Vérités et mensonges à la SNCF

Qualité empêchée, souffrance au travail, perte de sens pour les salariés, retards, annulations de trains, accidents pour les usagers, tous les travers de la privatisation du rail anglais, que le réalisateur britannique Ken Loach dénonçait en 2001 dans son film The Navigators, deviennent une réalité quotidienne en France.

Il y a un an, la réforme ferroviaire votée à l’Assemblée Nationale (4 août 2014) avait été l’occasion d’une vaste campagne de manipulation de l’opinion publique orchestrée par le gouvernement de Manuel Valls, la direction de la SNCF et les médias réunis main dans la main. Face à ce qu’on peut bien appeler une opération de propagande, les milliers de grévistes et les syndicats opposés à cette réforme ont eu bien du mal à exposer et à faire connaître leurs arguments. Mais force est de constater que l’emploi du mot propagande ne va pas de soi pour un grand nombre de citoyens, voir de cheminots soumis régulièrement à une communication dont les moyens sont considérables. La petite musique libérale et dérégulatrice conditionne à force d’être martelée. C’est dans ce contexte que le cabinet Emergences et le comité d’établissement régional SNCF Nord-pas-de-Calais m’ont proposé de réaliser un film qui renverse ces logiques de communication. Car les représentants syndicaux et les salariés savent de quoi ils parlent, mais ont du mal à exposer une autre parole dans un espace public cadenassé.

De cette rencontre est né le documentaire « Vérités et mensonges à la SNCF » qui redonne justement la parole à ceux qui se battent pour le maintien d’un réel service public ferroviaire.

(Un documentaire de 56 minutes produit par le CER SNCF Nord-Pas-de-Calais & EMERGENCES. Production executive LE FILM A RETORDRE / Anne Gallien www.cecheminots-nordpasdecalais.com et www.emergences.fr)

Gilles Balbastre, journaliste et réalisateur

Gilles Balbastre

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3 commentaires sur “Vérités et mensonges à la SNCF

  1. Henri Bourjade

    Comme les autres services publics la SNCF subit la crise des revenus de l’État. Les contraintes de rentabilité, l’effort continuel pour être concurrentiel, c’est ça qui est normal. La perfection de la ponctualité, la sécurité absolue coûtent extrêmement cher. L’état est étouffé par les crédits et ne peut plus les financer. Bienvenue dans le monde réel. Celui où la concurrence autorisera les lignes de cars interdites pendant des décennies pour permettre aux cheminots d’avoir une clientèle captive et la retraite à 50 ans voire plus tôt. Le car c’est moins cher, et de loin. Le train est souvent un luxe.

  2. Oryanne

    Bonjour Henri,

    je souhaite remettre 2 petites choses à leurs places afin d’éviter les confusions :

    – la sncf n’est plus un service public, seul Réseaux Férés de France l’est.

    – il y a une inégalité énorme entre les prestataires de transport routiers (car, transporteurs, covoiturages, taxi …) et les prestataires de transport ferroviaires : les prestataires ferroviaires paient l’infrastrucuture ce qui n’est pas le cas des routiers, l’infrastrucuture routière étant financée par le contribuable (en plus l’état est déficitaire sur le routier : il finance plus les infrastructure que ce que ne lui rapporte la tipp, les amendes et autres taxes du domaine).

    Après il est vrai que nos trains sont en général assez mal foutu par rapport à ceux des pays limitrophes de la même époque en terme d’accessibilité genre pour les vélos, poussettes, personnes à mobilité réduite etc… Tout en étant coûteux puisque voyageant majoritairement au 9 dixièmes vides du fait de la suppression des lignes et horaires pratiques depuis fort longtemps et des tarifs proposés…

    Bonne journée !

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