Scoop : AUTOLIB’ n’est pas écologique

debranche-autolib
Un geste facile, légal et écolo : Stéphane Lhomme appelle à débrancher les Autolib, Bluely, Bluecub et autres modèles en charge sur la voie publique…

Victoire de l’Observatoire du nucléaire sur les lobbies de l’automobile et du nucléaire.

– Le Jury de déontologie publicitaire donne raison à l’Observatoire du nucléaire : AUTOLIB’ n’est pas écologique car l’électricité utilisée est principalement nucléaire

– La voiture électrique est aussi polluante que la voiture essence ou diesel, et délocaliser la pollution n’est en aucun cas un acte « écologique »

– Il faut immédiatement annuler les aides publiques massives engagées de façon absurde en faveur des voitures électriques et des bornes de rechargement

C’est un véritable pavé dans la mare, ou plutôt dans le pare-brise de la voiture électrique. Alors même que la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, entend faire de ce véhicule un des éléments principaux de la fumeuse « transition énergétique », le Jury de déontologie publicitaire (1), saisi par l’Observatoire du nucléaire (2), a publié jeudi 26 juin 2014 une décision (3) explosive : la société Autolib’ ne peut prétendre proposer un service « écologique », « vert » ou « propre ».

Des décisions identiques viennent d’ailleurs d’être rendues concernant les sociétés « soeurs » d’Autolib’, à savoir BlueLy à Lyon (4), et BlueCub à Bordeaux (5), toutes trois détenues par la multinationale Bolloré.

Se basant en particulier sur la recommandation « Développement durable » (6) de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), le Jury a donné raison à l’Observatoire du nucléaire qui conteste les publicités que l’on trouve sur le site web d’Autolib’. Il y est prétendu par exemple que la voiture Bluecar serait « 100% écologique » (7). Les sites de Bluely (8) et BlueCub (9) présentent le même genre d’allégations.

L’Observatoire du nucléaire a prioritairement mis en exergue le fait que les batteries des voitures d’Autolib’ sont rechargées sur le réseau électrique ordinaire, alimenté comme chacun sait à 75% par de l’électricité nucléaire.

On peut donc véritablement parler de « voitures nucléaires » qui sont de fait co-responsables des pollutions occasionnées par l’industrie atomique : contaminations autour des mines d’uranium, rejets radioactifs et chimiques des centrales dans leur environnement, production de déchets radioactifs pour lesquels n’existe aucune solution, etc.

Par ailleurs, pour fabriquer ses batteries « lithium métal polymère », la société Bolloré importe du lithium extrait de gisements situés dans divers pays, en particulier en Amérique du Sud, dont l’environnement est là aussi gravement pollué.

De plus, les batteries des Bluecar d’Autolib’ doivent constamment être maintenues à la température de 80°, ce qui entraîne une forte consommation d’électricité même lorsque les batteries sont pleines. Enfin, ces batteries semblent avoir une fâcheuse tendance à exploser et causer de dangereux incendies, même si ces derniers sont opportunément attribués à l’ « insécurité » (10)

Certes, la voiture électrique ne pollue pas au moment précis où elle circule, mais elle pollue avant et après, et surtout elle délocalise la pollution. La voiture électrique permet finalement à des urbains privilégiés de rouler prétendument « propre » au détriment de populations éloignées, et qui plus est en faisant en France le jeu de l’industrie nucléaire.

La totale remise en cause du caractère « écologique  » de la voiture électrique est assurément l’occasion de dénoncer la fuite en avant du gouvernement et de nombreuses collectivités territoriales sur ce dossier : c’est à qui offrira le plus d’argent public pour doper les achats de voitures électriques – le bonus prétendument « écologique » d’Etat pouvant se cumuler avec des aides régionales et dépasser ainsi les 11 000 euros (11) – ou l’installation partout en France de bornes de rechargement (12).

On s’étonnera aussi du fait que l’espace public urbain soit massivement mis à la disposition de la multinationale Bolloré, qui fait donc « main basse sur la ville », comme c’est déjà le cas à Paris (Autolib’), Bordeaux (BlueCub) ou Lyon (BlueLy), avec la surprenante bénédiction d’élus comme Mme Hidalgo ou MM Collomb et Juppé.

