Car Free Visions: la place de la Concorde réimaginée par les militants parisiens

Cet automne dans le cadre de la campagne Car Free Megacities, nous avons organisé un atelier pour réimaginer la place de la Concorde dans un avenir sans dépendance à la voiture. Nous avons interrogé les Parisien.nes et avons constaté un soutien massif à notre vision!

 La Place de La Concorde est la plus grande place de Paris; à l’origine un grand jardin à la française.

Elle a connu de nombreuses évolutions jusqu’à devenir au 20eme siècle un immense carrefour clairement dédié à la circulation automobile.

Les piétons et les cyclistes y sont en danger, quiconque souhaite aujourd’hui traverser à pied ses 8 hectares et demi, devra franchir 20 voies de circulation sans croiser un seul arbre, ni bosquet. Cette place entre deux jardins est totalement minérale!

Située sur la rive droite dans le 8e arrondissement, elle relie : les Champs-Élysées au jardin des Tuileries et la rue Royale aux berges de la Seine .

Notre atelier à l’Académie du Climat a réuni 15 parisiens engagés pour le climat, le vélo, l’agriculture urbaine et la citoyenneté, et des spécialistes de MDB (Mieux se Déplacer à Bicyclette), Rue de l’avenir et bien sûr Paris sans Voiture.

3 groupes de 5 personnes ont travaillé sur plans, assistés si besoin par l’équipe encadrante.

3 thématiques ont été travaillées:

  • Se déplacer
  • Renaturer

  • Vivre et faire vivre

Lorsque les groupes se sont rejoints, et à notre grande surprise, la vision commune a été assez évidente à définir.

Notre Concorde est devenue une place vivante et accueillante pour les habitants et la biodiversité urbaine, c’est un îlot de fraîcheur au cœur de la capitale.

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Le trafic motorisé se fait oublier.

Notre Concorde est prête à relever les défis climatiques qui l’attendent.

Voyez le  plan détaillé de notre proposition de transformation de La Place de La Concorde sur notre page web, ainsi que les visions de Londres et New-York, la Grand Army Plaza à New York, et Hyde Park Corner à Londres.

En novembre 2022, nous  avons également interrogé 1095 adultes vivant à Paris sur l’idée de transformer la place de la Concorde pour réduire le nombre de voitures et développer l’espace pour les personnes et la nature – 58% ont soutenu l’idée, 28% s’y sont opposés et 14% ne le savaient pas. Mais le soutien a grimpé à 69 % lorsque les gens ont découvert notre vision qui a fait progresser de plus de 10% les avis favorables et baisser de 14% les défavorables!

Cela montre l’importance des visuels pour faire adhérer les habitants à un avenir sans voitures, il faut susciter l’envie par des exemples concrets. 

Source: https://www.carfreemegacities.org/visions-paris-fr?fbclid=IwAR0etpE9tjqiC8pCh8tYNn917_PMbY-cjZNxKuJQLbFmsUjzbzAtTrMnnIw

5 commentaires sur “Car Free Visions: la place de la Concorde réimaginée par les militants parisiens

  1. Jean-Pierre Joffrin

    « Il ne s’agit pas d’une ville où les voitures seraient bannies. »

    Dormez tranquilles bourgeois !

    Ouf, Carfree nous a fait peur. Que d’émotions !

    Mais là, avec ça, on se sent bien mieux… et c’est ‘bankable’ donc !

    On va en parler à Paquot, avant qu’il ne crève.

    Il est vrai que Marcel Robert doit avoir un certain âge… et il est temps qu’il passe à la poubelle de l’histoire, en mode Trotski.

    Il ne va rien se passer donc : la routine. Le greenwashing habituel.

    Les pauvres, s’il en reste : dehors, raus ! (on va leur faire un peu de moraline décroissante et ça ira : tout ça, c’est votre faute, tas de moutons ! En mode Arendt, comme d’hab.).

    La gentrification quoi, RAS. La convivialité bobo : entre nous.

