Les avantages de la livraison à vélo

Le transport professionnel des marchandises demeure encore aujourd’hui quasi-exclusivement motorisé. Selon l’ECF (European Cyclists Federation), 99% des marchandises transportées en ville par des professionnels le sont par des véhicules motorisés.

Or, il apparaît que 42% des marchandises transportées sont en fait des marchandises légères qui ne nécessitent pas obligatoirement des camions (1).

L’ECF a mené ainsi une étude montrant que 25% des marchandises et 50% des marchandises légères pourraient dès aujourd’hui être transportées à vélo en ville. Mieux encore, l’Institut allemand du transport a observé qu’à Berlin 85% des livraisons pourraient être effectuées par vélos-cargos.

Une autre enquête menée à Breda (Pays-Bas) a fait ressortir que sur les 1.900 camions qui transitent chaque jour dans la ville, moins de 10% des marchandises livrées nécessitent d’être effectivement transportées par camion et 40% des livraisons tiennent dans une boîte.

Aujourd’hui, des entreprises de livraison à vélo se développent un peu partout en Europe. En examinant attentivement le potentiel de la logistique cycliste, il apparait clairement que cette approche devrait se développer bien au-delà d’une simple activité de niche.

Une étude anglaise pour la ville de Londres a pu lister les très nombreux avantages du développement de la livraison de marchandises à vélo (2):

– Des coûts moins élevés qu’avec un véhicule motorisé : un prix d’achat inférieur, des coûts de gestion moins importants (taxes, assurances, essence, entreposage) et pas de coûts de parking. GobaX, un fabricant allemand de vélos cargos, a même pu calculer qu’une pizzeria pourrait économiser 6.300 euros chaque année en choisissant de livrer ses pizzas à vélo plutôt qu’en voiture. Le projet européen CycleLogistics a également produit une analyse économique similaire en faveur des vélos cargos.

– Des livraisons rapides, même en cas de congestion : les bicyclettes sont beaucoup moins concernées par les difficultés du trafic automobile que les camions et camionnettes et sont par conséquent plus rapides et plus fiables.

– Les vélos sont autorisés même dans les zones sans voitures : des ruelles étroites, des rues piétonnes ou interdites d’accès pendant la journée ? Aucun problème pour les vélos cargos qui peuvent venir livrer au plus près du destinataire final.

– Un moindre impact environnemental : via notamment la réduction des émissions de polluants et des émissions de CO2. L’Université de Westminster a calculé une réduction potentielle de 62% de ces dernières dans le centre de Londres.

– Une image écologique : c’est un atout important, particulièrement auprès de consommateurs de plus en plus exigeants en matière d’environnement.

– Un facteur de cohésion sociale : aucun permis de conduire n’est requis pour conduire un vélo ! La livraison à vélo peut créer des dizaines de milliers d’emplois en Europe, en particulier à destination de personnes peu ou pas diplômées, très souvent exclues quand elles ne possèdent pas le permis de conduire.

– Une meilleure qualité de vie : la livraison à vélo ne provoque pas de pollution sonore, est moins dangereuse pour les citadins que la multiplication des camions ou camionnettes, et fournit enfin plus d’espace pour permettre à tout le monde de circuler.

La logistique du vélo a donc l’avenir devant elle. Mais il faut commencer à prendre sa place dès maintenant.

Source: vélogistique

(1) Départements et Régions Cyclables, ww.departements-regions-cyclables.org
(2) Cycle freight in London: A scoping study, mai 2009

Photo: Livraison TNT à Valence (France), photo de Jean-Louis Zimmermann

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14 commentaires sur “Les avantages de la livraison à vélo

  1. Jean-Marc

    C est très vrai, et, très lentement, celà se développe,
    en particulier, grâce à la non-dépendance de la congestion :
    à sa plus grande rapidité, en ville.

    manque juste des volontaires pour créer leur boite de livraison à vélo, ou rejoindre les boites existantes

    (malgré l’image d’un véhicule TNT, faut pas trop compter sur la TNT, la Sernam, France Express ou Mory pour développer les livraisons à vélos :
    ils ont DEJA une flotte de camions/camionnettes, avec les chauffeurs qui vont avec, et ils se sont organisés en tournées conçus pour ces véhicules :
    Donc il leur faut faire tourner leurs véhicules/chauffeurs.

