En 2015, les États ont gaspillé 4 milliards d’euros pour soutenir les voitures électriques

En 2015, plus d’un demi-million de véhicules électriques ont été vendus à travers le monde, grâce à près de 4 milliards d’euros d’aides publiques (1). Ces aides sont en moyenne de 8 600 € pour un véhicule entièrement électrique et de 4 700 € pour un véhicule hybride (2). Il y a évidemment de grandes disparités entre les pays, si à Séoul les aides étatiques et locales permettent de bénéficier de 15 000 € de subvention, en Inde, l’aide est de 2 000 € environ. L’Allemagne, qui a longtemps fait figure d’exception refusant de subventionner les véhicules électriques, a mis à disposition en mai 2016 une enveloppe de 600 MEUR pour stimuler les ventes (3).

Aux aides à l’acquisition, il convient d’ajouter le manque à gagner de taxe sur l’essence et le diesel, qui est toutefois légèrement compensé par une une hausse des taxes perçues sur l’électricité. Mais les États taxant davantage le carburant que l’électricité, les véhicules électriques représentent sur 2015 un manque à gagner de taxe sur l’électricité dans le monde de 113 M€. Dans le même temps, les taxes sur l’électricité auraient augmenté d’environ 50 M€.

Or, le bilan carbone des véhicules électriques n’est pas toujours positif comparé aux véhicules thermiques, en particulier en Chine et aux États-Unis, où pourtant ont été vendus 60 % des véhicules électriques en 2015 (4). La Chine a dépensé en 2015 près de 1,7 milliard d’euros pour subventionner l’achat de véhicules électriques, alors même que ces véhicules ont contribué à augmenter les émissions de gaz à effet de serre de près de 250 000 tonnes de CO2e (5). Quant aux États-Unis, ils ont dépensé plus de 700 MEUR.

Dans beaucoup des pays, les véhicules électriques permettent toutefois de réduire les émissions de GES, mais parfois à un coût exorbitant. Ainsi le Royaume-Uni dépense près de 350 000 € d’aides publiques pour réduire une tonne de CO2e grâce aux voitures électriques. Si l’objectif des gouvernements est réellement de réduire les émissions de GES dans les transports, l’argent public devrait donc être prioritairement dirigé vers le développement des transports en commun, des modes de déplacements doux et des énergies renouvelables.

Damien Linhart
http://damienlinhart.wixsite.com/climatize/

Notes, sources et références

(1) Estimations réalisées à partir des données de l’Agence Internationale de l’Energie : https://www.iea.org/publications/…/Global_EV_Outlook_2016.pdf
(2) Ces aides peuvent prendre différentes formes : exemptions de taxes (acquisition, immatriculation ou circulation), qui sont les plus courantes, incitations à l’achat (en France ou au Royaume-Uni) ou crédit d’impôts (aux États-Unis). Les États soutiennent également les investissements dans les bornes de recharge.
(3) L’aide de l’État est complétée par les constructeurs automobiles allemands pour le même montant, soit une enveloppe totale de 1,2 milliards d’euros.
http://www.lesechos.fr/27/04/2016/LesEchos/22180-070-ECH_5-000-euros-d-aides-pour-la-voiture-electrique-en-allemagne.htm
(4) Se référer aux posts précédents pour plus de détails sur le bilan carbone du véhicule électrique.
(5) En comparaison à ce qu’auraient émis le même nombre de véhicules thermiques essence et diesel.

A propos de Damien Linhart

Contributeur de Carfree france

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