    Merci Carfree ! Promoteur des… « mégavilles » ! « Megacities ». On rêve ?

    C’était bien quand même Carfree. Du rêve à gogo. Le mirage d’Illichville. Nostalgie !

    Merci Marcel Robert (attention à ne ne pas oublier la ceinture de sécurité, avec l’âge…). JPJ

    PS 1 : pour oublier ça, je vais relire un peu de Illich avec du Dupuy dedans… mais du Dupuy ‘old school’.

    ‘Deschooling Dupuy » ?

    PS 2 : j’ai envoyé un mail à PSV pour leur signaler que l’idée initiale (PSV) est de moi, vers 2017 dans les action NDDL ; je ne demande rien mais je suis navré de voir mon idée récupérée par des bobos (et ce site avec).

  2. zaph

    super projet qui donne envie.

    L’image est en effet primordiale pour une adhésion à un projet architectural ou d’aménagement.

    Richard Buckminster Fuller, architecte etats uniens concepteur du dôme géodésique disait :

    « vous ne changerez jamais les choses en combattant ce qui existe déjà. Pour changer les choses, construisez un nouveau modèle qui rendra l’ancien obsolète  »

    Pas toujours facile à mettre en œuvre mais a garder à l’esprit

  3. Jean-Pierre Joffrin

    « vous ne changerez jamais les choses en combattant ce qui existe déjà. Pour changer les choses, construisez un nouveau modèle qui rendra l’ancien obsolète  »

     

    Ah… ben ça tombe bien, c’est exactement mon projet et vous pouvez voir ça ici (mais c’est en anglais, tas de manants) :

     

    https://www.researchgate.net/publication/365303158_Small_capitalism_is_beautiful_More_than_straight_edge_without_hardline_free_to_sell_but_not_to_choose?_sg%5B0%5D=HbG1jfqkRjnRcWHOpTL3VAfrRBTHOzen013RAeCcdYwDqpe7_umg4QzPNFe0Vt4VDnt0CPWebL8ogbFv3Xwmg1TcT0BDRPAHu3deKTIL.iWWTUO3Ab47KVqKsmg2KWaNfkS24I-97OEPY6-p7DuI2NfUUKFctNZjZM5llINtleYj0Zob_gaioIHHJWagsWw

     

    Le texte principal, c’est la longue présentation (sur l’éthique) ; le texte joint est le texte initial et ça dépote bien (cependant, c’est une version ancienne et j’ai mieux, suffit de demander).

     

    « Seuls les extrémistes sont cohérents », M. Rothbard.

    Je le suis juste plus que lui.

    G. Campagnolo : aux champs (ou à l’HP !). 

     

    PS : en réponse au mail de PSV, je ne conteste pas l’antériorité de la journée sans voitures, mais l’idée de PSV c’est moi, avant l’abandon du projet NDDL, environ six mois avant (et à Nuit debout aussi, mais dans des échanges informels). Je n’ai rien conservé.

     

  4. Jean-Pierre Joffrin

    Pour un contre modèle, cf. : http://carfree.fr/index.php/2022/10/26/avez-vous-lu-veblen/

    Commentaire :

    J’ai lu Veblen, Bourdieu, Kempf, mais aussi Girard et Dupuy (je ne suis pas masochiste, je ne vais pas me taper la thèse d’Eva Debray) et je préfère largement Bernard Mandeville et la ‘Théorie des sentiments moraux’ d’Adam Smith, c’est bien plus riche (surtout quand on a pigé que Smith pompe dans Mandeville, tout comme l’avait fait, paradoxalement, JJ. Rousseau, ce que Smith a été l’un des premier à signaler) ; l’accusation ‘le problème c’est les riches’ est donc un peu trop facile :