Rien ne peut justifier le développement de la voiture électrique alors qu’il s’agit finalement de remplacer des voitures polluantes … par d’autres voitures polluantes. Les vraies solutions sont pourtant connues de longue date : n’utiliser de véhicule à moteur que lorsqu’on ne peut absolument pas faire autrement, développer et prioriser les déplacements collectifs (transports en commun, co-voiturage, etc).

Et par ailleurs stopper au plus vite l’industrie nucléaire, avant qu’une catastrophe comme Fukushima ne se produise, au lieu de tenter de la maintenir en vie par un subterfuge aussi grossier que la voiture électrique.

Source: http://observ.nucleaire.free.fr/

(1) http://www.jdp-pub.org
(2) http://www.observatoire-du-nucleaire.org
(3) décision publiée le 26 juin sur le site du JDP
(4) décision publiée le 26 juin sur le site du JDP
(5) http://www.jdp-pub.org/BLUECUB-Internet.html
(6) http://www.arpp-pub.org/IMG/pdf/RecoDDJuin09-4.pdf
(7) https://www.Autolib.eu/fr/notre-engagement/la-bluecar-menu/100-ecologique
(8) https://www.bluely.eu/fr/decouvrir-bluely/avantages-bluely
(9) https://www.bluecub.eu/fr/decouvrir-bluecub/avantages-bluecub
(10) http://www.moteurnature.com/actu/uneactu.php?news_id=27162
(11) http://www.drivepad.fr/folders/1-edito/articles/19330-11-300-euros-d-aide-pour
(12) http://www.lepoint.fr/auto-addict/actualites/bornes-de-recharge-l-etat-accelere-07-05-2014-1819792_683.php

Nuit Grave

A propos de Nuit Grave

Rédacteur du site Carfree France, spécialisé dans les questions relatives à la destruction de la santé et de l'environnement

21 commentaires sur “Scoop : AUTOLIB’ n’est pas écologique

  1. Pim

    Sans vouloir etre un oiseau de mauvaise augure, le jury de la deontologie publicitaire c’est un peu à l’image de notre président : du flamby.

    « Le JDP n’a aucun pouvoir juridictionnel. Les « sanctions » qu’il prononce n’en sont pas, du moins pas directement : la seule véritable sanction est que toutes les décisions du JDP font l’objet d’une publication sur son site internet » (source legipresse)

    et c’est vrai que ca fait peur une telle sanction, sur le site internet du JDP en plus! ho la la, j’ai peur, c’est bien le 12.807è site le plus consulté en France.

    Bref, Renault peut continuer à déclarer : « Pour lutter contre la pollution, roulez en voiture » sans crainte. c’était dans le Parisien du 19 mars parait il.

  2. Pim

    NB : je soutiens entièrement Stéphane Lhomme sur le fond : débrancher la nuclear-car me semble une bonne initiative.

  3. Vincent

    > – Le Jury de déontologie publicitaire donne raison à l’Observatoire du nucléaire : AUTOLIB’ n’est pas écologique car l’électricité utilisée est principalement nucléaire

    Si on va par là, les éoliennes et les panneaux phot-voltaïque ne sont pas non plus écologiques, vu la technologie aïe-tech que ces appareils nécessitent.

    (PS : il n’est plus possible de s’authentifier pour éviter de taper Nom + E-mail et remplir un captcha?)

  4. Pédibuspedibus

    utisez les bagnoles atomiques comme support de pub! et collez-y au derche ce qu’on nous apprend…

  5. Jean Sivardière

    Je signale une autre décision intéressante du Jury de Déontologie Publicitaire. Le JDP vient de donner raison à la FNAUT qui avait déposé une plainte contre une publicité de la société Renault, diffusée le 17 mars dernier dans Le Parisien lors d’un pic de pollution de l’air, en faveur de son modèle de voiture électrique Zoé : « pour lutter contre la pollution, roulez en voiture ». Le JDP a estimé que cette publicité incitait le consommateur à utiliser une voiture électrique plutôt qu’une voiture thermique pour réduire la pollution, alors que le transport collectif et le vélo sont moins nocifs pour l’environnement.

