Les voies de la transition écologique vues par… le pape

Le 18 juin dernier, sortait LAUDATO SI’, une encyclique du pape François sur l’écologie. Compte tenue de l’audience potentielle de cette lettre destinée à plus d’un milliard de catholiques dans le monde et des avis venant de toutes parts, ma curiosité m’a poussé à regarder du côté des solutions proposées. Parmi 190 pages très riches, voici trois extraits.

Dès le vingtième paragraphe, un premier cadre est posé : « La technologie, liée aux secteurs financiers, qui prétend être l’unique solution aux problèmes, de fait, est ordinairement incapable de voir le mystère des multiples relations qui existent entre les choses, et par conséquent, résout parfois un problème en en créant un autre. »

Ça c’est pour ceux qui croient que la technologie et la finance vont tout résoudre seules…

… Un exemple précis est même donné au paragraphe 171 : « La stratégie d’achat et de vente de “crédits de carbone” peut donner lieu à une nouvelle forme de spéculation, et cela ne servirait pas à réduire l’émission globale des gaz polluants. Ce système semble être une solution rapide et facile, sous l’apparence d’un certain engagement pour l’environnement, mais qui n’implique, en aucune manière, de changement radical à la hauteur des circonstances. Au contraire, il peut devenir un expédient qui permet de soutenir la sur-consommation de certains pays et secteurs. »

Là, ça me parle ! J’ai la même intuition sur le commerce des droits à polluer mais je n’ose pas le dire si franchement tellement ça a l’air d’être LA solution défendue au niveau international… Je vais me sentir moins seul… Si même le pape le dit !

Bon et après les fausses bonnes idées, c’est quoi LA solution ?

Je crois l’avoir dénichée au paragraphe 223 : « La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice. Ce n’est pas moins de vie, ce n’est pas une basse intensité de vie mais tout le contraire; car, en réalité ceux qui jouissent plus et vivent mieux chaque moment, sont ceux qui cessent de picorer ici et là en cherchant toujours ce qu’ils n’ont pas, et qui font l’expérience de ce qu’est valoriser chaque personne et chaque chose, en apprenant à entrer en contact et en sachant jouir des choses les plus simples. Ils ont ainsi moins de besoins insatisfaits, et sont moins fatigués et moins tourmentés. On peut vivre intensément avec peu, surtout quand on est capable d’apprécier d’autres plaisirs et qu’on trouve satisfaction dans les rencontres fraternelles, dans le service, dans le déploiement de ses charismes, dans la musique et l’art, dans le contact avec la nature, dans la prière. Le bonheur requiert de savoir limiter certains besoins qui nous abrutissent, en nous rendant ainsi disponibles aux multiples possibilités qu’offre la vie. »

C’est d’une simplicité biblique ! Cette proposition n’est pas nouvelle mais, faite par ce nouveau canal, elle pourrait toucher, convaincre et mettre en route de nouvelles personnes… jusqu’à atteindre la masse critique.

Pour la part, je poursuis ma conversion… écologique !

Pour ceux qui veulent en lire davantage : http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si.html

Boris D

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Contributeur de Carfree France

6 commentaires sur “Les voies de la transition écologique vues par… le pape

  1. alpha

    Beaucoup de passages sont intéressants, notamment ceux dans lesquels le pape évoque clairement la nécessaire décroissance dans les sociétés occidentales trop voraces de ressources :

    193. « De toute manière, si dans certains cas le développement durable entraînera de nouvelles formes de croissance, dans d’autres cas, face à l’accroissement vorace et irresponsable produit durant de nombreuses décennies, il faudra penser aussi à marquer une pause en mettant certaines limites raisonnables, voire à retourner en arrière avant qu’il ne soit trop tard. Nous savons que le comportement de ceux qui consomment et détruisent toujours davantage n’est pas soutenable, tandis que d’autres ne peuvent pas vivre conformément à leur dignité humaine. C’est pourquoi l’heure est venue d’accepter une certaine décroissance dans quelques parties du monde, mettant à disposition des ressources pour une saine croissance en d’autres parties. »

    194. « Il ne suffit pas de concilier, en un juste milieu, la protection de la nature et le profit financier, ou la préservation de l’environnement et le progrès. Sur ces questions, les justes milieux retardent seulement un peu l’effondrement. Il s’agit simplement de redéfinir le progrès. Un développement technologique et économique qui ne laisse pas un monde meilleur et une qualité de vie intégralement supérieure ne peut pas être considéré comme un progrès. »

  2. Pédibuspédibus

    les théologiens de la libération à la place de la pétroleuse du boulevard Saint Glin Glin… heu St Germain…

    et viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    siouplait…

    BOAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA

  3. Pédibuspédibus

    mon chaire… heu mon cher! c’est parce qu’il a fait vœu de frugalité pardine!

  4. VATICAN 12

    Bientôt une Papamobile en moins !

    Mes bien chers frères,

    Mes bien chères sœurs,

    J’ aimerais vous voir

    Toutes, tous à vélo,

    Avant la prière du soir !

    merci Kerloen

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