    1. le ‘pouvoir d’achat’ a augmenté pour les pauvres aussi (la preuve est qu’ils sont motorisés) et l’hypothèse de l’effet d’imitation n’est pas nécessaire (on ne consomme pas nécessairement pour faire comme les autres, on a un budget à dépenser) ; c’est le rasoir d’Ockham, qui est un peu rasoir ; considérer que les pauvres sont rendus idiots par les riches (leurs instincts, leur habitus, leurs préférences changent), c’est faire un postulat : bien entendu, ils ne font pas face aux mêmes contraintes et aux mêmes structures d’échange et d’accumulation ; l’influence et la manipulation ça existe, bien entendu, mais le monde n’est pas peuplé que de dupes ;

    2. il y a un effet de monopole radical (Illich) : à partir d’un seuil, vous n’avez plus le choix, les utilisateurs de voitures obligent les autres à s’équiper car les coûts des autres déplacements augmentent avec la configuration des transports, pas seulement ceux des riches ; c’est ce qui rend la voiture contre-productive : c’est un jeu classique de type dilemme du prisonnier-équilibre de Nash. Et ça, c’est du capital économique. Nashville contre Illichville. L’hypothèse d’imitation n’est pas non plus nécessaire : dans l’équilibre de Nash, il suffit d’anticiper ce que fait l’autre (qui va faire la même chose) et de trouver la meilleure stratégie. Une stratégie d’imitation reste une stratégie. N’en déplaise à Dupuy, qui a travaillé pour Illich, qui a ensuite travaillé pour Girard, qui a fait de la mimétique sacrificielle (sacrificielle des pauvres éventuellement) ; puis Dupuy s’est focalisé sur Hayek : il a alors transformé implicitement les notions de ‘monopole radical’ et de ‘contre productivité’ de Illich en simples ‘détours de production’, selon la formule d’Eugen von Böhm-Bawerk. Un peu de pataphysique : je pense que Böhm-Bawerk a plagié le Guide Michelin ; en effet, francophile et fin gourmet, il a vu écrit dans le guide Michelin ‘mérite un détour’ et là, bingo : il a saisi qu’aller en bagnole au resto est un investissement potentiellement rentable (il préfigure donc Bourdieu, et son capital culturel, social et symbolique, et aussi Becker et son capital humain, qui est de la force de travail à exploiter dans des entreprises : pas des services) ;

    3. on peut inverser le principe et instaurer un monopole radical du vélo, de la marche, des transports collectifs ; mais le coût de la vie urbaine augmente, en particulier pour ceux qui n’ont pas de voitures car il faut financer ces infrastructures nouvelles : comment découpler interdiction des véhicules individuels motorisés et gentrification ? C’est le problème de ZFE par ex. Des riches ne pouvant pas utiliser de voitures en ville vont devoir faire des choix rationnels : partir ou rester ? Prendre des transports ‘en commun’ avec le populo donc ? Il n’est pas dit que les pauvres soient lésés : moins de voitures = plus d’emplois de services, qui, comme Adam Smith le proposait (mais dans sa ‘Richesse des Nations’ cette fois) ne sont pas productifs de capital (ils ne produisent pas de ‘valeur ajoutée’, ils n’ajoutent pas de valeur à du capital ; services = travail improductif) ; riches : vos serviteurs vous font perdre de l’argent, ce qui explique l’effondrement de l’Ancien Régime face à la bourgeoisie (cf. l’immortel Tocqueville qui savait de quoi il parlait).

    4. Le principe de Kempf (‘le problème, c’est les riches’), c’est du populisme vulgaire : Kempf est un philistin doublé d’un béotien et son site est aussi (parfois) une arnaque au greenwashing ; il a travaillé au Monde, canard fasciste, et il en restera là. Le problème c’est les riches, les pauvres et les tous autres. C’est tout le monde. Ce qui est juste, c’est que la ville est un champ de bataille, comme tout en fait. La stratégie de ghettoïsation (« gated communities ») est l’étape logique suivante : pas de voitures en ville sauf la mienne, comme à Londres. On commence à voir ça en France : quartiers réservés aux (voitures des) habitants. Faut se battre sur ça. La ville est à tous : pas qu’à ses habitants.

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