En ville sans ma voiture : les vrais enjeux

La journée sans voiture ne va pas révolutionner du jour au lendemain, la dépendance à la voiture, mais c’est peut-être un moyen d’ouvrir une réflexion collective sur la place de la voiture en milieu urbain plutôt que de changer les comportements de quelques individus.

De toute manière, les gens qui habitent dans les quartiers péricentraux dans lesquels l’offre de service en transport en commun est inexistante ou peu pratique n’ont pas le choix à part de déménager plus proche de leur travail ou d’un métro. Le vrai défi de la journée sans voiture c’est d’ouvrir un débat social sur la nécessité collective de (1) revoir complètement le zonage urbain afin d’éviter l’étalement urbain qui est le carburant derrière la dépendance automobile, et (2) d’investir massivement dans les transports en commun pour vraiment offrir une alternative à la voiture et rattraper le retard (ceci veut dire investir prioritairement dans les transports en commun plutôt que sur de nouvelles routes qui ne vont qu’inciter à l’augmentation de l’usage de la voiture).

Il est illusoire de penser qu’on peut avoir simultanément plus de routes, plus de ponts et plus de transport en commun. Les gouvernements devraient avoir le courage de faire des choix pour les moyen et long termes plutôt que de tenter de faire plaisir à tout le monde à court terme sans régler les problèmes fondamentaux. Bref, chaque fois que le gouvernement dépense pour une nouvelle route ou un pont, c’est de l’argent qui n’ira pas à des solutions de transports qui seraient plus appropriées pour un milieu urbain.

Bien sûr, il faut aussi entretenir plus régulièrement le système routier existant pour éviter d’avoir à le reconstruire tous les 40 ans, mais encore faudrait-il que le design même du système routier fasse en sorte qu’il dure. Vu de l’autre côté de la lorgnette, les automobilistes devraient encourager les dépenses pour le transport en commun, car chaque passager supplémentaire dans un bus, le métro ou en vélo, libère de la place pour les automobilistes qui n’ont pas le choix que d’utiliser leur voiture. Bref, changer les comportements individuels c’est bien, mais changer les politiques publiques c’est mieux et plus efficaces. Voilà le grand défi de la journée sans voiture.

Source: http://blogues.greenpeace.ca/

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Un commentaire sur “En ville sans ma voiture : les vrais enjeux

  1. Jean-Marc

    « mais encore faudrait-il que le design même du système routier fasse en sorte qu’il dure. Vu de l’autre côté de la lorgnette, les automobilistes devraient encourager les dépenses pour le transport en commun, car chaque passager supplémentaire dans un bus, le métro ou en vélo, libère de la place pour les automobilistes qui n’ont pas le choix que d’utiliser leur voiture. »

    En fait, faut surtout pas oublier de ne pas utiliser les autoroutes à péage :
    au lieu qu’elles soient payées par les automobilistes et citoyens, elles seront ainsi, du fait du manque à gagner, de plus en plus payées par ceux qui les dégradent, et qui sont donc responsables de leur coût de maintenance, les routiers.
    c.f.
    http://tinyurl.com/usureroutes

    « Le rapport d’usure entre une voiture moyenne et un camion semi-remorque aux normes européennes est donc de 100 000 environ. »

    chiffre contesté par les routiers,bien sûr
    « Pourtant, des essais menés par l’INRETS de Nantes auraient donné des résultats encore plus sévères ».

    La rapport de 100 000 s’obtient avec une puissance 4 de l’usure par rapport au poids à l essieu, alors que l’usure serait une fonction de puissance 5 du poids

    http://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9rit%C3%A9_des_prix#La_taxe_.C3.A0_l.27essieu
    D’où un rapport entre plus grand
    (x13 en plus, soit un rapport de 1 à 1 300 000 entre l’usure d’une voiture moyenne et un camion)

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