Il est impératif de vivre sans voiture

« Nous n’en sommes plus aux petits gestes. C’est une urgence grave, » affirme Catherine Potvin, professeure au Département de biologie de l’Université McGill (Montréal, Canada) et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’atténuation des changements climatiques et les forêts tropicales.

La scientifique a obtenu un doctorat sur les changements climatiques dans les années 1980. Quarante ans plus tard, elle travaille encore sur le sujet, mais ses espoirs s’amenuisent.

Catherine Potvin souligne que le Québec a réussi à légiférer en matière de tabagisme, mais qu’il ne le fait pas pour les changements climatiques. Concrètement, Mme Potvin considère qu’il est impératif de vivre sans voiture. Elle reconnaît que c’est difficilement concevable pour quelques segments de la population, mais dans l’ensemble, elle affirme que c’est à notre portée: « Ce sera plus difficile pour les gens qui vivent dans les campagnes, pour ceux dont le métier demande de se déplacer sur la route ou les familles avec de jeunes enfants, mais il y a beaucoup de citoyens qui sont capables de vivre sans voiture. »

Source: Le Devoir

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17 commentaires sur “Il est impératif de vivre sans voiture

  1. Ju

    Avec un nom pareil, elle aurait pu travailler pour le lobby de l’automobile !

  2. Lydie

    Lydie

    Sur ce site serait-il possible de retrouver davantage d’article et d’avis sur les actions à mettre en oeuvre ou les solutions qui marchent dans la conduite de l’abandon de la voiture lors des déplacements. Individuellement, collectivement, comment s’y prendre pour qu’un mouvement de fond se produisent vers un retour sur des déplacements actifs. Les solutions de coercition ou frapper chacun au porte monnaie ne sont ni envisageable  ni acceptable car trop injuste avec un résultat limité.

    Donc … ?

    Quelles propositions ce site et tous les internautes sont en capacité de proposer, de mettre en oeuvre, de conduire pour voir un renversement des usages et des habitudes?

    Comment faire basculer les décideurs, l’administration (frileux asservis au dogme des pétroliers et des constructeurs automobiles), sur des décisions qui ont ont du sens dans l’intérêt général et le bien commun.

    Chacun d’entre nous sommes nous en parfait accord avec les idées et nos comportements ce qui individuellement compte tenu du nombre serait déjà une sacré avancée.

    Beaucoup de questions et malheureusement peu de réponse. En se frottant à la réalité il est (très) difficile de faire avancer cette bonne cause du déplacement dans l’intérêt de chacun et collectif sans doute faute d’avoir trouver les bons leviers.

    Merci à tous.

    Le blabla fait bien rire parfois mais c’est aussi du concret que nous recherchons  qui permettrait de capitaliser sur des avancées.

    Bonne pratique cyclable

  3. CarfreeCarfree Auteur

    Bonjour Lydie,

    Je serai tenté de dire que « ce site » est déjà en lui-même un concentré « d’actions à mettre en oeuvre ou de solutions qui marchent dans la conduite de l’abandon de la voiture lors des déplacements, individuellement ou collectivement… »

    Il ne faut pas forcément regarder les derniers articles publiés, car avec près de 5000 articles en tout, Carfree France regroupe de nombreux articles présentant des actions individuelles ou collectives… tout dépend de ce que l’on cherche.

    Exemple, dans le domaine de la « vélogistique », c’est-à-dire tous types de moyens permettant d’utiliser le vélo pour déplacer de lourdes charges, des enfants ou pour faire des livraisons, le site présente de nombreux exemples ici:

    http://carfree.fr/index.php/tag/velogistique/

    On peut ainsi trouver sur le site de nombreuses actions à mener dans les domaines de la marche, du vélo, des transports en commun, mais aussi de l’urbanisme, de la limitation de la voiture et des contraintes à y apporter, car je pense qu’elles sont souvent indispensables et pas du tout « inenvisageables ». Un seul exemple: les rues et aires piétonnes interdites aux voitures étaient au départ « inenvisageables »… jusqu’à ce qu’on… les ferme aux voitures!