    Eux vont surtout faire du saupoudrage, pour montrer qu’ils sont dans le mouvement, et qu’ils ne sont pas si polluants que çà…

    J ai plus confiance dans « la petite reine » et les 10aines d autres nouvelles compagnies, qu’en ces géants au pieds d argile (c.f. MORY, en redressement judiciaire) des transports par camions

  2. Struddelstruddel

    Tout juste concernant l’emploi :

    Plutôt qu’une camionnette qui effectue une livraison depuis un entrepôt jusqu’à chez un client, on peut parfaitement imaginer des vélos-cargo amener les marchandises à la gare la plus proche, envoyer les marchandises via le train et des vélos-cargos livrer à destination sur les derniers km : la multi-modalité des marchandises.

    Se faire livrer un produit permet donc de systématiquement stimuler l’emploi local sans empiéter sur le reste tout en favorisant effectivement l’insertion des personnes ne pouvant avoir le permis de conduire.

    Encore une preuve que les alternatives au pétrole sont génératrices d’emploi et favorisent l’ascension sociale.

    Un peu de « pub » (je n’ai aucun rapport avec eux mais j’apprécie beaucoup cette petite entreprise) : http://www.lestriporteursrennais.com

  3. Groumpf

    @Jean-Marc : Plus que du saupoudrage, on voit de plus en plus de vélos de livraison TNT (entre autres) à Strasbourg, ça n’a pas l’air d’être que de la communication ici.

  4. Jean-Marc

    @ Groumpf

    Possible, pour Strasbourg,
    mais dans ma ville, à par un triporteur à assistance électrique de Veolia (qui répare ou ramène à l atelier de réparation, les poubelles des particuliers) et une petite compagnie de livraison à vélo,

    Aucun des grands intervenants des messageries n a un seul vélo, vélo-cargo ou autre, dans les rues.

  5. georges

    petit bémol au niveau de la congestion : un vélo cargo ca reste assez gros, peut on remonter les files de bagnoles, rouler sur les trottoirs, prendre des petits sens interdits, bruler des feux, monter des marches, avec ça? pas sur, ensuite la législation est favorable et les flics tolérants mais quand ça va se multiplier ça va peut être sévir dans le mauvais sens

  6. Jean-Marc

    « un vélo cargo ca reste assez gros, peut on remonter les files de bagnoles, rouler sur les trottoirs, prendre des petits sens interdits, bruler des feux, monter des marches, avec ça? pas sur »

    J ai testé, de nombreuses fois, un biporteur (style Bullitt, mais d’une autre marque… dont je ne me souviens pas) :

    deja, un vélo-cargo + remorque chargés sans assistance… ce n est pas un vélo :
    vu sa vitesse, on a bcp moins besoin de remonter les files de voitures ^^

    Le pb du vélo-cargo+remorque chargés (sans A.E.) :
    c est dur à mettre en route/celà demande d anticiper avant une cote :
    donc, quand on est lancé, on ne veut surtout pas s arrêter :

    on ralentit petit à petit (en arrêtant d entretenir la vitesse par son pédalage) plutôt que de s arrêter, poser le pied à terre, et avoir la difficulté de devoir faire un redémarrage (qui n est pas forcément à plat, ni en descente…)

    Ainsi, vu la difficulté à se lancer, je me permet des actions que je ne fais pas à vélo
    (et, à ma vue, avec une remorque de 3.5m de long… je peux te garantir que je suis bcp bcp moins klaxonné ou apostrophé qu’en vélo (en fait, les seules apostrophes, sont celles de gens étonnés et/ou admiratifs, je n ai -en véllo-cargo+remoque chargés ou vide- jamais eu de coups de klaxon/remarques de remontrances); les autres usagers comprennent que je suis dans une situation particulière…]

    – peut on remonter les files de bagnoles
    => à chaque feu, (comme un gros con en voiture… je le reconnais) je le fais en utilisant la voie de gauche faite pour tourner, jusqu’à la 1ere voiture arrêtée pour tourner à gauche, puis je me rabats sur la file pour aller tout droit
    (et, s’il n’y a pas de 1ere voiture pour la gauche, je me rabats dans le SAS vélo : devant la 1ere voiture qui va tout droit (en prenant au large.. pour ne pas la toucher avec la remorque)

    – rouler sur les trottoirs
    => à vide (avec remorque), pas de pb, de temps en temps, pour laisser passer les piétons ou leur laisser la place, je pose pied à terre ou je fais un saut sur la chaussée, avant de remonter sur le trottoir (trottoir utilisé en contre-sens, dans ruelle 30km/h sans contre-sens)

    chargé, vu ma largueur (les charges dépassent de la remorque), je n essaie pas de rouler sur un trottoir

