Message d’un « Tito du métro »

Je tenais tout d’abord à vous féliciter pour la qualité de vos articles, ils sont d’excellente qualité et permettent de me sentir moins seul quand je condamne la voiture ou les transports en commun payants. Il faut dire que tenir de tels propos dans notre pays fait souvent de nous les « Staline du vélo » ou les « Tito du métro. »

Si les choses commencent doucement à changer (aura-t-on gain de cause?), la gratuité des transports en commun dans notre pays semble être un délire utopiste aux yeux du public. Pour moi, c’est un combat! Pourquoi? Pour plusieurs raisons.

D’abord une question sociale : rendre les transports en commun agréables passe nécessairement par la gratuité. Quelle n’est pas ma déception de voir les conflits souvent mortels (la mort d’un handicapé dans le métro de Marseille suite à un contrôle de titre de transport est encore dans les esprits) entre les usagers (oui j’y tiens à ce terme) et les contrôleurs qui s’égrènent dans la presse.

La défiance est telle que beaucoup de voyageurs préfèrent se renseigner tout seul qu’auprès des cow-boys du rail. Ne préféreraient-ils pas rassurer les usagers le soir: notamment les femmes seules et les personnes âgées. Aider les touristes égarés ou discuter avec les voyageurs, en quelque sorte rétablir des rapports humains normaux et non commerciaux comme un sourire ou une aide amicale. Le sentiment d’insécurité dans les transports publics est élevé et si on veut lutter contre cet état de fait il faut remettre l’Humain au centre de la mobilité.

Autre raison, la ville et ses services doivent être accessibles à tous les citoyens (car l’étymologie de ce mot met en avant la participation des individus à la vie politique et économique de la cité). Il est facile aux élus de dire aux périurbains des cités dortoirs qu’ils doivent « vivre la ville » mais uniquement en s’acquittant d’un titre de transport pour un transport en commun souvent payé depuis longtemps par les finances publiques. Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des émeutes dans les banlieues ou la crise des gilets jaunes. Ce n’est pas comme ça qu’on va favoriser l’égalité territoriale et la vie civique.

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Ensuite, les questions du rapport qualité-prix et du service rendu à l’usager, peut-on dire qu’ils sont là? Non. Trop de bus sont à moitié vides, de nombreux réseaux évoluent peu, la tarification est de plus en plus complexe (le développement des billets rechargeables et du tickets SMS ne sont pas vraiment une évolution, mais plutôt un piège technologique, sans même parler de la disparition des tickets papiers qui va exclure beaucoup d’utilisateurs des transports publics).

Par ailleurs, on constate des idées de plus en plus folles de la part d’élus en mal de réputation, le tram de Nancy, le TAU de Liège ou le métro de Charleroi ne sont hélas que quelques exemples parmi tant d’autres.

On pourrait aussi déplorer l’absence de développement et de promotion du tram-fret, outil pourtant utilisé avec les tramways des années 50. Il faut se souvenir qu’il y avait des boîtes aux lettres sur les tramways milanais et le tramway de Lausanne transportait toutes sortes de marchandises… Et que dire des agences commerciales bondées où la joie semble avoir disparu… Bref, la liste est encore longue!

En tout cas bravo ! Dans l’attente de votre réponse, je vous souhaite une bonne journée et à bientôt.

Un lecteur de Carfree France

Un commentaire sur “Message d’un « Tito du métro »

  1. Grichnouk

    La lucidité ne frappe pas d’égale façon tous les promoteurs de la bicyclette. Ce que l’on critique dans la totomobile ce sont les nuisances qu’elle inflige sans vergogne pour le profit de quelques paresseux. Or vous prêtez aux transports en commun des vertus excessives. Même si leur empreinte est plus faible que celle des totomobiles, métro, bus et train sont polluants et constituent un danger pour les piétons alentour : vous voudriez les voir pourtant davantage subventionnés ! Il faut être cohérent, le moteur pour les handicapés, le vélo pour les autres.

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