La France, ce pays d’Europe de l’Est…

Cette carte provenant d’Eurostat montre le nombre de décès dus aux accidents de la route, par région européenne NUTS 2, en 2019 et pour 100 000 personnes.

Cet indicateur mesure le nombre de décès causés par des accidents de la route, y compris les conducteurs et les passagers de véhicules motorisés, ainsi que les piétons et les cyclistes. Les personnes décédées lors d’un accident de la route jusqu’à 30 jours après la survenue de l’accident sont comptées comme des victimes d’accidents de la route. Les données proviennent de la base de données CARE gérée par la DG Mobilité et Transports (DG MOVE).

Les régions NUTS 2 relèvent de la nomenclature NUTS (Nomenclature des unités territoriales statistiques) qui est un système hiérarchique de découpage du territoire économique de l’Union Européenne qui sert de référence afin de pouvoir établir des comparaisons régionales à l’échelle européenne. Les NUTS 2 constituent les régions de base pour l’application des politiques régionales.

La carte montre que la situation française du point de vue de l’accidentologie routière est beaucoup moins bonne que ce que les pouvoirs publics essayent de faire croire depuis plusieurs années. En effet, il y a en France une sorte de discours officiel selon lequel la situation française en matière de sécurité routière est désormais bonne, avec environ 3000 morts par an sur les routes, contre plus de 15.000 dans les années 1970.

Le nombre de morts sur les routes en France a bien été divisé par 5 environ en 50 ans, malgré la hausse du trafic motorisé, en particulier grâce aux évolutions réglementaires (ceinture de sécurité, limitations de vitesse et d’alcoolémie, etc.).

Lire aussi :  Bilan d’un mandat de politique des transports à Lyon

Mais, si on compare les régions françaises aux régions européennes, la situation semble beaucoup moins idyllique, la plupart des régions françaises dépassant les 5 morts/an/100.000 personnes, à la différence de la plupart des régions d’Europe de l’Ouest et surtout d’Europe du Nord. En fait, beaucoup de régions françaises ont le même bilan en matière de mortalité routière que la plupart des régions d’Europe de l’Est…

Ce qui semble « sauver » la France d’un point de vue global, c’est le bon résultat de la région française la plus peuplée, à savoir l’île-de-France, avec moins de 3 morts/an/100.000 personnes. La très forte densité de la région et la présence de très nombreuses infrastructures de transports en commun permettent sans doute de limiter la casse.

Avec plus de transports en commun, il est en effet très probable qu’on limite le nombre de morts sur les routes…

Source: https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=SDG_11_-_Sustainable_cities_and_communities#Road_traffic_deaths

3 commentaires sur “La France, ce pays d’Europe de l’Est…

  1. Leo

    Est ce qu’il faut faire cette comparaison rapportée à la population ou aux km parcourus ?

  2. Lydie

    Les accidents malheureusement sont la cause de beaucoup de malheur et de famille endeuillée. De nombreux blessés gardent des séquelles à vie. A ces atrocités de la route collectivement nous restons passif avec surtout la difficulté de modifier l’usage et le comportement de l’automobiliste qui ressentent une atteinte à la liberté de se déplacer. Les pouvoirs publics sont de connivence avec les élus qui savent pouvoir gagner des voix en caressant dans le sens du poil leurs électeurs. Quand cessera cette politique à court terme au détriment de tous? Où se situe l’issue puisque la boucherie routière n’a jamais vraiment cessée en France? Avec plus de 9 morts quotidiennement et un nombre incalculable d’estropié à vie la raison et le bon sens ne pourraient ils pas s’emparer de l’esprit des élus et de l’administration?

    C’est vrai il faut arrêter d’emmerder les Français!!!!! La lâcheté est payante

  3. Pierre Virlogeux

    Je remarque la position meilleure de l’Espagne qui ne me surprend pas. J’y ai pas mal circulé à vélo et j’ai constaté que les gens sont plus respectueux des autres usagers et ne particulier des cyclistes que chez nous. Ce n’est qu’une impression mais qui semble confirmée par les chiffres.

    Pierre.

Les commentaires sont clos.