

    [le pire d entre tous, est une enseigne d ameublement :
    « on » y va par curiosité, pour passer le temps (souvent le W-E): le parcours est complétement contraint : ils ont choisit par où nous sommes forcés de passer (aucune liberté, et manipulation mentale), pour qu’on finisse par sortir en achetant un cache-pôt, une bougie ou une petite étagère dont on n a pas besoin, et qu’on n avait jamais imaginé acheter avant d’y entrer…)]

    -> la seule façon efficace de résister à la manipulation mentale, à l incitation calculée pour qu’on achète des trucs inutiles à forte marge, alors qu’on est venu acheter une boite de petits pois premier prix, c est de ne jamais entrer dans des supermarchés…
    (et encore moins que jamais, si c etait possible, dans l enseigne d ameublement jetable que j évoque)

    [y aller en vélo, avec une liste toute faite, et s’y tenir, en portant son sac de course dans le magasin, pour fatiguer/sentir leur poids (et donc ne surtout pas vouloir alourdir inutilement son panier, et ainsi mieux résister aux tentations), en n’y revenant plus pendant des mois (pour que la belle cafetière ou perceuse qu’on voit et revoit à chaque visite ne finisse pas par nous faire craquer) permet de limiter les risques…
    mais bon, une fois qu’on a trouvé des indépendants près de chez soi, vendant des produits de qualité.. on ne revient plus jamais en supermarché… (J ai arrêté les supermarchés plusieurs années avant de passer au vélo : j allais à pied chez ceux à moins d’1km de chez moi; en voiture (et rarement TEC) chez les autres; parfois, j accompagne qq un dans un supermarché… mais je n y achète rien ^^ de toute façon… on n’y trouve vraiment rien…*)]

    * j ai des critères d achat… les supermarchés en ont d autres… (ceux qu affiche Vincent : le prix, et rien d autre..)

    et bien, les produits que je cherche n y existent pas (les vêtements comme ceux de « peau éthique » ou de « living craft » en coton bio et éthique, de sociétés française ou européenne) ou sont ultra sous représentés (les produits bio), et juste pour l affichage, car représentés par des produits ne correspondant pas à ce que je cherche

    (leurs carottes ou pommes bio y sont des fruits calibrés pour supermarché : c est du bio industriel : pas d engrais, pas de phyto-sanitaire, c est vrai; mais aussi, aucunement des petits producteurs, ni de l agriculture paysane, ni locale… mais du sous serre poussé en hydroponique dans des pôts ou du sable… tout l inverse de l AMAP, et l inverse du 1/2 des produits frais de la superette bio où je vais… et des 9/10ième des produits que j y achète)

    2- les principaux pb de la voiture n est pas son carburant, loin de là.

    le carburant RAJOUTE seulement un pb supplémentaire

    (d ailleurs, la voiture élec, rajoute pas mal de pbs, au niveau de son carburant : explosion de batteries avec projection d acide, vapeurs, rareté des minéraux et terres rares utilisés, absence d énergie primaire dans ce « carburant » (comment est produite l élec?)

    Ainsi, les moteurs thermiques ajoutent du bruit, et ajoutent une dépendance au pétrole (ou au gaz pour le GNV), et rajoutent une pollution en sortie de pot (pour l essence, mais encore pire, pour les diesels, et, pire que tout, pour les diesels avec commun rail et FAP)

    Mais, quelque soit le type de motorisation, celà n influe pas
    sur sa consommation d espace (chaussée et parkings),
    sur sa consommation de matière première,
    sur son énorme gaspillage d énergie (et c est impossible à résoudre : du moment qu’on transporte 1.5tonne de charge morte pour 100kg de charge utile… la physique fait qu’on dépense obligatoirement l’énergie pour toute la charge inutilement transportée… et dire qu’un vélo de 10kg transporte autant.. et plus vite, en ville…),
    sur l’étalement urbain qu’elle induit, et ses conséquences nefastes pour l économie et les relations humaines et sociales,
    sur ses conséquences sur la sédentarité et ses conséquences néfastes à long terme sur la santé de ses utilisateurs,
    sur l accidentologie et la « création » de nouveaux morts et handicapés
    sur son coût de plus en plus prohibitif pour les classes moyenne
    etc…

    Bref, la voiture élec permet juste de continuer à rêver d’aller dans le mur, malgré une disponibilité réduite en hydrocarbures… Youpi !