    Je ne veux pas dire que tout ou presque a déjà été traité sur le site, mais avec près de 5000 articles, on peut dire que beaucoup de sujets ont déjà été abordés. Il est vrai qu’on pourrait peut-être concentrer quelque part une sorte de catalogue d’actions individuelles et/ou collectives permettant de favoriser « l’abandon de la voiture ». On avait déjà pensé à une époque à construire un truc de ce genre sous forme d’un « livre de cuisine » de recettes de vie sans voiture… Le problème c’est qu’il faut faire des recherches sur le site et surtout faire des choix, ce qui prend du temps quand on veut retenir certaines choses d’une base de 5000 articles. Si quelqu’un est volontaire…

    Après, il y a aussi la différence individuel/collectif: il y a les actions individuelles de chacun, en termes de mobilité (marche, vélo, transports en commun, etc.) ou de choix de vie (logement individuel/collectif, ville/campagne, etc.), et il y a ce que tu appelles « les décideurs, les administrations ». Ce n’est pas vraiment le même public et les mêmes actions, en tout cas pas la même échelle. Dans le premier cas, on est plutôt sur un catalogue de mesures individuelles possibles. Dans le second cas, on est plutôt sur un inventaire de bonnes pratiques en termes d’aménagements, d’urbanisme, de contraintes à l’automobile, etc.

    Pour finir, je serai peut-être un peu moins pessimiste que toi sur les évolutions en cours. Bien sûr qu’il reste beaucoup à faire, sans doute même l’essentiel! mais sur une quinzaine d’années d’existence du site, on peut voir malgré tout une nette évolution, que ce soit à l’échelle individuelle pour de nombreuses personnes ou collective en ce qui concerne les pratiques des décideurs ou des administrations.

  4. Emmanuel

    Je viens régulièrement me promener sur ce site, oui il y a des actions de vélogistiques, mais c’est quand même plutôt orienté habitants des villes.

    Une question que je me pose quasi chaque matin : comment déposer 2 adolescents au collège et lycée chaque matin quand tu habites à 5 km de l’entrée de la ville ?  soit 12 km du collège ?

    Pas de pistes cyclables, zone d’entrée de ville avec sortie de voie rapide et multitudes de rond points … ville médiévale donc pavés en centre ville et fort dénivelé … et accès aux TC compliqués à cause des horaires (l’horaire de bus prévoit qu’il arrive à 7h55 le matin, à 4 min à pieds de l’entrée du collège !)

    Pour l’instant, le plus simple est l’AR chaque matin (je bosse à domicile), mais, avec les activités annexes ça représente 300 km de voiture chaque semaine 🙁

     

  5. Pédibuspedibus

    le dépit de Lydie est bien compréhensible : j’empathise un max…

    aller au-delà du performatif va devenir à portée de jambes dans les tout prochains jours :

    aller à pied au bureau de vote pour trier les offres politiques locales est déjà un premier pas (!)…

    ce tri sélectif consistera à évincer les listes sans volonté urbanistique de reconquête, c’est-à-dire sans programme de requalification du tissu urbain qui vise à économiser les déplacements :

    – nouveaux logements abordables

    – politique interventionniste locale pour disséminer de façon homogène sur le territoire urbains commerces et services de proximité

    – mise en place ou renforcement de modes de déplacements alternatifs à la bagnole…

     

    Tout ça est résumable par la formule jargonnante de mixité socio-fonctionnelle.

    Bien sûr ce tri sélectif peut aboutir à une abstention ou un vote « carfree » – blanc ça fait trop royaliste… – si l’offre ne correspond vraiment pas aux critères ébauchés précédemment… Et si on est réellement mordu on prépare déjà sa liste pour la prochaine échéance, avec le programme ad hoc…

    Pour les bleds du périr-urbain ou du rural on peut craindre que ces préoccupations socio-environnementales n’aient pas encore percolé les sociétés locales :

    ça demande peut-être encore un peu de temps pour laïciser et tourner le dos à Ste-Gnognole, mais là encore créer sa secte carfriste (!!!) n’est pas forcément l’assurance d’assembler les ingrédients pour la future guerre de religion… La téloche, les zoziaux sociaux et autres occazes de rencontres dans l’espace public sont là dans leur rôle de mixeur pour éviter le moisissement des caboches et semer les ferments de la conscientisâââââââââââtion… comme dirait Raymond Queneau.