  6. Laurent

    Je trouve l’amalgame un peu facile..la voiture électrique nucléaire..!
    Si la France se nourrit au nucléaire, ce n’est pas la faute de la voiture électrique !
    Et si tout ce qui nécessite de l’énergie électrique française n’est pas écolo….
    je suis pour la voiture électrique, car en tant que cycliste, je respire beaucoup mieux derrière un VE que derrière un bus bondé et en montée par exemple….

  7. Jean-Marc

    Bonne remarque, Laurent :

    le bus n est pas un bon TEC, ce n est pas -de très loin- le meilleur TEC urbain, ni le meilleur TEC :

    les systèmes électriques sur rails ou cables le surpassent tous niveau confort, pollution du bruit, pollution aux COV et GES, consommation (pb des pneus niveau frottements par rapport à un contact rail + pb des accélérations/freinages fréquents niveau conso)….

    Le bus (diesel) utilisé par 15 personnes, est bien mieux qu’une voiture utilisée par 1.2 personne.

    MAIS il est bien moins intéressant -en ville- qu’un trolley ou un tram.
    (et, hors ville, bien moins intéressant et bien moins sûr qu’un train)

    Quant à la voiture électrique…

    1- outre sa FORME voiture, qui pose de GRAVES pb à TOUTES les villes du monde où elle est trop présentes (c.f. ce quizz: http://carfree.fr/index.php/2009/12/04/petit-quizz-des-villes-respectueuses-de-lenvironnement/ )
    du fait des très graves pb

    2- il y a l’ENORME pb de la charge embarquée = des batterries (pb complétement absents sur les VRAIS trams et trolleys), et de la rareté, de la dépendance à la Chine (qui a deja fait un boycott envers le Japon) et du coût de certains de leurs composants.

    La SEULE voiture électrique
    – qui ne pose pas de pb de batterie, car elle n en a pas (sans charge électrique embarquée)
    ET
    – qui ne pose pas de pb de co-existence avec les piétons, car elle a un poids très faible, à des accélérations non fulgurantes, roule à une vitesse humaine, et est correctement conçue pour protéger les piétons,

    cette super-voiture-électrique, quasi sans défauts(en dehors de son approvisionnement en élec, mais comme elle consomme très très peu -contrairement à autolib-, ce n est pas bien grave si c est nucléaire ou au charbon) existe, et est même décapotables + très fréquentes,

    que ce soit à la foire du trône ou dans d autres fêtes
    c.f. http://www.villerssoussaintleu.fr/wp-content/uploads/Manege-auto-tamponneuse.jpg

    d ailleurs, même les enfants sans aucun permis peuvent rouler dans cette voiture électrique plutôt bien conçue :

    http://maelinelouwan.centerblog.net/voir-photo?u=http://maelinelouwan.m.a.pic.centerblog.net/0o43v8h2.jpg

    ou
    http://maelinelouwan.m.a.pic.centerblog.net/0o43v8h2.jpg

    Par contre, autolib reste une VRAIE voiture :
    très lourde, très puissante, très mortelle et complétement inadaptée à la ville;
    rien à voire avec un bon vieux vélo, ou une paire de jambes…

    et à Paris, aux dernières nouvelles, le métro, le RER et les trains de banlieux existeraient toujours… et transporteraient 10 000 fois plus de personnes, chaque jours, qu’autolib…

    (chiffre pifo, car je n ai pas les vrais sous la main… mais qui, à un ou deux « 0 » de plus ou de moins, doit être le vrai chiffre…)

  8. Pédibuspédibus

    De Jean-Marc : « le bus n est pas un bon TEC ».

    En effet et c’est bien dommage que trop souvent les élus nous servent du BHNS plutôt que du tram dans les projets de la période actuelle, présentée comme celle des vaches maigres, mais sans qu’au moins un projet pharaonique routier reste encore jalousement épargné. Saturation garantie si on réussit le transfert modal…

    Et créer ex nihilo un réseau de véhicules électriques montre qu’il existe encore de la marge pour investir dans la mobilité, même si c’est le privé qui le porte.