    PAR CONTRE, tu as raison, sur le kilomètrage moyen :
    « Vu le kilomètrage moyen » sous-entendu « faible », ne nécessitant pas les 1 000km d autônomie théorique des moteurs à explosion,
    d autres solutions peuvent être utilisées :

    http://www.planetoscope.com/automobile/114-nombre-de-kilometres-parcourus-les-francais.html

    distance quotidienne moyenne parcourue par un français : 25km…

    vraiment rien de difficile en vélo…

    comme quoi, quand on cherche des solutions… on en trouve ^^

    (bien sûr, c est une moyenne… donc pour certains, c est 49,9… mais alors, en face il y a une personne à 0,1 ^^ (pour certains, c est au-delà des 50, mais alors, pour obtenir cette moyenne, ils sont compensés par plusieurs personnes en-deçà de 12,5 : ainsi, il y a PLUS de monde sous les 25 (vu qu’il y a une limite infranchissable : 0) que de personne au-delà…)


    Tiens, un conseil simple, en supermarché, rayon alimentaire :
    prend le produit :
    si tu ne réussis même pas à lire la liste des ingrédients (écrit trop petits)
    OU
    si elle te prend plus de 2 minutes à être lu
    OU
    s’il y a plus de 2 ingrédients dont tu ne comprend pas ce qu’il font la dedans et/ou ce qu’ils sont,
    repose de suite ce produit…

    [en fait… avec ce simple critère, en supermarché… tu va reposer 99,9% des produits.. en supérette bio, juste 1/20
    donc, tu peux utiliser un premier filtre moins strict, avant de le passer au 2eme filtre (le prix, la provenance, l absence de maïs ou d’huile de palme (appelée « huile végétale » pour se dissimuler…), l absence de produits allergisants, l absence de produits carnés, l absence de sucre dans un produit salé/de sel dans un produit sucré, ou tous autres critères de sélection)

  12. Jean-Marc

    Pédibus :
    Dans le même genre d’idée,
    un BTS produit (2 projets, 2 prototypes) une vélo tondeuse :

    un cylindre de coupe (comme sur les tondeuses à bras) rajouté en plus des roues

    un produit que j aimerai bcp voir en vente, afin qu’il se retrouve dans les espaces verts de nombreuses villes…
    voire chez les particuliers.

    c.f.
    pour les différents projets :
    http://www.listepgm.org/

    et en particulier, pour les vélo-tondeuses :
    http://www.listepgm.org/index.php?page=velo-tondeuses

  13. Struddelstruddel

    De VINCENT
    « Quand on vit en banlieue, il n’y a souvent pas le choix : il n’y a plus de commerces de proximité, ou alors petits et à des prix plus élevés que dans les hyper en périphérie. »

    Les banlieues sont ce qu’elles sont aujourd’hui pour répondre à la population qui souhaite surconsommer. Acheter toujours plus pour toujours moins cher, il n’y a que le supermarché de périphérie qui propose cela, c’est certain, et qui favorise par la même occasion les excès dont parle Jean-Marc.

    En général, un produit pas cher ne l’est pas par volonté de bienfaisance de la chaîne de grande consommation, si ce n’est pas cher pour le consommateur, c’est que c’est cher socialement pour quelqu’un dans le processus qui amène le produit en rayon.

    Or ce que recherche ces chaînes, c’est évidemment que le client revienne, entre autre grâce à des prix attrayant, elles n’hésitent donc pas à relayer l’impact social et écologique au dernier plan, ce qui est conforté par le consommateur qui revient toujours car « ben c’est quand même vachement moins cher pour vachement plus ».