  6. CarfreeCarfree Auteur

    « c’est quand même plutôt orienté habitants des villes« 

    En cherchant bien, tu trouveras aussi des choses concernant les habitants des campagnes… et pour rappel, 80% de la population française vit en ville…

  7. Françoise

    Ayant toujours habité en ville (Parisienne d’origine), j’ai toujours pris les transports en commun et n’ai jamais possédé de voiture. J’en suis très heureuse car cela me simplifie la vie : je fais beaucoup d’économies qui me permettent de vivre mieux que mes amis et de partir plus souvent en vacances. A l’inverse de mes contemporains, je me moque de l’augmentation du prix de l’essence, des problèmes d’embouteillages et de stationnement, etc… Mais j’avais été prévoyante en me gardant bien de m’installer à la campagne, bien que j’aime beaucoup la nature, ou de céder à la mode de la voiture. C’est un choix dont je me félicite aujourd’hui. La suppression des gares et des lignes de train était prévisible, compte-tenu de la politique menée depuis des décennies en faveur du « tout-voiture ». Mon conseil : venir vite s’installer dans le centre d’une ville (même petite) à condition qu’elle soit pourvue d’une gare. Il existe à l’heure actuelle beaucoup de logements vacants dans tous les « centre ville » de province qui « se désertifient ». Il faut en profiter. Après, on peut tout faire à pied et en transports en commun, et même en vélo…

  8. lydie

    Bonjour

    Merci beaucoup pour la réponse de la part de l’auteur. Ce commentaire était d’amener à des initiatives sur les améliorations possibles permettant de mieux se faire entendre. L’entre-soi fonctionne et se satisfait des articles. La recherche sur 5000 articles serait particulièrement fastidieuses j’en convient cependant une proposition. Serait-il possible pour les nouveaux articles 2020 de les indexer ou codifier ce qui permettrait de cibler plus facilement la recherche? Sur les anciens articles peut-être est il envisageable de sélectionner ceux qui ont amené le plus de commentaire ou d’arriver à faire un pré-tri? Si cette ressource existe c’est une mine. PEDIBUS a raison par rapport à ceux qui revendiques nos voix.

    Carfree continuez à nous apporter tous ces riches échanges. Le verre à moitié plein est à prendre en considération ce qui implique aussi un changement de braquet pour reprendre les termes d’un cycliste et conjurer le sort du déplacement et du réchauffement climatique.

    Ouvert à tous nouveaux échanges qui permettent d’aller vers le bien-être la qualité de vie le partage.

    Lydie

  9. vince

    « Une question que je me pose quasi chaque matin : comment déposer 2 adolescents au collège et lycée chaque matin quand tu habites à 5 km de l’entrée de la ville ?  soit 12 km du collège ? »

    1 – Il y a forcément un transport scolaire c’est obligatoire. Les horaires ne doivent pas être pratiques et ne pas correspondre aux standards actuels par rapport à la voiture mais ils existent.

    2 – Sur le long terme, l’habitat pavillonnaire n’est pas la solution, un déménagement en ville n’est pas toujours simple mais possible en tout cas il est absurde de n’habiter un endroit accessible qu’en voiture : c’est une perte de temps (300km = au moins 5h dans sa voiture par semaine) et d’argent (coût d’une voiture). C’est aussi s’exposer à un risque financier en cas de crise du pétrole.

    Et la marche à pied quotidienne fait vivre plus longtemps.

     

     

  10. CarfreeCarfree Auteur

    Je ne sais pas ce que veut dire « indexer ou codifier ce qui permettrait de cibler plus facilement la recherche ».

    Les articles sont classés dans des catégories que l’on retrouve dans la colonne de droite. Chaque article fait également l’objet de « tags » ou étiquettes. Exemple pour cet article:

    Il est Publié dans les catégories Réchauffement climatiqueVie sans voiture et Taggé 

    Le tag fait office de mot-clé ou expression-clé se retrouve ainsi:

    http://carfree.fr/index.php/tag/motclé

    Exemple: http://carfree.fr/index.php/tag/pietons

    Après, il y a le moteur de recherche interne qui n’est pas parfait, mais qui permet de retrouver des choses précises.