    -prendre des petits sens interdits
    si tu parles de prendre des doubles-sens cyclistes ?
    oui, je le fais, à vide et en charge, et, du fait de la largeur de la remorque, en roulant sur la bande discontinue entre la voie vélo et la voie tous véhicules

    si tu parles de couper, alors qu’il n y a pas de contre-sens ? je t ai répondu au-dessus : je le fais, à vide, sur un trottoir

    – bruler des feux ?
    utiliser le tourner à droite et le tourner à plat ? bien sûr

    brûler dans d autres circonstances ?
    => mais, en cas de montée, comme je suis lent à tranverser un feu (plus de la longueur d allumage d’un feu, parfois), je continue à avancer en ralentissant, jusqu’à atteindre le carrefour (utilisation d’un SAS vélo)

    – monter des marches
    => à vide ? oui.. c est chiant, mais possible : biporteur est encombrant + un peu lourd (25kg?)
    (à chaque fois, je monte/descend un double perron de 3 et 5 marches, pour rentrer/sortir le biporteur; par contre, j’enlève la remorque avant/je l installe après)

  7. Jean-Marc

    niveau congestion, le vélo-cargo fait moins bien que le vélo, c est vrai

    PAR CONTRE,
    le vélo-cargo+remorque est TRÈS efficace niveau apaisement de la vitesse des autres usagers…
    donc niveau augmentation de la sécurité pour tous.

    Et, vu son extrème visibilité, particulièrement niveau sécurité du cycliste sur vélo-cargo + remorque; là, c est vraiment au top

    [seul risque : les virages pris trop vite/trop serrés : il faut prendre les virages lentement, et au large… comme avec un camion, un semi-remorque : ma remorque s est deja couchée une fois dans un virage… depuis, je fais bcp plus attention (aucune casse… j avais tourné trop serré, mais j allais lentement : la remorque -chargée- s est juste couchée en douceur… et j ai mis moins de 1 minute à la remettre sur roues)]

    moins de 45kg pour le biporteur + remorque,
    j ai deja mis 180 à 200kg de charge utile
    [et 260 à 300kg de charge utile sur un biporteur à assistance élec (charge surtout sur la remorque, à chaque fois, vélo et VAE)]

  8. PédibusPédibus

    Si les collectivités se « bougeaient durable » plus sérieusement elles n’attendraient pas l’initiative privée en matière de messagerie vélo – bien qu’il faille lui laisser sa chance – et appliqueraient le « socialisme municipal » en créant leurs propres services. Malgré les préconisations PDU du CERTU les plans déplacements marchandises restent trop souvent au point mort.

    Une belle solution en tout cas pour diminuer l’intensité carbone de nos villes… et pacifier la circulation automobile, obligée de régler son allure et vivre la frugalité stationnement si on bloque des places pour la logistique vélo.

  9. Struddelstruddel

    « pas sur, ensuite la législation est favorable et les flics tolérants mais quand ça va se multiplier ça va peut être sévir dans le mauvais sens »

    Nul besoin d’enfreindre les règles pour tirer tous les avantages du vélo. loin de moi l’idée de vouloir moraliser, chacun fait ce qu’il veut tant qu’il ne met pas en danger la vie, la santé et le bien être des autres, mais je trouve dommage de penser que le vélo perd son intérêt si l’on respecte le code de la route.

    Concernant le cargo style triporteur, ce n’est vraiment pas évident de remonter des files de voitures ou de se faufiler, mais on peut prendre les pistes cyclables sans trop de souci donc ça aide beaucoup.

    Idem pour les contre-sens cyclables, pas de problème avec un triporteur.

    Pour les trottoirs, à la main ça ne pose pas de souci, pour le reste, on arrive dans ce qui gêne les piétons, donc je déconseille que ce soit en triporteur ou en vélo classique.

    Mais pour avoir utilisé une remorque dans le milieu professionnel quand j’ai bossé pour JCDecaux, je trouve ça plus simple à manier qu’un triporteur toute la journée dans le trafic.

  10. Jean-Marc

    « Si les collectivités se « bougeaient durable »… »

    effectivement, que ce soit sur le vélo, les vélos-cargo ou la traction animale, les collectivités ont -globalement- énormément de travail à faire.

    Ainsi, qq rares municipalités ont qq policiers munipaux soit à vélo soit à cheval (en particulier, à cheval dans leur parc)

    qq municipalités, à l’échelle de la france, ont des ramassages d enfants, pour le primaire, en chevaux tirant une cariole (c.f. Équitram à Maxéville)

    qq municipalités, ont des ramassages des feuilles mortes (voire des ordures) en chevaux tirant une cariole (en particulier pour leurs parcs, c.f. le parc de la tête d’or de Lyon).

