Chute inédite du trafic autoroutier en 2008

C’est historique: pour la première fois depuis la création en 1980 des statistiques du trafic autoroutier, celui-ci a reculé en 2008. A réseau constant, la baisse a été de 1,2 % pour les véhicules légers et de 2,4 % pour les poids lourds.

Signe de la violence de la crise économique, les camions et les voitures se font plus rares sur les autoroutes. Selon des chiffres provisoires de l’Association française des sociétés d’autoroutes (Afsa), qui présentait hier ses vœux à la presse, le trafic autoroutier a, pour la première fois depuis la création de ces statistiques en 1980, diminué l’an dernier. La baisse a été de 0,8 % par rapport à 2007, à 81,3 milliards de kilomètres parcourus. A réseau stable, c’est-à-dire en neutralisant l’effet des 67,3 kilomètres ouverts l’an dernier à la circulation, le trafic a même reculé de 1,4 %, dont 1,2 % pour les véhicules légers et 2,4 % pour les poids lourds.

Le trafic des camions connaît donc la plus forte baisse, en lien avec la crise économique dont les premiers effets ont commencé à se faire sentir en septembre 2008. Mais le trafic automobile baisse aussi sur le réseau autoroutier, ce qui constitue également une première dans l’histoire autoroutière. Et là, il semblerait que le coût élevé des carburants durant une bonne partie de l’année 2008, en particulier lorsque le cours du pétrole a atteint près de 150 dollars le baril, y soit pour quelque chose.

Le déclin du trafic routier en France n’est pas une nouveauté, le décrochage s’étant produit à partir de 2005. Ce qui est nouveau, c’est la désaffection pour le réseau autoroutier. Et 2009 risque bien d’être encore pire. Selon Henri Stouff, le président de l’Association française des sociétés d’autoroutes, «les sociétés d’autoroutes anticipent pour 2009 un nouveau recul du trafic sur l’ensemble du réseau autoroutier concédé».

Rappelons que le système autoroutier est au cœur des trois grandes crises que connaît aujourd’hui notre planète : crise de la biodiversité (du fait des coupures provoquées par les autoroutes dans les milieux naturels), crise de la pollution généralisée (émissions de polluants atmosphèriques) et crise climatique (émissions de gaz à effet de serre par le trafic routier).

Dans ce contexte, la baisse du trafic autoroutier, même minime, est déjà une bonne nouvelle en soi pour l’Homme et l’environnement. Il faudrait saisir cette chance pour investir massivement dans les alternatives au système autoroutier (fret ferroviaire et fluvial, infrastructures ferroviaires) et dans la relocalisation de l’économie, afin d’en finir avec les pots de yaourt qui parcourent des milliers de kilomètres en camion.

Au lieu de cela, on ne change pas une stratégie perdante et les sociétés d’autoroutes viennent déjà de s’engager, dans le cadre du « plan de relance de l’économie », à lancer 1 milliard d’euros de travaux supplémentaires au plus tard en janvier 2010, avec en contrepartie l’espoir de voir leurs durées de concession rallongées d’un an…

Les autoroutes seront les pistes cyclables du futur.

Source: Les Echos

Marcel Robert

A propos de Marcel Robert

Fondateur du site Carfree France et auteur des livres "Vélogistique", "Pour en finir avec la société de l’automobile" et "Îles sans voitures".

3 commentaires sur “Chute inédite du trafic autoroutier en 2008

  1. stoppeur

    Ce qui est normal:conduire génère du stress,beaucoup de dépenses(pour avancer+payer les « dégâts collatéraux »)…Et puis,il y a le TGV,des TER ra pides,dans lesquels on peut travailler,se distraire,dormir…Là où il y a enco re une montagne d’efforts à faire,c’est réduire la fréquentation des PL:soit en développant les voies navigables,soit en évitant de consommer le super flu que nous déverse la PUB par les écrans de la télé,des PC,panneau pu blicitaires et autres catalogues dans les boîtes à lettres…Pour « régler » les dérives de la surconsommation et le développement des pays émergents, 1 seule solution:fabriquer sur place l’essentiel,l’indispensable,et en finir de vivre dans le luxe sur le dos de malheureux qui travaillent 12 à 16h/jour,en « palpant » 50€/mois.Quand la Chine s’éveillera,c’est aujourd’hui!

  2. stoppeur

    Bref,en peu de mots comme en beaucoup:qui peut le + ,peut le – !Je crois très volontiers que l’avenir de la circulation des biens et des personnes pa sse par le développement combiné des transports en commun et du vélo é lectrique.S’il faut penser reconvertir les autoroutes,pourquoi ne pas les équ iper en voies ferrées réservées au trafic inter-urbain,en rames cadencées? Plus le trafic sera régulier,plus les solutions de « transport partagé » se mul tiplieront,plus les populations s’y reporteront;l’objectif étant alors de « profi ter » des réseaux sans calculer le temps,ni le prix investis.Les trajets « rési duels » étant effectués à vélo,trottinette,rollers…Imaginez la liberté de circu lation,chaque utilisateur de la voie publique disposant de son espace…Si seulement cette bonne vérité pouvait se répandre!

  3. Tommilidjeuns

    Si c’est pour produire des merdes à deux balles inutiles et nous les fourguer, elle aurait mieux fait de rester au pieu la Chine.
    (Nan je déconne, faut bien qu’ils bouffent eux aussi les chinois.Je cours donc acheter des chinoiseries de ce pas, même ce que j’ai pas besoin)

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