    Enfin, il y a aussi la solution google en tapant dans google une expression sous la forme suivante: « mot clé » site:carfree.fr

     

  11. Emmanuel

    attention, ces 75 à 80% de la population qui vivent dans des villes, ça veut dire dans une commune de plus de 2000 habitants.

    C’est mon cas, je suis dans une ville de 2500 habitants, mais la mairie est à 6 km tout comme l’école maternelle et l’église, l’école primaire est dans un autre lieu à 4 km, et dans mon hameau, il y a 3 maisons/ 5 habitations. Mais je suis en ville.

    Si on applique un critère d’habitants au m2, il semblerait (*) que ce soit plutôt environ 60% de la population qui est en zone urbaine. Ce qui donne 40% en dehors … avec donc une problématique de « comment se déplacer pour rejoindre les zones urbaines ? »

    Pourquoi vouloir rejoindre les zones urbaines ? pour le boulot, pour l’école, pour se nourrir, pour aller boire un verre,  pour la bibliothèque, le cinéma, le théâtre …

    Cdlt

    (*) c’est un peu compliqué de trouver et compiler les sources en quelques minutes en bossant 🙂
    Mais sujet diablement intéressant.

  12. Emmanuel

    « Il y a forcément un transport scolaire c’est obligatoire. Les horaires ne doivent pas être pratiques et ne pas correspondre aux standards actuels par rapport à la voiture mais ils existent. »

    oui, il y a un transport scolaire : à 5 km, en centre bourg, qui arrive à 7h55 à 4 min du collège … c’est une nouvelle ligne qui date d’avril 2019. et entre 10 min de voiture et dépôt devant le collège, et 6 ou 7 min pour dépôt à l’arrêt de bus … avec ensuite un SMS du collége un matin sur deux parce que l’enfant est arrivé en retard … nous avons essayés, et ce fut juste un essai.

    « Sur le long terme, l’habitat pavillonnaire n’est pas la solution, un déménagement en ville n’est pas toujours simple mais possible en tout cas il est absurde de n’habiter un endroit accessible qu’en voiture : c’est une perte de temps (300km = au moins 5h dans sa voiture par semaine) et d’argent (coût d’une voiture). C’est aussi s’exposer à un risque financier en cas de crise du pétrole. »

    je ne suis pas en zone pavillonnaire, je suis dans une ferme du 18° siècle sur 9000 m2 de terrain sur lequel je plante des fruitiers et petits fruits depuis quelques années afin d’en vivre dès que la production sera suffisante. Et après avoir vécu plus de 25 ans en grande ville, il était temps de revenir à moins pollué, moins bruyant, moins puant, moins poussièreux … Mais nous ne nous attendions pas à cette difficulté de déplacements, surtout à la quasi impossibilité de déplacements en vélo hormis pour des « balades touristiques », les seules pour lesquelles il existe des chemins protégés des véhicules motorisés (voitures, camions et tracteurs, très présents à la campagne).

     

  13. Patrick

    J’habite en ville. Je suis artisan électricien. Il m’arrive de faire 18kms avec mon vélo électrique pour aller chez 1 client à la campagne. (1 vélo électrique c’est moins polluant qu’une voiture). donc c’est possible.

  14. PMeBC

    J’habite en pleine campagne. Le village est à 3 km. L’autre village, celui qui a une gare est à 5 km. La voiture s’impose dit-on. Pas du tout. C’est le vélo électrique s’impose. Des trajets de moins de 8 km peuvent facilement être couverts à l’aide d’un vélo électrique. Ce qu’il faut développer c’est le sens des responsabilités afin que les personnes qui persistent à croire qu’elles ont besoin de voitures respectent ceux qui utilisent des vélos et arrêtent de les mettre en danger.