    Quant à la qualité des produits industriels, chacun fait ce qu’il veut avec son corps c’est certain (miam …)

    « Vu le kilomètrage moyen, il n’est pas impossible que les voitures électriques, à batterie ou pile à combustible + hydrogène, deviennent la norme pour les déplacements au quotidient dans les vingt ans qui viennent »

    Espérons que ce ne soit pas le cas et continuons à croire et à agir pour la diminution drastique du déplacement en automobile, quel que soit son carburant.

    En ce qui concerne les courses, pour ma part j’utilise majoritairement ma grille de porteur de journaux ( http://bit.ly/1i9aic0 ), je trouve ça vraiment idéal pour tous les achats en centre-ville ou dans les vergers : http://bit.ly/1i9anMV

    D’autres exemples sur cette page : http://bit.ly/1i9axE7

    De ZEED
    « Mais les vélocargo sont très chers »

    C’est effectivement relativement cher, mais lorsqu’on voit que la plupart des gens trouvent assez de fric pour posséder une voiture, on se dit que ça reste dans le domaine de l’accessible.

    Si je compare mon triporteur avec les voitures de mes collègues, je possède le véhicule au prix neuf le moins cher. De plus, certaines villes remboursent une partie (300 € remboursé ici à Nantes) et la boutique où je l’ai acheté m’a permis de régler en trois fois sans frais, donc bien plus avantageux qu’un prêt voiture.

    Et bien sûr, je n’ai ni assurance ni essence à payer.

  14. Pédibuspédibus

    De Struddel: « […] Vu le kilomètrage moyen, il n’est pas impossible que les voitures électriques, à batterie ou pile à combustible + hydrogène, deviennent la norme pour les déplacements au quotidient dans les vingt ans qui viennent »

    Espérons que ce ne soit pas le cas et continuons à croire et à agir pour la diminution drastique du déplacement en automobile, quel que soit son carburant. »

    L’idéal ne serait-il pas une reconversion industrie/service de notre économie? Si nos constructeurs nationaux automobiles – ceux d’autres Etats européens aussi d’ailleurs, aussi puissants soient-ils sur le moment… – avaient un reste, un zeste d’instinct de survie face aux menaces asiatiques de montée en gamme technique et commerciale, ils verraient, ils jaugeraient alors l’intérêt qu’ils pourraient avoir à se reconvertir dans le serviciel, s’intégrer à l’économie résidentielle, en percevant l’espace public non pas comme le débouché naturel de leurs produits à faire circuler ou à entreposer – l’automobile – mais comme un objet géographique support d’un ensemble de fonctions sociales – avec la mobilité comme une parmi d’autres – et où ils pourraient proposer un ensemble de services (intégrant architecture, urbanisme, ingénierie sociale du déplacement, intégrant elle-même les spécificités du cycle de la vie, de l’enfant scolarisable au senior…) et de produits dont notre vélo cargo…

    Bref reconversion versus « coopération », avec mon commentaire précédent, mais aussi sursaut entrepreneurial dont je ne suis pas tellement sûr que la société occidentale – française en particulier – soit capable tellement est profond le chemin de dépendance aux représentations et aux concepts – comme une industrie automobile « industrialisante », (avec des fournisseurs pressurés?) – et surtout avec des « signaux de contre culture » bien fragiles face à la puissance de manipulation idéologique de la superstructure du système politico-économique contemporain…

    Mais après tout qui et d’où disait cet industriel automobile que « la voiture n’a pas d’avenir », et qu’est-il devenu? Ou j’ai peut être rêvé…

  15. Struddelstruddel

    Je ne sais pas, je me place en tant que citoyen utilisateur de l’espace public et non en tant qu’industrie.

    Des reconversions, il y en a une infinie possibilité, à chacun de trouver ses solutions mais la priorité devrait toujours être celle du bien vivre ensemble.

