Coûts externes des transports

Couts externes des transports par passager-kilomètre (Aire métropolitaine de Turin, 2004)
En centimes d’euros par passager-kilomètre


Les transports en général et le choix d’un mode de déplacement en particulier imposent un coût individuel aux usagers (coût du déplacement automobile, tarif des transports publics, etc.). Cependant, chaque mode de déplacement impose également à la société dans son ensemble un coût collectif, ce que l’on appelle un coût externe, non directement supporté par l’usager, mais payé par l’ensemble de la collectivité sous formes d’impôts.

Ces coûts externes regroupent les coûts associés à la pollution de l’air, le bruit, les encombrements et la congestion automobile, les accidents de la circulation et les coûts des soins de santé, et enfin la libération de gaz à effet de serre responsables du réchauffement de la planète.

Le tableau ci-dessus fournit une estimation des coûts externes des transports selon les différents modes de déplacement, tels qu’ils ont pu être calculés dans l’aire métropolitaine de Turin (Italie) en 2004.

En toute logique, il faudrait ajouter ce coût externe « socialisé » au coût individuel directement supporté par l’usager des transports pour obtenir une estimation du coût réel de chaque mode de déplacement.

En ce qui concerne le coût externe des transports, on peut constater que la moto est le mode de déplacement de loin le plus coûteux pour la société, en particulier du fait des accidents de la circulation et du bruit. Il s’agit d’un mode de déplacement très individualiste qui repose en fait pour beaucoup sur la solidarité collective: l’usager de la moto reporte sur la société le coût réel de sa pratique de la moto. Les cyclomoteurs arrivent en deuxième position, là aussi en raison du bruit et des accidents de la route, mais également en raison de la pollution de l’air importante générée par ce mode de déplacement.

Ensuite, arrive la voiture dont le coût externe est en moyenne 16 fois supérieur à celui du tramway et près de 4 fois supérieur à celui des bus. Concernant la voiture, on peut distinguer le type de motorisation (essence, diesel ou GPL), ce qui permet de constater que les voitures diesel imposent un coût particulièrement important à la société (21 fois supérieur à celui du tramway), du fait d’un impact plus important sur la qualité de l’air que les autres types de motorisation (essence ou GPL).

En termes de coûts externes, les transports en commun comme les tramways ou même les bus apparaissent ainsi particulièrement vertueux, l’avantage allant au tramway. Si on compare le mode de déplacement moto et tramway, on constate qu’un déplacement en moto coûte environ 43 fois plus cher à la société que le même déplacement réalisé en tramway…

charlie-hebdo-bordel

A l’heure où l’on parle de plus en plus de développement durable, d’environnement, de Grenelle, de crise économique et écologique, ces quelques chiffres ont le mérite de remettre les pendules à l’heure. Certains modes de déplacement, comme la voiture ou les deux-roues motorisés (cyclomoteurs et motos) imposent à la société des coûts très importants, d’autant moins bien mesurés qu’ils ne sont pas supportés par leurs utilisateurs, mais par l’ensemble des contribuables au travers des impôts.

De ce point de vue, le transport public, caractérisé par des coûts beaucoup plus bas que les autres modes de mobilité, en particulier la voiture, n’est pas seulement utile aux personnes qui l’utilisent, mais même à ceux qui ne l’utilisent pas.

Enfin, rappelons que le vélo est le seul mode de déplacement dont le coût externe pour la société est proche de 0 (pas de pollution, pas de bruit, pas de congestion, pas de Gaz à Effet de Serre). Seuls les accidents de la circulation impliquant un vélo devraient être pris en compte, mais il n’a pas été possible d’obtenir ce chiffre.

Source: www.nelmerito.com

Karl Marx

A propos de Karl Marx

Rédacteur du site Carfree France, spécialiste des questions de transports collectifs

6 commentaires sur “Coûts externes des transports

  1. Guilhem

    Il manque le coût des infrastructures, non ? C’est pourtant important : combien coûtent les routes, les voies de tramways, de bus (en comptant la compensation partielle apportée par la billetterie), les pistes cyclables ? Quels sont les coûts de fonctionnement et d’entretien ?

    C’est dommage également que cette étude ne soit pas plus explicite sur le cas du vélo. Notamment sur les accidents : plutôt que « nd », une estimation (assumée comme telle) aurait permis de faire une comparaison : sans la prise en compte des infrastructures, le coût total de l’utilisation du vélo aurait été supérieur à celui du tramway, et certainement également du bus… Encore faudrait-il compter également les bénéfices apportés par le vélo sur la santé, et donc les économies de frais de santé associés…

  2. Karl

    C’est sûr, on souhaiterait avoir toujours plus de données toujours plus précises… mais bon, on fait avec ce qu’on trouve ici ou là. En tout cas, je trouve ces quelques données suffisamment parlantes… Pour le coût des infrastructures, on avait déjà trouvé ça, éloquent sur la comparaison automobile/transports publics :
    http://carfree.fr/index.php/2005/08/19/le-cout-et-la-capacite-des-infrastructures-de-transport/
    Par contre, je ne vois pas comment le coût total de l’utilisation du vélo aurait été supérieur à celui du tramway et du bus…? Si tu prends en compte l’infrastructure routière, elle n’est pas destinée uniquement aux vélos, mais surtout et essentiellement aux voitures… Si tu prends seulement en compte les aménagements cyclables, le coût global est très faible par rapport aux coûts des routes ou des lignes de tram…
    Merci de préciser ta pensée.

  3. Guilhem

    Je parlais juste de remplacer « nd » dans la case « accidents » par une estimation : elle serait très certainement supérieure à 0,80, et peut-être même supérieure à 3,54, ce qui donnerait un total supérieur à celui du tramway ou du bus.

  4. Antecantec

    C’est vrai que le risque d’accident en vélo doit être supérieur au tramway… bien qu’on puisse se jeter sous les rails du tramway !
    Mais le coût des infrastructure du vélo et du piéton sont les gagnants ! pareil pour la santé pour le bruit, la congestion, la pollution…

    Dit donc le diesel c’est vraiment naz ?!

  5. miguel

    Salut,

    je m’excuse pour mon mauvais français.

    Cet tableau est vraiment interessant. Si on pense a une personne dans une bagnole (cet mot je connais!) que fait 50km dans la ville de Turin, le coût externe est 7.5€, mais cette persone pait seulement 4€ pour le carburant (environs 2, 2.5€ pour les impôts).
    Ça veut dire que société finance la personne dans la bagnole, avec 5€ chaque jours!

    Mais la chose la plus importante é que les impôts que les coûts externers doivent payer, ne sont pas les coûts moyennes mais les coûts marginaux (les coûts de la dernière bagnole que entre dans la ville). Et les marginaux sont vraiment plus grands que les moyennes.
    Par exemple, le coût marginaux de congestion par km par bagnole (pas par passeger) dans la ville de Bruxelles est 1,8€!!
    (http://menos1carro.blogs.sapo.pt/38175.html)

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