    S’il s’agit d’un calcul politique savant pour désaccoutumer du véhicule individuel, fut-il thermique, qu’on hiérarchise plutôt les actions politiques on concentrant les « maigres moyens » en les allouant prioritairement aux TCU et aux modes actifs, en reconquérant l’espace public, lequel trouve un nouvel occupant avec les esclaves atomiques de « l’autolib »…

  9. Jean-Marc

    Voici des chiffres et coûts autolib / RATP :

    http://www.autolibmetropole.fr/les-chiffres-en-un-clic/
    autolib en 2013 :
    2 200 véhicules et 869 stations
    47 000 abonnés 1 an

    déplacements :
    4,5 millions de locations ont été réalisées et 41 millions de kilomètres parcourus.
    (soit 9.1 km en moyenne par trajet…une distance nécessitant obligatoirement une voiture…)

    soit 2045 locations par véhicule (4.5M/2.2K), soit (/365) un véhicule utilisé par 5.6 personnes par jourutilisent une autolib pour un trajet de 9.1km
    (en sachant que celà peut être plusieurs fois la même personne)

    Combien de personnes utilisent UNE rame de métro par jour ? pour voir si l investissement dans du matos RATP est plus intelligement utilisé que dans autolib…
    (bon, après, il faudra ramené à 1€ d investissement… mais là, autolib a du mal à lâcher les chiffre.. vu que le coût de chacun de ses déplacements est largement plus cher que le coût de chaque trajet en métro)

    5.6 personnes d un coté, contre combien ???

    Réponse :

    http://www.delanopolis.fr/Ratp-les-chiffres-qui-font-mal-aux-bus-et-au-tramway-_a858.html

    La RATP a ainsi transporté 37 millions de personnes de plus sur les six premiers mois de l’année, à 1,583 milliard de voyageurs

    1.583 pour 6 mois, soit une estimation de 3.166 Miards de personnes par ans,
    soit 3.166/4.5=703 fois plus qu’autolib
    700 fois moins de bénéficiaires…

    niveau investissement et coût :
    http://www.mobilicites.com/011-2005-Resultats-RATP-chiffre-d-affaires-en-hausse-mais-frequentation-en-baisse-en-2012.html

    Avec un résultat net stable, à 266 millions d’euros en 2012 et un chiffre d’affaires en progression de 6,1% à périmètre constant, à 5,2 milliards d’euros, le groupe RATP se félicite de cette « croissance rentable ». L’activité des filiales, dont RATP Dev qui a réalisé 719 millions d’euros de chiffre d’affaires, a progressé de 26%. En revanche, le trafic est en baisse, notamment sur les lignes de bus. C’est la première fois depuis 2009.
    En dépit du nouveau contrat signé avec la Syndicat des transports parisiens (Stif) en mars 2012 pour les quatre prochaines années, « plus dur que le précédent », et malgré un alourdissement des charges (fuel et frais financiers), la RATP a poursuivi sa croissance et maintenu son niveau de résultat, indique le groupe qui présentait le 2 avril ses résultats 2012.

    Le chiffre d’affaires s’établit à périmètre constant, à 5,2 milliards d’euros, en progression de 6,1%. Ce chiffre est néammoins corrigé à 4,9 milliards par la déconsolidation du bureau d’études Systra, filiale d’ingéniérie commune avec la SNCF, et un changement de traitement comptable pour le matériel roulant.

    Cette progression est en partie liée aux performances des filiales, dont le chiffre d’affaires atteint 770 millions d’euros, soit 15% du total du groupe, en augmentation de 26%. Parmi elles, RATP Dev (719 millions de chiffre d’affaires) qui réalise 66% de son activité à l’international. La filiale vise le cap du milliard en 2013.