  16. Pédibuspédibus

    Oui c’est le « symptôme » d’une société qui fonctionne bien le « bien vivre ensemble ».
    Et sans doute y a-t-il plus de chance de la voir fonctionner ainsi dans une rue rendue à toutes ses fonctions sociales et non à la seule exigence technique de circulation et de stationnement automobile comme on le voit trop souvent dans nos villes…

  17. Jean-Marc

    @ Pédibus sur l avenir des industriels de la voiture

    tu sais…
    même si ce sont assez souvent des compa de téléphone (ou de cable) qui ont installé internet,

    ce n est majoritairement pas les constructeurs de calèches qui sont devenus des constructeurs auto, ni les fabricants de bougies qui sont devenus des fabricants d ampoule :
    le changement de système est souvent très mal vécu par les anciennes gloires des système d avant…

    Il faut plus compter sur les nouvelles compa, pour l instant petites voire n existant pas, que sur la métamorphose des dinosaures…
    S’ils ont les moyens financiers, et le personnel compétents,
    ils n’ont trop souvent pas la réactivité, et l acceptation de leur nécessaire reconversion pour s en sortir

    (bien sûr, il y a des exceptions…
    c.f. sony qui ne faisait quasi pas d argent dans le JV il y a 25 ans, ou apple qui ne faisait pas d argent dans la musique et la musique en ligne il y a 15 ans, et rien dans la téléphonie il y a 10 ans)

  18. Pédibuspédibus

    Certes, et on peut aussi citer Mulliez qui du traditionnel textile s’est mis à faire de la grande distribution…

    L’entrepreneur agit par opportunité, et il me semblait que passer du véhicule aux « tuyaux » qui le supporte le mettrait moins en décalage dans son core business. Parce que comme toi je parierais plutôt sur le hasard émergent, je m’imagine les points d’inflexion de la trajectoire sociétale en rupture avec les acteurs du dernier acte, mais ceux-ci sont autrement mieux dotés en connaissance, expérience et réseautages divers que les précédents…

    Mais patience, l’intelligence et la lucidité finiront peut être par s’emparer du pouvoir, en même temps que s’installera un nouveau système de valeurs anthropocentriques et environnementales à long terme..? Avec de nouveaux bourgeois de Calais, mais à qui on épargnera le sacrifice, et en espérant qu’on ne doive pas attendre cent ans en ferraillant contre l’ancien système.

  19. Jean-Marc

    « mais ceux-ci sont autrement mieux dotés en connaissance, expérience et réseautages divers que les précédents… « 

    oui..
    c est surtout leur réseau qui est utile…
    mais pour se débarasser des petits qui ont eu une meilleure idée qu eux avant eux…
    ou pour avoir, pendant des années, des subs pour des projets coûteux mais voués à l échec, telle que la voiture volante.

    c est pratique en france pour se débarasser des petits et essayer de prendre leur place…
    mais c est totalement inefficace au niveau mondial :

    les « petits » d ailleurs ont alors eu le temps de grandir, et sont devenu plus grands que les filiales ou nouvelles entités mises en place chez nous -avec retard- par les gros.
    Ainsi, ce lobbying sert à empêcher l émergeance de nouvelles boites prospères chez nous, tout en laissant les nouveaux centres de profits prospérer à l étranger… Youpi !

    (exemple de ce lobbying catastrophique pour l économie française : le moratoire sur le photovoltaique voté par Sarko (ou son vote sur la taille mini pour les champs d’éoliennes), pour faire couler les petits entrepreneurs, et que les gros du bâtiment et de l énergie puissent avoir le temps de mettre en place leur filiale ou département PV… (avec les chômeurs -employés et artisans-patrons- des petites boites qui ont coulées)
    ou du poids de bouygue et consorts dans le Centre Technique Bâtiment, pour que les Hautes Qualités Environnementales puissent être validées, avec des performances mauvaises (il faut remplir certains critères (3 je crois), choisit par le constructeur*, dans une longue liste, et être efficace sur ces critères… mais on peut etre pourri sur les critères non retenus : ainsi, un batiment HQE (contrairement à un BBC) peut ne pas être bien isolé…)