  15. Anthony GrégoireAnthony

    Il y a toujours une opposition ville-campagne pour la question des transports qui est totalement infondé, vu la diversité des situations comme le fait remarquer Emmanuel. Je vis dans un village de campagne, où tout le monde vous répètera par réflexe, que « c’est bien beau leur écologie, mais comment qu’on fait nous à la campagne? c’est bien des idées de gens des villes!! » Et pourtant, je vais travailler tous les jours à vélo, rapidement, facilement, et avec de beaux paysages, alors que des amis citadins, (eux peuvent aller travailler à vélo!!) ils font plus de km que moi pour rejoindre leur boulot, passe plus de temps, parfois plus de dénivelé, mais ne sortent pas de leur ville, et ne voient pas un champ ou une forêt.

    Alors arrêtons de propager cette idée qu’on ne peut se passer de voiture à la campagne.

    Ce qui est vrai, c’est que pour les transports en commun, y’a pas grand chose, et qu’avec la politique ferroviaire actuelle, ca ne s’arrange pas!

  16. Bernard

    Bonjour

    Emmanuel, il y a 50 ans les deux garçons auraient été pensionnaires.  Les familles de certains de mes condisciples (j’étais ado) vivaient dans une configuration et à des distances très voisines de celle qui est la vôtre actuellement.

    Mais quand je lis  » nous ne nous attendions pas à cette difficulté de déplacements, surtout à la quasi impossibilité de déplacements en vélo », sans vouloir vous offenser, j’en reste un peu sur le c.l.

  17. Pédibuspedibus

    bon Marcélou, quand est-ce qu’on la fabrique cette agence d’urbanisme-conseils-à-la-mobilité…?

    tiens j’ai déjà trouvé l’acronyme : AUCALAM-Carfree-France…

    non… ça fait trop « vague à l’âme car frit d’avance, because le réchauffement climatique tout le monde s’en branle »…

     

    en tout cas cet article a fait sortir de son trou plein de monde sans sortir de ses gonds…

    plein de bonnes questions ont pu sourdre du micmac intellectuel que peut provoquer un tel sujet, celui de la sortie de l’addiction à la bagnole ou encore faire face au fanatisme de Ste-Gnognole… quant aux réponses, c’est sûr, c’est pas facile…

     

    ainsi au sujet de la part de la population dite urbaine qui grimpe à vitesse grand V à l’échelle globale, avec le cas hexagonal d’un taux de 80% :

    on a déjà dit sur nos ondes que le terme urbain était ambigu et fluctuant, déjà d’un pays à l’autre, et sans que dans le même Etat chaque territoire urbain possède les mêmes caractéristiques…

    en s’arrêtant au concept du statisticien national d’aire urbaine (AU) – https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c2070 – on voit bien que la couronne de cet objet non géographique ne répond déjà plus aux critères d’urbanité, de proximité et de paysage « urbain » attachés à la « ville », avec pour conséquence directe – la plupart du temps – le besoin de faire autrement que de prendre ses jambes à son cou pour se déplacer, puisque se déplacer y est plus qu’ailleurs nécessaire…

    or ces couronnes représentent parfois plus de la moitié de la population total ede l’objet INSEE…

    je prends fréquemment l’exemple des AU de Rennes et de Caen qui sont dans cette situation : la seconde AU voit même la population de son pôle urbain (le complément de la couronne…) stagner ; pour les autres grosses AU si ce déséquilibre entre la couronne et le pôle est moins prononcé la tendance dynamique est toutefois à une croissance démographique plus forte pour la première…! Il reste encore des AU où la tendance est à la détérioration, c’est-à-dire où la croissance de la couronne s’accélère. Pour illustration ci-dessous on trouvera la tendance sur 2010-2017, avec la dernière population communale disponible, fruit de calculs personnels, sans que ce soit une tendance quinquennale comme préconisée par l’INSEE pour le 2e et 3e chiffre, ce qui lisse davantage les inflexions récentes :

    https://zupimages.net/viewer.php?id=20/10/pm3b.png

    Commentaires :

    les huit plus grosses AU nationales – hors IdF – continuent toutes à voir leur couronne exploser démographiquement, la majorité avec un taux annuel de plus d’1% (graphique de gauche), avec toutefois une légère décélération pour toutes à l’exception de celle de Grenoble (la configuration de fond de vallées alpines rend toutefois l’aménagement « réparateur » plus facile : la nouvelle population a plus de chance de se trouver relativement proche d’une ligne de TER par exemple);