    Le résultat net du groupe s’élève pour sa part à 266 millions d’euros, un niveau comparable à 2011 (+ 0,76%). La contribution de RATP Dev aux résultats du groupe est passé de 12 millions en 2011 à 15 millions en 2012. 2012 a également été marquée par des investissements records en Ile-de-France, indique la RATP dans son communiqué : plus d’1,5 milliard ont été investis, en hausse de 4,5%. « La tendance se poursuivra en 2013, avec les débuts du Nouveau Grand Paris », poursuit le groupe. »

    Avoir des succès à l exports (RATP Dev), avoir de meilleurs conditions financières pour ses employés, tout en investissant de plus en plus dans le réseau, et en étant rentable
    (autolib n a pas d objectif de rentabilité propre : il n existe que grâce à l argent récolté en dehors de son utilisation : par la pub et aux subv monstrueuses qu’il engloutie).

    Un gouffre financier d un coté, ne rendant service à +/- personne (pour chaque euro dépensé pour un autolibeur, il faut voir les plus de 700 personnes de la RATP qui ne bénéfiecent pas de cet argent).

    et de l autre coté,
    un service à très grande échelle, efficace, consommant peu d énergie par voyageur (contrairement à une voiture), peu cher, dont le coût de chaque trajet est insignifiant

    Un service équivallent aux limousines avec chauffeur ou aux taxis d un coté,
    c est à dire à « rien », l équivallent pour l aérien, du concorde ou des trajets en fusées.

    Le concorde, les vols supersoniques commerciaux sont devenus quoi ?
    Rien ? disparut ? et celà à changé qq choses ????

    Vivement que les taxis, autolibs, VLC et autres systèmes inefficaces (conso d énergie et d espace), coûteux et non utilisables par tous à grande échelle, non utilisables à très grande échelle, finissent par disparaitre comme le concorde;
    afin de libérer l espace ouvert aux piétons et cyclistes, dans les futures rues piétonnes, et de faire le traffic de masse et de charges dans des véhicules adaptés à une population importante, c est à dire dans les TEC sur rail/cable (funiculaire de la butte montmartre ;)) de la RATP+SNCF de l IdF (ou d ailleurs)


    précision, sur autolib :

    le rapport d activité est en lien plus haut,
    et on peut savoir combien de trajets et d abonnés à eu autolib
    Mais le rapport financier n est pas donné dans la page d autolib sur « les chiffres en un clic »
    Si bien qu’il faut faire des recherches ailleurs que dans « les chiffres en un clic » fournit, pour les trouver :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Autolib'_(Paris)
    4 millions à la création par la région + de nombreuses autres subv, mais non chiffrées, donc impossible à exploiter :'(

    http://www.delanopolis.fr/Autolib-les-premiers-derapages–Et-deja-une-victime-le-principe-de-precaution-_a1286.html

    « e montage financier dont les contribuables parisiens risquent fort de faire les frais, une fois de plus.

    D’abord, à raison de 700 stations et de 50 000 euros de subventions par station, la contribution de la ville s’élèvera à 35 millions d’euros et non 25 ou 30 comme annoncé initialement.

    A ce sujet, outre les 35 millions de la ville et les 50 millions promis par la région Île-de-France, il a souvent été dit, en la présentant comme une bonne affaire pour les Parisiens, qu’un financement de 130 millions d’euros a été également consenti par la Banque européenne d’investissement.

    Mais deux détails ont été un peu rapidement évacués. D’abord, cette somme est un prêt et non une subvention. Ensuite, cette avance tarifée est faite à Bolloré pour la fabrication de ses batteries et non au syndicat mixte Autolib’. Ainsi, la part réelle de l’aide de la ville de Paris dans les subventions d’Autolib’ stricto sensu est beaucoup plus importante qu’il n’a été présenté.
    Et, surtout, si l’expérience Autolib’ échoue, Bolloré pourra toujours continuer à financer au meilleur compte ce qui l’intéresse réellement :
    le développement de la batterie solide lithium-métal-polymères à installer sur ses véhicules ou même à vendre à d’autres constructeurs. Autolib’ aura été en quelque sorte un moyen d’emballer
    [NdJ-M : et de faire financer les essais par les contribuables parisiens] son dossier.

