On a marché sur des voitures

Il y a quelques années de cela, Michael Hartman a commencé à marcher sur des voitures qui stationnaient sur le trottoir devant lui.

Il considérait que puisqu’elles se trouvaient à un endroit réservé aux piétons, ces derniers devraient avoir le droit de leur marcher dessus. Bien-sûr, une telle attitude lui valut beaucoup d’attention et créa une controverse. Michael se retrouva en prison et face à des juges. Finalement, un juge à Berlin décida la chose suivante, qui fit jurisprudence, et que Michael utilise maintenant dans son matériel de publicité :

« Il est permis de marcher sur une voiture stationnée sur un endroit réservé aux piétons, tant que la voiture n’est pas endommagée. »

Armé de cette reconnaissance, Michael s’est mis à promouvoir la marche sur voiture, qu’il enseigne à toutes les occasions!

Les actions dans les rues de Lyon en octobre 1997 furent un cadre parfait pour Michael. Les participant-e-s furent très content-e-s d’apprendre quelque chose de nouveau et d’utile: la marche sur voitures!

Afin de respecter le jugement de Berlin, Michael a développé une technique spéciale pour la marche sur voitures. Le plus difficile est de marcher sur une voiture dans sa longueur. On doit commencer par le pare-choc puis monter sur la ligne séparant le capot de l’aile. La prochaine étape est d’atteindre la base du pare-brise. Le toit est atteint par un pas vers le haut du pare-brise. On peut marcher sur le milieu du toit – ce qui résulte en un klonk ! sonore quand le toit semble s’affaisser. Mais l’expérience montre que lorsque l’on atteint la vitre arrière, le toit se redresse de lui-même avec un autre klonk ! tout aussi sonore. La descente se passe comme la montée, mais en sens inverse : d’abord la ligne séparant l’aile du capot – s’il y a un capot arrière, etc. Si la voiture a un hayon, on est bon-ne pour un grand saut.


Un nouveau sport urbain: le « bagnole-ride »?

Après une démonstration magistrale par le maître en la matière, les disciples essayèrent à leur tour. Des styles divers apparurent, de la précaution méticuleuse au culot aventureux.

Un tract fut mis sur le pare-brise des voitures ayant été soumise à un tel abus, pour expliquer pourquoi cela avait eu lieu.

Source: Assises « Vers des villes sans voitures », Lyon (France), 26 octobre-1er novembre 1997

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2 commentaires sur “On a marché sur des voitures

  1. Peter

    Bonjour,

    il y a quelques semaines, en tant que piéton je suis passé au-dessus d’une voiture garée avec ses quatre roues sur le trottoir. Il ne s’agissait pas d’un acte de vandalisme, même pas d’un acte volontaire mais le conducteur m’a forcé en bloquant sur toute sa largeur le trottoir, chemin piéton obligatoire indiqué par le panneau signalétique B22b.

    La plupart de piétons connaît des situations similaires avec des automobilistes créant des faits accomplis. Demandant gentiment de respecter les droits des piétons, il n’est pas rare d’être confronté à des insultes et gros mots. Suite à ces expériences répétées il me semble nécessaire de ne plus se plier à la loi du plus fort – non, il est temps de militer pour un changement en faveur des usagers de la route les plus vulnérables. Je ne voulais plus céder mon droit à un chemin sécurisé et me plier sous le primat des « vaches sacrées » en contournant la voiture sur la voie départementale. Je le considère comme un acte de civisme. Il faut que contrairement au passé les instances compétentes ne tolèrent plus le stationnement sur le trottoir.

    Le conducteur a porté plainte et je suis convoqué pour une séance prochainement devant le tribunal de police le 19.01. Je n’ai pas l’intention de me présenter avec la tête baissée et regrettant l’incident, mais plutôt en argumentant que le conducteur lui-même a provoqué par son infraction du code de la route l’enchaînement des actions et ses résultats.

    En tant qu’association militant pour une France sans voiture, vous avez sûrement déjà pris connaissance d’incidents similaire. Connaissez-vous des précédents dans ce domaine? Avez-vous des contacts avec des avocats ou conseillers juridiques engagés dans la défense des droits des piétons dans notre société automobiliste?
    Que me recommandez-vous?

    Sans expérience avec le système juridique en France et même non-francophone, j’apprécierais beaucoup votre aide et soutien.

    PS: d’ailleurs, j’ai accompagné ma fille sur le chemin à l’école primaire et le conducteur était dans la voiture; arrivent les enfants de cet age à se débrouiller tous seuls dans un tel cas? Que font les personnes handicapées en chaise roulante?

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