    Mais celà reste ultra timide.
    (ainsi, pour les tractions animales, seuls les chevaux semblent utilisés… alors qu’il y a bien plus de bovins dans nos fermes, que de chevaux)

    Si leur personnel utilisait plus le vélo et la traction animale, dans leur travaux quotidien, ils auraient bien plus de retour utilisateurs de tels déplacements, donc la législation locale serait bien plus cohérente.

    Ainsi, les utilisateurs de tels modes de déplacements seraient moins tentés par des usages illégaux, du fait de règlements et installations mal conçues, mal adaptées.

    (exemples :
    combien de feux à boucle, à déclenchement automatique, ne détectent pas les cyclistes mais seulement les voitures/camions ?
    combien de pistes cyclables sont -du fait de systèmes anti-voiture et anti-scooter- inutilisables ou difficilement utilisables par les cyclistes? en particuliers s’ils ont de larges sacoches, voire une remorque ?
    .
    .
    .)

    En cette période de pré-Noël,
    une cariole avec chevaux, avançant à la voix, avec nacelle hydraulique, serait idéale, pour installer certaines décos :

    inutile de redescendre, entre 2 réverbères, pour passer au suivant : les chevaux peuvent avancer à la voix.

    On voit revenir les policiers (municipaux) à vélos et/ou à cheval,
    mais, en général, ils sont limités aux parcs et aux zones 20-30 de l’hyper-centre… d’où la nécessité de créer, et d ‘étendre de telles zones.

    Progressivement, grâce aux moyens de communications embarqués, ils comprendront sans doute qu’un réseau de policiers communiquant entre eux, est bien mieux qu’un policier seul, dans une porsche coinçée dans un bouchon ou que pleins de caméras, mais avec personne derrière pour les regarder, et encore moins de personnes pour intervenir, si une infraction est vue :

    ils comprendront qu’il est plus important d investir dans l’humain sur le terrain, que dans du matos coûteux, mais sans personne capable d’intervenir efficacement.
    (et sans présence visible, bien plus efficace qu’une présence « automatique », telle qu’une caméra, pour la prévention)

  11. Jean-Marc

    Sam, comme les JT, tu es tombé dans le piége :

    Un documentaire anglais, montre les conditions de travail dans une des plateforme d amazon.
    Un documentaire montrant la réalité de terrain… qui fait une très mauvaise pub à amazon.
    Des pétitions de boycott se multiplient.

    => amazon doit réagir, faire de la com. de crise.

    Comme amazon ne peut pas mettre en avant « ses qualités » (moins d employés, des employés moins bien payés t mouins formés, complétement fliqués, plus de camions sur les routes, mais des prix équivallent ou presque (équivallent en france, du fait de la très bonne loi Lang; mais que très légèrement moins cher ailleurs : amazon est le champion de la rentabilité, pas des prix bas pour les acheteurs))

    Leur com. de crise est autre :
    il FAUT parler d autre chose… détourner l attention.

    Et, quoi de plus spectaculaire que la voiture volante ?
    et, si elle n a même pas de chauffeur, si elle est automatique,
    c est encore mieux…

    Les pb légaux en cas d accident, l’impossibilité de livrer aux acheteurs, sauf si géolocalisation permanente, envoyée au drones,
    n’ont AUCUNE importance :
    amazon ne cherche pas à montrer ce qu’elle fera dans 1 mois, 1 ans, ou 10 ans,
    mais à détourner l attention des médias…
    Pour qu’en tapant « amazon » dans un moteur de recherche, le 1er lien ne soit plus lié au documentaire sur les conditions de travail chez eux.

    C est un métier, communicants en situation de crise…
    nos journalistes n’ont pas l envie de décripter celà :

    ils on parlé du docu sur amazon, c etait de l info pré-digérée (ce n est pas eux qui ont fait le docu, eux ne font que relayer l info),
    ils parlent du drone… info ultra pré-digérée…

    N attend pas d’investigation, ni une analyse intelligence de la part des JT
    (de certains journaux, si, c est possible).
    Leurs principales infos, c est les chiens écrasés (John Walker et le bijoutier de Marseille/de l Essonne), les people (John Walker et Nabila), les insolites (les drones), la météo et le sport.

    Les autres infos (la france, l’international, économie, écologie, sciences, médecine, autres) font moins de 1/5 des temps d’infos…

  12. Jean-Marc

    (oups, John Walker se prénomme Paul…
    mais, comme avant sa mort, je ne savais pas qu’il existait, désolé d avoir confondu son prénom)

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