    Or, les risques d’échec financier sont considérables. L’embauche de 1 000 accompagnateurs pour réguler le système fait que cette location n’est plus du libre-service, comme annoncé initialement, mais un banal louage de véhicules [NdJ-M : système coûtant obligatoirement plus cher que le LS]. Cela conforte l’argumentaire des professionnels du secteur qui parlent de concurrence déloyale et ont d’ailleurs introduit un recours sur ce fondement au Tribunal administratif.
    Ces recrutements à mi-temps et payés au SMIC ( avec du travail de nuit et le week-end, ne le dites surtout pas aux bobocialistes )
    [NdJ-M, à comparer au lien plus haut de la RATP, où il y avait améliorations des conditions de travail des agents RATP… qui ont deja de meilleures conditions que les autolibeurs : l argent et les subv à Bolloré, la précarité et le travail payé des clopinettes, pour les autres..] vont, par leur ampleur, coûter cher.
    Les prévisions de dépenses à 80 millions d’euros annuels paraissent bien faibles, notamment si l’on veut considérer le coût prévisionnel énorme de la maintenance et des réparations. »

    coût de fonctionnement annuel estimé à bien plus de 80 M, pour 4.5 M de voyages… soit à plus de 20 € le voyage de 9 km…
    Je ne connais pas le prix des taxis.. mais celà doit y ressembler…
    autolib’ ne tiens que grâce aux subv…
    un taxi/une location de voiture payé par les subs :
    si un jour le prix est UN PEU payé par l utilisateur, même simplement au 1/4 du coût réel, il n y aura plus un seul autolibeur…

    D ailleurs, vélib’, bien que bien moins coûteux qu’autolib (« seulement » 3 000 € par an par véhicule; contre 80M/2 200 soit plus de 36 363,6€ par véhicule pour autolib’…),
    plusieurs municipaliés, qui avaient de telles services de VLS, l ont deja abandonnées, du fait de son coût trop prohibitif, pour un usage reservé à (quasi) personne.

    autolib étant encore plus coûteux..
    sauf affichage politique, il n a aucune chance de perdurer

    (or les politiques comptent sur leur image : si l image d autolib se dégrade, si les parisiens considèrent la réalité, et annoncent qu’ils trouvent que c est un gaspillage de LEUR argent, alors les politiques l abandonneront +/- … et donc les subvs diminueront, et il disparaitra, sans laisser plus de trace que le concorde).


    vélib/autolib : un coût 12 fois plus élevé pour autolib, pour un service pas énormément mieux :
    9 km en vélo, c est très loin d être difficile…
    seuls pbs éventuels du vélo :
    la pluie et la charge ?
    Le topbike, le toit pour vélo existe.. rien n interdit d avoir un topbike en plastique (léger) transparent sur un VLS.
    Et pour la charge, rien n interdit les stations vélib d avoir un casier ouvrable par carte d abonné, donnant accès à une remorque à vélo…
    (remorque enfant ou remorque de courses)

    Quand on cherche des solutions, on en trouve
    Quand on cherche des excuses (bidons), on en trouve aussi…

    En sachant que vélib peut être utilisé par tout le monde (au-delà d’une certaine taille, si on est le pédaleur), dont des personnes trop jeunes ou à infirmité légère leur empêchant d avoir un permis, alors qu’autolib est réservé aux personnes ayant la bon âge et la bonne condition physique, pour avoir un permis.. et qui l ont passé et réussit.

  10. Pim

    36keur/an ou 200keur depuis le lancement…. intéressant comme valeurs.
    De là à dire qu’il faut lancer une campagne de comm’ sur ce sujet, par exemple des autocollants à coller sur toutes les autolib « ce véhicule coute 36keur PAR AN aux contribuables », il n’y a qu’un pas.