    * ces critères sont choisit par le proprio, pratique si tu construit ton logement…
    mais, pour un immeuble de 10 logements vendu à la découpe… c est rarement des particuliers qui le construisent, et donc qui décident des critères…
    (mais plutôt bouygue, eiffage ou autre)
    donc le projet t es présenté comme HQE, avec tels critères retenus, et tu peux seulement choisir de l acheter oupas…

    autre exemple de lobbying, actuellement efficace :
    Bolloré+Decaux pour la blue car :
    un véhicule cher, peu intéressant pour résoudre les pb de congestion des villes… et que personne n achète, SAUF les municipalités…
    C est actuellement une véritable réussite financière pour les 2… mais uniquement de façon artificielle, sur fonds publics, pour un service rendu à une fraction ridicule de citadins (rien à voir avec le service rendu pour qq rames de trolley ou tram en plus : d’un service pour qq 100aines à milliers de personnes par an, on passerait à un service à plusieurs milliers, voire 10aines de milliers de personnes par jour… pas du tout le même ordre de grandeur…).

    Cependant, comme ce n est pas intéressant en soi, vu le coût et un service rendu à +/- personne, et comme les municialités ont -pour bcp- de plus en plus de pbs de trésorerie… le système risque de s’écrouler à la fin d’un contrat ou du suivant, avec abandon complet du projet par les différentes municipalités.

    La blue car, c est un nouveau concorde, un nouveau minitel, ou un nouveau rafale :

    un produit d’ingénieur, intéressant sur le papier niveau performance, mais dont le marché n a pas (ou mal) été évalué :
    Les subventions peuvent financer une partie de la recherche et du lancement… mais ne peuvent pas sauver indéfiniment un projet inadapté.

    (tiens, l avion lorrain Skylander, financé depuis le début, à très grand frais sur fond public d aide à la recherche et autres subs, s est cassé la gueule sans décoller, comme prévu, une fois qu’il a trop épongé, et que les différents acteurs en ont eu marre de constamment payer…

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Skylander_SK-105#Longues_incertitudes_sur_la_construction

    « Face au manque de financement du projet, Sky Aircraft filiale à 100 % de Geci Aviation fut placée en redressement judiciaire le 4 octobre 2012 avec une période d’observation de six mois. Finalement la liquidation judiciaire a été prononcée le 16 avril 2013. » )

    Avoir des subs pour des avions, ou des voitures élec est malheureusement bcp plus facile à défendre devant des politiques, que de proposer des ateliers de soudures municipaux pour faire des vélos-cargos (pour ramasser les feuilles mortes des parcs, les poubelles, ou avec nacelles hydrauliques (sur bonbonne d air sous pression) pour accéder aux réverbères/guirlandes ou autres cables et feux) ou aider à l’installation d’un fabricant de vélo-cargo (surtout si son projet n est pas principalement le vélo électrique, mais le vélo « musculaire ») :

    une révolution mentale est nécessaire, pour que le performant et économiquement plus viable soit préféré au brillant coûteux.
    elle aura lieu, mais
    soit elle se fera petit à petit, par anticipation, sans frictions (c.f. le dernier paragraphe barcelone: ville de projet(s) : http://www.senat.fr/rap/r10-594-2/r10-594-2_mono.html#toc4);

    soit le manque d argent y contraindra dans la douleur…

    [c.f. détroit, birmingham, madrid (c.f. burgos), et de très nombreuses autres municipalités grèques ou d autres pays sont en faillite ou quasi-faillite, et abandonnent des projets, ou mettent en vente leurs argenteries pour s en sortir (oeuvres d art de détroit; stade, palais des congrès et autres bâtiments de birmingham)…]

    Financer des danseuses, quand on ferme des crèches, indemnise moins la maladie, le chômage, la retraite, et qu’on offre de moins en moins de services publics (c.f. la grèce depuis des années, l’espagne avec -entre autre- les manif de burgos contre un coûteux projet de chantier public, demandant des crèches à la place, ou au brésil, contre le très très coûteux chantier des stades du mondial, demandant des écoles, crèches et autres services de proximité à la place),
    pour un coût plus élevé « pour certains » (les petits et moyens),
    ce n est vraiment pas tenable à long terme…

  20. bruno le hérisson

    C’est bien car l’article donne plein de choix pour faire du vélo de course, mais je trouve dommage que pour chaque choix, il n’y a pas d’illustration.