    le découpage des couronnes a déjà dix ans et la situation pourrait être pire encore quand le statisticien dévoilera le périmètre et la population de 2020…

    le graphique de droite illustre le décalage des rythmes de croissance entre couronne et pôle pour le panel d’AU ; là les choses se dégradent pour deux AU et stagne pour une autre ; pour les autres le rééquilibrage est pour les calendes grecques ; les AU les plus dynamiques démographiquement du panel (Lyon, Toulouse, Nantes et Bordeaux) ne sont pas celles où la couronne prend le plus vite de la population supplémentaire : l’AU de Nice stagne quand sa couronne croit à pas loin de 1% par an et avec le plus grand différentiel avec l’évolution de la population du pôle…

     

    sans doute que le meilleur outil pour rendre compte du taux de population urbaine d’un pays reste la somme de la population de ses unités urbaines (UU) – encore appelées agglomérations, concept plus géographique qui fait appel à la continuité du bâti et donc à l’accessibilité à partir de la distance), en relevant prudemment le seuil à 5000 habitants pour considérer que tous les services et commerces de base y sont accessibles (pour les services sanitaires c’est déjà râpé…) :

    les vingt permières UU (Paris compris) totalisent 23.6 millions d’habitants, en prenant les chiffres de 2016 de Wiki, ce qui fait un bon tiers de la population nationale : elles totalisent chacune plus de 300.000 hab et ont largement la taille pour y aménager un réseau dense de tram pour s’y passer de la bagnole…

    la même source nous indique que la somme des UU de plus de 5000 hab en 2007 concentrait déjà à l’époque 71.5% de la population nationale, plus des deux tiers donc. : sans doute peut-on évaluer aux trois quarts cette proportion en 2020, ce qui laisse un quart de la population nationale sur le carreau pour le pèlerinage sur les terres carfristes…

    cependant combien de « villes moyennes » au commerce de proximité sinistré par les boîtes à chaussures périphériques, les hideux hypermarchés d’entrée de ville, tellement bien conçus pour la bagnole…? le journaliste Razemon s’en est fait une spécialité, dans son blog qui paraît dans un torche-cul qui exibe – outre la chose – une myriade de bousines de mi-luxe et demi-vertu…

    la guerre de religion avec les coreligionnaires de Ste-Gnognole et leurs porte-drapeaux giléjaunassiques n’a pas de raison d’éclater dans ce quart-monde restant : tout l’effort de la puissance publique doit désormais tendre vers son intégration via une politique multiscalaire d’aménagement, sans que ce soit la solution transport qui soit mobilisée en premier et avec le volume financier le plus important.

    faut-il en encore s’interroger sur les causes qui pourraient alimenter ce feu démographique du « périr-urbain » : nous sommes désormais face à une communauté des gens du voyage nouvelle (!!!) qui a pour mobile (re!!!) d’échapper au niveau de prix insensé pratiqué dans le foncier et l’immobilier de beaucoup de pôles urbains…

    la meilleure réponse est donc foncière en cassant la spéculation actuelle, avec les instruments déjà existants comme les établissements publics fonciers (nationaux et locaux) qui achètent les terrains nécessaires à l’urbanisation nouvelle « intra-muros », c’est-à dire dans la limite des pôles urbains, et qu’il s’agit de renflouer financièrement à la hauteur des ambitions : des sommes colossales pour des opérations de dentellière en dent creuse ou d’érection de nouveaux quartiers à mixité fonctionnelle et dotée d’une bonne part de logements sociaux…

    et en même temps – comme dirait Pharaon – il faut naturellement serrer la file des dévots de Ste-Gnognole pour améliorer l’environnement urbain – et la perception qu’on en a – largement détérioré par ceux qui l’ont fui pour ce motif…

    bref aujourd’hui, élections locales aidant, il est facile de mettre de côté les programmes politiques inadéaquats et c’est encore plus simple pour les prétendants sans programme…

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