  11. Jean-Marc

    et de plus de 20€ le trajet…
    (soit, en ne faisant payer un peu moins de 1/4 à l autolibeur*, chaque trajet devrait avoir un coût de 5€…)

    * 1/4, car les TEC sont subventionnés de cet ordre de grandeur, par les municipalités

    mais bon,.. autolib n est pas un TEC…
    donc il pourrait très bien être subventionné à 0%, et donc coûter plus de 20€ le trajet à chaque autolibeur


    Pour Paris et le métro, je ne sais pas précisément la proportion payées par le ticket/par les subv;
    mais dans ma ville, le ticket de bus+tram à 1.30 couvre 30% des coûts…
    Si bien que sans aucune subvs, il devrait coûter 4.30 € (à comparer aux plus de 20 d autolib..)..
    mais qu’alors sa fréquentation s effondrerait, avec des frais fixes constants => pour compenser la chute de fréquentation, il faudrait alors faire payer 10 ou 20€ aux derniers usagers… et il finirait par être fermé par manque d’utilisateur, quand les 2 derniers devraient payer seuls le salaire du chauffeur + l’entretien du matos…

  12. Guillaume

    @Vincent

    > Si on va par là, les éoliennes et les panneaux phot-voltaïque ne sont pas non plus écologiques, vu la technologie aïe-tech que ces appareils nécessitent.

    Bravo, tu commences à te poser les bonnes questions ! L’important c’est de réfléchir, et ne jamais oublier de comparer les ordres de grandeur avant toute chose.

    Je n’utilise ni ne cautionne ce mot de « écologique » appliqué à un objet. Produire une éolienne ou un panneau photovoltaïque demande tant de ressources (disponibles en telles quantités, avec tel impact), tant d’énergie, a donc un impact donné. Son utilisation produit une certaine quantité d’énergie dans telles circonstances. Cette énergie est utilisée pour tel usage.
    Si cet usage est légitime, une éolienne est-elle la bonne façon de produire cette énergie, ou bien c’est plutôt une autre source, qui a ses propres inconvénients ? etc.

    Évidemment tout ça prend plus de temps que de dire doctement « les éoliennes sont / ne sont pas écologique » !

  13. Yann

    C’est faux. J’ai lu vite-fait et je n’ai plus les liens. Mais les rendements des moteurs électriques ne sont pas les mêmes : il faut moins d’énergie pour le même rendement qu’un moteur fossile. Bref. Et ne prenez pas comme exemple ces voitures de mer** : regardez du côté US, la Tesla par exemple. Bon, OK, faut y mettre le prix, mais la techno est bien là.
    Et si on recharge des voitures avec de l’éolien ou du solaire, on approche 0% de nada.
    Les batteries doivent (ou devraient) se recycler de plus.
    Mais regardez les études sur le ratio pollution/energie/moteur thermique VS centrales électriques. Ce que vous dites est faux.

  14. Jérôme Devisme

    Et si on obligeait Bolloré à s’abonner auprès de Enercoop?
    Ce serait constructif…
    Resterait le problème de fabrication des voitures et celui des batteries….

  15. Po2slop

    @ yann
    C’est toi qui te trompe. Pour comparer ces 2 technologies, il faut le faire du «puits a la roue». Et pour l’électrique les rendements d’extraction, de production, distribution et chargement sont mauvais.
    Une zoé consomme ainsi autant d’énergie qu’une clio diesel dernière génération.
    C’est moins bon pour la tesla encore car plus puissante et plus d’énergie embarqué (donc de batterie, donc de poids).

    Quant à recharger avec du renouvelable, c’est tout simplement impossible a grande échelle … On serait même obligé de construire 6 centrales EPR (en supposant que tout le parc auto VL/VU léger serait aussi sobre que Zoé et uniquement en mode «eco conduite»).
    Un autre calcul a iso puissance

  16. Po2slop

    Un autre calcul a iso puissance du parc automobile actuel montre qu’il faudrait 20 centrales nucléaires.

    Je te laisse nous faire la démonstration pour nous prouver tes dires (le calcul est tout a fait faisable avec un peu d’études et de recherche)

    Si tu réussis, préviens autoplus and co … Ce serait une révolution pour les accro de l’automobile …

  17. LomoberetLomoberet

    Développer des véhicules électriques à grande échelle, c’est construire des camions de pompier à moteur électrique, non ?

  18. Pédibuspédibus

    en tout cas c’est la courte échelle faite à un système qui disparaît moins vite qu’il nous fait crever à petit feu…

Les commentaires sont clos.