    Mon choix perso : sac à dos de 37 L + commerces de centre ville et marché 2 à 3 fois par semaine ( fréquence = fraicheur = forme )

  21. François Soubeyrand

    Pour les savoyards, il existe une opération que nous (Agence Ecomobilité de Chambéry) menons depuis 3 ans, ayant notamment pour objectif de prêter gratuitement du matériel spécifique. Cette opération s’appelle »Vélo de courseS » !
    Pour plus d’infos n’hésitez pas à me contacter (francois.soubeyrand at agence-ecomobilite.fr)ou allez voir sur le site web http://www.velodecourses.fr, mais il est en cours de modification.
    A bientOt sur un vélO 🙂 !

  22. Giome

    Je suis 100% d’accord avec l’approche Vélorution de Carfree, et je me demande de plus en plus si je ne vais pas acheter un vélo.

    Cependant une question m’interpelle: dans une ville Carfree, en considérant que l’on utilise les épiceries/marchés/magasins de quartier pour faire ses courses, comment ces même epiceries/magasins se font-ils livrer leurs marchandises ?
    Quant bien même les producteurs seraient situé en périphérie de la ville (je suis à fond dans le circuit-court), disons moins de 50km, comment fournir la ville en nourritures, vêtements, objets divers, etc, sans utilitaires/camions ?

    Bonne continuation à vous, je continue de vous lire 🙂

  23. CarfreeCarfree

    @ Giome,
    déjà une précision, carfree ne veut pas forcément dire « sans aucune voiture ». On parle plutôt d’une ville sans voitures individuelles, ce qui laisse une place pour des voitures en autopartage, en location, des taxis, des véhicules d’urgence (police, pompiers, ambulances), certaines exceptions ou même dans certains cas des camions.

    Mais, pour répondre plus précisément à ta question, on peut aussi envisager d’autres solutions que le tout-camions.

    De manière générale, le fret ferroviaire est sous-utilisé (entre villes) car le transport par camions est largement subventionné. Si le transport routier devait réellement payer les dommages causés à l’environnement, nul doute que le prix des marchandises livrées serait beaucoup plus important.

    Dans certaines villes, des lignes ferroviaires abandonnées ou sous-utilisées pourraient être utilisées pour le transport de marchandises et les livraisons (on peut citer au moins le cas connu de la petite ceinture à Paris). Il est possible aussi de construire de nouvelles lignes ferroviaires en milieu urbain, en particulier sur les voies routières et autoroutières. L’histoire a montré qu’autrefois il y avait beaucoup plus de lignes ferroviaires jusqu’à ce qu’elles soient enlevées pour laisser la place… à la voiture.

    Par ailleurs, des expérimentations ont eu lieu dans certaines agglos pour utiliser par exemple les tramways la nuit pour le transport de fret, en l’occurrence la livraison de marchandises pour des commerces. (Je ne sais plus dans quelle(s) ville(s), il faudrait chercher). c’est quand même dommage d’avoir des lignes de tram dans la plupart des agglos françaises qui ne servent à rien la nuit.

    Enfin, comme il y a des bus pour le transport des gens, cela ne me paraît pas choquant qu’il y ait aussi des camions pour le transport de certaines marchandises. Mais, comme tout ce qui est dit ici par ailleurs, il faut favoriser d’abord les modes les moins polluants et organiser la logistique en conséquence.

    Actuellement, l’ensemble du système de livraisons est pensé pour le camion, ce qui génère des absurdités comme par exemple des camions à moitié vides en ville. Je pense qu’il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine pour tendre vers un système plus vertueux.

  24. Giome

    @Carfree, @Struddel :
    Merci beaucoup d’avoir pris le temps de me répondre 🙂 !
    L’idée du Tramway de Fret est vraiment superbe!
    Cela demande une volonté de développer davantage les réseaux existants pour pouvoir desservir de partout.
    Il faudrait aussi créer des wagons spéciaux de fret, car ceux voyageurs ne sont pas du tout adaptés.
    Il faudrait aussi adapter le réseau en évitant d’avoir des lignes indépendantes les unes des autres, sinon cela implique de nombreux chargements-déchargements de marchandises avant d’arriver à destinations.

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